‹ Tiers-ordre Franciscain [microforme]Chapitre 21 sur 103 · LE TIERS-ORDRE ET LA PAROISSE · texte numérisé non relu

LE TIERS-ORDRE ET LA PAROISSE

justice. dié la Règle du Tiers-Ordre ; j'en prends à témoins tous ceux : er avec d’entre vous qui ont v1 fonctio-ner une fraternité bien dipassions rigée et bien visitée par nos Pères du 1e Ordre: n'est-il pas vrai. que vous avez, dans ces diverses notes d’une bonne chemin paroisse, un développement et une démonstration vivante de divertis- la Règle du Tiers-Ordre et le résumé des-habitudes de vie, PAF que de piété et de vertus que l’on rencontre ches les Tertiaires, : si bien ou, du moins, que l’on s’efforce d'atteindre dans toutes les manche fraternités ?

ents de Reprenant chacune des notes indiquées comme caractéristiques d’une bonne paroisse, je désire vous montrer en peu le toute % de mota qu’elles conviennent éminemment aux fratzrnités que la du Tiers-Ordre, et que c’est surtout par le Tiers-Ordre qu’on et quo- arrive à former et à conserver les bonnes paroisses. e coins :

du ciel. 1° La foi la pa- —— roir des Les Tertiaires sont des paroissiens q . vivent de foi, de foi sociale, sans mélange d'erreur ou de vérités amoindries, parce qu'ils mutuel, sont les vrais disciples de Jésus-Christ et les fils les plus déles fa- voués de l'Eglise. Ils acceptent l'Evangile sans en rien reux que trancher ; car la Règle qu'ils ont embrassée est un résumé odiguer substantiel de l'Evangile.

curé et La profession, qui les fait remonter aux vœux de leur ba) , diffu- tême, renouvelle en eux la foi qui distingue les chrétiens, les. affermit dans l’union à Jésus-Christ, et à son représentant, le Souverain Pontife, gardien de la foi. À Après cette profession, et en adoptant la Règle du Tiers- Ordre pour la réduire en pratique dans toute sa vie, le Terse telle # tiaire comprend qu’il doit être un ‘“ juste vivant de la foi, ” re-Sei- selon l'avis d saint Paul.

et telle Il ne se contente pas de croire d’une manière vague ce que amour l’Eglise enseigne ; msis-ses pensées, ses sentiments, ses pas grou- roles, ses actes privés et publics seront vivifiés par la foi. * ses. Bon paroissien à l’église, il le sera dans ses rapports avec it étu-

l'autorité religieuse et civile, il le sera dans sa famille et dans

les réunions publiques ; avant de prendre une décision quelcohque, il consultera sa foi, sa conscience éclairée des en- ‘séignements de l'Eglise. EE

je Ce: n’est pas ches le Tertiaire qu’on trouvera de la contra- —. diction entre la conduite sociale et la conduite intime. Ja- £ mais il ne s’enhardirs jusqu’à se croire-plus sage et meilleur

Le foi catholique et sur leur obéissance à l'Eglise romaine. ” re Et afin que a foi croisse et se fortifie, le Tertiaire aime à

Une paroisse est une sorte de famille dont les membres sont unis per les liens de la charité. La Règle du Tiers-Ordre resk ces doux liens en inspirant aux Tertiaires une nouvelle bienveillance, une affection mutuelle plus élevée, un dévouement plus généreux. Elle dit expressément que les Tertiaires & ‘auront soin de maintenir entre eux et avec les autres la - charité et la bienveillance, ” - À

Le Règle prescrit des actes positifs co vraie charité et

ité réelle.

Ainei, la Règle enjoint de mettre en commun des aumênes pour aider les Tertiaires que ls pauvreté mettraient dans la gêne ; e ordonne de visiter ceux qui souffrent ; de veiller

aux funérailles des membres de la fraternité et de prier pour les défunts en récitant le chapelet et en communiant pour

eux.

N'est-ce pas là la vraie charité ? Et.ne croyes pas que ces prescriptions restent lettre morte. Elles se pratiquent couramment et avec la plus parfaite bonne grâce, dans toutes les fraternités bien organisées.

Voyes, dès lors, quel parfurn de charité se répand dans les Æ paroisses où les Tertiaires sont nombreux et quelle cons6lation pour un bon pasteur, pour un euré sélé, de voir ses paroissiens itniter si bien la charité de la primitive Eglise et mériter encore ce cri d’admiration : “ Voyez comme ils s'aiment les uns les autres ! ”

3 L'obéissance L'obéissance est nécessaire au bon ordre et au progrès

‘ d’une paroisse.

Or, la Fègle du Tiers-Ordre exige spécialement de tous les membres une parfaite soumission à l'Eglise et à tous ses représ :.…. . “epuis le Pape jusqu’au curé et au visiteur et au . : &ardiens de la Règle, et même aux dignitaires +: unités. Tous doivent prêter leur concours docile e. ..ressé à tout ce qui émane de l’autorité, à toutes les ordonnances conformes à la Règle.

En faisant profession, le Tertiaire promet formellement — sans faire de vœu toutefois : c’est une parole, d'honneur — d'observer les. commandements de Dieu, et de satisfaire au gré du Visiteur, pour toutes les tranegressions commises contre la Règle. 7.

En sorte que le Tiers-Ordre, vraie milice paroissiale, ensigne et fait pratiquer l’obéissance quasi-militaire, avec, en . plus, les motifs surnaturels qui donnent à Pobéissance le gage des mérites et des trésors précieux pour le ciel. Re

Les Tertiaires qui ne se reconnaîtraient pas comme des fils

à peine chrétiens, disciples de Celui q s fait obéissant jusqu'à la Croix ; et ils devraient être com, tés comme de malheureuses exceptions dans la fraternit Mais l'expérience démontre que ces exceptions ne se pr duisent que rarement. ,

. Et dès lors, que peuvent donc bien redouter les chefs de paroisses, de la part des Tertiaires ?

- Rien du tout. Que peuvent-ils attendre d'eux pour le bie: spirituel de leurs fidèles ?

Tout ce qui est raisonnable, tout ce qui est bon.

4 Les bonres mœurs

Le Tiers-Ordre est le meilleur stimulant des bonnes mœurs dans la paroisse, parce que tout dans la Règle contribue à ramener les âmes à l’esprit de pénitence, à la mortification, à l'esprit de l'Evangile, selon le but que s’est proposé le saint Fondateur ; -et une expérience de sept cents ans, confirmée par les Souverains Pontifes et par les chefs des diocèses et des paroisses, démontre que le Tiers-Ordre n’a pas failli à sa mission. J'en apporterai tout À l'heure des témoignages irréeusables

Bien que la Règle primitive ait été mitigée, adoucie, l’esprit et la vie des Tertiaires restent toujours le rempart imprenable des bonnes mœuts, de la discipline austère, de l'ho- . norabilité domestique et civile, partout où les Tertiaires sont

LE TIERS-ORDRE ET LA PAROISSE st tt tm … Pour s’en convaincre, il n'y a qu’à relire le chapitre II de la Règle “ De la manière de vivre, ” chapitre expliqué souvent aux réunions mensue es :t dans les visites canoniques et commenté dans de nombreux articles de la Revue du Tiers- Ordre. (Voir Manuel, pp. 61 à 100).

Comment trouver avec cela, dans la vie des Tertiaires, une place quelconque aux habitudes coupables, aux occasions de péché, au scandale, aux mœurs moins honnêtes, à tout ce qui cause du désordre dans les paroisses, à tout ce qui fait le tourment d’un pasteur sélé ?...

Le Tiers-Ordre franciscain est un Ordre de pénitence, et ss membres ne croient pas avoir fait tout leur devoir en s’abstenant du mal et de ses occasions. Ils ont au cœur l’amour de la pénitence et ils en accomplissent les œuvres modestement, sans ostentation, sur le modèle que l'Eglise leur met devant les yeux, saint François, image parfaite du divin Crucifié.

Voilà pourquoi il. sont des modèles de mœurs pures et de pénitence à signaler à l'attention des autres paroissiens.

5 Sacreme et sainte messe

Une des meilleures notes de la bonne paroisse, c'est [a sanctification du dimanche et des fêtes religieuses, l’assistance à la messe les jours de semaine, et la fréquentation des sacrements. 5

Il n’est pas nécessaire d’être Tertiaire pour entrer dans cette voie de la piété véritable. Grâce à Dieu, les fidèles ordinaires, en bon nombre, comprennent que sans la messe et la communion fréque æ — lorsqu'elles sont compatibles avec les devoirs d'état — on ne peut se rendre le témoignage qu’on vit pieusement. Mais q..els sont les fidèles qui répondent le mieux aux instances de l'Eglise, aux invitations des :

. curés et aux besoins de toute âme aïltérée des joies et des. effets merveilleux de l’Eucharistie, sacrifice et sacrement ?

Ce sont assurément les Tertiaires. Une enquête sur ce

point démontrerait d’une manière évidente que la grande majorité des fidèles les plus assidus à ls messe et à la sainte Table scnt des enfants de saint François. Ils comprennent mieux que les autres paroissiens que pour avancer dans la voie de la perfection, pour bien remplir leurs obligations, pratiquer les vertus que la Règle leu: demande, ils doivent s’alimenter aux sources du Sauveur, s’anprocher tous les jours du trône de la grâce, du foyer divin où s’entretient la

de la foi, le feu de la charité. Le désir de gagner les indulgences nombreuses auxquelles ils ont droit vient s’ajou-

6° Bonnes oeuvrss

J'ai signalé, comme une des notes caractéristiques de la . bonne paroisse, le sèle des paroissiens à promouvoir et à maintenir les bonnes œuvres ; œuvres de piété, œuvres de miséricorde, de charité, de propagation de la Foi sous toutes ses formes : œuvres de bonne presse, de secours mutuel, rte. Or, je puis affirmer sans crainte, que le Tiers-Ordre, avec sa hiérarchie, son organisation parfaite, son discrétoire ou conseil, ses zélateurs et zélatrices, sous-zélateurs et sons-

. LB TIERS-ORDRE BT LA PAROISSE 83 mm, sélatrices, est une puissance sans égale et toujours debout pour entreprendre et mener au succès toutes les œuvres que le sèle du'curé voudra établir pour le bien spirituel et même

temporél de sa paroisse. Ù

Pourrait-on citer un seul exemple de mauvaise volon ou simplement d'indifférence de la part des Tertiaires, lorsqu'il s'agissait d'aller de l’avant et de se dévouer pour une bonne œuvre ?

Je ne le pense pas.

On pourrait, par aille: :, citer des milliers d'exemples de Tertiaires qui, sur un mot d'ordre, sur une simple invitation, ont pris en main, ou plutôt, pris à cœur les œuvres de sèle, et, avec joue, avec empressement, soit isolément, suit par groupes, ont donné leur temps, leurs talents, leur esprit d’ordre, leurs épargnes, fruits de leur esprit de pauvreté, leur sèle et jusqu’à leur sans-géne, pour conduire à bien les œuvres paroissiales, diocésaines et même étrangères : car le sèle ne connaît pas de bornes, quand il est comme ceiui des Tertiaires, la fleur et le frrit de la charité ; quar.d il se r .rdèle, comme celui des Tertiaires, sur celui de saint Fran 3, le grand sélateur des âmes et de la gloire de Dieu.

Hi

Il me serait facile, mes chers Pères et frères, d'appuyer ce que je viens de dire, sur des témoignages nombreux et fort. respectables.

Les idées que j'ai soumises à votre bienveillante attention sur le Tiers-Ordre et la paroisse sont un résumé de ce que j'ai vu et entendu depuis trente ans.

Vous pensez peut-être (et les curés qui pourraient lire mon Pauvre rapport penseront) que j'ai des oreilles et des yeux trop franciscains. Æ

C'est pourquoi — sans prolonger cette étuae hors de pro- . portions — je citerai quelques autorités qui confirment ce que j'affirme, - =

Voici d’abord quelques témoignages de curés directeurs du Tiers-Ordre : :

“Dans mon ancienne paroisse, mon meilleur champ d'action, le petit jardin elos où nous cultivions un peu de vraie dévotion, c'était notre modeste Fraternité. Dans ma nouvelle paroisse, c’est la même chose. ”

“II semble bien que dans la paroisse contemporaine, le groupement idéal c’est le Tiers-Ordre — écrit un autre curé. En lui on trouve comme un générateur d'énergie chrétienne, comme un propulseur de vie surnaturelle.

“ Pourquoi ? Parce qu’on y trouve; en sa forme la plus . authentique et la plus catholique, la belle religion de Notre-

Seigneur

“C’est pourquoi, à mesure que nous développons dans nos peroisses les œuvres modernes, développons aussi — non pour leur faire échec, mais pour les vivifier, les animer, les Christianiser — l'esprit franciscain et le Tiers-Ordre. ”

Voilà, mes chers frères, un point sur lequel il.est bon d’in-

sister, puisque cette citation m’en fournit l’occasion.

1 peut se rencontrer des prêtres, insuffisamment renseignés — on ne peut pas tout savoir | — qui ont peur, qui ont une certaine défiance du Tiers-Ordre. Ils s’imaginent que le Tiers-Ordre va entraver les autres œuvres paroissiales, “leur faire échec, ” ; que si on établit le Tiers-Ordre, il va absorber les confréries, les associations déjà fondées et prospères, ou créer des rivalités, des jalousies regrettables.

Rien de moins fondé, j'allais dire : rien de moins catholique!

D'abord, on doit bien penser que l'Eglise, dans sa profonde sagesse et avec son expérience séculaire, ne recommanderait pas le Tiers-Ordre avec tant d’insistance si cette institution pouvait nuire aux autres œuvres catholiques qu’elle approuve aussi et qu’elle recommande.

Voïlà une raison que tout esprit tant soit peu soumis admet sans discussion. (Avis à ceux qui ont des tendances au libre examen et qui se croient mieux avisés que leur Mère la Sainte Eglise). : —

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