‹ TiflisChapitre 9 sur 27 · En effet un prince Amilakvari le fit restaurer en · texte numérisé non relu

En effet un prince Amilakvari le fit restaurer en

actuellement, et, de cette boule de pâte retraçant l’image de la

jeune et belle bru, il fit la lune. Voilà pourquoi la lune reproduit

une figure humaine, avec des yeux, un nez, une bouche, mais sans barbe ni moustaches. » Entre nous, qui aurait jamais cru que Dieu lui-même se fût mêlé de donner des leçons aux belles-mères |

Si, par un petit sentier taillé dans le roc, on escalade la monage aride, on parvient au sommet couronné des ruines ImpoOsantes de la forteresse persane et on est tout surpris de trouver l’autre versant couvert d’une végétation superbe; c’est le jardin botanique qui descend jusqu’au torrent. Ge jardin n’est pas seulement charmant par sa situation exceptionnelle, mais par le goût qui a présidé à son aménagement. À travers les frondaisons, appa raissent les murs ébréchés, les tours démantelées; l’une d'elles à été témoin en 4795 d’un épisode tragique, lors du sac de la ville par le schah Aga-Mahomet-Khan.

Il existait alors une princesse géorgienne nommée Salomé. Son mari avait trouvé la mort pendant le siège et son jeune fils, arraché aux mains de sa mère, avaitété déchiré en morceaux. La princesse, qui était d’une grande beauté, fut traînée au camp des Persans. sous les murs de Tiflis. Le schah, il était eunuque, fit vendre la princesse. Djafar Bek l’acheta, l’enferma dans une des tours de la forteresse qui subsistent encore, et lui proposa de devenir sa femme. Elle refusa net et supplia son maître de la tuer. Le Persan lui donna la nuit pour réfléchir. Cela se passait au mois de septembre. Où se trouve actuellement le jardin botanique, le Persan appuyé sur une moutaka, sorte de coussin, se reposait mollement sous un arbre, attendant la réponse de la princesse.

Tout à coup, Salomé, couverte d'une longue tchadra blanche comme la neige, s'approche, pâle et calme, elle est suivie des noukers, hommes armés de la suite de Djafar-Beck. D'un geste elle ordonne aux serviteurs de s'éloigner. « Eh bien, dit le vainqueur, consens-tu à devenir ma femme? » Elle répond : «Oui, je veux l’aimer, car, après la mort de mon mari et celle de mon fils, 1l ne me reste qu’à devenir ta femme, c’est la destinée qui m'a été prédite. — Par qui ? — Chez nous, en Géorgie, dans plusieurs familles, il existe des secrets. des connaissances occultes : ma mère, par exemple, avait deviné que je serais la femme d’un Djafar. De ma

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