Henry Meige et Feindel, Les lies et leur traitement
4. Brissaud et Henry Meige, La discipline psycho-motrice, Congrès de Madrid, avril 1903, Archives génér. de médecine.
constants, toujours nouveaux, capables d’inhiber les actes moteurs intempestifs, capables aussi de créer des actes moteurs corrects. C’est ainsi que l’on parvient à développer et à perfectionner son activité psycho-motrice. Le malade doit donc faire un effort personnel et maintes fois le répéter. On ne doit donc pas le considérer comme un patient passif, se bornant à exécuter les ordres donnés, mais comme un élève auquel on apprend à bien penser pour bien a^-îr; c’est un collaborateur avec lequel on travaille à l’(cuvre de guérison.
Oppenheim* a donné le nom à' Uebungstherapie à une méthode de rééducation analogue, à l’aide d’exercices systématiques visant à la répression des secousses musculaires et à la conservation de l’immobilité. Le sujet est aussi entraîné à la répression des réllexes émotifs et des mouvements de défense; il doit s’efforcer de maîtriser tes réactions telles que l’éternuement à la suite du chatouillement nasal, le clignement lorsqu’on dirige brusquement un objet vers ses yeux, etc. Tous ces exercices ont pour but de développer les actes volontaires inhibiteurs.
Pitres recommande tout particulièrement ta gymnastique respiratoire , ou ■atlimothérapie-, qui a donné entre ses mains et celles de Cruchet des résultats fort appréciables. La combinaison de la méthode de Pitres, de la méthode de Brissaud rend de réels services.
On peut aussi utiliser l’aptitude naturelle de tout individu à exécuter des mouvements symétriques, pour corriger, par l’acte correct du côté sain, l’acte incorrect du côté malade ; c’est ta gymnastique en miroir ^
Pour corriger les tics toniques et les aptitudes catatoniques, on emploiera les exercices méthodiques de détente : le liqueur sera entraîné progressivement à obtenir au commandement le relâchement musculaire instantané.
Enfin, on utilisera surtout le contrôle du miroir *. Le miroir est destiné à remplir l’office de surveillant et à rappeler le malade à l’ordre lorsqu’il est seul pendant l’exécution des exercices prescrits. Les avertissements du miroir qui reflète impitoyablement toutes les fautes obligent le patient à multiplier ses efforts correcteurs. Il prend ainsi l’habitude d’exercer sur ses actes moteurs le contrôle nécessaire à leur bonne exécution.
Les liqueurs n’étant pas seulement exposés à des troubles de la fonction motrice, chez les jeunes sujets surtout, une surveillance attentive des fonctions viscérales s’impose. On arrive à corriger des troubles des fonctions digestives, en faisant fréquemment appel aux interventions du contrôle cortical. C’est par une éducation bien dirigée (jue se règle le sommeil, la faim, la miction, la défécation, etc., non seulement chez les noiiveaux-nés
1. Oppenlieini, Notiz zur Uebungstlierapie, Therap. Monatshefte, janyier 1899.
2. Pitres, Tics convulsifs généralisés traités par la gymnastique respiratoire, Journ. (le méd. de Bordeaux, 17 février 1901. — Cruchet, thèse 1902. — Pitres et Cruchet, Congrès de Grenoble, 1902.
3. II. Meige, Les mouvements en miroir; leurs applications pratiques et thérapeutiques, Congrès de Limoges, 1901. — Journal de neurologie, n® 19, 1901. — Congrès de Madrid, 1903.
i. H. .Meige, Le traitement des tics par le contrôle du miroir, Congrès de Grenoble,
TRAITEMENT
mais chez les enfants et même les adultes. On doit donc envisager une discipline psycho-molrice des muscles de la vie végétative, et même une discipline psycho-sécrétoire
La psychothérapie \oi\e. un rôle de premier ordre dans le traitement des tics. Mais, pour être efficace, elle ne doit perdre de vue ni la nature de l’affection ni l’état mental de celui qui en est atteint. « Ce qu’on appelle psychothérapie, dit Brissaud, n’est autre chose qu’un ensemble de moyens destinés à montrer au patient par où pèche sa volonté et à exercer ce qui lui en reste dans un sens favorable. « C’est, en somme, une éducation bien dirigée, où' il est tenu grand compte des imperfections mentales qu'on s’efforce de corriger; d’où le nom à' orthopédie mentale donné quelquefois à ces procédés rééducateurs. Bourneville, en les appliquant systématiquement aux idiots et aux arriérés, a montré qu’ils étaient souvent efficaces. Leur application aux liqueurs, dont le développement mentales! infiniment moins retardé, a permis d’obtenir desjésultats appréciables.
L'isolement est une mesure qui s’impose parfois, soit (ju’il s’agisse des tics remontant à une date déjà ancienne, particulièrement violents et généralisés, soit que l’entourage du malade apparaisse comme un obstacle à la bonne exécution du traitement. Les conditions d’entourage sont en effet d’une grande importance ; elles peuvent favoriser l’éclosion et le développement des tics ; elles peuvent empêcher leur guérison. A défaut d’isolement dans une maison de santé, Véloignement du milieu familial est toujours favorable au liqueur; il ne faut jamais hésiter à le conseiller, si les parents semblent incapables de comprendre et de mener à bien la tâche éducatrice qui leur incombe *.
L'alitement rend aussi de grands services. On sait combien il est efficace dans la chorée de Sydenham. Les liqueurs en bénéficient largement. Dans les cas tout à fait sévères on aura recours à l’isolement avec alitement, et au besoin même à la cure d'obscurité.
1. H. Meige et E. Feindel, Remarques [cliniques et thérapeutiques sur les tics de l’enfance, Journal de neurologie, 1904.
Coulommiers. lmp. Paul BRODARD. — 6-05.