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réputés pour leurs réparties. Lorsqu'ils ont gagné quelque argent, ils se réunissent pour festoyer, boire et chanter, invitant tous les passants à trinquer avec eux. On raconte qu’un richissime Arménien rencontra dans la rue ün pêcheur qui proposa de lui vendre une superbe truite. « Combien? demande-t-il. Trois roubles, » et l’Arménien de répondre : « C’est horriblement cher! » Un Khinto s'approche et donne avee munificence les 3 roubles demandés. L’Arménien surpris : « Tu es donc bien riche? Non, loin de là, mais je dépense ce que j'ai. — Et quand tu n'auras plus rien, comment feras-tu ? — Comme toi » répond spirituellement le Khinto. Les Khinto sont d’une largesse qui n’a d’égale que leur réelle pauvreté.
Au bazar aussi bien que dans les maisons, on peut constater l'influence persane en Géorgie. Elle se remarque dans les instruments de musique, dans la manière de chanter, dans les repas, dans l’arrangement de la maison: et, puisque nous sommes en quartier commercant, notons que l'organisation des corps de métier est copiée sur le système persan. Elle se nomme « amkar » des mots persans « am », avec, et Ckar », travail, c’est-à-dire COO pération. Le chef de la Corporation se nomme « oustabach », de € ousta », maitre, et « bach », tête. L’adjoint de ce chef porte également un nom tartare « aksakhal », de Cak», blanche, « sakhal», barbe, c’est-à-dire un homme agé, vénéré, Le caissier est l’haznadarr, encore un nom persan. Chaque corps. de métier a pour pairon un saint chrétien qui est désigné par un trés ancien mot persan € pyrr » qui signifie chef. Comment serait-on surpris de cette influence persane, si on se rappelle que le schah de Perse fut en parenté pendant plusieurs siècles, surtout durant les trois derniers, avec les familles princières de Géorgie. L'Église géorgienne trouvait donc parfois des protecteurs à la cour des schah. Plusieurs d’entre eux avaient une garde composée de nobles Géorsiens. Par contre, à la cour de Géorgie, Ja langue officielle était le persan. Citons un passage des chroniques géorgiennes du tzaré- Witch Wakhoucht, cet historien étant Géorgien, il ne peut être taxé d’impartialité : « À force d’aller chez les Persans, les habitants de Kakhétie avaient pris modèle sur eux pour boire et manger, pour se livrer à la mollesse, pour tomber dans une srande afféterie et pour se vêtir comme eux. Ainsi, ils abandonncèrent peu à peu les
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