‹ Timon d'AthènesChapitre 8 sur 29 · FLAVIUS, LE PEINTRE, LE POÈTE · texte numérisé non relu

FLAVIUS, LE PEINTRE, LE POÈTE

LE POÈTE, bas.

Abordons-le.

Haut.

Salut, homme prudent et juste.

LE PEINTRE

Vous paraissez jouir d'une santé robuste.

LE POÈTE

J'ai fait un dithyrambe. Ecoutez : « Peuple grec ! . . . »

FLAVIUS , à part.

Il leur faut de l'argent, et le coffre à sec.

LE PEINTRE

J'ai fait sur ce tableau le portrait du grand homme, Et je viens demander. . .

FLAVIUS

Je comprends; quelle somme?

LE PEINTRE

Cela ne presse pas. Prenez tout votre temps.

Nous n'aimons que la gloire, entendez-vous ?

FLAVIUS

J'entends.

Combien demandez-vous?

LE PEINTRE

Moi, six talents.

LE POÈTE

Moi, quatre.

FLAVIUS

C'est bien cher, pour des vers.

LE POÈTE

Je n'en puis rien rabattre.

J'ai fait un dithyrambe incroyable, étonnant : J'ai comparé Timon à Jupiter tonnant.

LE PEINTRE

Je l'ai peint sous les traits du grand vainqueur de l'Inde.

LE POÈTE

Moi, je l'ai déclaré frère du dieu du Pinde.

FLAVIUS

Je vous paîrai demain. Je cours auprès de lui.

LE PEINTRE

Hé ! ne pourriez-vous pas me payer aujourd'hui ?

FLAVIUS

Vous méprisez l'argent, et n'aimez que la gloire; Vous me l'avez juré, Messieurs, je veux vous croire. A demain.

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