DE AUFFELT, DU 22* MARS
Madame,
Volre Altesse Sérénissime sera servie de veoir des copies cy Jointes la suite des advis que Je reçois des desseings du roy de Dennemarcq et comme mes trouppes sont tellement dispersées, et celles que j'ay à la main si peu refaictes, tant à cause de la pauvreté des quartiers que du travail qu'elles ont eues tout l'hyver que Je ne pourray empescher cette saillye du dict roy, sans l'assistence et secours de Votre Altesse Sérénissime, Je viens ramentevoir autrefois à icelle l'imporlance de l'affaire et les communs intérêts que Sa Majesté Catholique aussy bien que TElmpire auront aut progrès que le roy est apparent de faire au delà de Weser, où tout luy sera ouvert et abandonné principalemant Tevesché d'O^nabrog et le comté d'Oldenbourg, sup|)liai)t de rechef très humblement que Votre Altesse Sérénissime les veuille prévenir par la
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célérité de ses résolutions et faire avancer en toute diligence le dict secours, lequel accroistra la réputation des armes de sa dicte Majesté Catholique, donnera terreur à ses ennemis et è ses amys une preuve évidente de ce qae Ton peut espérer de ses aHiances. Je prie, sur ce, Dieu,
Hfadama, etc.
liadame, ^
Monseigneur Télecteur de Bavière m'a faict communiquer ce que * l'agent Morœus luy at escril le 4 7 et S4 d*apvril, touchant le secoars et la déclaration faicte de la part de Votre Altesse Sérénissime, sur ce snbject. la quelle porte, que par forme d'eschange contre quelqve nombre d'infanterie que Je debvois envoyer là bas,. on madjoindroit de la part de Votre Altesse Sérénissime, les deux régiments de cavalerie et d'infanterie du coronel Cratz. Sur quoy j'ay k représenter k Votre Altesse Sérénissime que Je remarque que la présente constitution de nos affaires, n'est pajs bien entendue par delà, en ce que Ton croit que pour estre par aventure plus fort d'infanterie que le roy de Denemarcq Je m'en puisse défaire ; qu'est une erreur, car quand bien J'en aorois encor beaucoup davantage, il y a icy à quoy l'employer, ayant point seulement l'ennemy en teste, mais aussi au dos, et au milieu de mes trouppes dans les villes de Northeim Wolffenbuttel et Nienbourg, lesquelles il me fault tenir serrées, et d'ailleurs aussy maintenant que les bois commencetit à se vestir, les mauvais garnements du pays s'y mettent ensemble en tel nombre qu'ils osent attaquer des compagnies entières, ce qui m'oblige d'avoir des gens partout, et le grand nombre qu'au dehors de cela, est engagée dans trente ou environ de places et passages que j'ay à conserver à force d'hommes, tant du coté de deçà que de delà le Weser, faict que Je me trouve faible d'infanterie, aussy bien que de cavallerie en campagne et que j'ay besoing d'éstre secourra de l'une ou de l'auhre, tant s'en faut que J'en puisse envoyer dehors. Cependant le roy continue à se fortifier et a désormais tout-à-fait serré les deux rivières de l'Elbe et de Wesçr ; mesme l^ comte d'Anbolt achève de me mander qu'il marche avecq ses trouppes de l'aultre costé du dict Weser, et voudra apparement de rechef proviander et secourir
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Nienbourg, 8*il D*a quelque dessein plus important, comme de donner sur les évescheZydes'impatronner du pays d'Oldenbourgh ou d'attaquer le comte Furstembergh dans les fortifications qu il a faict sur la rivière k Hoya. J*ay creu estre de mon debvoir de notifier le tout à voslre Altesse Sérénissime, k la surite de mes précédentes et de la supplier encore une fois très humblement qu'y prennant Tesgard qu il convient et une prompte et favorable résolution sur le faict du dict secours, elle veuille ordonner, que du moins les dicts deux régiments de Gratz me viennent Joindre en toute diligence affin que je puisse bientôt mettre en effect» Tintention que J'ay de faire un essay sur lennemy et de Faller chercher dans ses fortz devant qu'il se fortiiie davantage ; et si Dieu nous y donnera le désiré succès, les dicts deux régiments pourront quant et quant retourner, et estre employez là où le service de Vostro Altesse Serénissime le requierra à laquelle Je fais très humble révérence en qualité, Bladame,
De son très-humble et obéissant serviteur,
JaK, conte T'SeRCLÀES de TlLLT.
De Peyne, le 94 may 4627.