SCÈNE X JEANNINE, JULIE, puis GEORGES
JEANNINE, à Julie qui entre.
M. Brochard ?
JULIE
Non, madame. C'est le mari de madame qui revient et qui insiste pour...
JEANNINE
Très bien. Je vais le recevoir. {Julie introduit Georges et sort.)
JEANNINE, à Georges.
Déjà ?
GEORGES
Oui. Je viens de chez l'huissier.
JEANNINE
Lequel ?
GEORGES
Celui de maman.
JEANNINE
Ah ! bien.
GEORGES
Les choses peuvent encore s'arranger.
JEANNINE
J'ensuis bien contente.
GEORGES
Il suffît que je paie les frais et que je verse un acompte.
JEANNINE
De sorte qu'il ne te faut plus?...
GEOlîGES
Que 25 louis.
JEANNINE
Avec 25 louis, ta mère est ôtée d'embarras?
GEOliGES
Pour le moment, oui.
JEANNINE
Eh bien, mon ami, j'ai la satisfaction de t'annoncer que je viens de payer le repos de ta mère beaucoup moins cher que cela.
GEOHGES
Non!
JEANNINE
Non ? Tu vas voir. [Elle sonne. A Julie.) Priez madame d'Ambroville de venir.
GEORGES
Il n'est peut-être pas convenable...
JEANNINE
Qu'elle te trouve ici ? Pourquoi ?
Dame !...
JEANNINE
Tu ne vas pas me refuser la joie d'un petit tableau de famille que je n'ai pas eu sous les yeux depuis cinq ans et que je ne reverrai pas de sitôt, c'est probable.
GEORGES
Ecoute, Jeannine... Si tu as obligé maman, c'est bien de ta part, c'est très bien... Mais tu peux me
rendre à moi personnellement... un grand service... Prête-moi dix louis... ou bien je n'ai plus qu'à me faire sauter le caisson.
JEANNINE
Comme si c'était quand un caisson est vide qu'on le fait sauter.