‹ Tire-au-flanc!; pièce en trois actes [par] André Sylvane & André Mouëzy-EonChapitre 10 sur 104 · SCÈNE V Les MÊMfls, moiai LILY · texte numérisé non relu

SCÈNE V Les MÊMfls, moiai LILY

JBAM.

Voilà un mot que je ne peux pas entendre.

MADAME BLANDIN

Quel mot ?

Fourneau... il me choque.

MADAME BLANDIN, qui a fini tes «rraogements.

Voyons, dites-moi un peu si ce salon a bonne tournure?

SOLANGE

Vraiment, ma mère, vous vous agitez !

MADAME BLANDIN

Je m'agite, je m'agite... certainement, je m'agite. Si je ne m'agitais pas, qui est-ce qui s'agiterait ?.. Toi?..

SOLANGE

On peut faire les choses convenablement sans re-

tnuer ciel et terre.

MADAME BLANDIN

Mai€, malheureuse enfant, lu ne comprends donc

14 t;:.;:-..u-:lAi\g l

pas qu'il y va de l'intérêt de Jean, de sa santé, do sa vie, peut-être I Est-il capaljle de faire un soldat?.. En a-t-il la force ?

SOLANGE

Non!

MADAME BLANDIN

En a-t-il le goût?

JEAN

Ohl nonl

Eh bien, alors, trouvez bon que je fasse tout mon possible pour adoucir son sort. Un moment, j'avais espéré le faire entrer dans le service de sanlé. Jo n'ai pas réussi.

JEAN

C'est dommage. J'avais tout ce qu'il faut pour faire un infirmier.

MADAME BLAKDIN.

Je n'ai pu obtenir qu'une chose, c'est qu'il accomplît sa période près de nous, à Evreux, comme simple soldat.

S0LAN9E

Jean^ simple soldat! C'est grotesque!

MADAME BLANDIN

J'ai eu beau faire valoir ses titres de licencié eslettres, licencié en droit, licencié en langues orientales, ils n'ont rien voulu entendre.

JEAN, amer.

L«s sauvages I

MADAME BLANDIN

Je Bravais donc qu'une ressource ; celle de faire

ACTK l'KiliilEn 15

la connaissance du colonel, de l'attirer chez moi, de le recevoir avec le plus d'éclat possible, afin qu'il s'intéresse à Jean, qu'il le prenne en amitié et rattache à sa personne.

JBAM.

Comme brosseur !

MADAME BLANDIN

Allons, ne dis pas de bêtises... Dieu merci, les circonstances m'ont assez bien servie. Le hasard m'a fait rencontrer chez une amie, la femme d'un capitaine, le capitaine Fléchois, qui est l'intime du colonel, et c'est par madame Fléchois que j'ai pu faire accepter cette première invitation. En résumé, jusqu'ici, tout va bien.

JEAN

Tout va bien. Le ciel de ma vie se colore de teintes azurées. Que de grâces je vous ai, ma tante I

MADAME BLADIN.

Tu es l'enfant de ma sœur, je te considère comme mon fils.

JKAN.

Soyez sûre que mon cœur est inondé de gratitude. (a part.) C'est insensé ce que j'ai faim ! (il remonte.) Je vais voir du côté de la salle à manger.

MADAME BLAKDIN.

Tu sors?

JEAN

Je vais revenir, (a part, en sortant à gaueha> d«azième plan.) Est-ce assez stupide, cet appétit!..

SOLANOB.

Je monte un instant dans ma chambre. Mon mal de tête devient insupportable !

Kll* «or* à gauoha.

If TIRE-AU-FLANC !

MADAME BLANDIN, ■•ol*»

Que c'est ennuyeux, mon Dieu I

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