SCENE I
TIMON, seul.
Fuyons ces murs avant que mes créanciers viennent; Ma maison, mes effets, mes biens leur appartiennent. Adieu murs, où, puissant et riche, je suis né, Où je comptais mourir tranquille et fortuné, Où toujours au malheur j'offris un sûr asile, Et d'où furtivement il faut que je m'exile, Si je veux échapper aux fers, à la prison !.... Que du moins je t'embrasse, ô seuil de ma maison !
Il baise le seuil de sa porte.
Vous me plaignez sans doute, ô portes ! ô murailles ! Car le fer s'amollit, la pierre a des entrailles, L'homme seul n'en a pas ! — Barbare Apemanlus, Tu disais vrai : Ce monde appartient à Plulus ! — Créatures sans foi, d'honneur destituées, Valets de la fortune, âmes prostituées,
Qui vendez à l'encan tout ce dont l'homme est fier , Détracteurs d'aujourd'hui qui m'encensiez hier, Gardez tous mes bienfaits ; j'aime mon indigence, Votre prospérité suffit à ma vengeance !
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