‹ Tilly;Chapitre 24 sur 43 · ISABELLE AU GÉNÉRAL TILLT. MINUTE · texte numérisé non relu

ISABELLE AU GÉNÉRAL TILLT. MINUTE

Mon cousin, "nous avons reçeu ce Jourd'huy la vostre du 31 de ce mois et entendus les advis que nous donnez, et comme vous nous priez de vous envoyer quelques trouppes par delk, sur quoy nous vous dirons que Fennemy de par deçk at assiégé la ville d'Oldeuseel. et comme nous ne savons point encore quel aultre desseing il pouldroit avoir, nous ne povons asteur séparer nos gens, ains il fault les Joyndre Jusques veoir comment les afaires s^ucheminent k et si elles se dispo* sent de façon que nous le puissions essayer, Je vous peuis asseorer que le feray.

DeBruxeUes, 34juiUet4626.

* Archives du Royaume. Liasses de l audience.

Madame,

J*dy receu celle qu*il a pieu à votre Altesse serenissime m'escriro le • 80 et 31 du mois passé, et veu par la dernière les raisons pour lesquelles elle ne peut h présent séparer ses trouppes. ny nous en assister par deçà, comme par la première elle sestoit montrée toute intei^lionnée de faire; Je suis bien marry que celte bonne résolution a esté si soudainement interrompue, et comme il est apparent que de toute cette saison elle ne pourra consuivre son efiect. il nous faudra faire de mieux que pourrons, sans nous y attendre davantage. Cependant Je. n'ai deu laisser d'advertir Votre Altesse serenissime que Je suis venu à bout avec ce siège de Gotlingen, Tissue duquel a esté telle, que dimanche passé 9 de ce mois, (après que par un long travail, et avec des très grandes difficuletés, J*avois faict tirer Teau d'une partie des fossez de la ville), j'ay, dez le matin, faict Jouer mes batteries, avec tel effect, que vers le soir, brèche a esté faicte en deux endroitz. et bien que mes soldats se monlroient très résolus de bien faire, néanmoins auparavant que de hasarder Tassault qui ne se pouvoit donner sans grande perte de gens, tant h cause de Tanimosité de ceulx de dedans, que de leur grand nombre, lequel comprins ensemble les soldats, bourgeois et paysans estoit bien de six mille combattants, J'ay trouvé a propos de les faire sommer encore une fois de se rendre, sur quoy s'en est suivy qu'ils ont commencé de parlementer, et enfin la capitulation concertée, la ville s est rendue mardy l'onziesme; c'est une bien bonne place, et laquelle nous est de très grande importance. Les soldatz en sont sortiz avec les armes et le bagage en nombre de cinq compagnies d'infanterie et deux de cavalerie et ont prins leur chemin ver Hanovre. Les advis que J'ay du roy de Danemarq, qui sont très asseurez, porte qu'il a mis toutes ses forces ensemble entre Wolfenbutlel et Gosselaer et que le coronel Fucx s'est Joinct à luy avec les trouppes qui estoient devers l'Elbe et ainsy le plus fort de la be:>oigne me vient maintenant sur les bras ; Je bouge mon camp et tire vers Northeim et verray si les troiippes que le ducq de Fridiandt a laissé au deçà de l'Elbe, ou partie d'icelles, me pourront Joindre, car l'ennemy est accreu en sorte qu'avecq les miennes seules. je ne le pourray pas seulement entretenir. Qu'est ce qu'à présent Je

* Archives du Royaume. Liasses de Faudience.

sçaurois dire à Vostre Altesse sereDissime des occurrences de par deçà, priant le créateur,

Madame,

De conserver votre Altesse Sérénissime en parfaite santé ï longues années,

De Votre Altesse Sérénissime,

Très-humble et obéissant serviteur,

Jan, comte TSerclaes de Tillt.

Au dict Gottingen, le \ 4 d'aoust 4 636

Mon cousin,

J*ay receu ia lettre que vous m*avez escript le 30 du mois passé, extrêmement rejouye du bon succès que soubz la conduyte du comte de Furslenberghe, a eu partie de la cavallerie de l'armée de voslre charge, espérant qu'il s'est suyvy de plusieurs aultres, comme se doibl confier de la justice de la cause et de vostre valeur et sage coaduyie. Et quant au secours que vous demandez^ vous pouvez croyre q*e je le vous envoyerois très volontiers. Mais je vous laisse à considérer, si se trouvant les Hollandois en campaigne, après avoir prios la ville d'Oldenzeel et menacans journellement d'assiéger aultres places, le danger quil y auroit de les perdre, si la gendarmerie du roy monseigneur el nepveu s'esloingnoit, et le dommage que recepvroit la cause commune si Linghen ou Grol se venoyent à perdre; si les affaires se changeoyent de Testât en quoy . elles sont présentement, je vous assisterois de tout ce que je pourrois, cependant j*ay escript à Don Gonzale de Cordua gouverneur de Testât de Milan, afin qu il vetlille donner k TEmpereur deux des régimens qu il a par delà, à ce qQ*il 1^ puisse employer en ce qu'il sera servy. A tant.

De Bruxelles, le 47 d'aoust 4626.

^ Archives du Royaume. Correspondance historique, tome YI, folio 478.

ANMfiXES. . 365

Madame,

C'est une très manifeste preuve de la divine équité que les bons succès accompagnent d'une si heureuse entre suite, la Juste causé et I^s annes de Sa MaJ.Imp^" et de l'union cathoHqne, et Tintérest que vostre Altesse Sérénissime y a, non seulement par proximité de sang, mais aussi par le zèîe qu elle a toujours porté au bien commun de TËmpire, m'oblige à lui donner tant plus promptement part de la victoire que ce Jourd'huy, 27 de ce mois; il a pieu a Dieu nous donner contre lé roy de Denemarq. Les particularilez d'icelle et de ce qui s*est passé depuis la dernière que j'ay escrit k Votre Altesse Sérénissime le 1 4 de ce dernier mois, sont quayant esté retardé un Jour ou deux après la prinse de Gottingen par quelqu' indisposition mienne, et certaines incommoditez des trouppes, Je me suis le 15, rendu aux environs de la ville de NoHbeim avecq intention do l'assiéger, mais ledict roy qui avoit assemblé toute son armée pour secourrir Gottingen,. voyant son dessein failiy, et se doutant du mien, m'est le lendemain venu sur les bras si subitement, et avec tant de forces que Je n'ai sceu Tempescherde mettre des gens et des vivres daqs ladicte ville de Norlheim, devant isiquelle Je n'avois encore prins aucun poste, ny quartier, et confme Jo vis Tennemy si accreu notâment de cavallerie que la mienne estoit moin^dre de beaucoup plus de la moitié, j'ay trouvé convenable de prendre l'avantage d.e certain poste qui estoit à une demie lieue de là et ainsy après avoir soustenu Tennemy Jusques à la nuict, au passage de certaine petite rivière qui passe proche de ladicte ville, Je me suis, sans aucune porte retiré audict poste afîn d'y entretenir Tennemy, en attendant Farrîvée d'une partie des trouppes que le ducq de Fridlandt avoit laissées devers rCIbc et les Ëveschez de Halberstat et Magdenbourg; cependant Tenuemi se bougea le 22, et selon que Je sceus J^ger de son dessein par la route qu il prist, il s'allait Jeter sur les pays des princes catholiques, et de faict il avoit déjà mis pied dans l'Eichstedt appartenant a l'électeur de Mayence, et s estoit proposé d'attaquer la ville de Dudensladt, dequoi ayant eu adyis, Je me suis avancé avec toute diligence pour lé prévenir, et m'estant renforcé des trouppes du ducq de Fridlandt. qui estoient arrivées proche de Gottingen, en nombre de deux régiments d*infantcrie et quatre de cavallerie, soubs la conduite du baron des

' Archives du Royaume. Liasses de l'audience.

TILLT U.

366 GORRESyONDANGE DE TILLT.

Fours, Je mo suis mis k Taccoster de si près, qu'au lieu de pousser son dessein il a commencé de se retirer, ce qui m*a faîct résoudre de le suivre plus vif-vement, et en sorte que le 35 vers le soir, J*ay décoa- •vert son arrière garde avec laquelle mes avant courreurs ont fiiict quelques légères escarmouches jusques à ce que la nuist est survenue le lendemain 26, l'ennemy a mis le feu en divers villages pour favoriser sa retraite, nonobstant quoy ceulx de mon avant garde Yoûl talooné de si près qu'après avoir taillé en pièces quelques six cents mousquetaires et dragons qu'il avoit derrière, il a esté conslrainl de faire tourner teste à toute son armée, avec laquelle marchant en pleine bataille, il s'est retiré sur une grande montagne qu'il avoit à dos avant que toutes mes trouppes ont sceu arriver, et après nous estre autre saluez d'aucunes canonades, Je me suis logé vis-à-vis de luy; la noirl suivante, l'ennemy a continué sa retraite et moy de le suivre dès la poincte du Jour ; la contrée estoit estroite et entre couppée de divers passages, par lesquels ayant poussé l'ennemy, nous sommes veouz à des plaines ouvertes entre Bockenem et Goslaer proche d'un château nommé Lutter, où l'ennemy s'est autre fois trouvé obligé de' tourner teste comme il a fa^ct avec toute son armée, se prévalant de l'avantage de h campagne, laquelle estoit plus haulte de son costé, et faisoit un vallon marescageux de l'autre ou J'estois. Icy nostre avant garde a faict halte attendant l'arrivée de toutes nos trouppes, et entre temps le canon a Joué de part et d'autre, et vers le midy les deux armées se sont trouvées rangées en bataille. Estant doncq question de s'approcher et voyant que l'ennemy ne faisoit mine de bouger le premier, J'ay commencé à faire avancer et descendre l'infanterie bien avecq incommodité dans le dict vallon et la cavalerie aux aisles par deux passages estroitz. Cestoit à ce second avantage que l'ennemy nous attendoit, car prennant le temps il nous vint charger avec une grande résolution, mais un régiment d'infanterie le soustint avec beaucoup de courage, et après quelque balancement, elle eust enGn le dessus, et le repoussant le mit en désordre. T«ute l'infanterie de l'ennemy a esté défaicte et taillée en pièces et presque tous les principaux officiers d'icelle tués on prisonniers. On a recognu parmy les dicts tués Le lant Grave Phil* de Hessen, le colonel Fuchs, général de l'artillerie, le commissaire général Pobitzky, le coronel Marcq Pinz et les lieutenans coronelï Bersabé et Ongewiggt; on doute du comte de Solms, parce qu'aucuns croates on', apportez son cachet, et affirment d'avoir tué celluy qui le portail; entre les prisonniers sont le coronel et commissaire général Lohausen, les coronels Linstorf, Frenckin, Gurtygen, Geest et Courville. Le commissaire général Rantsow, le lieutenant coronel Krip, le major

Gioterot et le commissaire géDéral de la proviande» outre an très grand nombre de capitaines et aultres moindres officiers qui sont esté tuez et faictz prisonniers, desquels on n*a sitost sceu dresser liste. L'artillerie que Ton a gaignée monte au nombre de S8 pièces et les drapeaux qui sont desjk remis entre mes mains passent les 60, avec 6 cornettes, il y a eu fort peu de soldats prisonniers, hormis quelques deux mille qui 8*estoient retirés au dict château de Lutter avec 39 drappeàux, lesquels se sont aussitost renduz à discrétion, et on en a faict aucunes compagnies qui sont esté reparties parmy nos régimentz. Nous avons perdu 4 ou 5 capitaines, mais nql autre plus grand officier et entre iceulx qui se sont bien comportez en ceste occasion, le comte d*ÂnhoIt, mareschal dn camp général, s'est dignement acquité du devoir de sa charge, la gloire de celte victoire appartient k ce grand Dieu des armées qui nous a faict la grâce de T avoir obtenue. Et m'en réjouissant très humblement avecq Votre Altesse Sérénissime Je la supplie de la conserver, Madame,.

En parfaite santé à longues années,

De Votre Altesse Serenissime,

Très humble et obéissant serviteur i

JaN, comte DR TiLLT.

Au camp proche du dict Lutter le i8 d'aoust' 4626.

ISABELLE AU COMTE DE TILLT

Mcm cousin, nous avons volontiers entendu, par votre lettre du quatorzième de ce mois, l'heureux àuccès du siège de la ville de Gottinghen et que cette place pour estre de l'importance que nous mandez soit réduite soubs l'obéyssance de sa majesté impériale, nous en rendons grâces h Dieu et iioùs en disons k la bonne heure, vous souhaittant toute prospérité en vos ultérieurs desseins, et quant au surplus de vostre dicte lettre concernant le renfort qui vous seroit nécessaire, nous vous remectons à ce que nous vous manderons par le premier. Cependant nous prions Dieu de vous avoir, mon cousin, en sa sainte garde et protection.

Bruxelles, 29 aoust 4626.

* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.

MadamCi

Ce in*a esté une grande consolation d'entendre par celle que Vostre Altèze Sérénissime a esté servie de nvescrire le 17 du passé quçllese soit tant resjouye du bon succès qu'une partie dé nostre cavallerie avait eu, proche de Calenberg, et je ne veux douter qu elle Taura esté bien davantage de la bonne nouvelle que Je luy ay mandée le 28 de la Victoire dont il a pieu à Dieu ôonfîrmer la justice de la cause de sa majesté impérialle contre le roy de Denemarcq. Si jVy eu raison de tant presser le secours, ayant à faire avec un si puissant ennemy, il n'y en a moins aux considérations qui ont empesché Vostre Altesse Sérénissime de l'envoyer, mais cette providence divine qui passe par dessus la prudence des hommes a disposé le tout mieux que ne pouvions espérer. Je me suis, ja passez trois jours, rendu en ce lieu qai n'est qu k une heure de chemin de Wolffenbuttel d'où non seulement j'ay escrit aux Estatz et villes de ce pays et les admonesté de leor devoir, mais aussy J'ay envoyé presque toute ma cavallerie avec h ,500 dragons que j'ay faict esquipper, soubsla conduite du comte d'Anholt pour suivre le dict Roy de Denemarcq qui s'^st retiré de vers Hambourg et se fait entendre de vouloir retourner bientost avec nouvelles I forces pour tenter la revange, j ay aussy mandé quelques Irouppes vers le château de Liebenbourg et à cet instant me vient advis qu'il se seroit rendu. Dieu soit loué de ses grâces, et veille bienheurer les armes de sa Majesté catliolique, conservant vostre Altesse Sérénissrme, Madame,

En parfaite santé longues années.

De Vostre Altesse Sérénissime,

Très humble et obéissant serviteur,

* . Jan,'çokte TSerclaks dé Tilly.

P. S, Le commissaire que j'ay envoyé à Brunswich achevé de m'adveriir que le ducq régent y est arrivé, que les Ëstats du pays docnent espérance de se vouloir accommoder ' et qu'k cette fin leurs députez me viendront trouver aujourd'hay 3 de septembre.

Au camp proche de Leinen, le 3 de septembre 4626. ArchiTes du Royaume. Liasses de l*audtence.

ISABELLE AU COMTE DE TILLT

MoD cousin,

J'ay. reçeu la lestre que vqus m*avez escript le 3 de ce mois et veu tout ce qu'elle contient, espérant que parmy Tordre- q/i^e vous avez donné au comte d'Anholt de suyvre le roy de Dennemarcke avec I9 plus part de la cavallerie et les dragons (4,500) se ensuyvra encore quelque bon e^j^ct^ aussi suis-Je esté fortayse de veoir lespoir que vous dictes y avoir que les estats de Braunswyck s'accomoderont li la raison et dont j'atlendraye en bonne dévotion les nouvelles. Et comme Je vous ay ces Jours passez en réponse de vostre lettre du 28 du passé, escript ce que se m'offroit touchant lestât des affaires de delà je vous envoyé cy joincte copie de ma lettre si par aventure elle ne fust arrivée à vos mains.

De Bruxelles, le 1 3 de septembre i 626.

Le dut et él' de Bavière écrit à l'infante le 15 de septembre 1626 que depuis les instaiices qu'il. a faites pour qu'elle envoie des secours au comte de Tilly, « il a plue au bon Dieu d'octroyer au comte de Tilly une victoire si signalée contre le roy de Dennemarcq, que nous avons faici entendre à V. Al. par noz susdits ambassadeurs, il n'est désormais nullement besoing que V. A. envoyé ledit secours au comte de Tilly, ains elle s'en poui^ra servir es aultres desseins. »

* Archives du Royaume. Liasses de 1 audience. "^ Archives du Royaume. Correspondance de Maximilien de Bavière, tome V, page 24.

370 GORRESPONDAIfCE DE TILLY.

Mon cousin,

Gomme nous sommes advertis se rendre grande quantité de monitions de guerre par le Weser, qui se mène vers les Provinces^Unies, croyant que par adventure vous ne vouldrez vous mectre k les arrôter, ] ay bien voulu vous faire la présente pour vous requérir que vous vouliez bien tirer du château de (Holoni ?) les gens qui y sont afia que nous y en puissions envoyer par le comte Henry de Berg de celles de ceste armée et laisser d'empescher la descente des dictes munitions de guerre.

De Bruxelles, le 24 de septembre 4626.

JOHANN GRAVE VON TILLY FREVHERR VON MARRAIS, HERR ZUE BALASTRE

MONTIGNY UNO RREITENEGG.

Unsèren gruss zuvor Ehrenveste Vorsichtige und Volweise liebe besondere. Auss Eurem schreiben hâben wir gern vernommen dass Ir euch uf hiervoriges Ansinnen, bey deme uf dem ha us Neuwaldt ligenden kœnigl. dennemarkischen Capitain, des Abzugs und prœoccupation halber zu ioterponiren gefallen lassen.

Alldieweile sich aber uf des Khœnigs resolution, alss wrelche etwaa gar spœth fallen ; oder aber vol gar ausspleiben mœchle oicht zue verlassen, sich auch meiner unterhabenden Armaden angehceriger General Zeugmaisler herr Grafe von Furstenberg, immittelst selbiger endts angenaihert haben wûrdt . von welches beyhabenden soldateo, da er eine zeitlang allda ufgehalten wûrde. vill ungelegenheiteo. die wûr gleichwol auch volermelter herr Grave, vsranns nur eine mœglichkeit sein solte, villieber verhutet sehen mœchlèn, causiren diirfien, so woUen wir Euch hirmit nochmals freundiich und gunstig ersifcht und angesonnen haben, dass ir beruhte uf euch genomene Interposition Euch und den umbligenden* Unterlhanen zue

■ Ardiives du Royaume. Liasses de l'audience. * Ibid.

selbsten gereichenden gunsten , alsbey befardiichst prosequiren and vortreyben, auch hierzue veil wie obverstanden , uf des khœnigs résolution nit zue fussen, an den bequemben und gedeihlichen Mitleln erkhisen und an handt nemen wollen. GotUich obacbt uns damit allseits verbunden.

Gutwilliger

Johann grave von Tillt.

Datum Seilsdorff den 26 septembris 4626.

Herrn Ëhrenvesten , Vorsichtigen und Wolweisen unseren lieben und besonderen Burgenneister undt Rath der stadt Hildesheimb.

Madame,

J envoya par ces lignes aux pieds de ¥'• Al" Ser"* mes très humbles remerciemens pour la Congratulation qu*il luy a pieu me faire par sa lettre du 9 de ce mois, de la victoire que la divine bonté a voulu opérer par cette çrniée contre le roy de Denemarcq, et Je me sens tant plus obligé à la royale debonnairelé de V'^ Al*" Ser"* d'une faveur si signalée, que le peu que pour ma part f ay sceu contribuer k T heureux succès de cette Journée n est autre qu un acquit de mon debvoir, Thonneur et la gloire y acquise appartenant k celluy qui nous a si libéralement deparly T assistance de ses saintes grâces.

J*advoue avecq V'* Al'* Ser"* que ce qui importe k Taccom plissement de cette victoire, et au bien publicq est de ne donner le loisir k l'ennemy de se rallier ains de le poursuyvre, comme J*ay aussy tasché de faire, ayant k cest effect envoyé incontinent après luy presque toute ma cavallerie et une quantité de dragons que j'avois fait esquipper expressément,* mais soit que la peur ait donné des ailes k Fennemy, soit que la lassitude et la défatigation ait retardé les nostres, ilz ne l'ont Jamais sceu attaindre ny Tempescher de gaigner FElbe ; surquoy, ne trouvant en aucune raison de guerre que Je debvois passer oultrc, et laisser a dos tant de places, que l'ennemy avoit partout laissé garnies en ces quartiers, Je me suis Jeté sur iceiles, et ay réduict Liebenbourg, Sladen, Wila^ Horenburg et les forlz de Hessendam. tout postes et passages de considération qui estèrent entre nous et Tes eveschez de

' Archives du Royaume. Correspondance historique, tome VI, folio t02.

372 CORRESPONDANCE DE TlLLY.

Halberstadt et Magdenbourg. fay aussi traicté en sorte avecq le docq régent et les estais de ce pays, qu*itz se sont accomodez et par on solennel revers ont renoncez à la faction da roy de Denemarcq, et se sont remis à la dévotion de Sa Majesté Impériale avecq promesse de procurer par tous possibles moyens de faire sortir dudit pays les garnisons ennemies, comme il s'est faict à Hannover et Northeim. Ceulx qui sont dans Wolfifenbuttel se trouvant au double plus forts quo les bourgeois, et bien pourveuz de vivres et de munitions, se sont résoluz de s'y vouloir maintenir. Le mesme a voient faict ceulx qui estoient dans Steinbrugh, et Neustat, places fortes et - d'importaDce, Tune sur le passage entre Hildesheim, Braunswich et ledit Wolffen* buttel, et Tautre sur la rivière de Lcine, qui est comme la clef du pays, mais après avoir soustenu quelques jours le siège, et le caoon, ilz se sont rendnz par accord. Quest tout ce que /ay sceu faire josques maintenant, neantmoins avecq une armée tout à faict harassée et notablement diminuée par le travail continuel de tant de mois, et les maladies qui s'y sont glissées, mal payée, et qui n'a touché argent depuis l'hiver passé, et d'ailleurs tellement incommodée de nécessité et principalement de celle de vivres, que Tinfanterie a desja esté plus qu'une fois huict Jours entiers sans recevoir du paiu. Udil ducq régent de Brirnswich, le ducq Christian de Lunenbourg, evesque de Minden, et les villes voysines s'excusant sur Timpossibilité et !a ruyne et désolation du plat pays, causée depuis deux ans en ça par les trouppes tant dudit roy de Denemarcq que du prince Christian dit Uaiberstat. Et ainsy les ultérieurs progrès que Je poorrois faire, vont interrompuz par les manquemens susdits. Cependant les ad vis que J'ay, portent que le dit roy avecq Tassistence de l'administrateur de Hal et d'autres ses adhérons et conféderez se va grandement renibrçant, et qu'il a mis un pont sur l'Elbe proche de Bleckede ; ainsy que le passage de Mapsfeldt en Hongrie, pourroit bien causer des nouveaux mouvemens là hault. et relarder le fruict que fon eust peu espérer des bons succès qu'avons eu par de«;ar Je supplie Y** A.I" Ser"* de croire de la servitude aussy dévote que perpétuelle que Je luy ay vouée, et à toute sa Sérénissime maison que Je souhaitte avecq passion, d'avoir plus de moyen et de commodité de m'employcr à son contentement, en l'exécutioD dé ce que s'a traicté et que le gouverneur de Maestricht m'a déclaré. Demeurant, sur ce, à Jamais, Madame,

He V. A. S.,

Très-humble et obéissant serviteur,

Jean, conte TSerclaes de Tillt.

Au camp proche dudit Neustat, le 28 de septembre 1696.

Mon cousin, je vous ay faict la présente pour vous dire et vous requérir que vous veuilliez favoriser le bon acheminement de la personne de François de Messchede de Pryleu, aussy lé bon passage des pièces d'^artillerîe de fer fondu qu'il doit mener de la conlé de Minden et environs vers ces pays, pour le service du Roy mon seigneur et nepveu, et je le tiendray de vous à plaisir fort agréfble.

De Bruxelles, le 8 octobre 4626.

Von Gottes gnaden Johann Georg hertzog zue Sachsen und Ghurfûrst.

Unseren gruess zuvor, hochgeborner lieber besonder, Wir haben euer don 19'. undt 29*. hujus dalirtes schreiben von Euerem trompeter empfangen, unndt auss demselben gern vernohmen dass Jhr unscr der interposition halber ahn Euch gethanes schreiben derRœm. K. M. unscrm allergnœdigsten fursten undt Hcrrn, iMid dan dem Durchlauchtigsten hochgebornen fùrsLen und Herrn unseremfreundtlichen lieben Vetlern und Brudern herrn Maximiliano Pfaitzgraven bey Rhein, des heyi. Rœm. Rcichs Erzlruchsœssen und Churfùrsten zugoschicket, Jhrer Ld. erçlœhrungh uns communicirt und dieselbe Jhr solchcs werckh auch freundiich gefallen lassen, so woll auch der ÂccommodiruDgh halber, nochmal w^illfahrig erpiethen, allein umb befœrderungh der sach pitlen und \vass Jhr sonslen suchen thuet.

Nuhn zweiffein wir nicht, Jrh werdet hinzvvischen unser den 45* hujus datirter schreiben von unserni trompeter bekommen, und darauss wie Çyferigh w^ir uns dîess Werckh angelegen sein lassen, dass auch keîne werzœgerungh darunter gcsucht werdte, sovern allbereit unsere geheime und kriegsrathe dergestalt nach firaunschweigh abgeordnet, dass sie heuth oder morgen 'daselbst einkommen und zur Interposition schreitten soUen, verstanden haben, so woll dass wir Euch ersucht

* Archives du Royaume. 9ecrét. d'Elat allemande. Carton 189. ^ Ibid.

374 OORRESPONDANGE DE TILLY.

die Earige aufif solche zeitt aoch abzaesenden. unndt den hertzogli zue Friedlandt, der zwar von Uns hierunder glaicher gestalt angelaogt hierzu ebenmassen zue disponiern, dess versehens Jhr werdetEoerr thaills uichts, so zue befiirderungh diescr haodtlungh thienlich Eorem Erpiethen nach erwinden lassen, der Allerhœchste wolie zue solcben traclaten gluckh und heyll auch sovill gnadt \erlegen» dass der vorgesetzte zweckherreicht, friedtund ruhe diesem Crayss wiederprachl. undt dadurch ailes Unheylls vorkommen werdte.

Wie Euch auch in Ermelten unseren schreiben angedeutet, dass fursten und stœnde zum stillstandt undt liefferungh der Proviandl vor die Armeen erinnert und von uns ersucht. also seindt wir der hoffnungh es werae voran kein mangell erscheinen, undt maan ailes dasjehnige auss dem wegh raumen so dem Interposition werckh hinderlich sein mochte.

Thuen uns auch gegen Euch der Uberschikten Avisen bedancken, und erpieten uns nochmahls nichts zue underlassen, so zue belarderungh bevorstehender bandtlungh gereichen magh, damitt zu ve^ spiehren* wir an verzœgerungh kein beiiehen Iragen.

Woltens Euch in antworth hinwieder vermelden, undt seyn Euch

in Gnd* wohi gewogen.

Johann Georg. Guurfust.

Datum Dressden den 94 octobris 4626.

Mon cousin, le capitaine François La nnyn. dit Prévost, nous a faicl représenter que luy seroit escheve une succession de la part de son nepveu, feu Charles Lannyn, dict Prévost; de son vivant sergent major du comte Adam J, gouverneur de Linz et décédé

passé deux ans environ. Et comme il esi plus que raisonnable que ï un chacun soit donné contentement ce qui luy compète, et mesme a ceulx qui par leurs services et leurs comporteraens se rendent dignes de faveur et support, comme nous sommes informez que faict le dicl capitaine, estant en actuel service de sa Majesté, nous sommes meuz de vous faire ceste, afBn de vouloir escrire sur ce subject au dict comte et procurer par vostre crédit et autorité que le dit capitaine puisse recueillir le fruit delà dicte succession, soit en argent, chevaolx

^ Archives du Royaume. Liasses de Taudiencê.

el aollres meubles, selon que seura trouvé convenir, ensemble luy faire payer ce qui se treuvera deu au défunct, lorsque se feront les descomptes, de la compagnie, au surplus donnant ordre que le tout soit addressé k la maison du baron Don Martin 'de Samogy. lieutenant de nostre garde des hallehardiers, et J*estimeray particulièrement ce que vous ferez pour luy à ceste mon intercession. Autant, etc.

De Bruxelles, le ^ novembre 46^6.

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