SCÈNE V Les MÊMfls, moiai LILY
JBAM.
Voilà un mot que je ne peux pas entendre.
MADAME BLANDIN
Quel mot ?
Fourneau... il me choque.
MADAME BLANDIN, qui a fini tes «rraogements.
Voyons, dites-moi un peu si ce salon a bonne tournure?
SOLANGE
Vraiment, ma mère, vous vous agitez !
MADAME BLANDIN
Je m'agite, je m'agite... certainement, je m'agite. Si je ne m'agitais pas, qui est-ce qui s'agiterait ?.. Toi?..
SOLANGE
On peut faire les choses convenablement sans re-
tnuer ciel et terre.
MADAME BLANDIN
Mai€, malheureuse enfant, lu ne comprends donc
14 t;:.;:-..u-:lAi\g l
pas qu'il y va de l'intérêt de Jean, de sa santé, do sa vie, peut-être I Est-il capaljle de faire un soldat?.. En a-t-il la force ?
SOLANGE
Non!
MADAME BLANDIN
En a-t-il le goût?
JEAN
Ohl nonl
Eh bien, alors, trouvez bon que je fasse tout mon possible pour adoucir son sort. Un moment, j'avais espéré le faire entrer dans le service de sanlé. Jo n'ai pas réussi.
JEAN
C'est dommage. J'avais tout ce qu'il faut pour faire un infirmier.
MADAME BLAKDIN.
Je n'ai pu obtenir qu'une chose, c'est qu'il accomplît sa période près de nous, à Evreux, comme simple soldat.
S0LAN9E
Jean^ simple soldat! C'est grotesque!
MADAME BLANDIN
J'ai eu beau faire valoir ses titres de licencié eslettres, licencié en droit, licencié en langues orientales, ils n'ont rien voulu entendre.
JEAN, amer.
L«s sauvages I
MADAME BLANDIN
Je Bravais donc qu'une ressource ; celle de faire
ACTK l'KiliilEn 15
la connaissance du colonel, de l'attirer chez moi, de le recevoir avec le plus d'éclat possible, afin qu'il s'intéresse à Jean, qu'il le prenne en amitié et rattache à sa personne.
JBAM.
Comme brosseur !
MADAME BLANDIN
Allons, ne dis pas de bêtises... Dieu merci, les circonstances m'ont assez bien servie. Le hasard m'a fait rencontrer chez une amie, la femme d'un capitaine, le capitaine Fléchois, qui est l'intime du colonel, et c'est par madame Fléchois que j'ai pu faire accepter cette première invitation. En résumé, jusqu'ici, tout va bien.
JEAN
Tout va bien. Le ciel de ma vie se colore de teintes azurées. Que de grâces je vous ai, ma tante I
MADAME BLADIN.
Tu es l'enfant de ma sœur, je te considère comme mon fils.
JKAN.
Soyez sûre que mon cœur est inondé de gratitude. (a part.) C'est insensé ce que j'ai faim ! (il remonte.) Je vais voir du côté de la salle à manger.
MADAME BLAKDIN.
Tu sors?
JEAN
Je vais revenir, (a part, en sortant à gaueha> d«azième plan.) Est-ce assez stupide, cet appétit!..
SOLANOB.
Je monte un instant dans ma chambre. Mon mal de tête devient insupportable !
Kll* «or* à gauoha.
If TIRE-AU-FLANC !
MADAME BLANDIN, ■•ol*»
Que c'est ennuyeux, mon Dieu I