‹ TiflisChapitre 6 sur 27 · LITE LE RORES … “® € LS · texte numérisé non relu

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On y faisait le commerce des céréales, du miel, de tapis, d’étoffes, de bétail et d'esclaves. Vers la fin du x° siècle, la Géorgie se releva. David le Kouropalat, grâce à son union intime avec Byzance, remporta de sérieuses victoires sur les émirs de Tiflis et les gouverneurs arabes de plusieurs autres villes.

J'oublie que je ne suis pas ici pour vous faire un cours d’histoire, mais uniquement pour vous promener à travers la ville comme un simple cicérone.

Voyant dans les rues cette variété de costumes et de types ethnographiques, entendant parler tant de langues diverses, en face de monuments si dissemblables, le passant se demande ie éléments ont contribué à former la population de Tiflis. Cette ville était doublement géorgienne en tant que capitale du royaume et résidence royale. La population géorgienne consistait en fonctionnaires, garnison, courtisans, serviteurs, etc..…, mais ces éléments ne pouvaient pas former la majorité des habitants. La faiblesse de la Géorgie résidait dans le manque d’une classe intermédiaire entre la noblesse et le paysan. Les Géorgiens, guerriers ou laboureurs, n'avaient que faire dans une ville, 1ls devaient vivre dans leurs villages et leurs forteresses pour labourer la terre et la défendre contre d’incessantes incursions. Cette lacune, les Arméniens sont venus la combler de longue date.

C’est ce qui explique qu’en Géorgie les villes sont peuplées en majorité par des Arméniens. D’après Tournefort*, la population de Tiflis était composée en 1701 de 1#%,000 Arméniens, de 3.000 Mahométans, de 2,000 Géorgiens et de 900 catholiques.

L’académicien Güldenstaedt ?, envoyé à Tiflis en 1772 par Catherine, rapportait que la moitié de la population était Arménienne et l’autre moitié partagée entre les Géorgiens et les Tatares.

Les bourgeois, les corps de métier, les artisans, étaient arméniens. Mais ils n’ont pas figuré dans l’histoire de la Géorgie. Après l’église de Métekh, dont je vous ai déjà parlé, la plus ancienne est celle d’Antc EU Dès le vrr° siècle, s'élevait en cet endroit une basilique. Celle que l’on y voit est d’un aspect bien pittoresque et renferme une très remarquable image du Christ datant du x: siècle. Le sanctuaire tire son nom de cette image qui provient

1. P. de Tournefort, Relation d’un voyage du Levant, Paris, 1717. rh .… . » » 1: »° 2. Güldenstädt, Beschreibg. der Kaukas, Berlin, 1834.

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du village Antchi situé dans la Géorgie turque. En éorgien khati veut dire image. Donc Antchis-Khati, image d’Antchi.

est là que le premier dimanche après Pâques, les jeunes filles en âge de se marier venaient el viennent encore se montrer dans leurs plus beaux atours. Aussi, à Tiflis, dit-on couramment à une jeune fille : « Vous êtes prête pour Antchis-Khati. Il faudrait vous montrer à Antchis-Khati. » Gest un compliment, cela veut dire vous serez admirée à Antchis-Khati. La même phrase peut être

TIFLIS. — ÉGLISE D'ANTCHIS-KHATI.

(Photographie du baron de Baye.)

employée dans un sens ironique. Veut-on humilier une jeune personne qui, dans un cercle intime, fait la précieuse, on lui dit : « Lei, c’est très bien, mais en serait-il de même à Antchis-Khati! »

Le palais de l’exarque se 1rouve dans le même quartier, non Join de l'emplacement où s’élevait celui des derniers rois de Géorgie.

A une très petite distance, apparaît, dans une blancheur qui trahit une toute récente restauration, la cathédrale arménienne de

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Yank, mot qui, en langue arménienne, signifie monastère. Sur les fondements de l’église primitive, on à construit, vers la fin du xvr° siècle, celle qui a été restaurée en 1720 et que l’on voit actuellement. La cour de la cathédrale de Vank est une sorte de Panthéon où sont réunis les mausolées du général Ter-Goukassolf, du célèbre comte Loris-Mélikoff, des généraux Schelkownikoff, Alkhazoff et d'Izmaïloff, ancien maire de la ville de Tiflis, qui a fait

(Photographie du baron de Baye.)

ses études en France. Remarquez que ces Arméniens se sont plu à donner une forme russe à leurs noms devenus illustres par Îles olorieux services qu’ils ont rendus à la Russie.

Pour compléter notre tournée dans les anciennes églises, citons celle de Kachvétie; jadis dans un monastère hors la ville, elle semble toute surprise de se trouver, avec ses restes de murailles crénelées, encadrée dans le quartier nouveau. Si de ce point vous jetez les regards sur la montagne qui sert de décor à la ville euro-

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péenne étagée, vous voyez sur un fond sombre, ressortant dans sa blancheur, l’église de Saint-David. Une force mystérieuse semble la retenir ainsi contre le rocher escarpé. Ce sanctuaire est en erande vénération. Il y a trente ans, lors de sa reconstruction, chaque pèlerin apporta une ou deux briques. Les femmes s’v rendent en grand nombre pour que Dieu leur accorde: le bon heur d’être mère.

(Photographie du baron de Baye.)

Il nous reste à mentionner Notre-Dame-de-Sion, la cathédrale, où se célèbrent toutes les cérémonies officielles. L'intérieur a été restauré, avec un grand talent, par le prince Gagarine. Cest là qu'est conservée, dans un somptueux reliquaire e d'argent, la croix avec laquelle sainte Nina, l’apôtre de la Géorgie, prè sors le christianisme dès le 1v° siècle. Elle est formée de deux ceps de vigne liés avec la chevelure de la sainte. Précieuse union de ce bois portant la richesse de la Géorgie avec l’unique parure d'une pauvre captive qui assura le triomphe de la croix.

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