‹ TiflisChapitre 10 sur 27 · PEN · texte numérisé non relu

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TIFLIS 23 mère, j'ai reçu le don de connaître la destinée. Donne-moi ta main afin que je voie, d’après ses lignes, si je serai longtemps heureuse avec toi. » Il lui tend sa main puissante. Elle pâlit et pousse un cri d’effroi. « Mon maître, dit-elle, sais-tu que la mort l'attend et peut-être déjà la nuit prochaine. » Superstitieux comme tous les Persans, Djafar-Beck s’effraya. « Tu mourras de

la main d’un homme que tu as offensé aujourd’hui. — C’est J

peut-être Assa-Doullha-Beck avec qui je me suis brouillé aujour-

d'hui et tu en étais la cause, lui aussi voulait t’acheter. — 0 mon

maître, pour te sauver, il faut posséder quelque objetsur lequel 1l ait jeté les veux aujourd’hui. Alors, je pourrai conjurer ce malheur et rendre ses armes impuissantes. — Comment, tu peux avoir cette force? dit le Djafar étonné. — C’est certain. Donne-moi ton poignard, mon maitre. » [Il le lui tendit. Elle regarda le ciel, prononça une prière el lui rendit l’arme, l’assurant qu'elle ne serait plus capable de donner la mort. « Essaye, dit Salomé, » en plaçant la pointe de l’arme à l'endroit de son cœur. Le Tatare crédule porte un coup, la princesse tombe en proférant ces mots : « Mon Dieu, prends mon âme entre Les mains, » elle expirait. Terrorisé, Djafar se précipite pour la sauver; elle avait cessé de vivre.

Cette légende indique la place où mourut la princesse Salomé el la tour ronde où elle fut enfermée sur la crête de Sololaki.

Descendons de la hauteur, faisons une visite au très intéressant Chéïk-oul-Islam, chef spirituel des Chiites de la Transcaucasie. Il se nomme Abdoussalam-Akhounde-Zadé. C’est un Tatare aderbedjan, de 60 ans environ, natif du gouvernement d’Elizabethpol, avant adopté la langue persane et originaire d’une famille de Moullah. Il doit sa nomination à l'administrateur du Caucase, par conséquent, il peut être assimilé à un fonctionnaire, mais il jouit d’une grande influence sur ses coreligionnaires. Les immeubles dont. les revenus servent à son église et aux œuvres de bienfaisance (vakff) rapportent en moyenne douze mille roubles.

Sous la conduite du chef des Chutes et celle de M. de Wélitchko qui m'avait présenté à lui, je me suis rendu au cimetière mahométan (Gabristan). Après m'avoir montré la maison où sont lavés les morts (Sakhi ou Ghassalkhâänêh), ils me firent remarquer les plus anciens tombeaux. L'un d’eux est surmonté d’une coupole en briques émaillées. Il recouvre les restes d’un Séïid, descendant du

Ah

24 TIFLIS prophète. Au pied de ce mausolée, le sol était rougi de san

g, un mouton aval!

été sacrifié à la mémoire du saint personnage. Cette

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