DU 21. MAI
J'ai eu l'honneur d'exposer antérieurement à Votre Altesse, les raisQUs graves et importantes, les pressantes nécessités qui m ont déterminé à entreprendre l'expédition de Magdebourg, et à employer tous mes efforts pour réduire
' Archives du Royaume. Liasses de l'audience.
T!LLY. 9^
celle ville à lobéissance. Et altendu quelle a persisté, jusqu'à présent, dans son endurcissement et dans sa rébellion, sans égard pour les avertissements répétés que je lui ai adressés, ainsi qu'au margrave Christian-Guillaume de Brandebourg, au nom de l'Empereur, de. rentrer dans le devoir, et malgré mes démarches pressantes près des électeurs de Saxe et de Brandebourg, pour prier ces princes d'interposer leur puissante autorité, dans le but de les décider à faire leur soumission, démarches qui sont restées infructueuses, je n'ai pu faire autrement- que de recourir aux mesures de rigueur. J'ai successivement poussé piçs . approches contre la ville, non sans de grandes peines et rudes travaux, jusqu'à ce que j'aie pu me loger dans le pied des remparts de l'ennemi. El à ce moment, il a été décidé, à. l'unanimité, de tenir les régiments sur pied et de donner l'assaut sur différents points, ce qui a eu effectivement lieu hier, 20 de ce mois. Et là-dessus, la ville a été prise d'assaut par nos soldats, avec Taide de Dieu, en trèspeu de temps et sans perte importante de notre côté, sur quoi est arrivée une déplorable catastrophe, à savoir que pendant l'assaut a éclaté un immense incendie, méchamment et expressément allumé par l'ennemi, au moyen de paquets de poudre répandus sur différents points, dans l'espoir, ainsi qii'il résulte du dire général des prisonniers, de nous faire perdre les fruits de notre conquête. L'intensité de la chaleur et l'effroyable confusion n'ont pas permis d'arrêter le feu qui, gagnant de proche en proche, a réduit en cendres la ville entière, à l'exception de la cathédrale et de quelques maisons.
Le susdit margrave, Christian-Guillaume de Brandebourg, a été blessé d'un coup de feu et fait prisonnier ; mais le maréchal de cour Suédois, Diétrich de Falckenberg, quî a occupé divers comnxandèments et postes de conGance près du roi, est demeuré mort : d'autres colonels, capitaines de cavalerie ou d'infanterie et d'autres officiers, tant
400 TILLT.
Suédois que des troupes de la ville, ont été tués ou faits prisonniers.
Et bien que ma conviction profonde fût que le roi de Suède eût cherx;bé à dégager la ville, comme aussi il a avancé et tenu quelque temps son armée dans la marche de Brandebourg, entre Sarmundt et Vieux-Brandeboui^, laquelle dernière j'ai occupée un certain temps, puis abandonnée pour certaines raisons d'importance, toutefois mes craintes ne se sont pas réalisées, et nous avons pu agir contre la ville avec toutes nos forces.
Mais si la divine providence nous a octroyé ce succès, le bien public n'y a rien gagné, le danger n'a pas cessé, et comme, sans aucun doute, les protestants en redoubleront leurs armements, la nécessité pressante exige que la Ligue catholique redouble aussi ses efforts. Aussi, oserai-je supplier instamment et humblement Votre Allesse, d'aviser à ce que l'on presse le plus possible les recrutements, et à ce que l'pn prenne les salutaires dispositions commandées par les circonstances ^
Sur quoi, etc.
2® RAPPORT (original) DE TILLY A MAXIMILIEN 1®'^, EN DATE
DE MAGDEBOURG, le 26 MAI 1631*.
.... Et en présence des circonstances qui ont accompagné cette conquête, dont j'ai rendu compte à Votre Altesse, dans mon rapport du 21 de ce mois^ j'ai cru nécessaire de prendre, sous ma responsabilité, quelques mesures d'urgence. Mais par cela même il n'est en rien remédié à l'état périclitant des catholiques et de l'Empire^ et il n'est pas hors de propos de craindre que les protestants n'en , soient que plus animés et ne redoublent leurs armements.
' Horraayr's Taschenbucht < 852-63, p. 298.
' Ibid., p. 304. Les moto en chiffres sont ea italique.
Aussi ma très-humble opiaion est-elle que Votre Altesse et les Etats ligués avec elle se doivent d'autant plus empresser de se mettre en état de défense, sauf à licencier le surcroît de nouvelles levées, au cas où les choses viendraient à changer et le péril à cesser. Enlretemps, t7 convient, et je me permets de le recommander instamment à Fotre Altesse, qu'en vue do, la nécessité présente et des grands dangers qui nous menacent de la part des protestants, l'arrière-ban des [campagnes soit convoqué et mis sur pied. Si, de leur côté, Sélecteur de Mayence et les deux évéques de Bamberg et de fVurzhourg prenaient les mêmes précautions, les pays [de Fotre Altesse seraient Sautant mieux couverts et {assurés, d'où, il me parait prudent et nécessaire que Fotre Altesse veuille bien faire près d'eux des démarches en ce sens. J'apprends qu'on fait aussi des levées en Bohème, et qu'il y a, en Silésie, dans les S, 000 hommes de pied étales 2,000 chevaux, des troupes qui se trouvaient naguère à Francfort^ sur l'Oder et à Landsberg^ le tout sans compter les adjonctions . de nouvelles recrues qui ont été levées et se lèvent encore iltéc. Beaucoup d'autres levées ont été ordonnées par Sa Majesté Impériale, à ce qu'on me mande de la cour. C'est ainsi que j'ai reçu personnellement de Sa Majesté Impériale, à différentes reprises, un grand nombre de patentes a distribuer, à quelle fin j'en ai remis à l'ancien lieutenant-colonel du régiment de fVahl, Rdsifeldt, et au colonel Fahrensbach, pour 2 régiments d'infanterie de 3,000 hommes chacun, aux colonels Eck- Hedt et Broda, pour ëOO chevaux chacun, leur assignant, à tous, leur place de monstre, dans les pays de Juliers et contrées environnantes, ainsi que dans le Palatinat de Deux-Ponts et les comtés ou seigneuries du voisinage. J'ignore si monseigneur le comte palatin de Neubourg autoriserai ces levées dans ses [domaines. De plus. Sa Majesté Impériale m'a encore envoyé le comte
de Rittberg, à qui j'ai remis également des patentes pour un régiment d'infanterie de 3,000 hommes; mais je suis encore indécis sur le choix de sa place de monstre; parce que Sa Majesté Impériale m'ayant proposé, à cette fin, monseigneur le grand-maltre de l'ordre Teutonique, j'ai dû lui écrire en faveur dudit comte et lui demander où, à son avis, l'on pourrait prendre la place de monstre. Enfin, les troupes d'Italie, dont Fotre Altesse fait mention dans sa lettre, sont en marche et sont déjà arrivées à Lindau. Relativement aux levées des Etats de la Ligue, j'ai compris comme quoi f^otre Altesse daigne m'ordanner de mettre sur pied 2 régiments d'infanterie et 2,000 chevaux. Or, comme Son Altesse l'Electeur de Cologne a daigné se charger de lever, dans ses domaines, autant d'infanterie et de cavalerie, à savoir, 2 régiments de pied et 2,000 chevaux, en fournissant l'argent nécessaire et les places de monstre, Tintentiôn de Votre Altesse se trouve réalisée, et il ne sera sans doute plus question de ces levées; j'ai écrit, en conséquence, à Son Altesse de Cologne, que j'accepte respectueusement les levées qu'elle propose, ainsi que les colonels quelle a mis en avant, à quelle fin elle a désigné et nommé le lieutenant-colonel du comte d^Isenhurg, Adolphe d'Eynaten, pour / régiment de 5,0 00 hommes. Adolphe de Moullye, ancien gouverneur du fort Saint-Etienne, pour les Espagnols, pour 4^ régiment de 2,000 hommes d'infanterie, le colonel d'Eynaten pour / régiment de 800 chevaux, les sieurs de Mérode et Gehoy, ainsi que le lietitenant-cohnel de Blankenhardt, pour S 00 chevaux chacun, et enfin le colonel Blocquerie pour une compagnie franche de 200 cavaliers, sur quoi j'ai cru n'avoir autre chose à faire que de supplier humblement Voire Altesse de presser le plus possible lesdites levées, dans l'espoir que s'il ne convient pas à f^otre Altesse de supporter seule ces frais, ou sHU deviennent trop lourds, les Etats de la Ligue consenti-ront volontiers à en prendre chcLcun leur quote-part. .
Quant à ce que Voire Allesse m'ordonne de lui envoyer I^SOO hommes de pied et S compagnies de cavalerie de Lindeho, je n'hésite pa>s, vu Voccupation de Magdebourg^ à les acheminer et à leur adjoindre un commissaire, mais comme les passages sont maintenant fermés, et que le landgrave Guillaume de Hesse doit avoir déjà réuni 7 à 8,000 hommes dans ses États, je crains que cette poignée de gens [sans compter que les frais devront peser sur la caisse et coûteront gros) ne puisse passer sans péril et incommodité, malgré qu^elle paie toutes ses fournitures, e*est pourquoi il sera bon de faire avancer u/n nombre plus considérable de troupes vers la Thuringe et la Hesse, afin de rouvrir et d'assurer les passages, de manière à ce que Vargent et les autres objets nécessaires à Varmée en disette puissent être amenés ici en sécurité, d'autant que ne pouvant rien obtenir per modum crediti ou Cambij, ce que je n'ai jamais d'ailleurs pratiqué jusqu'ici, n'ayant aucune connaissance de la manière dx>nt cela se fait, je n'aurais aiœun moyen de faire arriver ledit argent dans ks caisses de l'armée. Du reste, je ne néglige pas, comme je lai écrit plusieurs fois à Votre Altesse^ et bien an contraire, je ne perds aucune occasion de remontrer continaellement, avec toute l'instance et Timportunilé possibles, à Sa Majesté Impériale, à ses conseillers intimes, et partout où je crois la chose utile, le déplorable état de l'armée impériale, les dangers qui la menacent et les moyens qu'il serait urgent d'employer pour parer à tous ces matiar.Par là-dessus, j'ai mûrement examiné en quel triste eut se trouve l'Empire depuis longues années, et comment sa décadence se manifeste de plus en plus, et comme il est particulièrement à remarquer avec quelle ardeur l'électeur de Saxe pousse ses levées et ses armements, j'ai jugé convenable de lui adresser, en mon nom proprp, un avertissement bienveillant, selon la copie ci-jointe et dont j'attends la réponse, et dans le cas oii cette réponse serait de nature
à donner l'espoir de parvenir à une paix honorable, mon humble opinion serait de ne pas négh'ger celte occasion, avant qu'un plus grand incendie n'ait été allumé dans l'empire. Et bien qu'après la prise de cette ville (dont sans aucun doute, le roi ne soupçonnait l'extrême péril, sans quoi il n'aurait probablement pas tant tardé à essayer de la dégager), j'eusse bien désiré pousser ma pointe contre les Suédois, il me faut cependant encore rester ici avec mon armée, jusqu'à ce que je sache de quel côté il tournera la tète, comme aussi il me faut auparavant prendre tontes les mesures nécessaires pour l'approvisionnement de cette ville et de sa garnison, pour la démolition des remparts, le comblement des fossés, etc. Et quand même je voudrais marcher immédiatement contre l'ennemi, j'aurais beaucoup de peine à l'atteindre, attendu qu'il s'est emparé de tous les fleuves et principaux passages de l'électoral de Brandebourg, à telle enseigne que la forteresse de Spandau, la principale du pays vient, à ce que j'apprends, de lui être remisQ par l'Electeur. En outre, les campagnes du Brandebourg sont épuisées, au point qu'il n'y aurait pas moyen d'y entretenir l'armée en ce moment, et avant cinq à six semaines où l'on pourra se procurer quelque chose dans les champs. De même, il faut considérer comment ledit roi a essayé dernièrement de faire diversion au siège de Magdebourg, par la prise de Francfort sur l'Oder, pensant me faire accroire qu'il pénétrerait ensuite dans la Silésie, dans l'espoir que j'abandonnerais Magdebourg pour le suivre, et que mon armée serait dissoute par la disette qui sévit en Brandebourg, et que, dans l'intervalle, rien d'important ne serait entrepris contre Magdebourg. D'autre part, les choses sont ici à ce point qu'il m'est impossible de me maintenir ici, a cause du manque de subsistances, et qu'ainsi la nécessité la plus impérieuse exige que je conduise l'armée là ou elle pourra se refaire. C'est pourquoi je ne puis laisser de solliciter Votre Altesse de me donner,
sans relard 9 son avis et ordre (comme aussi j'ai réclamé même chose de Sa Majesté Impériale), sur la question de savoir si je ne devais pas (vu qu*il faut ménager lelectorat de Saxe), mener mon armée contre les protestants , du côté de la Hesse et de la Thuringe , afin de donner, aux gens de guerre, les rafraîchissements dont ils ont si grand besoin, de rouvrir, en même temps, les passages, de jeter la terreur parmi les protestants, d empêcher ainsi, autant que possible, leurs armements, et, les passages étant une fois sûrs, de faire arriver l'argent et les autres objets nécessaires à l'armée, ce que je n'ai absolument pu obtenir, comme je l'ai déjà dit, au moyen des lettres de change.
En outre, j'ai recueilli humblement ce que Votre Altesse m'écrit à propos de l'archevêché de Brème. Mon intention n était pas, en admettant même que j'eusse été contraint de battre en retraite, d'abandonner cet archevêché, mais bien de m'y maintenir énergiquement et de garnir, de mon mieux, les principaux postes du Weser, tant dans ledit archevêché que dans le Brunswick ; afin de détourner plus efficacement l'ennemi^ de le tenir en haleine et de l'affaiblir.
RAPPORT DE TILLY A l'eMPEREUH, EN DATE
DU 27 MAI 1631* (titul).
Votre Majesté Impériale aura sans doute entendu, par mon dernier rapport^ comment la ville de Magdebourg a été résoumise à son obéissance, avec l'aide daDieu, le 20 de ce mois ; comme il s'agit maintenant, avant tout, de déterminer où l'armée de Votre Majesté Impériale doit être conduite, attendu qu'elle ne peut plus s'entretenir en ces lieux, et qu'il n'y a plus rien dans la caisse pour payer
* Hormeyr's Taschenbuch, 1852-53, p. 327.
des fournitures et les soldats , je supplie Votre Majesté Impériale de me donner ses instructions, et surtout d'ordonner que l'on me procure, sans délai, les subsistances nécessaires, car jusque-là on ne peut plus rien faire d'utile, et que tout doit nécessairement demeurer arrêté, perdant l'occasion et l'opportunité de marcher contre le roi de Suéde, empêché que je suis par le manque de subsistances. Il me faudrait, en effet, le suivre en tels lieux, où cette armée ne pourrait pas vivre, attendu qu'il s'est posté aux environs de Berlin et que la forteresse de Spandau lui a été livrée par Son Altesse l'Electeur de Brandebourg. Je prie aussi Votre Majesté Impériale de me tracer la ligne de conduite que je dois tenir vis-à-vis de l'Electeur de Saxe et autres princes protestants, qui font actuellement des levées et de forts préparatifs de guerre^ ne permettent ni quartiers ni passages aux troupes impériales, et refusent de payer désormais les contributions, et ce que je dois faire à rencontre de ces levées et rassemblements de gens de guerre, avant qu'ils ne soient parvenus en une conjoncture et en un corps.
Mon humble opinion serait que Vi3tre Majesté Impériale crut devoir exiger desdits Etats protestants, une déclaration catégorique sur le point de savoir s'ils tiennent avec elle^ et s'ils veulent être amis ou ennemis, en y ajoutant l'ordre formel de casser immédiatement leurs réunions de gens de guerre et de s'abstenir complètement de nouvelles levées. Car, tant qu'on laissera lesdits Etats s'armer comme ils le font, ils seront libres de choisir leur occasion, de se joindre soit au noi^ soit à d'autres, ce qui amènera une telle perturbation dans l'Empire, qu'on y pourra ensuite difficilement remédier; il est donc nécessaire d'y pourveoir à temps et de prévenir le mal. Comme je tiens pour certain qu'à cause de la prise de Magdebourg beaucoup d'Etats sont en voie de changer leur consilia et intentiones et sont disposés à rentrer dans le devoir, je laisse à la haute
sagesse de Votre Majesté Impériale» à juger s'il n'y aurait, dans ces circonstances, un modus à trouver, une occasion à saisir, pour arriver à une paix honorable et durable, et rendre le repos à Votre Majesté Impériale et aa saint Empire Romain. C'est pourquoi le conseiller intime et envoyé à la cour de Saxe, le sieur Hans Ruprecht Hegenmaller, à qui j'ai écrit les lettres dont copie est ci-jointe, pourrait maintenant faire de bons preparatoria, si Votre Majesté Impériale daignait lui donner des instructions dans ce sens et me tracer un plan de conduite, de quoi j'ai voulu respectueusement entretenir Votre Majesté Impériale, parce qoe je vois et je sens, que, de tous côtés, les choses sont grosses de grands troubles et de déplorables extrémités, et qu'en terme final, il n'y a rien de plus certain à attendre qu'une effroyable confusion dans tout l'Empire.
Or, bien qu'on ait ici une assez forte armée sur pied, sans compter les troupes qui viennent d'Italie et les levées journalières, et qu'ainsi on puisse concevoir bon espoir et d'être en mesure de force vis-à--vis du parti opposé, cependant comme les subsistances qui sont le nerf de la guerre vont diminuant par la quantité de gens de guerre, ladite armée ne pourra se conserver longtemps ni les gens de guerre se maintenir en bonne volonté, qu'ainsi à cause de Tallération à craindre pour d'autres motifs, le danger ne sera pas moindre pour nous que pour l'ennemi, le meilleur et le plus sûr chemin serait de pacifier l'Empire, pour autant, comme je l'ai dit, qu'on pourrait conclure une paix durable et honorable pour Votre Majesté Impériale.
J'ai écrit, il y a quelques jours, au dit sieur Hegenmuller, et je lui écris encore aujourd'hui, le priant de me communiquer, pour ma gouverne, si et en quels termes on négocie ou on a déjà traité avec la Saxe, afin que, conformément aux ordres de Votre Majesté Impériale, je corresponde exactement avec lui et puisse lui donner à l'occasion mon modeste avis. Il serait bon et nécessaire, si cela con-
vient toutefois à Votre Majesté Impériale, que ledit Hegenmuller demenrât pendant quelque temps à la cour de Saxe, mais que dans Tintervalle un autre des conseillers de Votre Majesté Impériale me fût envoyé afin de délibérer cornmunicato consilio sur toutes les nécessités, y pourveoir et rendre chaque fois à Votre Majesté Impériale un compte exact et circonstancié de ce qui se passe.
PREMIER RAPPORT DU COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE RUEPP A MAXIMILIEN 1^^ DATÉ DE WESTERHAUSEN, PRÈS MAGDEBOURG
LE 21 MAI 1631 (minute^)
J'ai rhonneur d'informer Votre Altesse^ en toute bâte, parce que le courrier va partir, que le Tout-Puissant nous a accordé la grâce de prendre la ville de Magdebourg, ce qui a eu lieu par un assaut général, à la face du roi de Suède (qui s'est avancé depuis quelques jours entre Sarmundt et Vieux-Brandebourg, avec sou armée, forte, au dire des rapports, de 24,000 hommes d'infanterie et de cavalerie, et se trouve encore au mémo endroit.) Nous avons pris dans l'attaque 24 drapeaux et 6 étendards. Les morts sont le commandant Suédois de Falckenberg, avec plusieurs lieutenants-colonels, capitaines et autres officiers, soldats et bourgeois, dont j'ignore encore les noms, le reste a été blessé (entre autres le soi-disant Administrateur) et fait prisonnier. Des armées impériale et catholique sont morts, le lieutenant colonel du régiment de Savelli, le capitaine de Rabenslein, du régiment de Reinach, le capitaine Copp, du régiment de Gleen, et un petit nombre d'autres. Pendant l'assaut a éclaté un si terrible incendie, que toute celte belle ville a été dévorée, à lexception de la cathédrale et de quelques maisons, et cet incendie, au
* Hormeyr's Taflchenbucli. 4851*53. p. 364.
Tiuy. 109
rapport des bourgeois qui ont échappé^ est dû à ce que Falckeuberg les a souvent excités à réduire la ville en cendres, dans le cas ou contre toute attente renhemi y pénétrerait, atin que ledit ennemi ne puisse jouir du fruit de ses efforts et de ses ardentes aspirations, et ne les entraine pas sous le joug papiste. Mais moi je tiens dans ma sinoplicité, que Dieu a voulu perdre' et anéantir ces orgueilleux rebelles, non-seulement par Tépée, mais encore par le feu, afin qu'ils servent d'exemple aux autres. Toutefois, c'est ce que seul sait le Seigneur, à qui nous devons rendre grâces de cette grande faveur.
DEUXIÈME RAPPORT DU COMMISSAIRE DE RUEPP, A MAXIMILIEN l^'' DATÉ DE MAGDEBOURO, LE 27 MAI 4631^
(Titul) J ai reçu la dépêche de Votre Altesse du 3, de ce mois, et les deux dépêches du 5, ensenible les duplicata et ladernière du 12, et entendu respectueuso ment les ordres de Votre Altesse y contenus ; entretemps, Votre Altesse aura été informée par ma dépêche du 21, que la ville de Mag-' debourg (après avoir repoussé les instantes propositions d'acconomodement, pour 1 acceptation desquelles Son Excellence a été jusqu'.à invoquer l'interposition de leurs Altesses les électeurs de Saxe et de Brandebourg, lesdites Altesses n'ayant du reste voulu non plus rien faire), a été prise d'assaut le 20 de ce mois, avec l'aide et assistance de Dieu. Cette fois j'ai l'honneur d'informer Votre Altesse, le tenips m'ayaut manqué précédemment, que, prévoyant que le roi viendrait dégager la ville, opinion d'autant mieux fondée qu'il setait avancé avec toutes ses forces entre Sarmundt et Vieux-Brandebourg, (et sans aucun doute le roi n'a pascru que la ville fût réduite à telle extrémité), on a dîi se
lîormeyr'i Taschenbuch, 4853-j(3, p. 347.
TitLT. II. 8
no TILLY.
presser ici d'autant plus et se résoudre à un assaut général, avant le moment réellement favorable, et ledit assaut, grâces en soient rendues à Dieu, a commencé si heureusement entre 7 et 8 heures du matin, et a été poussé avec tant de vaillance, qu'on n'a vu autre chose que courage et grande valeur parmi les officiers et les soldats. M. le Feld-marécbal de Pappenheim ainsi que le sieur de Schœnbourg se sont acquittés de leur charge avec honneur et gloire. Le lieutenant colonel de Grotta s'est aussi admirablement conduit et a reçu une balle dans le bras ; je ne sais personne, je n'ai vu personne, je n'ai ouï de personne, qui ait été là, tant officiers que soldats de l'armée de Votre Altesse, qui n'ait fait son devoir. Il en est de même de l'armée de Sa Majesté Impériale, et au premter rang le colonel Wangler, son lieutenant colonel, le Duc de Holstein, le lieutenant colonel Quint(?) du régiment de Savelli, lequel a été tué, ont donné avec la plus brillante valeur. Il faut attribuer néanmoins le succès au Tout-Puissant et après Dieu, à la haute expérience de guerre, direction et commandement de Son Excellence le général. Ceux de la ville, soldats comme bourgeois, se sont bien défendus jusqu'à ce que Dieu a si bien assisté les nôtres, que l'ennemi a été contraint d'abandonner les remparts. Beaucoup ont été tués et parmi eux, le commandant suédois de Falckenberg, qui est demeuré mort sur la place. La veille, il avait promis à la ville par serment que le secours suédois arriverait avant 2 jours écoulés. Le margrave de Brandebourg, blessé d'un coup de feu au pied et de coups de sabres à la tète, a été fait prisonnier, avec le colonel d'Usslar, et beaucoup d'^iutres lieutenants colonels, capitaines, lieutenants, enseignes, bas officiers et soldats. Ce margrave dit qu'il s'est battu pour sa foi et son peuple ; ce sont les bourgeois qui nous ont fait le plus de mal, en tirant de leurs maisons; et puis, pendant l'assaut, a éclaté, en deux endroits, un incendie, qui s'est si rapidement propagé, qu'il a été impossible» au
milieu de la confusion , de leteindre, en sorte que cette belle ville a été complètement réduite en cendres, à Texception de la cathédrale et d'environ cent vingt maisons. On ne peut savoir le nombre des morts, mais on peut présu* mer, du petit nombre des survivants, qu'il faut compter par milliers les soldats, bourgeois, femmes et enfants, qui ont péri, écrasés ou brûlés. Votre Altesse recevra la désignation des pièces d'artillerie et du peu de munitions qui existent encore dans la place, et quoique j'aie fait mention dernièrement de 24 drapeaux, il s'en est trouvé jusque dans les 40, avec 6 étendards. Les officiers et les soldats ont fait, à la vérité, un peu de butin, mais la plus grande et la plus riche partie, ensemble les munitions et les provisions de bouche, ont été incendiés ou abimés sous les ruines; on pourra peut-être en retrouver, plus tard, quelque chose. II n'y a pas grandes subsistances pour les troupes qui doivent rester ici au nombre de 4 à 5,000, car la place est grande, il reste peu de bourgeois et encore ne peut-on s'y fier. Et, en songeant à ce qu'était naguère cette belle ville, on pourrait comparer sa destruction à celle de Troie. Du resle, il n'y a rien de brûlé ou de sauté sur les remparts; l'ennemi, dont on s'était beaucoup inquiété, n'y avait pas fait de mines, mais ce qui a donné de l'aliment au feu, c'est qu'il y avait des munitions dans presque toutes les maisons. Dans l'armée de Votre Altesse et dans celle de Sa Majesté Impériale, il n'y a, en tout, qu'une centaine de morts, mais 7 à 800 blessés. Daigne aussi Votre Altesse, considérer ce qu'il y avait de troupes devant Magdebourg, ce que l'on a employé de pièces de l'artillerie de la Ligue, sans compter ce que les Impériaux avaient; or, pendant toutes ces marches ou conjonctures, on n'a perdu ni poudre, ni mèche, on n'a rien laissé en arrière sinon quelques chevaux, incapables de service et que j'ai fait remplacer sans toucher à la caisse. Maintenant, on comble les tranchées, on répare les ponts sur l'Elbe^ on ramasse tout ce
qui reste de provisions et de munitions dans la ville, on calcule ce qui doit rester de troupes ici (Son Excelleace a fait brûler le pont de Dessau, parce qu'il aurait fallu beaucoup de inonde pour le garder, et que lennemi avait Fœil ouvert sur ce pont, qui est devenu, d'ailleurs, inutile depais que nous avons le pont de Magdebourg sur l'Elbe). Jusqu'à ce que tout cela soit en ordre, Son Excellence ne peut bouger d'ici ; elle aimerait aussi d'attendre jusqu'à ce qu'elle sache de quel côté l'ennemi se tournera ; et du reste, quant aux motifs qui l'ont empêché jusqu'ici de marcher à l'ennemi, Votre Altesse les apprendra par la dépèche du général ; cependant on ne peut, à la longue, rester ici, à cause du complet épuisement du pays ; l'armée a besoin de se refaire un peu, et le général est occupé à examiner s'il n'en fera pas marcher une partie en Thuringe, une partie en Hesse, s'il n'occupera pas ses anciens quartiers, pour empêcher les protestants de continuer leurs armements et couvrir d'autant mieux les états des princes de la Ligue. Et de plus, si lu Hesse ferme les passages, l'armée sera exposée à toutes sortes de souffrances, parce qu'on ne pourra faire arriver l'argent dont on a le plus extrême besoin. On épargnera, tant qu'on pourra, l'électorat de Saxe. Si, sur ces entrefaites, le roi entrait en Silésie, on ne serait pas éloigné de le poursuivre, et les Impériaux de Silésie pourraient arrêter sa marche jusqu'à l'arrivée d'un secours ; en attendant, on pourra toujours vivre un peu de la campagne, et il faut espérer, avant tout, que les protestants, voyant l'intention qu'on a de paralyser leurs armements, ou pourrait, avec l'aide de Dieu, obtenir ce que je considère, dans mon humble simplicité, le meilleur des remèdes : la paix, et c'est à quoi la prise de Magdebourg contribuera beaucoup. Relativement aux nouvelles levées, Votre Altesse entendra que Son Excellence le général pense laisser les choses telles que son Altesse, lelecleurde Cologne, les a arrangées. On enverra aussi, selon
l'ordre de Voire Àllesse, un commissaire aussi bon et aussi qualifié qu'on pourra l'avoir. D'autre part, sur mes instances, Son Excellence a chargé M. le Feld-maréchal, Je comte de Gronsfeldl, Reinach et Camargo, de lever chacun 2 compagnies, et de les assembler dans leurs quartiers, ce qui achèvera, à la vérité, de ruiner lesdits quartiers, déjà fort mauvais, outre que la caisse devra fournir les fonds. Son Excellence veut encore adjoindre à son régiment 2 compagnies, et les rassembler dans les terres que Sa Majesté Impériale lui a données dans le Brunswick, bien que ces terres continuent toujours h payer leurs contributions. Du reste, Son Excellence n'a nullement l'intention d'abandonner l'archevêché de Brème, le Brunswick et le fleuve du Weser, quand même il devrait remonter dans l'empire, avec son armée, mais il laisserait, dans l'archevêché de Brème, à Stade, à Buxtehude, et à Brenwaerdc, des garnisons approvisionnées de vivres et de munitions pour plusieurs mois, de même à Wolfenbuttel, Calenberg, Nienbourg, Mùnden, sur le Weser, et Hameln, afin de pouvoir d'autant mieux arrêter l'ennemi^ de lui faire diversion et d'affaiblir ses forces, dans le cas où il attaquerait l'une ou l'autre de ces places.
Quant à l'ingénieur, je m'en suis entretenu avec M. le général, mais il y a dans son armée un si grand vide de ces officiers, qu'on a dû rappeler ici Clément César, de Stade, dont il a été question. L'armée impériale n'a pas un seul ingénieur passable, et il serait impossible de se priver, en telles conjonctures, du dit Clément. Je supplie donc humblement Votre Altesse, de ne pas prendre en mauvaise part, que nous ne lui envoyons pas de suite un ingénieur, mais je ferai des recherches actives, et je m'empresserai de rendre compte à Votre Altesse du résultat.
Relativement au colonel Fahrensbach, il assure avoir quitté le service du roi de Suède, uniquement pour la religion catholique. 11 est occupé, en ce moment, a lever un
llli TiLIiY.
régiment d'infanterie de 3,000 hommes, pour le service de Sa Majesté Impériale. Son Excellence a mandé à Votre Altesse les noms des colonels auxquels elle a délivré des patentes, et quelles places de monstre elle leur a assignées; à cette nomenclature, il faut ajouter le cousin du Feldmaréchal, comte de Pappenheim, qui a eu une compagnie sous lui et est maintenant chargé de faire un régiment d'infanterie. Il se pourrait que ces nouvelles levées impériales fissent tort à larmée de Votre Altesse, j'ai donc recommandé aux commissaires, la plus sévère surveillance, et averti les colonels d'y veiller également; j'espère que l'inconvénient pourra être évité, et, en tout cas, il sera de peu d'importance, puisque les deux armées doivent être réunies.
Son Excellence et moi, nous n'avons rien connu du courrier que le sieur Feld-maréchal a dépêché dernièrement à Votre Altesse, et qui a reçu de l'argent; je n'aurais autrement pu manquer à mon devoir, de rendre compte, par cette occasion, de ce qui se passait ici. Mais, comme je l'ai dif, cela a été fait à notre insu ou en dehors de nous, bien que Son Excellence et moi nous fussions sur les lieux.
J'ai joint, pour Votre Altesse, la copie des lettres que Son Excellence a dépêchées à cette fin à Sa Majesté Impériale.
Suivent, comme annexes, les tableaux des pièces d'artillerie, trouvées sur les remparts, lors de la prise de la ville, des munitions, dont le détail commence par : 5 tonneaux de poudre, enterrés dans l'ouvrage neuf, des toupes employées au siège, etc., etc.
Ruepp termine par l'observation suivante :
Pour le reste des projectiles, pièces d'artifices, grenades à la main, boulets, cartouches, outillage de tranchée, épars dans les tours et dans l'arsenal, on les rassemblera, dès que la fumée permettra de travailler à leur évacuation , et j'en transmettrai la nomenclature.
TILLY. lis
RAPPORT OU COMTE DE PAPPENHËIM, A L EMPEREUR, EN DATE DE TAMGERMUNDE^ LE 15 AOUT 1631'.
J'ai toujours cherché la gloire par des actes, et je vois que d'autres la trouvent au moyen de fausses nouvelles et d'articles de gazettes. A la vérité, je laisse les nouvellistes pour ce qu'ils valent, d'autant qu'ils écrivent rarement la vérité, quand elle peut servir à Votre Majesté Impériale, mais comme je dois prendre souci que ceux qui, à défaut d'actes, recourent à de pareils moyens, ne représentent à Votre Majesté Impériale la prise de Magdebourg, telle qu'elle est racontée dans les journaux, faussement et en contrepied de la vérité, ce qui pourrait induire Votre Majesté Impériale à mal apprécier les services des braves officiers et soldats qui ont été sous mes ordres.
Je n'ai pu négliger de soumettre humblement à Votre Majesté Impériale les saines bases de la vérité, afin qu'elle puisse savoir envers qui juger des mérites, punir le mal, récompenser la bonne conduite. •
Que Votre Majesté Impériale sache donc que sous le commandement et la direction Son Excellence Monseigneur le général, comte de Tilly, moi ainsi que mes colonels, officiers et soldats, tels que le général de l'artillerie, baron de Schoenbourg, Sa Grâce Princière le duc de Holstcin, le colonel Wangler, le lieutenant colonel baron de Grotta, le lieutenant colonel Quintsen et autres, nous avons d'abord enlevé successivement tous les ouvrages extérieurs, le fort de la Douane et les îles; en approchant ensuite de la ville, nous lavons attaquée par des galeries en sept endroits, percé et traversé les fossés et attendu mon camarade* trois jours ; et trois nuits (ayant taillé dans le rempart de l'ennemi, à l'effet de pouvoir donner l'assaut à tout instant, au milieu
* Forster's, Wallenslein, t. Il, p. W , * Le comte Wolf de Manafeldl.
il 6 TII^LY.
de combats incessants) et celui-ci n'ayant pu parvenir à être prêt, nous avons commencé seuls à escalader les murailles du côté de la Neustadt, et seuls encore, nous avons, avec l'aide de Dieu, soutenu une sanglante lutte de deux heures, jusqu'à ce qu'enfin la cavalerie descendant dans les fossés profonds d'une longueur de pique et s'élevant sur les hauts remparts de la ville au moyen de degrés et chemins taillés dans l'escarpement, nous avons été assurés d'icelle. Et à la tète de cette cavalerie étaient.d'abord le capitaine Schœfferitz, avec une compagnie de Croatçs, puis le colonel Cornini, avec son régiment de cuirassiers, et enfin les régiments de cuirassiers don Balthazar et .baron de Bongars. Là dessus, mon camarade a aussi commencé l'attaque. et a escaladé les remparts, par un seul petit trou (alors que depuis deux heures au moins la ville était au pouvoir de Votre Majesté Impériale) ce dont Monsieur le général, monsieur l'administrateur de Mettèrnich^ messieurs les commissaires-généraux de Walmerode et Ruepp,.qui tous se sont trouvés auprès de Son Excellence aux mêmes endroits, ont été les véridiques témoins : de sorte qu'il n'a manque à moi et à mes braves compagnons, dans celle victoire si miraculeusement donnée de Dieu, que de n'avoir pas pour spectateurs Votre Majesté Impériale et Sa Majesté l'Impératrice, afin que personne rie puisse se vanter faussement de cette victoire mais que le prix et la récompense en reviennent à ceux qui les ont mérités avec tant de gloire et de périls.
Je supplie donc Votre Majesjé Impériale de croire que nul n'a pris part à cet assaut, aussi par la grâce de Dieu et sous le commandement de monsieui* le général, que les susnommés, et que si le maintien et le sàjiil de TEmpire ont* écé pendant deux heures en péril, avec perte de milliers de mes plus braves soldats, la faute en est à ceux qui, contrairement aux ordres de Son Excellence et aux promesses si chaleureusement faites, n'ont pas attaqué en même temps au signal donné et nous ont laissé, avec tout le poids de
Tennemiy l'honneur d'un triomphe chèrement acheté. Car je n ai pas perdu cinq hommes dans Fassaut, mais la résistance a éié eâsuite très-longue, ce qui ne serait pas arrivé, si Ton ne nous avait honteusement laissés dans l'embarras. C'est ce que je suis en mesure de prouver régulièrement à Votro Majesté Impériale, et prêt à soutenir contre tout contradicteur quelconque, au sujet de quoi j'ai réclamé de suite justice auprès de Son Excellence, mais je n'ai pu obtenir encore le procès.
Je supplie donc humblement Votre Majesté Impériale de donner des ordres à son lieutenant-général et à M. le président de la consulte de guerre, afin de faire instruire le procès et rendre justice, et je demeure, etc.