A HETDELBERGH A CAUSE DE LA GUERRE
Jean comte de Tilly, baron de Marbais, seig' de Balastre et Montigny. conseiller de sa Maj^* Imp'* et générai de Tarmée de Bavière, etc. Gomine aiosy soit que le palatinat Inférieur et particulièrement la ville capitale de Heydelbergh ont esté réduits naguère à Tobéissance de sad** Ma]** et qu'icelle auroit prinse en sa protection touts les ofBciers, bourgeois et subjectz qui s'y sont trouvez à loccupation de
> Archives du Royaume. Liasses de Taudience. 409. 2<>. * Archives du Royaume. Ck>Uection de Routard» fol. 4, p. 465. Translat. d'allemand en français.
268 CORRESPONDANCE DE TfLLY.
lad*« ville, el qu aucuns d'iceulx à raison des injures et périls de la guerre ont quittez leurs Eslatz, offices, domiciles, biens el héritages et se sont transportez pour la plaspart es pays et villes circonvoisios, et attendu que la nécessité requiert que bonne police soit instituée et que les maisons et héritages sasditz soyent et demeurent entretenus, comme aussy que les rentes et revenus ne se diminuent, ains que le tout soit remis en son Estât, aussy bien pour le profit du domaine que des subjets particuliers, ce que difficilement se peut faire nest que lesdits officiers el principalement les comptables retournent k leur demeure ordinaire pour rendre compte et relique. Pour ce est-il que nous leur mandons et commandons d*y retourner endéans six sepmaines dans la date de cesle, déclarant que ceux qui enaprès s*en vboldront retirer, ce leur sera permis moyennant qu après avoir rendu leurs comptes et deument disposez de leurs biens, ils ayent nre codsentement, accordant de la part de sad^* MaJ'* à tous ceux qui selon leurs debvoirs obéyront k ce que dessus, et retourneront dans leurs domiciles endéans le terme susd* pardon, grâce et seii^reté el en cas de désobéysance sera procédé contre eux selon droict et les constitutions^de l'Empire^ suyvant quoy ils s'auront à régler. Daté k Steinheim, le 4 2 de Décembre 4 622.
AUTRE DÉCRET DU D^ GÉNéRAL TILLT, TOUCHANT QVE LES MINISTRES FT PRÉDICAKTS AYANT A SE RETIRER DE LA VILLE DE HEYOELBERGH.
Scavoir faisons b tous ministres et prédicans calvinistes se trouvant présentement dans cesle ville de Heydelbergh. que plaincles nous ont esté faites de plusieurs convenlicules qui se font présentement dans la susd* ville, es quels on tient divers discours et pratiques deffendns contre et au mépris de Tauthorité de sa MaJ'* Imp'*, commandons et ordonnons parlant k tous les ministres et prédicans susd^, qu'ils ayeot k se retirer au plus lost hors de la dite ville, et chercher autre demeure Ik où el ainsy qu'ils trouveront convenir. Et au cas ils désobéyssent k cestny nre commandement nous serons constraincts d'user en ce des moyens convenables, selon quoy, ils s'auront k régler. Daté k Heydelbergh, le 28 de Février 1 623.
1 Cullection du secrétaire Routard, n« 4, p. 495. '
Sur ce décret la dite ville a envoyé deux personnages de Tarmée vers le d* général, lequel ayant entendu la proposition des dits envoyez lear at accordé de pouvoir retenir deux desd^ prédicants jusques \k aatre ordre, ce que touteffois at esté révocqué par le décret du Président Bud^ Heydelbergh dans la forme que s*ens.uit.
Combien que son Ex°* le gnal de Tilly m*aye ces Jours passez ordonné de permettre que ceux de ceste ville puissent retenir deux prédicants Jusques à autre ordre, si est ce que pour en avoir eu reproche, il at révocqué le d^ ordre et commandé de mettre à exécution le . décret antérieur du 38 Febvrier i69l3. C'est pourquoy, npus ordonnons par eesles, que lesd** prédicans ayent à obéyr et satisffaire aud^ décret sor peine portée en Jceluy, et s'abstenir des exercices qui leur ont esté permis Jusques à pnt.
Sur quoy lad*» ville al dereschef escrit aud* général, et prié de vouloir modérer ceste rigueur, n'ayant cependant rien pu effectuer, de façon que lesdt prédiéans ont esté contrainc le âS may 4623, Stilo Veteri, de se retirer de lad* ville et chercher leur demeure ailleurs.
Henry de Metternich est président et comme directeur des aflhires à Heydelbergh soubz le commandement néantmoins et ralifîaction du seig* de Tilly, général de l'armée de Bavière.
Les expéditions et dépesches se font parfois au nom de sa MaJ** Imp^« et bien souvent au nom du duc de Bavière.
Outre le Président susdit n'y at personne aud* Heydelbergh qu'on certain Wilhelm Wurling de Ladenburg qui sert de secrétaire de l'Administration de la Justice ordinaire seulement, ny ayant aucuns assesseurs ny conseillers, et la chancellerie at esté fermée Jusques à présent^ le bruit court qu'en brief un de Walmerode de l'ordre teulhonique y doibt venir pour présider au faict de lad* justice.
11 y a si peu d'ordre et tant de mescontentement audit quartier que tous les subjects désirent grandement d'estre soubs les armes et obeyssanôe du Roy et sont les affaires venues si avant qu'un prédicateur catholic en at presché publiquement audit Heydelbergh par forme de reproches.
TILLT. II. 48
270 GORR£SPONDAMC£ I>£ TILLY.
LE COMTE t'sERCLAES DE TILLT A l'iMFANTE ISABELLE.
MadaiDOi
Tous ces Jours passez me sont venuz divers advis des meoées et desseins de noz ennemis, et tout fraischement Je viens d'en recevoir de TEvesque de Fulda, qui portent que le Prince Ghrestien de Brunswyck à desja en pied grandes forces avec intention de tenter autrefois la fortune et se Jelter à Timpourveue sur les Pays de TËlecteor de Mayence et de FEvesque de Wurtzburch et delà passer en Bohôme. menaçant de destruire entièrement les Catholiques et de mettre tout ï fer et flamme.
Le bruit est aussy que le dict Brunswyck auroit remis entre les mains du Roy de Danemarck son evesché d*Alberstadt. Ce qu'il n aura faict sans condition, et comme il faict à croire, désavantageuses à nos affaires, de quoy Je n ai voulu manquer de donner part à vostre Âlteze Serenissimo, la priant que comme ces advis ne sont hors d*apparence, il luy plaise ordonner à Don Gonzalvo de Gordua, qu'en cas de besoing et les occasions le requérans, il aye à Joindre ses trouppes avecque les miennes et celles du Comte d'Anholt, pour par ensemble faire teste audict Brunswyck et autres qui voudront intenter choses tant pernicieuses a nostre sainte religion et au service de sa Majesté impériale.
D*aiileurs, comme il me convient laisser grosses garnisons au palatinat inférieur pour la conservation et asseurauce de Heydelbergh, Manheim et autres places et que la pauvreté du plat pays est telle qu*il ne peut désormais contribuer que fort peu de choses pour leur entretien. Je me trouve obligé de supplier votre Alteze Serenissime comme Je fais très humblement par celte, d'y faire bénigne réflexion et m'accorder les lieux de Starchenberg et aultres qu elle occupe de deçà le Rhin, pour le meilleur accomodement desdites garnisons, lesquelles (comme bien nécc^^saires audict quartier pour tout ce que s*y pourroit présenter), Je serais marry de veoir partir, il y sera pourveu ensemble à la confusion que pourroit naistre des garnisons demeurans entremeslées, s il plalst à vostre Alteze Serenissime se laisser porter favora-
> Archives du Royaume. Liasses de l'audieDce.