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TORTICOLIS-TIC

s’accompagne, soit de mouvements, soit d’attitudes vicieuses permanentes de l’épaule, du bras, du tronc. Plus rarement les muscles de la face et de la langue sont intéressés.

On peut observer tous les degrés dans l’intensité et dans la fréquence des mouvements de déviation de la tête comme dans la durée de l’attitude vicieuse. Le repos physique, la tranquillité morale atténuent les contractions; la fatigue, les préoccupations, les émotions les exagèrent. La volonté, la distraction ont une action inhibitrice efficace dans la majorité des cas, mais d'une durée plus ou moins longue. Certains actes exagèrent le torticolis, par exemple la lecture, et surtout l’écriture. Dans quelque cas même, au début de l’affection, le torticolis n’apparaît qu’à l’occasion de l’écriture.

Les mouvements convulsifs cessent toujours pendant le sommeil; mais celui-ci est lent à venir; souvent en elVet, même lorsque la tête est appuyée sur un fauteuil ou un oreiller, le torticolis se produit; les malades emploient toutes sortesde procédés, coussins, attelles, etc., pour s’immobiliser; ils n’y parviennent pas toujours.

Les sujets atteints de cette affection adoptent des gestes de défense destinés à atténuer, parfois même à corriger complètement leurs torticolis. Le geste antagoniste efficace est le plus souvent l’application d’un doigt sur le menton ou sur la joue; mais il existe une infinité de variantes : le pouce enti'e les incisives, la paume de la main sur le front, ou sur l’oreille, ou sur l’occiput. La contre-pression exercée par le malade n’est pas toujours dirigée en sens inverse de. la rotation; elle est quelquefois de même sens et semble paradoxale. Dans bien des cas d’ailleurs cette contre-pression est insignifiante ou nulle; l’approche du doigt suffit, sans même qu’il eflleure la peau. Certains sujets imaginent des procédés correcteurs étranges : un bâton entre les dents (Grasset), un parapluie sur l’épaule, et surtout des cols carcans. Dans une observation de Noguès et Sirol le malade mettait sur son nez un lorgnon sans verre agrémenté d’une tige de fer dont il regardait l’extrémité pour corriger son torticolis. Scberb’ a rapporté l’bistoire d'une femme chez qui la « peur de voir tomber la tête » avait engendré les mouvements convulsifs. Elle faisait usage d’une foule de stratagèmes : cols carcans, étais de toutes sortes, jusiiu’à fixer dans son dos, à sa ceinture, un bâton au haut duquel elle attachait sa tête avec un mouchoir.

Ces procédés de défense n’ont généralement de vertu que quand ils sont appli(jués par les malades eux-mêmes; une autre main, quelle que soit la pression qu’elle exerce, n’a pas le même succès. Mais cette règle n’est pas absolue; il peut même arriver qu’une personne déterminée ait seule le pouvoir d’opérer la correction. Le même sujet emploie aussi à des périodes différentes des procédés antagonistes dilférents.

Le torticolis mental ne s'accompagne pas de douleurs vives; mais tous les malades accusent des sensations de tiraillement, de gêne, de courbature, dans la région du cou; ces phénomènes douloureux semblent être, non pas primitifs, mais secondaires; ils sont la conséquence des contractions forcées

1. Schei’b, Un nouveau cas de torticolis mental, Revue neurologique, 13 septembre

et des compressions exercées par les muscles hyperactifs. Bien plus pénible est la douleur morale, résultant de l'incapacité de résister à la rotation de la tète; ce phénomène prend quehiuefois un caractère angoissant; en tout cas, les malades sont toujours grandement obsédés par leur infirmité.

Beaucoup de malades semblent avoir perdu la notion exacte de la position de leur tète (Meige, Seberb); ils manquent également de précision et d'assurance dans l'exécution des mouvements des membres. De ce fait, la marche est gênée, irrégulière, incertaine.

Dans un assez grand nombre de cas, on retrouve la cause du mouvement primitif volontaire et logiiiue, qui a précédé le torticolis. C'est souvent une position choisie dans le but d’atténuer une douleur, soit dentaire (Souques), soit dans la nuque (Séglas); un malade tourne la tète pour i-ecbercber un craquement dans les articulations du cou (Brissaud et Meige); un autre veut dissimuler sa ligure (Baymond et Janetj; un autre encore a pris l'habitude de regarder de côté par une fenêtre (Sgobbo), etc.

Le début de l'alfection est insidieux; le mouvement ou l’attitude de rotation est d’abord léger et ne se produit qu'un petit nombre de fois par jour; puis il va s’accentuant et augmente de fréquence. L'alfection peut se localiser d’abord à un muscle, l'abandonner ensuite pour s’attaquer à un autre, puis reparaître dans le premier muscle atteint; on voit ainsi des torticolis changer de côté.

Certains actes professionnels fré(|uemment répétés sont invoqués dans l’étiologie. Dans le tic da colporteur de Grasset’, le geste initial était l’acte de jeter un fardeau sur l’épaule; Baylac a incriminé le geste du typographe^ qui tourne la tète cha(iue fois qu'il pi’end une lettre dans un casier. L’éciâlure est souvent, au début, le seul acte à l’occasion duquel se produise le torticolis. Les troubles de la vision (Wallon) et de raccommodalion paraissent aussi avoir une certaine importance dans la genèse du torticolis, ainsi (pie les troubles de l'ouïe. Dans nombre d’observations on signale les causes morales dépi’imantes, émotions, chagrins, préoccupations. Des causes locales sont souvent invociuées : abcès, adénites, anthrax (Briand), papillome du nez (Lannois) et aussi les refroidissements, les infections et les traumatismes (Oppenbeim).

Tics de l’épaule. — Le i)lus fré(iuent est le haussement de l’une ou des deux épaides; on voit aussi la projection de l’épaule en avant ou son rejet brus(iue en arrière. Ces tics sont souvent provocpiés par la gène d’une bretelle, d'un vêtement timp étroit, par une douleur articulaire légère et passagère, par la recberebe d’un cra(|uement de la jointure. Ils sont souvent associés aux tics de la tète et du cou.

Très fi‘é(iuentes aussi sont les attitudes permanentes d’élévation d'une des épaules, sans (|u’aucuiie lésion organi(|ue puisse justifier cette attitude, que le sujet peut d’ailleurs corriger instantanément, s’il y porte attention.

Tics des menibres supérieurs. — Aux brus, on observe surtout des

1. Grassel, Tic du colporleur. Spasme i)ol)gonal post-professionnel, Noiw. Iconographie de la SulpiUrière, IS'JT, p. 211.

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