SCÈNE VU
TIMON, seul.
Malheureux ! c'en est fait de ta vertu sublime ! Le poids de les trésors t'entraîne vers l'abîme* Assailli de flatteurs, de Lais entouré, De débauche, d'orgueil, de mollesse enivré, Bientôt ton cœur séduit perd sa sagesse antique. De verlueux valel tu deviens maître inique, Et pauvre enfin seul, nu, dans un vil cabanon, Tu meurs sur un grabat en blasphémant mon nom. — Mais le temps change. Au loin des nuages sans nombre S'amassent, — l'horizon s'est enveloppé d'ombre. La foudre brille, gronde et tombe ! et de ses traits Pulvérise les rocs, embrase les forêts.
Frappe, puissant Zeùs ! la rage est légitime ; Frappe indistinctement ! partout règne le crime ! Frappe ! engloutis la terre en des torrents de feux ! Détruis tous les humains et moi-même avec eux !
Timon meurt frappé de la foudre.