TRANSLATION D UNE LETTRE DU ROI DE DENEMARCQ ESGRIPTE
AU COMTE DB TlLLT.
Christian, etc.
Illustre cher et spécial,
Ayant trouvé convenir d escripre une lettre à Sa Majesté et Dil. Impérialle selon la copie cy joincte, à cause du bruict qui court d'une diète de députation qui se doibt tenir, comme aussy d'envoyer une aultre au prince élect'' de Saxen, et avecq icelles dépesches le porteur de ceste, nous vous requérons bien gratieusemcnl que pour le bien publicq vous luy veuillez donner un billet pour Fasseurance de son libre psjssage et repassage. Ce que nous recognoislrons envers vous avecq toute faveur et grément en semblables occasions, etc.
Bokenbourg en date du 6 juing 4627.
Archives du Royaume- Correspondance de Wallenslein el de Tilly Tome II. n» m.
ISABELLE AU COMTE DE TILLT
Mon cousin, Je respondray par ceste à ce que par une lettre vostn précédente vous m'avez escript, me demandant du secours et ainsi ]e vous dirai que Je vous envoyeray les régiments d'infanterie banit allemande du comte d'Isembourg et de Gratz, mesme le régiment de cavalerie du dict qu'est avecq aultres trois compagnies hors de régiment, le tout soubz la charge du dict comie d'isembourg, qui est personnage de valeur et de telle conduyte que Je m'asseare qnil rendra du bon service et que vous en aurez toute satisfaction, aussy luy donneray-Je ordre de faire tout ce que vous luy commanderez. Le delay qui est enlrevenu k l'envoy de ce secours est procédé de ce qu'il a falu faire faire des recrutes pour les dicts régiments lesquelles sont achepvées maintenant.
Restera seullement que vous m^advissiez où vous désirez que tonte la dicte trouppe se rende et quel chemin elle prenne, sur qnoy J*attendray de vos nouvelles. Priant Dieu, etc.
U4ldeiuing4627.
ISABELLE AU COMTE DE TILLT
Mon cousin,
J ay receu les lettres que vous m'avez escript le 21 de may et 4 de ce mois de Juing, et veu tout ce qu'elles contiennent surquoi Je ne vous diray aultre chose sinon que suyvant ma précédente, Je feray partir les trouppes mentionnées en icelie, sçavoir, les deux régiments de Grat^ l'un de cavallerie et l'autre d'infanterie avec encore un d'infanterie hault allemande et trois compagnies hors de régiment ; ils prendront leur chemin vers le Weser, et donneray charge à icelluy et leur
■ Archives du Royaume. Liasses de TaudieDce. '* Ibid.
commanderay de vous envoyer quelqu'un devant pour recepvoir l'ordre que vous luy voudrez donner.
D'Ain, le 24 jutng f 6f 7.
TRANSL/ITION D*UNE LETTRE DU COMTE DE flLLT ESCRIPTE AU ROY DE DENEMARCQ, EN DATE LE 4" DE JUILLET 1697.
Cejourdhuy est arrivé auprès de moy un trompe! le de V" dignité Royalle, lequel m'ai délivré trois lettres closes d*icelle, Tune à Sa Majeélé Impériale, Taultre au ducq et^prince eslecteur de Saxen, et la troisième à moy. Et quand bien par la superscription de celle qui s'adresse à moy est à redire, qu au ducq et prince eslecteur de Bavière mon très bénigne seig' ne se donne le tiltre ny lé prédicat qui lui est dea et donné tant de Sa Majesté Impériale que de tout le collège électoralle et àe la plus grande partie des princes de Œmpire, n'y a moy celui que Je possède depuis beaucoup d'années en çà , et par ainsy votre dignité royalle peolt bien considérer et Juger selon sa très grande prudence que cela redondant au préjudice et mespris de la dignité et reputaon de mon très bénigne seig' et mre si dignement et loua^lemt acquise coe il est notoire par tout l'Empire, il ne m'est pas bien séant ny permis d'accepter ladite Ire, ains que pour les raisons mentionnées, j'aurois bien Juste subject de la renvoyer conditionné en la mesme sorte coe elle m'a esté délivrée; ce néantmoings puisque le maréchal de camp de ceste armée Impériale le comte d'AnhoU Ta ouvert suyvant la coustume de guerre observée en semblables occasions, pour luy avoir esté délivrée avant qu'k moy, Je l'ay accepté et retenu avecq protestaon néantmoings et réservaon du titire deu à mon seig' et mre le prince électeur Palatin de Bavière pour ma décharge, suppliant bien humblement que si votre dignité royalle désire d'icy eo avant pour ceste et aultres affaires changer davantage des Ires avecq moy, elle veuille faire remédier à la faolte susdite et alors ne fauldray aussy de faire ce qui sera de mon debvoir. Cependant corne aussy il est arrivé icy auprès de moy un trompette du prince électeur de Saxen pour quelques aultres affaires et par ainsy suis résolu d envoyer un courrier exprès en court vers sadite Majesté Impériale pour cesle cause et puisque par la
^ Archives du Royaume. Correspondance de Wallenstein et de Tilly, t. H, folio 426.
copie k moy envoyée de la Ire de vre dignité royatle esrrtqte è sadite majesté se veoit qu elle importe à lestât poblicq et je tiens que celte pour l'électeur de Saxen en sera du mesme teneur, je. les ay po^ir le respect de vre dignité royalle envoyé à sadite Majesté Impériale et au dict prince électeur de Saxen, coe j'ay encore diverses fois faict le mesme et ne fauldray de lui faire tenir et envoyer par un mien trompette les réponses qui suyvant Tune et Taultre se pourront ensuyvre.
Par ainsy je n ay vouUu laisser de faire entendre à vre dignité royalle en responae à la sienne.
LE COMTE DE TILLY A LINFàNTE.
Madame,
Celle qu il a pieu à vostre Altèze Sérénissime m*escrire Tonziesme et 84 du passé me sont esté délivrées presque en ung mesme temps, comme je venois de visiter les quartiers sur TElbe, où Tennemy se va fortifiant de plus en plus. Je me suis grandement réjouy d'entendre la bonne résolution de Vostre Altèze Sérénissime , et me confie qu elle aura esté infailliblement suivie de Tencheminement du secours, lequel venant en diligence, soubs la conduicte d'un si brave chef, et avec Tordre que Vostre Altèze Sérénissime me mande, il m*en fout espérer sinon d'un bon service. Je supplie Vostre Altèze Sérénissime si les trouppes du dict secours ne seront desjà trop avancées, de leur faire une recharge, afin qu elles se donnent le plus de haste que faire se pourra, et prennent le droict chemin sur Hoya pour se joindre au comte d'Anbolt ; et comme il convient que je retourne au plustost avec une partie de reste armée, vers TElbe, pour assister les trouppes impériales et faire teste k fennemy, Vostre Altèze Sérénissime sera aussy servie de toucher un mot au comte d'Isembourg, afin quea mon absence, il ne veuille faire difficulté de recevoir les ordres du dict comte d*Anholt, lequel restera au Weser etTenvoyera rencontrer lorsqu'il sçaura qu'il s'approche.
La ville de Northeim s*est enfin rendue le S7 du passé, sans aucune particulière capitulation. Je suis esté hier k Tentour de WolfTenbutlel et y ayt ordonné aucuns quartiers pour serrer de plus près la dicte
* Archives du Royaume. Liasses de raudience.
anhexes. 391
place, maintenant Je pars vers Giffhorn et me vay disposant pour passer plus oultre vers TEibe. Priant sur ce le Créateur,
Madame,
Qu il conserve Votre Altèze Sérénissime en parfaite santé à longues années.
Très hamble et obéissant serviteur,
Jean, comte Tserclaes de Tilly.
De Peyne, le 7 de juillet 4 627.
le comte de tilly a l*infante.
Madame^
Les services que mon nepveu d'alliance le seigneur de Froymont a rendus depuis 47 ans en çà aux armées de Sa Majesté catholique se rencontrans avec Taffection à laquelle l'affinité m'oblige en soq endroict, me donnent subject de demander en toute humble permission k Vostre Aitèze Sérénissime de luy adresser ce mot de recommandation en sa faveur pour la supplier comme Je fais d'une instance par* ticulière qu'il luy plaise en considération de ses dicts services et de ma prière Favanzer aux premières occurences à quelque rang ou charge sortable en sa qualité. Le contentement et l'obligation que J'en recevray me furniront nouveau subject de me dévouer de plus en plus au service de Vostre Aitèze Sérénissime, à laquelle faisant une très humble révérence, Je demeure,
Madame,
DeV, A. S.,
Très humble et obéissant serviteur,
JaN, comte Tf^ERCLAKâ DE TlLLT.
De Giffhorn, le 9 juillet 46S7.
* Archives du Royaume. Liasses dç 1 audience*
392 GOaRESPONDANGE DE TILLY.
LE COMTE DE TILLT k l'iNPANTE.
Madame,
Les favorables démonstrations, que Vostre Altèze Séréoissime a (anl de fois daigné de me témoigner par ses lettres et offres réitérées de sa grâce qui me sont Journellement confirmées par des traictz singaliers de sa bénignité en mon endroict, et par les advis que m en donnent ses principaux .ministres, lesquels me font entendre que vostre Allèze Sérénissime, désire que Je me porte à la prétention de quelque mercède, enchérissent tellement Tobligation que j'ay ë recognoistre Thonneur que J*en reçois, que ne l'en pouvant remercier comme je doibz, Je ne puis au moins que Je ne Testime in6niment, et quen preuve de l'estat que j'en fais je ne m'en prévaille pour recevoir les effects de sa royale faveur. Ce sera donc soubz Tadveu et permission de Vostre Altèze Sérénissime, que Je la supplieray en deue révérence d'avoir gour aggréable la requête que Je luy fais par la présente pour obtenir de sa grâce et de, son intercession envers Sa Majesté catholique quelque terre de la bienséance de ma maison au Pays-Bas, qui me reste et après moy à ma postérité en la personne de mes nepveux pour gage perpétuel de cette tant signalée bienveillance, dont il luy plaist m'bonorer; et comme feu mon frère, que Dieu absolve, a autrefois en part à la terre de Durbuy du chef du comte Maximilien d'Ostfrize, son beao père, qui la lenoit à titre de gagère pour raison de quoy il y a encore procès pendant au grand conseil de Malines, entre le procureur général de sadicte Majesté et mes dicts nepveux. Je prie Vostre Altèze Sérénissime qu'il me soit loysible de dresser ma prétention à la dicte terre, et que par Tenlremise et auhhorité de Vostre Altesse Sérénissime, elle me soit accordée tant en récompense de mes services, que sa bonté tesmoigne d^agréer. qu'en mémoire de ceplx qu'à rendu autrefois mon dict frère, dont il plaira à Vostre Altèze Sérénissime se ressouvenir, et si quelque difficulté particulière se présentoit pour l'octroy de la dicte terre de Durbuy. qu il me soit permis de faire demande k quelque autre qui approche sa value et qui soit de la bienséance et de la commodité de la maison de Tiliy ; laquelle succédant à l'obligation que /en
' Archives du Royaume. Liasses de raudience-
auray, héritera quant et quant moyennant la grâce de Dieu la dévotion et fidélité que ] ay au service de sa majesté (^aiholique et de Vostre Altèze Sérénissime, de la grâce de laquelle Je prends l'entière confiance d*un favorable appoinctement sur cette mienne requête, et quelle agréera les devoirs qui luy seront faitz de ma part, pour lacheminement et effeci d*icelle, me disant pour Jamais,
Madame,
De Vostre Altèze Sérénissime,
Très-humble et obéissant serviteur,
Jan, contr TSekclaes de Tilly. De Giffhom, le 40 juillet 4627.
l'iHFANTE au comte de TlUT.
Mon cousin,
J'ay feçeu la lettre que vous m'avez escripte le 7 de ce mois, en réponse îi laquelle vous diray que le prince d*Orange s'esta nt présentement Jecté avec une puissante armée sur la ville de Grcl. j ay donné ordre au comte Henry de Bergh de l'aller secourir, et comme entre les gens qu'il aura soubs sa charge, y a aussy le comte d'Isembourg avec celles qu il debvoit mener droict à vostre secours, si Dieu nous faict la grâce que la chose réussit selon que Je l'espère en sa divine miséricorde et que aydes se puissent envoyer, comme c'est quasi le chemin* du Weser, il se pourra rendre devers vous et luy diray ce que vous désirez, afin qu'il recoipve les ordres du comt« d'Anholt.
BnizeUes, le 27 de juillet 4 627.
^ Archives du Royaume. Liasses de Taudience.
AU COMTE DE TILLT
Mon consiD,
Le présent porteur est an nommé Domp Albert Baisserel religieax de l'abbaye D^Âulne, lequel allant par delà afin de pouvoir obteoir aa quartier d'Allemagne quelques reliques pour embellir aulcunes églises de par deçà, suyvant la permission et ordre qu'il en' a de ses sapérieurs. Je Tay bien voullu accompagner de ce mot, aûn qu'il vous plaise l'assister de Tostre crédit et authorité pour l'accomplissement de reste sa commission, comme de vostre zèle et affection aux œuvres de semblable mérite. Je me veulx promettre ^ue ne manquerez de! faire, et mesme à ceste mon intercession que Je seray bien aise d'enlendro lui avoir esté fructueuse. Et Dieu vous ait, etc.
Ce dernier de jnillet 4697.
LETTRE DU ROI DE DANEMARCE AU COMTE DE TILLl.
Christian der Vijerte, von Gottes gnaden zu Denncmarck,
Norwegen, etc.
Unserenn gnedigsten gruess, gunstigen unnd woUgeneigten willeo zuvor. Wollgeborner, besonder lieber, weil wir anjetzo wegenn dess dem gemeinen geschrey nach bevorstehendcn Deputations- Tags aho die Rom. Kays. May. unnd L. schreibeno, laut beigelegter Copie, wie auch ahnn den Churfufsten zu Sachsen abgehenn zu lassenn , ound desswregen unsern gegenwerttigenn Trompetern damit abzufertligen nottig eraclUet, so ersuchenn wir Euch hiemit gunstig unnd gnedigist, Ihr gemeinem wesenn zum besten, demselben mit einem Pass-
* Archives du Royaume. Correspondance diplomatique. Carton 487. D'après une copie jointe à la lettre de l'électeur de Cologne, au licencié Bloreus, ioù agent à Bruxelles, le 9 août 46^7. ^ Ibid. D'aprc^s une copie , etc.
zettel hinn onod wieder zuruck versehenn wollet ; solche seint wir io dergleichen vorfahlen in kooig- gunsten uond gnaden, etc.
Christian.
Yonn EoD. Ma. in Dennemarck etc. ahn Graven von Tylli. Botxenborg, den 6 Junii 4627.