Une inscription trouvée à Timgad même
« au nord-est de l’arc de triomphe » mentionne une statue d’Esculape donnée par un habitant de la ville « at exornationem balnei » (C. I. L., VIII, 2340) — mais ce bain n’a sans doute rien de commun avec celui qui nous occupe
(5) Ballu, Les ruines de Timgad, p. 187.
LES THERMES DU SUD
Toute la portion des thermes, que nous avons étudiée jusqu’à présent, repose directement sur le sol ; le reste de l’établissement est bâti sur hypocaustes ; cette constatation ne laisse aucun doute sur la nature des différentes parties qui le composent.
La pièce J, de 7 mètres dans les deux sens, ne contient ni baignoire, ni réservoir; elle n’est pas close hermétiquement, puisqu’elle est séparée de la piscine d’eau froide I par un mur à jour, coupé
Fig. 109. — Un angle du caldarium.
par des colonnes ; de plus elle est la première que bon traverse en sortant du vestiaire ; enfin les murs sont dénués de tout conduit de chaleur : ce ne peut donc être que le tepidarium. Pour entretenir dans ce genre de salles la température douce qui les caractérisait, les Romains employaient deux procédés ; tantôt on avait recours à des fourneaux portatifs, à des brasiers comme dans les anciens thermes de Pompéi(l), tantôt on faisait circuler de l’air chaud
(1) Mazois, Ruines de Pompéi, III, p. 73; Fiorelli, Pcvipei, p. 233; Breton, Pompeia, p. 174.
LES THERMES DU SUD
sous le sol, comme aux Nouveaux bains dans la même ville (l). C’est la dernière solution que l’on avait adoptée à Timgad.
On y a découvert une seconde statue de nymphe à la coquille, en tout semblable à celle qui a été décrite plus haut.
De J, on pénétrait en K directement par une porte de i mètre de largeur, qui a été condamnée lors de l’établissement de la piscine a ’ et par une autre de même dimension, en empruntant le passage O (pl. XXX et fig. 109).
Cette salle K, de 9'n, 6 y de long sur 6m,q$ de large, est garnie de deux baignoires demi-circulaires. La première a est logée dans une niche en forme d’hémicycle de 2m,yo de profondeur; c’est la seule qui fit partie de l’aménagement primitif; la seconde a\ établie dans un renfoncement rectangulaire, est une addition de date ultérieure ; la partie plane de la cuve est tournée contre le mur, la courbe vers l’intérieur de la salle. La présence de ces deux alvei et celle des hypocaustes qui garnissent le sous-sol indiquent un caldarium. Les quatre angles étaient décorés de statues reposant suides piédestaux : ceux-ci occupent encore leur place antique.
Le premier, celui qui avoisine la porte du tepidarium, n’a jamais reçu d’inscription.
Le second, qui lui fait pendant entre les deux baignoires, montre une dédicace à l’impératrice Crispine, femme de Commode (2).