‹ Tilly;Chapitre 37 sur 43 · DE LEIPSICE, SUR LE CHEMIN DE BAL · texte numérisé non relu

DE LEIPSICE, SUR LE CHEMIN DE BAL

Après Talliance et conjonction de S. M. de Suède et de Télecteur de Saxe, au camp devant Witlenberg le 2/42 de sept., le roi fît passer son armée par-dessus le pont de Wittenberg le jour suivant, les deux armées se Joignirent près de Dubeck où TEIecleur présenta la sienne qui pour les armes, chevaulx et hommes, avoit autant de lustre qu'il se puisse veoir dans une armée. L'Electeur fust armé luy mesme avecq

* Archives du Royaume. Liasses de l'audience.

* Archives du Royaume. Collection de Routard, n» 4 , p. 625.

celui de Brandenhourg. Le roi ayant veu Tannée de Saxe mena les Electeurs voir la sienne, qui estoil pareillement rangée en bataille; la cavallerie trop éloignée da quartier n'y fust poinct. mais il ne se peut rien veoir de plus beau pour ce qui est de finfanterie, en laquelle luysoit vraiment ce qui donne le vray lustre à une armée. Les deux armées marchèrent le lendemain Tune après l'autre vers Tennemy, estant arroslé le Jour précédent au conseil de guerre de donner bataille, quoy que les plus experts y consentissent plustost qu ils ne le conseillassent. Le 7;47 dite. Tilly sortit de son camp près de Leipsick avec toute son armée, composée de 32 régiments, forte a peu près d€f*^ homireset rangée enjbataille en 14 bataillons; il avoit occupé une hauteur qui lui servoit pour planter son artillerie, de laquelle il commença à Jouer le premier et on continua puis après très- furieusement. Nostre armée forte de plus de 30 à 35 mille hommes marcha rangée et respondant de son canon, donna (nonobstant Tincommodité du lieu que Tennemy avoit préoccupé) en cette façon, qu'encore que Tenuemy combatit très valeureusement et que la victoire fut disputée longtemps (ayant duré le combat plus de quatre heures depuis les deux heures] il fust néanbmoins forcé de céder. L*armée de Saxe n*estaut pas des plus aguerries avoit déjk commencé k bransler, et deux régiments se dissipèrent, mettant telle confusion que le bagage et ce que estoit derrière la bataille, empesché de veoir pour la grande poussière, se mit k fuir : Tennemy les pressant de ce costé donna occasion aux Suédois de les charger, avec le vent et la poussière, qu aultrement leur estoit contraire, en somme Tennemy fust enfîn tourné, mis en déroutle et fuite telle qu'il abandonna toute l'artillerie, se relira tout dissipé et fust poursuivi par quelques-uns de nos régiments jusques aux portes de Leipsick et sur le chemin de Hal. L'occision' y fust grande, le nombre se peut comprendre par la longueur du champ de bataille qui est d'une grande demi lieue et remply en quelques endroits de morts et par la longueur du chemin qu ils furent poursuivis, qui est depuis un village distant de Leipzick près d'un» lieue Jusques aux portes d'icelle, où se trouvent partout des morts. Les armes, les bagbges, tout fust Jette, des régiments entiers crièrent a la Gu miséricorde et se rendirent, le nombre des prisonniers excède les 3,000, et parmy iceulx il y a le duc de Holsteyn, Tadjudant major, de Tilly et aullres officiers d'éminence. Il est aussy de la perle de noslre costé, car parmy les officiers le colonel Callenbach fust tué avec son capitaine lieutenant; le colonel Teuffel, Hal, Corville blessés, sont morts depuis; point de prisonniers. Entre les morts de Fennemy il y a le général major Ërft, le général de Fartillerie Schonbergh, et aullres desquels on scaura

les noms. Il y a plus de vingt pièces prinses et plus de cent drappeaux dont j'en ay moi-môme veu soixante. Le général Tilly est blessé dans Tépaulle. On les a poursuivis Jusque près de liai et défaict depuis (ou prins plustosl) deux régiments qui tous prennent service. Nous sommes venus icy avec Tinfanterie aujourd'huy, ayant réduict ceux de Leipsick à accord avec l'Electeur On dit que Tennemy s*est retiré Jusques à Halberstadt, dont nous saurons demain la certitude.

Jusques icy il n'a fait nulle halte ni résistance. Nous trouvasmes son camp près de Leipsick avecq tentes, canons et tout leur arroy, qu ils ne retirent jamais en haste, et qu'il fust intercepté depuis. Le bon Dieu soit loué d'une si signalée victoire. ^

Le 9/4 9 de septembre 4 634 .

Mon consin. J'ay esté fort aise de veoir par la lettre que vous m*avez escrit le 48 de juing passé, ce que vous avez faict pour la ville et pays de Lingen et particulièrement que la compagnie de cavallerie qui y a esté logée , desloge et sorte du dict pays et vous en scay fort grand gré, mais comme je suis advertie que le comte Papenheim en eschange du dict deslogement a rechargé ceulx du pays de Lingen de Fonlrete- Dcment de sa personne et de certains autres ofTiciers, au moyen de quoy ils se trouvent surchargés comme devant, je vous ay bien voulu faire cesle^pour vous requérir comme je fais de vouloir donner ordre qu ils soyent déchargés du dict entrelenement du comte de* Papenheim et des dicts officiers, comme aussy de toute autre contribution ou imposition dont on les vouidra charger hormis de la garnison d'infanterie jqui y est.

De Bruxelles, le 26 d'aousl iQM .

* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.

Mon coasin, ]*ay reçeu la lettre que voas ro^avez escnpt le 24 du mois passé, exirêmemenb marrye de veoir par icelle le sinistre accident, dont vous m'ad visez par icelle. Il n y a que de le recevoir de la main de Dieu, le priant et vivant avecq ceste ferme con6ance ea sa divine bonté, que comme c est sa cause dont il s*agit. il fera sa grâce de récompenser ceste perte par quelque bon succès, comme il ronvjlbt au bien de son saint service. Cependant ]*ay selon vostre désir donné ordre que s*acheminenl incontinent vers le pays de Hessen les régiments de cavallerie du corronel Wittenhorst et du comte de Salm avecq trois aultres compagnies de cavallerie, aussi le régiment d'infanterie du Corronel de Rouveroy, espérant que vous les trouverez eo si bon estât qne Sa Majesté Impérialle en tirera des fort bons services.

D'Anvers, le n d'octobre 4634 .

LETTRE DE S. A. Al) COMTE DE TILLY.

Mon cousin, J'ay entendu que depuis la mauvaise rencontre que vous avez eu avecq le Suédois, vous aviez Joinct Jusques k quarante mille hommes, avec lesquels vous allez suyvant le dict Suédois. Et comme il se tient jpour fort vraysemblable. que vous trouvant avec tant de gens, sans celles du ducq de Lorraine, lesquelles (selon les relations qu*il y en a) font une armée formée, et celles qui s'envoyent d*icy et doibvent aller, qui toutes vous pouvant estre aggrégées, vous prétendrez de nouveau de livrer bataille au dit Suédois, au moyen de qooy comme s'aventurera notoirement la religion catholique et tout TEmpire, k cause de Tincertitude des succez de toutes batailles, je n'ay peu laisser de vous faire ceste pour vous dire en requérir comme Je fais bien astheure, de vouloir excuser de livrer bataille et d'aller en ce point avec grande retenue, comme Je. me conHe de votre prudence, traittant seullement d'entretenir et divertir Tennemy , d'autant que si

^ Archives du Royaume. Liasses de Taudience.

^ Archives du Royaume. Secrétairerie d*Etat allemande. - Correspondance des Electeurs ecclésiastiques. Carton. 484.

votre armée venoil à succomber après la perte passée, ce seroit comme perdre le tout et mettre toute la chrétienté en contingence d'une extrême ruine et désolation , ce que convient doncques de prévenir, à tant etc. ^

De Bruxelles, le 25 d'octobre 1 634 .

Au comte TSerclaes de Tilly.

 senor audiencier viene orden de embiar k V. S. un despacho de S. Â. para el conde de Tilly, con su copia y a mi me ha mandado S. A. aviso desnfd. à Y. S. que en reciviendole haga otro en la misma conformidad para et Elector de Maguncia encargandole mucho mande encaminar con seguridad el p. selo embia para el conde de Tilly, y hecho el pliego de todo se sirva V. S, de remitir me le para que despache correo con et k Maguncia, advirsiende que antes de sacar en limpio la carta para el Elector , havia de communicar V. S. la minuta con el S' Gard* de la Gueva. Gde. Dios k Y. S. corne desseo.

De la posada a 24 de Octobre \ 634 .

Pi. de SAN Juan.

Senora,

El S' Pedro de SV Juan me ha avisado averse resuelto que io Despache una caria do Y. A. para el Principe Elector de Maguncia en conformidad de la que se ha escrito al conde Tilly toccande de no dar 01 ra vez batalla al Rey de Suecia como se présume que tiene inlencion deha/.eIlo, pidiendolo se sirva de procurar tambien de su parle paraque dh. Gonde no Io haga por lor raziones y consideraciones que se le représenta n, y tambien a el Elector, y de mandar encaminella con siguridad a dh** conde la Garta de Y. A. que se le embia para el, yassi embiola con este k Y. A. despachada en conformidad de aquella sustancia para si es servida la mande firmar.

Y como tambien la otra carta que se ha despechado para dh® Elector en respueta de la suya torante el socorro que se embia al Palalinato, ha sido 6rmada al rêves, como se podra veer : y el cardinal communicandoleyo la otra carta para dh<*. Elector tocante el conde de Tilly conforme al Sen' Pedro de San Juan me la havia avisado, me la dicho que séria bien qne se déclarasse y especificasse en ella el socorro que se embia al Palattnato, diziendole que son dos tercios de italianos. y uno de Borginones del maestro de campo Masières, y quatorze com-

panias enteras de cavallos; que han sido treynla y dos, pero se hao reformado en quatorze paraque vayan complidas y que^el conde Ju** de Nassau tiene orden de menar estas iropas hasta la Mosa, y de bv el conde Henrique de Bergas las ha de mcnar hasla la Mosela y alli Iss antregara a Don Eelipe de Sylva paraquè las mené al Palatinalo. para con esto animar lanlo mas al Ëlector de Maguncia, ho buello a despcchar la otra vcez, y anadir, hedo este f. el cardinal me ha dicho y assi embjola con este à V. A. parasi se serviola de la mande fîrmar.

L INFANTE AU CARDINAL BORJIA (eXTRAIT.)

,-.... De sorte que pour y remédier en temps el heures il sera nécessaire que sa sainteté y veuille au plus test contribuer un gaillard et prompt secours, et exciter et encourager auitres princes à une si glorieuse et chrestienne action, comme est celle de la conservation de nos autelz, en Tasseurant que Sa Majesté ne sera pas des derniers pour y accourrir et que de ce costé, Ton fera se qui sera aulcunement possible, comme l'on at desja faict parTenvoy de plusieurs régimenls tant d'italiens que d'allemands et wallons, pour s'opposer au progrès du dict Suédois et Ton est en volonté de continuer à Tadvènir. Ores que pour la guerre que ronat ici sur les bras, Ton ne peult pas faire tout ce que Ton désireroit bien, et si oultre que dessus vous jugerez à propos de faire entendre doucement a sa sainteté que Sa Majesté Impériale pour son zèle à la restitution des biens de TËglise, se trouve maintenant en reste haine, vous le pourrez faire et allcguer telles auitres raisons que suyvant vostre prudence jugerez convenir au temps et à Phumeur de sa sainteté, m'adverlissant au plus lost de la réponse qu'elle vous y aura donnée, ce qu'attendant de vostre bonne volonté enverz moy, et de vostre affection au bien des affaires de la chrétiennoté, elc;

* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.

AU PAPE PAR LINFANTi:.

Très saint Père,

Gomme Je me persivade que Je ferois faute à la cause commune de nostre sainte religion et h moi mesme, si je ne donnois compte à vostre sainteté de Testât présent des affaires d'Allemagne, je viens à luy représenter avccq un particulier desplaisir et néantmoiogs avecq profonde humilité, inclinée k ses piedz, comme elles se sont de beaucoup empirées depuis que le ducq de Saxe et aultres princes protestants se sont Jointz au Suédois et ont en vertu de ceste conjonction obtenu la dernière victoire contre le comte de Tilly. de laquelle iceiuy Suédois s'est tellement enflé qu*il s*est ja avancé avecq une puissante armée dans Tevesché de Wirzbourg et duché de Franconie et ne se propose d'autre but que l'extirpation totale de nostre sainte foy par tout l'Empire et conséquemment la ruine de la chrélienneté, et quoy bien que l'Empereur et ceux de la Ligue catholique ne laissent de s'opposer do toutes leurs forces qu'ils ont présentement joinct ensemble en bon nombre, si est que les ennemiz sont de beaucoup supérieurs, et s'accroissent journellement, en sorte que si en temps l'on n'y apporte un bon et prompt remède, Ton ne viendra pas seulement à perdre nostre sainte religion catholique, apostolique el romaine en Allemagne, mais encore tout l'Empire romain, sans aucune espérance de le pouvoir restituer et remettre, voires il est grandement k craindre que la flamme de ce mal ne sera pas arrestée par les Alpes, mais qu'elle se dilatera dans les entrailles de l'Italie et embrasera le reste de la chrétienneté.

Considérations si fortes et pn'gnantes, et d'ailleurs si véritables que Je me confie de la bonté et bénignité de \ostre sainteté que son cœur vrayment pateriiel sera si vivement louché de l'affliction présente des catholiques et clergé d'Allemagne, qu'elle sera servie de les conforter et consoler par une prompte assistence et secours, comme je l'en supplie au nom du roi mon seigneur et nepveu, et au mien avecq la plus grande dévotion et instance qu'il m'est possible et de donner favorable audience et créance à mon cousin le cardinal de Borjia, comme ayant charge de moy de s'estendre plus amplement en ceste matière, m'en

* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.

remectaDt donc sar luy, Je prierai le créateur de conserver voslre sainteté.

Très saint père,

De Bruxelles, le 95 d'octobre 4634 .

Madame,

J'ai veu ce qu a pieu à Vostre Âltèze Sérénissime de m*escrire le 25 du passé et comme je recevray toujours avec le respect que Je doibsles sages et très bons avis et conseilz de Votre Altèze Sérénissime, je la supplie de croire que défereray aussi tout ce que sera possible à celtuy qu'en la présente occasion elle a esté servie de m'advancer pour le bien de la religion catholiqne, et de TEmpire, lequel a tousjours esté et sera Josques à la lin le but de mes intentions. Seulement n ay-je peu manquer de représenter à Vostre Altèze Sérénissime que mener des armées icy en Allemagne, est un faict tout différent de ce que s en pratique la bas et dans les estats de Sa Majesté Catholique, car comme là les desseins vont dirigez k un certain object qui a ses termes limitez, les corps se font selon la petitesse et nature du pays, et les provisions de vivres et autres choses requises sont disposées avec ordre, icy au contraire les changements naissent à toute heure, le nombro et les forces de nos ennemis sont grandes en divers lieux et s'accroissent toujours, et il faut des corps d*armée gros \k proportion, lesquels à faute de vivres et d'autres moyens ne pouvant subsister en un lieu et es endroictsoù il seroit bien nécessaire, on se trouve bien souvent obligé d-. faire des résolutions conforme les nécessitez et autres quon ne voudroit, qu est le point oh j'en suis encore présentement, car après quavecq un grand travail, j'ay pris le détour par le pays de Hessen pour Joindre les trouppes du baron d'Aldringen et du comte de Fogger, «t gaignant le devant de Tennemy, comme J*ai faict, Je trouve que nous avons perdu la plupart des nouvelles levées, et beaucoup de vieilles gens par le manquement des vivres et les incommoditez de la campagne et de la maison, qui s'augmentent de plus en plus et \onl non seulement ruinant à veue d'œil. les troupes que Son Altèze de Lorraine

* Archives du Royaume. Liasses de l'audience.

et moy avoD^ encore ensemble, mais aussi nous contraignent de changer nos desseins, afin de ne les perdre entièrement, et Tennemy cependant trouve portes et passages ouverts partout oh. il se tourne. Ainsy comme d'un costé on hazarderoit beaucoup à livrer une seconde bataille, de Tautre costé on court fortune de perdre beaucoup sans coup férir, puisque ces gens, parties nouvelles, parties harassées par des fatigues continuelles depuis un an, ne pourront plus tenir longue* ment la campagne en cette saison et parmy le défaut d'argent, de vivres et de tant d'autres choses requises. De quoy, J'ay creu debveoir informer Yostre Allèze Sérénissime à laquelle faisant très humble révérence je demeure.

Madame,

Son très humble et obéissant serviteur,

JCAN, CONTE T'SeRCLAES I>E TlLLY.

Du quartier proche de Bischoffheim sur la Tanber, le 3 de novembre \ 634 .

P. S. Si Je puis dire mon sentiment à V. Â. S. de Testât présent des affaires selon que Je l'entends. Je ne veois autre plus asseuré et puissant moyen de les remettre sur pied, et rembarer les ennemys de notre sainte religion et de la maison d*Âustriche qu'une confédération et sincère bonne intelligence, et alliance, qu'il faudroit incontinent practiquer et establir entre l'Espaigne et la France pour coojoinctement y mettre' la main ; car TEknpire va tout eébranlé et le roy de Suède trouve tant d'aide et d*assistence par tout, qu'il y a plus à craindre qu'espérer, si Dieu par une singulière grâce ne le veut conserver sans l'aide des hommes.

Ut in Lileris. De V. A. S.,

Très-humble et obéissant serviteur, etc.

JOHANN GRAVE TSEKCLAES VON TlLLY , FRKIHRRR VON M.IRUËISS , HERR ZUE

BALASTRE, MONTIGNY UND BREITTENCK.

Unseren frl. gruss zùvor. Wohledle, gestrenge, sonders liebe herrn und freundt.

I Pièce détachée.

Wir haben dcr herrn f mer begehrungs schreiben auss IbbenhaiD vom 21 Âugusli juDgslhin zuerechl empfangen und verstanden worauf ihre petita gerichtet seindl. Oh wir nuhn Ihnen die gcsuchlc mehrere sublevation und erleichlerung gern gœhnen, so wissen wir doch ein weitteres nichtals Jhnen in Neuerlichkheit zue Tangcrmunde widerfahrén , fur dissmal zue werckh zue richten, darauf die herro abcrmals frdl. ersuchend,sie wollcn sich noch furters biss auff bpgeode occasion comporliren, undt wass wir ihnen alsdan zue mehrere gedeihlichen erleichllerung kohnen widerfahrén lassen, darzue wollc^n wir ganz geneigl seind werden. So wir ihnen hiemit in frdi. antwortl bedencken wollen.

Der herrn FreundlwilHg

Johann grave von Tillt.

Den Woledlen und gestrengen Fcsten besonders lieben herrn und freundl der Ritter : und LandschaftLingen.

L INFANTE AU COMTt DE TILLY.

Mon cousin, j'ay esté fort ayse de veoir par voslre lettre du 30 de septembre dernier, l'ordre quo vous avez donné que ny le (orale de Papenheim n'y autre quelconque ait à prétendre aulçun entrelennement ou contribution h la charge dé ceulx du pays de Lingen. hormis ce qui est nécessaire pour la garnison d'infanterie qui est k Lingen, dont je vous sais fort grand gré et comme vous m'escrivez que pour plus grand soulagement desdits de Lingen, vous en retirerez encore une compagnie d'infanterie, si je le trouve à propos, je vous diray que je seray fort ayse pour la raison susdicte qu^ vous le faciez. en cas que vous jugiez que la garnison qui y demeurera sera bastantc pour la dicte garde du dict Lingen.

De Bruxelles, le 30 novembre 4641.

' Archives du Roystume. Liasses de l'audience.

LE COMTE DE T1LLY A c'iMFANTE.

Madame,

Croyant que Vostre Altôze Serenissiine n'aura désagréable d'entendre ce qui se passe par deçà, je diray k icelle que sur les nouvelles du progrès que te maréchal du camp Suédois Guslavus Horn alloit faisant dans Tévesché de Bamberg, je me sois bougé avec les trouppes que j'ay peu mettre ensemble et ayant addressé ma marrhe droit vers Tennemy lequel avoit retiré ses trouppes dans et aux environs de la ville de Bamberg, on a tout d'abord repoussé si heureusement la cavallerie que nos trouppes y sont entrées sur la crouppc de lennemy et après quelque résistance qu'il a encore fairt aux ponlz, la cavallerie de plus de quarante cornettes, s*estaut retirée, son infanterie au nombre de six régiments, a esté partie desfaile, partie dissipée, en sorte qu'il ne la pourra sitost remettre, n'y dresser rorps, sans qu'on luy envoyé du secours, ou qu'il face nouvelles levées ; et ainsy me suis advancé jusques dans le pays de Wirtzbourg, et Tennemy ayant ja gaigué Sweinfort et se mis k couvert, je n'ay sçeu faire autre dans ces quartiers, qui sont entièrement mangez et despouillez de Tennemy, n'y m'engager plus avant pour n'avoir assez de forces, au cas que le roy tournast le gros des siennes par deçà, comme on m'advertit de bon )ieu qu'il seroit intontioné de faire, donnant doncq partk Vostre Âltèze Serenissime de ce bon succès qu*il a pieu k Dieu nous donner, je la supplie aussy quant et quant, que pour divertir Tennemy et tenir ses forces distraicles, elle veuille ordonner aux trouppes de Sa Majesté catholique que j'entends estre en bon nombre k la Moselle, d'entreprendre aussy quelque chose de leur costé dans le Palatinat et de seconder par ce moyen nos desseings de par deçà, lesquels tendans tous au redressement des affaires de l'Empire, et au bien de l'auguste maison d'Austriche, j'espère que Vostre Altèze SOrénissime sera très portée k ceste mienne instance et aggréera en ce regard le zèle et l'afiectioû. Madame,

Son iT*iS humble et obéissant serviteur,

JaN, comte TsEUCLAKS I>E TlLLY.

De Hasfurt, le 4 5 de mars \ 632.

* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.

N* 8oa*.

l'infante au comte de tillt.

Mon cousin, j'ay reçeu la letlre que vous m'avez eflcirpt le 15 do mois passé, ayant esté fort ayse de veoir par icelle les particularil^z que vous mandez de la victoire que vous avez eu contre le mareschal du camps suédois Gustavius Horn. Je loue Dieu de tout mon cœur espérant quelle sera suyvie d'aultres, comme il convient à son saint service de prévenir. Vous me priez de donner ordre qu3 les trouppes du roy mon seigneur et nepveu entreprendent quelque- chose dans le Palatinat. Je vous diray que Ja ay donné Tordre au comte d'Emden qu'est sur la Moselle dy conduire et achesminer aux plutôt les gçns de sa charge.

De Bruxelles, le 4 d'avril 4632.

ALLBRG!<EDIGSTER kayser und herr*.

Demnach Eur, Kays. May. bestellter Obrister Franz Wilhelm Hohr von Waldt sich nacher dero kayserlichen Residentz-undt Haupstadt Wien zu begeben fîrgenohmen, also habe ich ihme bey solcher occa» aion anverlraut und aufgetragen um zu erzellen in was fur hochgefehrlichen zuestandt nit allein das bochlœbliche herzogthum und land Beycrn, sondern auch dass ganze heil. Rœmische Reich wegen des feindts durchtringenden macht und gewalt verfieren thut, dergeslalt, dass im fahl nit also balden und ehender je besser solcben hocbgefehrlichen machinationibus mit bestand und nachtruckh contraminirt worden solte, an seiten Eur. Khays-. May. und des gesambten catholischeif Weesens, ailes unfehibar uber und uber undi zu grundt und boden gehen und sinckhen niuess. Derowegen gelangt au Eur. Kbay. May. mein allerunderthenigstos und hochvleissigstes ersuchen und pitten, sy geruhen gcdachten obristen Mohr von Waldt nit allein allergnedigste audienz in seinem anpringen gleich mir selbst volckhommeu glauben zu erstatten, sondern auch darauf Jhre auf den peinen

^ Archives du Royaume. Liasses de l'audience. * Arch. de Vienne.

habeode hochlœbliche Armada erforderliche hœcbsler undl un vermeidentlicher nolhdar£Ft halber oboe allen weiteren und verderblicbeo verzug und anstandt moviren und in wirckiich anzug bringen zu lassen. Welchea Eur. Khay. May. icb bei so gestalten sacben meiner alleruntertbenigster schuldigkbeit nach nit verhalten sollen.

Dieselbe demnechst gutlicber obacbt zu allem gewunscbten khay. ' boben wolstandt getreulicbsten bevehiend.

Eur. Khay. May.

Unterthenigster und gehorsamster diener

Johann grave von Tilly.

Datum Rhain den 9 aprilis a* 4632.

DURCIILAUCHTIGER HOCUGEBORNER FURST, GNEDIGER HERR*.

E. Frst. G. werden nunmehr vernohmen baben und zu genuegeo berichtet sein , wie weii laider der khœnig zu Schweden mit seiner ganzen macht dieser enden in Jhre Gurf. On. in Beyern landen furgeprorhcn und in wass fur gefehrlichen zuestandt dièse provinzien nit allain sondern in Irer ELhay. May. Lande und das ganze heilige Rœmische Reich zugleich begreififen , und w^eilen sich der ganze khriegsschwahl.in hiesige gegendt gezogen, dahero unnachlassig auf aile mittel und vvege zu Irachlen, wie solchem grossen Ybei und Unhail zum schleinigisten und obne weiteren gefehriich verzug und anâtandt, indeme aucb insonderheit und furnemblich Jhrer Khay. May. und deroselben Lande nit die geringste, sondern die grœsste und bœcbste gefahr darauf stehet vorgebauet, und daher dem feindt ahn diesen iezigen posti und orthen sich ferner zu besterckhen und den kriegs schwall zu hauiïen (zuruck zu treiben] vermitteist gœttli* chen beystandts durch ein schlachl bey zeiten resistirt und begegnet werden mœcbte, als geruhen E. Frst. On. Jhro gefallen zu lassen bey so gestalteten sacben, den suceurs umb so viel mehr bey tag und nacht zu maturireh, wie auch den General zeugmeistern Freiherrn von Gallas, weil Jch nit fortkhommen khan, der General zeugmeister Freiherr vcn Aldringen noch nit restituirt ist, zueglairh mit khommen zue lassen, oder wie muglich und wie besser voran zu schickhen,

* Archives de Vienne.

zuemahlen Ë. Frst. Gn. unschwer und hochvernun£Fiig za consideriren in was cleadt, noth und verderben Jhrer Kay. May. lœnder selbst und das ganze Reich gesturzt werden mueste, da dem feiodt ferner luiït und zelt verslaltet werden sollte nach seinen wHien und .gefailen dcrgestalt lekiger und beharriich zu verfahren und weilern progress zue ihuen, auch wie viel und hoch hergegen darahn gelegen, und zue was hochen danckh und nachruhm es Er. FI. Gn. gedeyhen und geraichen wirdi, wenn vermittels dero hilff und befurderung dem feindt der zeit ohne langern verzug nolhwendiger wiederstandt undt abbruch bcsclichen, uud das rœmische Reich vor endlliche ruin und desolaiion conscrvirt und erhallen werden mag , derowe^en ich mich umb so viel mchr getrostet und zugleich ganz unlerdienstlich und hoclîflaissig gebellen liaben will, E. FI. Gn. werden und wolien Jhro angelegen und beliebig seyn lassen mit solchem hochen hocherforderlichen und hcilsamen suceurs vorgepetener massen so tag so nachts eillcndts zu malurircn. wie auch den herrn gênerai zeugmeister Gallas zuegleich mit ihme vorahn zue schikhen.

Welches E FI. Gn. ncgst gethreuen bevehlung gœltlicher protection zue ailem beliebigen wolstandt crheischendier hoeher nothdurfllhalber nit werhatten khunnen.

* Rester dicnst. und beraitwilliger

An Wallenstein. Tilly.

Dalum Ingoldstadt, ahm 20 aprilis, q9 4639.

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