‹ Tilly;Chapitre 23 sur 43 · ISABELLE · texte numérisé non relu

ISABELLE

* Archives du Royaume. Liasses de l'audience.

Celle qu'il a pieu à V'* AM* Ser"* m'escrire le 40 du mois passé, a esté de moy receue avecq tout deu respect, et j*ay avecq une singulière joye entendu par le contenu en icelle, la continuation du zèle de Y'* Al'" Ser™* au bien des affaires- publiques, et Tassistance qu'elle est résolue dé donuer au redressement et seureté d^icelles, dont TËmpire et tout Testât catholique luy restera obligé et redebvabie.

Ce que V'* Al** Ser"" par sa très pourveue prudence propose de deschasser Teunemy des places par luy occupées au pays d'Osnabrugh, est chose que je trouve bien nécessaire et fort à propos, aussy auroil elle pieça esté mise en exécution, ne fust esté que le manquement des gens me Tat empesché, estant plus que la moiclié de mon infanterie engagée aux places que Je tiens tant sur, que d'un costé et d'autre da Weser, lesquelles Je ne puis desfurnir sans un très grand desavantage et incommodité ; et avecq ce que j'ay peu tirer en campagne. Je me suis avancé vers TËichsfelt. h la suite du ducq Christian, lequel y a bruslé plusieurs bourgs et villages, et faict des grandz degastz. Le Landgrave Maurice de Hessen l'assiste tout ce qu il peult, et de dévot qu'il sest tousjours réclamé au service de Sa Majesté Impériale, est enfm devenu nostre ouvert ennemy ; il a tout fraischement furny 3.000 hommes de pied audit ducq Christian, et quelque artillerie, oultre 4,000 quun comte de Solms at par son adresse levez, en bien peu de Jours, lesquelz ont tous passé monstre dans la ville de Cassel, où Ton dit que ledit ducq Christian se trouve présentement, tramant sans doute quelqae nouveau dessein. D'ailleurs, comme le roy deDenemarcq tient dePautre costé aussy toutes ses forces amassées, je ne me. puis tant esloigner, que le ducq de Fridlandt et moy, ne nous puissions entresecourrir, et accourrir là où sera le plus de besoing ; et parlant, pour mettre en œuvre la proposition susmentionnée de V'* Al** Ser"*. il seroit nécessaire, et Je l'en supplie très humblement, que son secours soit de Quelques six mille hommes de pied, et mille chevaulx avec Tassistence d^artillerie en cas de besoing ; et le comte d'Anholt se tiendra sur la frontière, et joindra à l'arrivée dudit secours, ce qui se pourra de noz

^ Archives du Royaume. Correspondance historique, tome VI, folio 409.

trouppes qui sont de ce costé là, pour enlreprendre Texécation. Je prie sur ce Dieu,

Di combler V'» Al»* Seri"« de toute sorte rfheur et de prospérité.

Très humble et obéissant serviteur,

Jan, comte TSekclaes de Tilly.

A Nidergeys, proche de Gottingen, le 44 de may 46Î6.

TRADUCTION d'une LETTRE DE WALLENSTEIN ET DE TILLY A L* EMPEREUR ET AU DUC DE BAVIÈRE, EN DATE DU 3 JUILLET 1 6S6:

I^ ducq de Fridiandt et le comte de Tilly remonstrent et font entendre en toute humilité par ceste leur lettre à Sa Maj. Imp. et au ducq et électeur de Bavière comment qu'ayant recogneu que la prolongation de la guerre et les desseings de i'ennemy ne butent qu'à gaigner temps à son cdvantage et de faire perdre à Testât du bien publicq, ils ont trouvé convenir de s'entreveoir et entreparler par ensemble comment qu'ils puissent faire teste à l'ennemy et lui oter tout moyen de faire quelqu'ultérieur progrès et comme le gouverneur de S. M. k Maesiricht. M., de la Motterie, a esté expressément envoyé et député vers eux et leur a faict offre de 6,000 h** d'infan* et 1,800 chevaulx avecq 6 pièces d'artillerie en sorte toutefois qu'ils auront h exécuter leur entreprinse par le moyen de leur armée et l'assistence de ce secours, suivant que se traicte par les ambassadeurs de S. Ma'. Imp. et du ducq et électeur de Bavière présentement en cour de Bruxelles et mesDie ledict gouverneur a ordre et commission de s'entreparler avecq eulx sur ce point ; qu'jls se sont accordez par ensemble de s'assembler et s'entrevoir à la ville de Duderstadl, et enfîn selon l'exigence de la nécessité des affaires auront résolu et conclu estre convenable de faire advancer leurs armées avecq ces trouppes du secours d'Ëspaigne vers la rivière d*£lbe et de s'en servir avecq l'ayde de Dieu en toutes les occasions selon les occurences du temps et aultres événements le mieulx qu'ils pourront et trouveront convenir. Mais comme cependant

il serojt à craindre que la Hollande ou lé roy.de Denemarcq voyant

* Archives du Royaume. Correspondance de Maximilien de Bavière.

cesle leui enlreprinse pourront entretems envoyer el jeter quelques trouppes de leurs armées, dans les pays et eveschez de Munster, Osnabrugh. Paderhorn et contrées voisines de la rivière de Wcsercl tascher de les ravager et de s*en rendre maistres^ quMIsont demesme trouvé estre nécess>aire que pour éviter semblables hostiles invasions et ravagemenls. S. M. G. face au plus tost Joindre un aultre gros de gens de guerre tant de rinfanterie que de la cavalerie et les face mettre et tenir pretz à Tentour de Wesel auprès du Rhin pour tenir teste ï Tennemy.

Au reste qu'ils se sont aussy accordez et ont concleu par ensemble que le susdit secours de S. M. C. d*Espaigne de 6,000 h*' d^infanterie et 4,800 de cavallerie se joindront avecq Tarmée du comte de Tilly, et le ducq de Fridlnndl y enverra et fera joindre les deux régiments d'infanterie de Holstein etLunenburg, avecq encore les 4 ,000 chevaalx du régiment de cavallerie de Lunenburg et quensuyte de ce ils tascheront, avec Tayde de Dieu, d*employer toute leur extrême valleur et pouvoir pour s*empatronner et rendre maistres des rivières de TEIbeet du Weser au désavantage de Tennemy, dont partant ils n'auroient voullu laisser d'en donner part à Sa MaJ. Imp. et au ducq et électeur de Bavière.

TILLY A SPLNOLA.

Monsieur,

.*e suis esté quelque temps sans vous escrire, à cause de Tabsence et indisposition de mon secrélairp. J'ay cependant receu aulcunes vostres el les dernières du 2 et 7 de May el 8 de Juin. Il m'a despieu de veoir les algarades que le viscomtc d'Alpen vous a faict, et qu il a si peu discrètement usé deTadvis qu'on ronfidcnre elà bonne intention Je luy avois donné pour divertir ce malheur, qui eut esté capable de ruiner sa fortune, et celle de ses auilres frères, sans que toutefois je luy aie descouvert mon î-.utheur ny monstre vos lettres. Monsieur de la Mottry est parti de relour d'icy, hier matin, vous entendrez tant de luy que des ambassadeurs de S. A. TElecteur mon maître, ce quei^t de la présente constitution des aflaires de par deçà, et à quoy Ion y est. Les trouppes du defunct ducq Christian et quelques aultres du roi

* Archives du Royaume. (Collection de Routard, n<> lO, p. 7f 7.

ANNEXES. t^59

de Dennemarck, ea nombre de 50 cornettes de cavaP* et 7 ou 8,000 d^iafanterie; ont passé le Weser et semblent en vouloir h Tévesché d'Osnabrug. J'écris la cy-Joincte à la Sérénissime Infante, la suppliant dordonner au comte d'Isembourg de se Joindre au conte d'Ânholt qui a fort peu de gens pour faire tesle à Tennemy et je recommande aussi la poursuite de ccste affaire, aux ambassadeurs susditz de Sa dite Âltèze, je vous prie de tenir la diligente main à tout, pendant que Je demeure,

Monsieur,

Votre fidèle ami et serviteur.

Jean, comte db Tillt.

A LîuQ^ea (ouK'mndeDn), le4 juillet 1626.

AU COMTE (lE TILLY.

Mon cousin, j*ay reçeu la lettre que vous m*avez cscript le 4 de ce mois, et veu ce qu'elle contient , que les trouppes du défunct duc Christian d'Hallbcrstadt ont passé le Weser et semblent vouloir tirer vers TËvesché d'Osenbrug, afin que j'ordonne au comte d'Isenbourg qu'il se joigne incontinent au comte d'Ânholt et ayde h s'opposer aux entreprinses que Tennemy pourroit avi ir sur le dit Evesché et lieux voysins. En response de quoy je vous diray quej'ay ordonné au dit comte d'Isenbourg de se joindre incontinent au dit comte d*Anholt avec les trouppes qu'il a avecq soy et sont celles destinées à l'exécution a faire sur l'Albis, ayant de plus ordonné que le reste des gens destinés au dit effect qui se trouve astheure en Wetterauw marche incontinent et aille se joindre au dit comte d'Isenbourg. afin de faire retirer le dit ennemy, et après marchent tous joinctz vers Hamelen ou aultre chemin que vous adviserez, en tenant ordre du marquis d'Aytona qui a sollicité pour cela certaines dispenses de l'Empereur. M'ayanl le sieur de la Mottry faict rapport de ce que vous ave;t traiclé avec luy que j'ay esté fort ayse d'entendre et vous scaiz grand gré du soing que vous tesmoignez en tout d'avoir au bon encheminement des affaires communes. A tant.

De Bruxelles, le ^0 de juillet 4 6^6 .

* Archives du Royaume. Correspondance historique, tome YI, folio 458.

Madame.

Depuis ma dernière du 40 de ce mois, Je me suis rendu au camp devant GoUingen, atlendant avec un très-grand désir, la résolation qui se prendra sur le négocié do sieur de la Mottry, concernant le secours ; mais comme elle tarde, et que la saison s*avance grandemenl, aussy que les trouppes ennemies qui se trouvoient au pays d'Osnabrugh se sont retirées, et une partie d'icelles passée vers Tangremonden et TEIbe, f ay estimé que Vostre Altèze Serenissime ne recevra pourimportunitécel itéré devoir que Je rends au pubKcq. en luyrameDlevant, comme |e fais avecq tout humble respect, que le bien commun est intéressé en la moindre perte du temps qui se faict en cette con- Joincture, et que tant proinptement ne scauroit estre la susdite résolution, qu'elle n'aura donné que trop d'avantage k Tenriemy, lequel va croissant de gens et de crédit, etjusques à tel degré, selon les advis que J'ay de bonne part, que le roy de Swede amène en personne k celluy deDennemarcq, un renfort de seize ou dix-sept mille hommes; Je supplie votre Altèze Serenissime de pondérer par sa prudence que les occasions, desquelles dépend le bon succès des entreprinses, s écoulent avecq le temps, et d'en prendre subjecl, de faire accélérer le plus que sera possible la* susdite résolution, et Teffet que Ton en espère. Je sois, Madame.

De S. A. S..

Très humble et obéissant serviteur,

Jean, comité TSerclaes de Tillt.

Au dit camp proche de Goltingen, le 24 juillet 4696.

P. S. sur les nouvelles que le ducq de Friedlandt a que Mansfeldtse bouge et semble tourner la teste vers la Silésie, il a résolu pour gaigner temps d*aller passer TElbe, et de s*csIoigner de moy , qai diffère de le suivre et de m*avancer pareillement, en attendant la susdite résolution. Cependant Je viens de recevoir des advis uniformes de divers endroitz, que le roy de Dennemarcq seroit intentionné de secourir ceste place, et qu'à cet eiïect il met ses forces ensemble, mesme qu une partie d'icelles s'est desja rendue à Tentovr de Hikk»-

1 Archives du Royaume. Correspondance historique, tome VI, folio 499.

heiin, et at assiégé les châteaux de Steurwalt et Marienboarg appar- ' tenant ao chapitre du dit lieu. Ce qui me faict réitérer mes susdites supplications envers Vostre Altèze Sereniasîme avec tant plus d'instance que Je trouve les trouppes que J*ay en campagne assez faibles et harassées, et seules peu bastantes pour faire teste à l'ennemy.

Madame,

Scachant le sentiment que V** Alt* Ser"** k de quelzconcques succès qui arrivent à cette armée, Je n'ay deu omettre de luy donner part de celluy, que soubz la conduite du comte de Furstenberg, général de 1 artillerie, une partie de nostre cavallerie al eu contre les trouppes de feu le ducq Christian, lesquelles au nombre de quarante sept compagnies de chevaulx bien fortes, et trois régiments d'infanterie, sestoient avancées du costé deHildesheim, et après s'estre saisy du château de Steurwalt, avoient assiégé et serré de bien prés celluy de Calenberg. Il est doncq que le dit comte, lequel J avois envoyé vers là, pour observer les mouvements de Tennemy, empescher ses progrès, et lever, si faire se pouvoit, le dit siège, a le 37 de ce mois, devant le village de Rossing, proche du dit Calenberg, rencontré les dites 47 compagnies de Tennemy, rangées en bataille, lesquelles il a chargé si vifvemcnt avec 32 compagnies qu'il menoit, qu il les a enfin mis en desroute, et quant et quant Tinfanterie s*est aussy levée, et tous se sont retirez avec grande confusion Jusques par de là Hanover, où ils ont faict halte. De la part de Tennemi sont demeurez morts sur la place en ce rencontre, le corontsi Freitagh, deux lieutenants coronelz, six capitaines, plusieurs autres officiers et de deux à trois cens soldatz, pardessus ceulx qui sont esté tuez deçà el delà en la poursuite. On doute du coronel Conrard Nell, le comte Rhingraeff s'est sauvé à pied; les nostres ont gaigné six cornettes, prins plusieurs prisonniers entre lesquels sont deux capitaines, et Tun d'iceulx un comte de Stolberg. £a la fuite Tennemy a désarboré plusieurs de ses corùettes, les bois desquelles, bien jusques au nombre de quinze, on a trouvé par les chemins. Ce sont les particularitez que le dit comte de Furstenberg m^en a mandé; mais d*ailleurs, Je ne doibs célor à Vostre Alt*Ser™*ce qa^il y adjouste de plus, scavoir que Ton tient pour asseuré, que non

Archives du royaume. Correspondance historique» tome VI, fol. 464.

seulement le coronel Fachx, mais aussy le roi de Denemarcq mesme, avecq toutes ses forces se vient rendre auprès des dites troappes, battues plus tost que défaictos, et que son dessein seroit de faire on effort contre moy, je me trouve encore engagé en ce siège, bien foible de gens« et sans espoir de secours du costé du ducq de Pridiandl, qui est passé vers TElbe, et ne m*a presque laissé autre assistance que les deux régiments que le ducq George de Lunebourg a levé, lesquelzà peine seront en estât dans un mois Cest ce qui m'oblige d'importuner au Ire fois V" Alt* Ser"* et de la supplier très humblement, qu'au moins elle soit servie de me faire assister des deux régiments du coronel Cratz, en attendant la finale résolution du secours proposé par le sieur de la Mottry, l'accélération de laquelle Je recommande de rechef avec le plus d'instance que Je puis k V^ Alt* Ser"**, priant le créateur de la conserver, Madame,

En parfaite santé, k longues années,

De V" Al** Ser"»*,

Très humble et obéissant serviteur,

Jan. conte T'Serclaes de tiuv.

Au camp devant Gottingeû, le 30 juillet 4626.

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