‹ Tilly;Chapitre 36 sur 43 · RAPPORT DU LIEUTENANT REGENSPERGER · texte numérisé non relu

RAPPORT DU LIEUTENANT REGENSPERGER

V. M. L a daigné dépécher k plusieurs reprises à M. le lieutenant général des ordres et instructions concernant Télecteur de Saxe, la déposition des armes et la renonciation du traité de Leipzig par lai et ses adhérens, Sur quoi M. le lieutenant général Tilly a écrit à l'électeur de Saxe des lettres énergiques mais respectueuses, lui a envoyé des délégués, tels que M. de Metternich et M. de Schonberg avec le secrétaire Brunaux pour le prier et Texhortcr de ne pas être lui-même la cause que l'armée do V. M. L, fut obligée de forcer l'entrée de son pays. Et pardessus tout cela M. le lieutenant général lui a encore dépéché son trompette avec les lettres bien plus amicales pour demander sa résolution finale. Sur quoi l'électeur a répondu comme toujours qu'il vouloit rester dans la fidélité et le dévouement envers V. M. L. mais qu'il n'entendoit en aucune manière déposer les armes. Il a retenu le trompette jusques deux jours avant la bataille, se fortifiant toujours, distribuant des patentes, recueillant les milices dispersées en différens endroits par M. le comte de Furstenberg et M. le colonel Aldringen (et qu'on suppose avec fondement lui avoir été envoyées par les villes impériales.)

Le lieutenant général voyant donc qu'il n'obtenoit rien par douceur,

se conformant aux onJres de Y. M. I. (et parce que lelat des choses et '/?a/io belli Tcxigeaienl) s est d'abord emparé sans brûler une amorce de la ville de Mcrsebourg, a désarmé et licencié les soldats et laissé en fonctions le commandement Saxon du château.

Mais comme l'armée manquoit là de vivres et de toute espèce d'objets de nécessité, et que de graves inconvénients étoient à craindre.

11 a fallu prendre la résolution de marcher en avant, et de s'emparer de Leipzig, qui s est rendu le 46 septembre par accord, et le 17 rélecteur de Saxe avec l'électeur de Brandebourg et le roi de Suède s'étant présentes avec une puissante armée, ont forcé le lieutenant général à accepter la bataille.

L'engagement a commencé k 9 h*' du matin avec quelque cavalerie et des dragons, surquoi Feunemi s est avancé à la longue, déployant ses forces, de sorte que le s' de Pappenheim a réclamé un renfort de troupes au lieutenant général.

I^s canons ont commencé à Jouer, on s'est mis en bataille des deux côtés, et après plusieurs salves d'artillerie, la bataille. sest engagée sérieusement entre une et deux heures de l'après midi. Les deux armées se sont heurtées avec beaucoup de valeur ; la fortune sembla d'iibord nous èourire, k ce point qu'on crut certain que Tissue seroit |>lus heureuse qu'elle n'a été. «

Comme nous avions dépassé Tartillerie ennemie de deux portées de mousquet, tourné et fait tonner contre lui partie de cette artillerie, le vont qui nous avoit d'aj^ord été favorable, a sauté tout h coup et nous est devenu contraire de sorte que nous étions aveuglés par la poussière, de quoi profilant, l'ennemi s'est avancé en force sur notre gauche (qui s'est trouvée beaucoup plus faible) et a dispersé notre cavalerie, laquelle s'est enfuie, abandonnant notre infanterie : surquoi l'ennemi a chargé avec sa cavallerie notre dite infanterie qui a déployé un admirable courage, mais étant dégarnie, a été culbutée en partie, forcée en partie de se retirer.

La cavallerie de Taile droite, commandée par le comte Egon de Furstcnberg a fait beaucoup de mal k l'ennemi, le colonel Cronenberg s'est surtout distingué; il s'est battu avec son régiment comme un lion, ainsi que le lieutenant général se plaît k le reconnaître ; le dit colonel Cronenberg et le conte de Furstenberg ont tué le général Bindthauf, et culbuté les cinq escadrons de cuirassiers Saxons qu'ils ont chargés de sorte que de leur côté on ne voyait plus d'ennemis et qu'ils sont restés k attendre, jusqu k ce que le lieutenant général blessé et endommagé soit venu k eux, lequel ils ont escorté la môme nuit Jusqu'k Halle.

TILLT 11. S8

Le lieutenant général auroit été fait prisonnier ou eut même été taé, ai le duc Rodolphe Maximilien de Saxo et son eacuyer Wolf de Ludwigshausen ne Tavoient sauvé à différentes reprises.

M. le Feidmaréchal de i^appenheinn s*est parfaitement bien comporté; à la Gn de la bataille il a tué de sa propre main dans les H ennemis, et la pert« d^bommes eut été plus grande s'il nauroit rallié ce qui restoit et dirigé lui-même la retraite.

Toutes les pièces d'artillerie de Y. M. 1. aussi bien que delà Ligue sont perdues. Il y en a voit 26 en tout.

Le commissaire général de Walmerode n'a plus pu sortir de Leipzig; on ne sait ce qu est devenu le secrétaire Bunaux qui avoit dans ses mains l'expédition de guerre de Y. M. L La caisse de Y. M. L est sauvée, mais il y a peu d'argent dedans, en tout dans les 80,000 florins. Les actes de guerre sont sauvés. La caisse de la Ligue est à Leipzig, le commissaire général Stunz est seul ë Tarmée.

Gomme le commissaire général de Welmerode avoit trop à faire de diriger seul les approvisionnemens et les actes de guerre, et que nous n'avions pas à la main des secrétaires de Y. M. L ou de la Ligue, et que dans une pareille confusion il n'étoit pas possible au lieutenant général d'y pourveoir, daigne Y. M. L ordonner qu on envoie au lieutenant général des oiBciers idoines, parce qu'il n'est probable que le s* de Walmerode soit délivré de sitôt.

Le lieutenant général prie Y. M. L de daigner ordonner qu'on envoie le plutôt possible de l'argent à l'armée, car on n'en a pas, sinon les soldats seroient bientôt dégoûtés, et déjk le lieutenant général a dû fermer les yeux sur quelques désordres, ce qui sans cela n'auroit pas eu lieu.

Daigne encore Y. M. L faire en sorte que les trouppes de Lorraine avancent le plutôt possible, et que ses levées soient faites sans re^ tard, de n'importe quelles gents, Croates. Hongrois et tout ce qui se pourra trouver. Le lieutenant général se propose en attendant de rassembler ce qu'il pourra de gents. et au cas où l'ennemi le poursuivroit plus loin, de se retirer sur \Yolfenbutlel. Il a demandé k Hammel et à Minden, 42 pièces d'artillerie, avec munitions, savoir :

4 pièces de 24 livres, 4 couleuvrines, 4 fauconneaux.

Il avisera k se réunir avec Altringer et les trouppes de la Ligue qui sont en Hesse.

ANMEIŒS. 131

Addition d'une main étrangère.

En BUS, le dit lieulenant envoyé ici a rapporté verbalement qu'après la bataille rennemi a despècfaé différents courriers pour faire venir ses Pinois et Lapons qui doivent être près de Stettin. Le landgrave de Hesse est très fort et les HoUandois se disposent k lui envoyer 16.000 hommes*, sous condition qu'il les leur rendra complets vers Tété.

Il y a lieu de se mettre en garde contre le Danemarck et les villes anséatiques, qui bien qu'elles aient fait d*abord la sourde oreille, pourroient bien maintenant se résoudre, parce qu'elles ont déjà beaucoup de troupes.

l'iMFANTE au comte de TILLT.

Mon bon cousin, m'ayant porteur de ceste, Eustace de Croy, baron de Beaurding, fils du comte de Rœulx, tesmoigné le désir daller servir en Allemaigne, aussi bien que son frère, aux armées qu'aurez sonbs vostre charge, et considérant les bons et fidelz services nous rendez par le dict comte du Hœulx, Je Tai bien voullu accompaigner de ceste, vous requérant de le voulloir employer et favoriser son advancement, et par ainsy, etc.

Novembre 4634.

LETTRE iKtEUCEPTÉE, DU.N OFFICIEH SUÉDOIS, DE SLEIDIS, A UNE LIEUE

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