SAINT FRANÇOIS ET SON ŒUVRE
Le héraut du Grand Roi
C’est dans ce siècle que François parut. Avec une constance admirable, une droiture égale à sa fermeté, il s’efforça par ses paroles et ses actes de placer sous les yeux du monde vieillissant l’image authentique de la perfection chrétienne. En effet, de même que le bienheureux Père Dominique Gusman à cette époque défendait l'intégrité des célestes dostrines et repoussait, armé du flambeau de la sagesse chrétienne, les erreurs perverses des hérétiques, ainsi François, conduit par Dieu aux grandes actions, obtenait la grâce d’exciter à la vertu les chrétiens et de ramener à limitation du Christ ceux qui avaient beaucoup et longtemps erré. Ce n'est certes pas par hasard qu’arrivèrent aux oreilles -de l’adolescent ces conseils de l'Evangile : Dédaignes l’or et l’argent, n’en ayez point dans vos bourses, ne prenez pour la route ni besace, ni chaussures, ni bâton (1). Et encore : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donnes-en le prix aux pauvres et suis-moi (?).
Interprétant .ces avis comme adressés à lui directement, il se détache à l'instant de tout, change ses vêtements, adopte la pauvreté comme associée et compagne pour tout le reste de sa vie, et prend la résolution que ces grands préceptes de vertus, qu’il avait embrassés avec un noble et sublime esprit, seront les règles. fondamentales de son Ordre. Depuis <e temps, au milieu de la mollesse si grande du siècle et de cette délicatesse exagérée qui l'entoure, on le voit s’avancer dans ces pratiques pres et difficiles : il quête sa nourriture de porte en porte ; et les moqueries d’une populace insensée, celles qui sont les plus injurieuses, non seulement il les supporte, mais il les recherche avec une admirable avidité. Assurément, il avait embrassé la folie de la croix du Christ, et illa