LOCALISATIONS ET FORMES
On ne saurait décrire tous les tics. Leurs formes et leurs localisations sont innombrables. Il importe cependant de connaître les plus fréciuenles.
Tics de la.face. — La musculature faciale coopère à une foule d'actes fonctionnels : nictitation, mastication, succion, respiration, phonation, etc. La face est aussi le siège des expressions mimiques. Chacune de ces dernières est la résultante d’actes musculaires coordonnés dans le but de traduire les sentiments, les passions, les émotions. Tous ces actes peuvent être perturbés de mille façons; de là une inlinité de tics, isolés ou concomitants, qui s'associent encore à des tics du cou, des épaules et des membres supérieurs. Ils doivent être analysés séparément.
Tics des yeux. — Les tics des yeux peuvent être divisés en tics des paupières et tics des globes oculaires^.
a] Les tics des paupières sont les plus fréquents de tous les tics; ils sont
t. JolTroy, Des myopsychies. Revue neurologique, 15 avril 1902.
2. Hiiddler et Cliomel, Tic de l'ours chez le cheval, et les tics d’imitation chez l’homme. Soc. de neurologie, de Paris, 4 juin 190.3, Revue neurologique, 1.5 juin 1903, p. 541. — Analogies entre les lies et stéréolypies de léchage chez l'homme et chez le cheval, Soc. de neurologie, de Paris, 7 janvier, 1904. — Des stigmates anatomiques, physiologi(|nes et psychiques de la dégénérescence chez l’animal, en particulier chez le cheval. Congrès des uliënisles et neurologistes, Pau, août 1904. — Nouv. Iconographie de la Salpétrière, n° 6, 1904.
généralement bilatéraux. Lorsqu’ils se manifestent par des battements brefs et fréquents des deux paupières, on leur donne le nom de tics de nictitation. Une portion seulement des fibres du muscle orbiculaire des paupières est atfectée à la nictitation; les libres excentriques n'entrent en jeu qu’à l’occasion d’une autre fonction, ayant un but tout différent, l’occlusion de l’œil. Lorsque le mouvement convulsif porte sur toutes les libres du muscle orbiculaire, on a affaire à un lie de clignotement. Les muscles sourciliers, les muscles du nez, les zygomatiiiues, entrent assez souvent en jeu en même temps.
A côté de ces mouvements convulsifs palpébraux de forme clonique, il n’est pas rare d’observer des conti-actions toniques se répétant à intervalles plus ou moins éloignés et se prolongeant un certain temps : ce sont les tics de clignement.
A l’inverse des tics de clignement, on observe aussi des tics d'écarqnillement, caractérisés par une ouverture exagérée de la fente palpébrale, survenant tantôt par intermittences, tantôt au contraire réalisant une attitude permanente d’écartement des paupières qui donne au faciès une expression de fixité et de dureté; là, le muscle releveur de la paupière entre en jeu. . ^
Les tics des paupières ont généralement pour point de départ un mouvement réflexe provoqué par une cause irritative venue de l’extérieur; poussière, cils, granulations, conjonctivite. Les impressions lumineuses vives et persistantes, la pbotopbobie ‘, certains troubles de la A'ision, peuvent les provoquer également.
Les tics palpébraux doivent être distingués du blépharospasme et du blaphar otonus., qui se produisent au cours d’affections organiques des centres ou des conducteurs nerveux. A l’inverse des tics palpébraux, les blépbarospasmes sont le plus souvent unilatéraux. Cependant, (|uand le spasme palpébral est violent, on peut voir les deux paupières des deux côtés se fermer simultanément. Les caractères objectifs des conli-actions, et révolution des accidents différencient ces accidents des tics. De plus, les spasmes palpébraux ne s’accompagnent pas de mouvements du globe oculaire, tandis que ceux-ci ne sont pas rares dans les tics des paupières.
Les tics des paupières sont des perturbations fonctionnelles, soit de ta fonction de nictitation, soit de la fonction d'occlusion des veux (acte de défense), soit de la fonction mimique. La bilatéralité est la règle dans ces actes fonctionnels, ce qui expliipie la plus grande fré(juence des tics bila-téraux des paupières. On peut cependant observer des tics d'une seule paupière. 11 est même fréquent de voir les contractions plus accusées d'un seul côté.
b) Tics des globes oculaires. — Des mouvements convulsifs des globes oculaires accompagnent fréquemment les tics palpébraux. Dans les tics de clignotement, on pout voir le globe oculaire se mouvoir deridèi-e les j)au-
t. Henry Meige, Migraine ophtalmique, photophobie et tic de clignement. Congrès de Pau, 1904. — Revue neurologique, 30 septembre 1904.
picrcs supérieures baissées. Ces mouvements se produisent aussi quand les paupières sont ouA^ertes; ils pein ent affecter un seul œil ou les deux. Ils ont généralement même origine que les tics palpébraux-.
Lorsque les mouvements convulsifs des globes oculaires se répètent avec régularité, il en résulte une sorte de tic vystagmi forme. Certains strabismes, fréquents chez les enfants, ne sont que des troubles fonctionnels comparables aux tics toni(iues.
Il existe également des troubles purement fonctionnels de la musculature intrinsèque de l'œil. On connaît des crampes professionnelles de l'accommodation chezles personnes qui font un usage fréquent du microscope, chez les opticiens, les horlogers. Pierre Janet* a rapporté un cas curieux de persistance des efforts de vision binoculaire chez une femme qui avait perdu Fœ'it gauche. Les phénomènes décrits sous le nom de micropsie, mégalopsie, en particulier chez les hystériques, peuvent s’observer chez les liqueurs ainsi que les A-ariations alternantes de l'orifice irien appelées hippus.
Tics des lèvres. — Après les tics des yeux, les tics des lèvres sont les plus fréquents des tics de la face; ils peuvent être très variés, étant donné le nombre et la diversité d’action des muscles qui coopèrent aux mouvements de l’orifice labial.
L’orbiculaire des lèvres. peut être seul atteint; on a affaire alors à des tics de moue, de succion ou de pincement des lèAœes. Lorsque les muscles élévateurs, abaisseurs ou dilatateurs des lèvres entrent en jeu on voit se produire toutes sortes de grimaces et de rictus.
Les tics des lèvres sont parfois des tics de la mimique faciale, les muscles intéressés coopérant à diverses expressions physionomiques (dégoût, dépit, colère, etc.). D’autres fois, les tics labiaux sont, comme les tics des yeux, des mouAœments provoqués au début par une irritation locale (gerçures, fissures labiales, eczéma, petits furoncles, etc.). Les lèvres jouant aussi un rôle dans plusieurs fonctions (succion, préhension des aliments, mastication, articulation des sons, etc.), les tics de cette région sont dans certains cas des anomalies de ces différentes fonctions.
Les troubles de la dentition, en particulier la chute des dents de lait et l’apparition des nouvelles dents, sont fréiiuemment ja cause des tics des lèvres. Chez les enfants, la place laissée vide par la dent tombée, la minime douleur gingivale, ou plus tai-d la sensation insolite causée par la nouvelle dent, sont autant de causes provocatrices de mouvements des lèvres (pii, chez les prédisposés, se transforment facilement en tics.
Les mêmes causes qui provoipient la plupart des tics des lèvres donnent aussi lieu à des habitudes motrices vicieuses, parmi Icsipielles la clieilophagie est la plus fréquente'’. Les mangeurs de lèvres sont aussi nombreux
■1. Pierre Janet, Un trouble de la fonction par exagération de l’association binoculaire, Annales d’oculistique, juil. 1903.
2. Henry Meige, Micropsic chez un tiqueur bègue. Soc. de neurol. de Paris, 15janv. 1903. — Ôtto Veraguth, Ueber Mikropsic und Makropsie, Deutscli Zeitschrift für Nervenheilicunde, Band XXIV.
3. Henry Meige, Tics des lèvres, clieilophagie, clieilophobie, XIIP Congrès des aliénistes et neurologistes, Bruxelles, août 1903. — Journal de neurologie.
que les rongeurs d’ongles {omjchophagie)- parmi eux se recrulent beaucoup de liqueurs. L’abondance et la délicatesse des terminaisons sensitives dans la muqueuse labiale explniuent la multiplicité et l’acuité des incitations qui en partent, et dont chacune peut être l'occasion d’une réaction motrice. Les mouvements de. ce genre ont pour effet d’entretenir les gerçures et les excoriations, qui à leur tour provoquent de nouveaux mouvements. Dans le môme ordre de faits prend place la trichophagie, habitude vicieuse de manger les poils de la barbe et de la moustache. Ces mauvaises habitudes motrices ne se manifestant pas sous l’apparence convulsive appartiennent moins aux tics qu’aux stéréotypies. La plupart des tics des lèvres sont de forme clbni(iue; leur brusquerie est d’ailleurs variable. Mais il existe aussi des convulsions toni(iues des muscles labiaux réalisant des moues ou des pincements des lèvres, plus ou moins durables. Quelquefois la contraction forcée n’existe qu’à la lèvre supérieure, qui s'applique fortement contre les gencives. En parlant, le sujet ne fait agir que sa lèvre inférieure et il exagère les mouvements de la mâchoire. Les troubles de dentition, fréquents chez les dégénérés, favorisent et provoquent cette habitude vicieuse.
Autres tics de la face. — Les tics du nez, souvent associés aux tics des lèvres et des yeux, se manifestent le plus souvent par un froncement de la peau, d’autres fois par un battement des narines. Ces tics sont généralement accompagnés de bruits respiratoires et liés à des tics de la rei^piration. Le plus fréquent est le tic de reniflement. Ces tics du nez sont généralement bilatéraux; ils peuvent être unilatéraux lorsqu’ils sont associés à des tics prédominants d’un seul côté de la face. Certains d’entre eux appartiennent aux tics mimiques.
Les muscles du menton sont rarement atteints isolément ; en tout cas, les muscles symétriques se contractent ensemble. On peut leur donner le nom de genio-tics et l’on doit les différencier des génio-spasmes, qui sont unilatéraux *.
Le muscle peaucier du cou, qui n’est qu’une expansion de la musculature faciale, entre souvent en jeu dans les tics de la face; on a même décrit des tics isolés du peaucier (Oppenheim). De môme pour les muscles frontnu.r, les sourciliers et môme les muscles peauciers du crâne. Leurs contractions isolées ne sont pas rares, soit sous la forme clonique (Stembo), soit sous la forme tonicpie ; certains sujets prennent l'iiabitude de lâder leur front et peuvent maintenir cette attitude pendant longtemps; d’autres prennent l'habitude de froncer constamment les sourcils. On peut les considérer comme des troubles de la mimique (effroi, surprise, colère). Chez les enfants ils ont souvent pour point de départ la pression exercée sur le front par la coilfure, ou le chatouillement produit par des cheveux trop longs. Les muscles moteurs du pavillon de l'oreille peuvent aussi être atteints de tics, soit isolément (Romberg), soit associés à d'autres tics de la face (Seeligmuller, Bernhardt). Il existe des troubles fonctionnels analogues
1. H. Meige, Génio-lics et génio-spasmes, Soc. de Neia'ologie de Paris, G avril 1903.
pour la musculature de Vovcüle interne (eu particulier le muscle de 1 elrier) ; nombre de liqueurs se plaignent d’entendre des bruits, des bourdonnements, soit isolément, soit en même temps (jue se produisent des tics de la face. Des mouvements intempestifs du voile du palais faisant vaiâer la pression dans la trompe d’Euslache peuvent aussi donner naissance à ces phénomènes auditifs, qui doivent être distingués des hallucinations de l’ouïe.
Tics de la langue. — Les tics de la langue existent rarement à l’état isolé. Il importe de les différencier des mouvements convulsifs de la langue qui se rattachent à des alfections organiques d’origine cérébrale ou bulboprotubérantielle, lesquels méritent le nom de glosso-spasmes.
Les vrais tics de la langue sont caractérisés par sa projection brusque au dehors, soit en avant, soit plus fréquemment sur un des côtés; ils existent pendant la parole ou pendant le silence. Des mouvements intempestifs de la langue peuvent aussi se produire à l’intérieur de là cavité buccale, les lèvres étant closes ou ouvertes. Ils se révélent par des soubresauts du plancher de la bouche, et par des hruits pharyngés, car ils s’accompagnent fréquemment des contractions des muscles du voile du palais.
La langue participant à un grand nombi-e de fonctions (succion, mastication, déglutition, respiration, articulation des sons), les tics de la langue sont des troubles de ces ditlerentes fonctions.
A coté des mouvements convulsifs de la langue, il faut signaler les habitudes motrices vicieuses, la stéréoti/pies linguales, auxquelles on a donné le nom de tics de léchage (très fréquemment associé à la cheilophagie). Le tic du chiqueur est un mouvement intempestif de ce genre : la pointe de la langue est dirigée dans le replis gingivaux et fait saillir la joue. Le point de départ est une inllammation locale, un abcès ou une lésion dentaires (Letulle, Rudler *).
La langue, avec ou sans les lèvres, joue un rôle important dans les tics bruyants, tels (jue le lie de sifflement, le lie de claquement, le tic de croassement, etc., qui sont intimement liés aux tics respiratoires et phonatoires.
La langue est aussi le siège de contractions toniques d'origine fonctionnelle (Lange). On a décrit des crampes professionnelles île la langue chez les joueurs d’insti-uments à vent i^Slrïunpel).
Entln, les contractions intempestives et déréglées, les habitudes motrices vicieuses des muscles de la langue jouent un i-ôle dans les troubles du langage tels que le bégaiement, le chuintement, etc.
Tics de la mâchoire. — 11 existe des tics des muscles masticateurs, isolés ou associés aux tics des muscles peauciers de la face. Ces tics se traduisent par des mouvements brustiues et répétés de la mâchoire inférieure, soit du haut en bas, soit de droite à gauche. Les muscles sus-hyoïdiens, les plérygoïdiens (Leuhe, H. Meige), très souvent les muscles de la langue, participent à ces tics. Suivant la localisation convulsive prépondé-
t. Itmller et Chomel, Élude de pathologie comparée sur les tics de léchage de riiDiiime et du cheval, XUI° Conr/rès des aliénistes et ncnrologisles, Bru.\elles, août 1903. — Tic du ctiiqueur. Soc. de neurol. de Paris, " janv. lOoi.
rantc on a affaire à des mouvements d’abaissement, de propulsion ou de diduction de la mandibule.
Les tics de la mâchoire sont souvent alliés à la cheilophagie. Ils ont mêmes causes provocatrices que les tics des lèvres (érosions labiales) lésions dentaires, gingivales); ils se rattachent à des habitudes vicieuses de « mordillage » ou de « mâchonnement »; ils s'accompagnent quebiuefois de claquement ou de grincement des dents. Ces tics peuvent entraîner des complications assez sérieuses, en particulier des ulcérations de la muqueuse buccale, que les mouvements de morsui’e incessamment répétés entretiennent, et aggravent, sans parler des dangers d'infection; ou bien ce sont les dents qui en pâtissent : elles peuvent être brisées ou ébranlées jusqu’à tomber. Enfin, ces tics peuvent s’accompagner d’une véritable difficulté de la parole.
Les contractions toniques des masséters donnent naissance à un phénomène qui a été décrit par Raymond et P. Janet sous le nom de trismus mental. Le trismus mental a ceci de particulier qu’il peut cesser complètement quand on fait exécuter au sujet certains mouvements. Le malade qui ne peut desserrer les dents pour parler, ouvre au contraire largement la bouclie si on lui demande de tirer la langue, montrer sa gorge, ou même s’il se met à chanter (Henry Meige). Ce trismus s’observe chez certains aliénés; il représente un acte de défense en relation avec une idée délirante; sa persistance est telle dans certains cas qu’on est obligé d’alimenter les malades à l’aide d’une sonde nasale. Le trismus mental est souvent corrigé par les malades eux-mêmes à l’aide d’un procédé de leur invention, auquel ils attribuent une vertu particulière : un bouchon entre les dents, un doigt sur les incisives (Chatin). On l’observe aussi dans l’hystéi'ie. Rocher le rattache à une « névrose spastique idiopathique ». Ne pas le confondre avec les trismus d’origine réllexe, consécutifs aux abcès, caries dentaires, ou survenant à l’occasion de l’éruption de la dent de sagesse, de lésions du maxillaire, etc. Ce sont alors des spasmes des muscles masticateurs. Le trismus mental expose à des complications analogues à celles des tics cloniques de la mâchoire.
Tics du cou. — Les convulsions cloniques localisées aux muscles du cou ont pour effet de déplacer l’extrémité cépiialiipie, et se traduisent par toutes sortes de secousses, rotations, inclinaisons, inflexions de la tête ; tics de hochement, de salutation, tï affirmation, de négation, etc.
Le tic de hochement est un des plus fréquents. Les différents muscles du cou peuvent être intéressés, mais surtout les sterno-cléido-masto’idien's. Du moins, semblent-ils être plus fi-équemment touchés, étant plus superficiels ' et plus faciles à observer; mais les muscles profonds sont atteints également dans bien des cas, et rien n’est plus difficile que de déterminer la part que prend chacun d'eux aux secousses de la tête.
Les tics du cou sont souvent associés aux tics de la face, très souvent aux tics des épaules. Les muscles lléchisseurs sont plus fré(piemment atteints (pie les extenseurs.
La cause la plus frécpiente des tics de hochement, surtout chez les enfants.
est un geste provoqué par une coilTure instable que le sujet cliercbe à redresser par un brusque mouvement de tête. Il suffit souvent de moditier la coiffure pour faire disparaitre le tic. D'autres fois, c’est le cbatouillement produit par une mèche de cheveux ou la gêne produite par un col trop étroit; en pareil cas, faire couper les cheveux et supprimer le col. Les mouvements de la tête participant aux gestes mimiques, certains de ces tics méritent le nom de tics d' affirmation ou de négation. Les tics de hochement peuvent s’accompagner de mouvements de flexion du tronc [tics de salutation).
Les tics de hochement doivent être différenciés de l’affection décrite sous le nom de spasmus nutans, qui s’observe chez de tout Jeunes enfants et qui semble liée à l’existence d’une lésion irritative encéphalique. Le spasmus nutans est surtout fréquent pendant la nuit et persiste pendant le sommeil (Oppenheim). On doit également différencier les tics de hochement de tous les tremblements de l’extrémité céphalique.
Torticolis-Tic, Torticolis mental de Brissaud. — Le Torticolis mental est un trouble psycho-moteur, assimilable aux tics.
La manifestation motrice se traduit par une attitude de rotation de la tête en torticolis, qui se prolonge pendant un temps plus ou moins long. Étant donné le nombre et la complexité des muscles chargés d’assurer les mouvements de la tête et du cou, les attitudes de torticolis sont très variables suivant les cas ; tantôt il s’agit d’une rotation simple, tantôt de rotation et de flexion combinées, tantôt de rotation avec extension de la tôle; enfin, l’extension seule peut se produire, donnant lieu au rétrocolis.
Le mouvement convulsif est clonique ou tonique. Tantôt la tête semble entraînée brusquement sur le côté par une seule secousse ou par une série de secousses successives, puis revient à sa position normale, pour reparfir l’instant d’après; tantôt, au contraire, l’attitude de i-otation se maintient pendant un certain temps, quelquefois pendant des heures. On observe toutes les variantes d’un sujet à l’aufre, et souvent, chez le même sujet, à des moments différents.
Tous les muscles du cou peuvent être atteints; mais l’action du sternocléido-mastoïdien frappe toujours davantage. D’autres muscles, trapèze, scalénes, splenius, complexus, obliques, angulaire, agissent souvenf on même temps et modifient la position de la tête. Les muscles qui enfrent en jeu ne sont pas toujours situés du même côté; on lient voir les associations croisées les pins singulières. En général, le sterno-mastoïdien agit avec le trapèze du même côté; si ce dernier est fortement contracté, on voit des plis profonds se creuser sur la peau de la nmiue et du cou. D'autres muscles plus éloignés peuvent aussi participer au mouvement; les pectoraux, les deltoïdes. Il est rare ipie la rotation de la tête ne s’accompagne pas d’une élévation do fépaulc; mais tantôt celle-ci a lieu du côté de la rotation, tantôt du côté opposé. Exceptionnellement, les muscles lléchisseurs de la tête sont jiris au même degré des deux côtés; Duchenne (de Boulogne) a rapporté un exem]ile de ce geni'o de procolis.
La rotation de la tête existe seule au début, mais avec le temps elle