ACTE IV, SCÈNE V
Le remords franchissant cet intervalle immense , Devant ces dieux peut-être est encor rinnocence.
PISON
Laisse-là mes remords : parle de mes complots. Trop souvent un coupable est le fils d'un héros : Mais un espoir me luit dans Thorreur qui m'accable ; Un héros quelquefois est le fils d'un coupable. Si ton père est flétri , rappelle tes aïeux. Moi , faisant éclater ma honte à tous les yeux , Rejetant le pardon , n'aspirant qu'au supplice , Demain , je veux dans Rome accuser mon complice , Déclarer en public et son crime et le mien , Entendre mon arrêt et prononcer le sien.
CNÉIUS
Vous pourriez...
PISON
Je lirai les ordres de Tibère.
Il connaît mon dessein. Va , ton malheureux père , Ayant perdu sa gloire , ose encor la chérir , Et du moins en mourant veut la reconquérir.
CWÉIUS.
Ah ! c'est elle qui parle , elle qui vous anime , Qui peut seule inspirer cet abandon sublime. Du crime tout puissant quittant l'affreux séjour , Demain, quand le soleil ramènera le jour, Dévoilez tout , mon père ^ et que Rome s'explique : Et vous , dieux , citoyens , qui , sous la république , Des Catons , des Brutus entendiez les sermens 5
Puisque les lois , les mœurs , les nobles senlimens
Ne peuvent respirer l'air souillé par un maître ,
Puisse , puisse à jamais la liberté renaître
Sur les sanglans débris des tyrans abattus ,
Pour que le genre humain conserve des vej:tus !