‹ Tibule Et Les Auteurs Du Corpus TibullianumChapitre 53 sur 56 · LIB. IT. 18 = IV · texte numérisé non relu

LIB. IT. 18 = IV

NE tibi sim, mea lux, aeque iam feruida cura ac uideor paucos ante fuisse dies,

si quicquam tota commisi stulta iuuenta cuius me fatear paenituisse magis,

hesterna quam te solum quod nocté reliqui, 5 ardorem cupiens dissimulare meum.

Hoc carmen in AV bis exstat, et post 3,6, 64 et post 3, 17, sine ulla noui carminis significatione. :

1 ne AV priore loco : nec AV! posteriore [ne V?] || sim et iam AV! [sit V?] posteriore loco : sit et tam priore || 2 uideor FAV priore

loco : uideas AV! Cui. posteriore uideo V?,

Le ES

-Glycera dont parle Horace, Od. 1, 33 :

LA FIN DU LIVRE Ill

Le troisième livre se termine avéc deux pièces qui vont ensemble, 3, 19 et 20, une élégie et une épigramme. On a pu les retrouver dans les papiers laissés par Tibulle qui ne les avait pas fait connaître parce qu'elles inauguraient un cycle brusquement interrompu par les circonstances.Ilest difficile d’en suspecter l’authenticité et de les refuser à Tibulle (1) : elles sont remarquables par la profondeur du sentiment, par l’abandon du poëte qui se livre sans réserve et sans prudence, par l’allure pleine d’élan. Elles sont adressées à une maîtresse innommée, probablement une courtisane, comme le laisse supposer la trahison prévue. La critique l’a depuis longtemps (2) identifiée, non sans vraisemblance, avec la

mu LR ] Albi, ne doleas plus nimio memor Immitis Glycerae, neu miserabilis Decantes elegos, cur tibi iunior

Laëesa praeniteat fide.

Les termes miserabilis.… elegos caractérisent très heureusement

n les vers que cette femme a inspirés à Tibulle. Cette liaison se pla-

cerait entre celle du poète avec Delia et celle avec Nemesis : elle viendrait après la rupture avec Delia et le renvoi de Marathus ; elle est antérieure à l’aventure avec Nemesis, à laquelle Ovide fait allusion dans les termes ecura recens, tandis qu’il appelle Delia primus amor (Amor. 3, 9, 32). L'événement a donc pu avoir lieu en 25 ou 24.

(1) Postgate (Journal of. Philology, IX, 18 ; 1880 ; p. 280-286) a cherché à démontrer que 8,19 était l’œuvre d’un adroit plagiaire.

(2) Cf. À, Cartault, À propos du Corpus Tibullianum, p. 564-565.

XIX ÿ MENT

Aucune femmene m’arrachera de ta couche (1): c’est la première condition à laquelle l'amour nous a unis. Tu es la seule qui me plaises, et, après toi, il n’y a plus dans ER

5 ville une seule femme belle à mes yeux. Mais aussi puissestu ne paraître jolie qu’à moi ! Si tu déplaisais aux autres |! alors, moi, je serai tranquille. Je n’ai pas besoin d’exciter l’envie, loin de moi une gloire bonne pour le vulgaire : le sage doit renfermer sa joie dans sa poitrine. Ainsi je puis

10 vivre heureux dans le secret des forêts, où jamais chemin n'ait été foulé par le pied des hommes. C’est toi qui es ‘pour mi le repos dans les chagrins ; toi qui, au plus sombre de la nuit, es la lumière, et qui, dans les lieux solitaires,

es pour moi tout un monde. Aujourd’hui le ciel peut envoyer une amie à Tibulle, il l’enverra en vain et Vénus m'’a-

15 bandonnera ; je le jure par la puissance, que tu révères, de Junon, ta patronne (2), qui est pour moi la plus grande de toutes les divinités. Que fais-je? insensé! hélas ! hélas ! je-

(1) Le poète veut dire : aucune femme ne m’enlèvera mon amour pour toi. L'expression subducere lectum rappelle celle de Sophocle, Electre, 114 : todc EUVÈg ÿroxhertouévous. Properce écrit aussi,

1, 8, 45 : Nec mihi riualis certos subducit amores. De même le v. 3 semble bien avoir été influencé par Properce ,2, 7, 19: Tu mihi ‘’ sola places : placeam tibi, Cynthia, solus.

(2) Cf. supra p. 177, n. 1.

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