CHAPITRE II
St Francois et son Oeuvre
Etudions maintenant attentivement la lumineuse Encyclique de Léon XIII nous donnant connaissance du saint Législateur, le séraphique François.
Jetons également un coup d'œil sur son 1er Ordre à travers les sivcles jusqu’à nos jours.
erec- PS : 3 | __ I. — Encyclique Auspicato de Léon XIII.
etum Vénérables Frères, ) t La cujus Salut et bérédiction apostolique.
quo ube- Par une heureu: iaveur, le peuple carétien a pu célébrer
à bref intervalle la mémoire de deux hommes qui, appelés à jouir au ciel des é*:rnelles récompenses de la sainteté, ont laissé sur la terre une glorieuse phalange de disciples, comme des rejetons sans cesse renaissants de leurs vertus. En effet, après les solennités du centenaire en mémoire de Benoit, le père et ie législateur des moines en Occident, une occasion semblable va se présenter de rendre des hommages publics à François d’Assise »our le septième centenaire de sa naissance. Ce n’est pas sans raison que nous voyons dans cette occurrens- un dessein miséricordieux de la divine Providence.
Le Tème centenaire de Saint François Gar, en permettant de célébrer le jour de naissance de leurs insignes mérites et leur faire comprendre en même temps que les ordres religieux fondés par eux n'auraient pas dû être si indignement violés, surtout dans les Etats où, par leur travail, leur génie et leur sèle, ils ont jeté les semences de la isation et de la gloire. Nous avons confiance que ces ités ne seront pas sans fruit pour le peuple ehrétien qui a toujours vu avec raison dans les religieux des amis, Aussi, après avoir honoré le nom de Benoit svec amour et reconnaissance, s’apprête-t-il À faire revivre à l’envi, par des fêtes publiques et des témoignages d'affection, la mémoire de François. Et cette noble émulation de piété filiale et. de. dévotion ne s borne pas à la région dans laquelle ce saint homme a vu le jour, ni aux' contrées illustrées per sa présence ; mais elle s'étend à toutes les parties de la terre, dans tous les lieux où le nom de François est arrivé et où ses institutions fleurissent.
Plus que personne, certes, nous approuvons cet empressement des âmes pour un si excellent objet, surtout étant itué depuis l’enfance à avoir pour François d’Assise une admiration et une dévotion particulières. Et nous nous glorifions d’avoir été inscrit dans la famille franciscaine, et plus d’une fois, nous avons gravi par piété, spontanément et avec joie, les sacrés sommets de l’Alverre : dans ce lieu, l’image de ce héros s’offrait à nous partout où noùs posions le pied, et cette solitude pleine de souvenirs Nous tenait l'esprit suspendu dans une muette contemplation.
Choix de Dieu pour régénérer le monde
Mas quelque louable que soit ce zèle, tout n’est pas là cependant. Ces honneurs que l’on prépare à François, il ne
faut pas l'oublier, sersai surtout agréables à celui à qui on les décerne, s'ils son’ profitables :; ceux mêmes qui les rendent. Le fruit réel et duruble, c’est d'acquérir quelque ressemblance avec cette éminente vertu et de tâcher de devenir meilleur
ormmes en limitant. Si, avec l’aide de Dieu, on y travaille avec arsg + deur, on aura trouvé le remède opportun et efficace aux maux . présents. Nous voulons donc, vénérables Frères, non seu-
lement vous témoigner publiquement par ces lettres Notre
s de la dévotion envers François, mais aussi exciter votre charité, 6 die pour que vous travailliez avec Nous au salut des hommes par es le remède que Nous vous indiquons.
. Le Sauveur du genre humain, Jésus-Christ, est la source ct «3 éternelle et immuable de tous les biens qui dérivent pour # S nous de l'infinie bonté de Dieu, en sorte que Celui qui a sauvé une fois le monde est aussi Celui qui le sauvera dans “et-de. tous les siècles car il n’y à pas sous le ciel un autre nom ci beers ait été donné aux hommes, par lequel il nous faille être saux 2 vés(i). Si donc il arrive par le vice dela nature ou la faute des ee hommes que le genre humain tombe dans le mal et qu’un — secours particulier semble uécessaire pour qu’il puisse se res relever, il faut absolument recourir à Jésus-Christ et voir pe en Lui le plus grand et le plus sûr moyen de salut. Car sa étant divine vertu est si grande et a tant de puissance qu’on trouve une en elle à la fois un abri contre les dangers et un remède contre s glo- les maux.
; plus ps Mages Mis en dèdie pied, Or, la guérison est certaine si le genre humain revient : sprit à la profession de la sagesse chrétienne et aux règles de vie à de l’Evangile. Quand des maux comme ceux dont nous parlons se produisent, il arrive que Dieu ménage en même temps un secours providentiel, en suscitant un homme, non pas “ pris au hasard entre tous les autres, mais éminent et unique, s PR A
1 -1. Act., iv, 12.
: LE TRÉSOR DU DIRECTEUR mo qu'il charge de pourvoir au rétablissement du salut public. C'est ce qui arriva à la fin du dousième siècle et un peu plus tard. François fut l’ouvrier de cette grande œuvre. On connaît assez cette époque avec son caractère de vertus et de vices. La foi catholique était alors plis profondément enracinée dans les âmes : C'était aussi un beau spectacle que cette multitude enflammée d’un pieux zèle qui allait en Palestine pour y vaincre ou mourir. Mais la licence avait beaucoup altéré les mœurs des peuples et rien n'était plus nécessaire aux hommes que de revenir aux sentiments chrétiens. Le perfection de la vertu chrétienne, c'est cette géréreuse disposition de l'âme qui recherche les choses ardues et difficiles ; elle a son symbole dans la croix, que tous ceux qui veulent suivre Jésus-Christ doivent porter sur leur épaule. Le propre de cette disposition, c'est de se détacher des choses mortelles, de se commander pleinement à soimême et de supporter avec calme et résignation l’adversité. Enfin, la charité de Dieu est la maîtresse et la souveraine de toutes les vertus envers le prochain ; sa puissance est telle qu’elle fait disparaître toutes les difficultés qui accompagnent l’accomplissement du devoir et qu’elle rend non seulement tolérables, mais même agréables les travaux les plus durs. Il y avait grande pénurie de ces vertus au douzième siècle, car un trop grand nombre d'hommes étaient alors, pour ainsi dire, asservis aux choses temporelles, ou convoitaient avec frénésie les honneurs et les ‘richesses, ou vivaient dans le luxe et les plaisirs. Quelques-uns avaient tout le pouvoir et faisaient de leur puissance un instrument d’oppression pour la foule misérable et méprisée ; et ceux-là mêmes qui auraient dû, par leur profession, être: un exemple aux hommes, n'avaient pas évité les souillures des vices communs. L’extinction de la charité en plusieurs lieux avait eu pour conséquence les fléaux multiples et quotidiens de l’envie, de la jalousie et de la haine ; les esprits étaient si divisés et si hostiles que, pour la moindre cause, les cités voisines entraient en guerre et que les citoyens s’armaient du fer l'un contre l'autre.