ACTE PREJIIER
JOSEPH
Non, c'est pas vrai. Il fait comme ça des belles manières à son entour, il lui raconte des histoires, des boniments, des poésies... Mais c'est de la frime, tout ça... Est-ce que je te raconte des poésies, moi?... Non, je ne me le permettrais pnsl Vois-tu, Georgette, quand on aime, c'est là !... (ii indique son cœur.) C'est là que ça vous tient... et alors, c'est pas de parler qu'on a envie... Et si, des fois, un événement intempestif vient vous séparer de celle qu'on aime et l'arracher à vos sentiments passionnés... alors, ça vous
va de là à là... (il indique successiveinent son oœur et ses
yeux.) et on a beau être un homme...
Il éclate en sanglots.
GEORGETTE
Allons, voyons, ça te reprend I
JOSEPH
Oui, ça me reprend, ça me reprend de plus belle.
GEORGETTE
Mais tu sais bien que moi aussi, je t'aime...
JOSEPH
Tu m'aimes, mais tu ne me quittes pas, toi... tanfîis que moi... Et puis, m'aimes-tu autant que je t'aime?
GEORGETTE
Oui, mon Joseph.
JOSEPH
Et m'aimeras-tu pendant trois ans?
GEORGETTE
Oui, mon Joseph.
C'c:^-.t lon^, mille quatre-vingt-quinze jours, pour
JOSEPH
aEORQBTTR.
nne personne qu'est jeune, qu'est jolie, et qu'a du sentiment 1
GEORGETTE
Ça ne fait rien.
C'est vrai ?
C'est vrai.
JOSEPH
Tes paroles me font du bien... elles m'embaument.
GBORGETTB.
Alors, ne pleure plus.
JOSEPH
Je ne pleurerais plus si tant seulement je pouvais t'emmener avec moi.
GEORGBTTB.
Ça!...
JOSEPH
Mais l'idée qu'on ne se verra plus I
GEORGETTE
Pourquoi donc qu'on ne se verrait plus ?
Dame, toi ici, moi là-bas, à Evreux... Je sais bien que la distance n'est pas grande, mais c'est égal!... quatre lieues à pied... autant pour s'en retourner...
GEORGETTE
Tu te figures que je vais rester ici toute la vie?... La maison n'est pas si bonne. Madame a un oaractôre de chien. Mademoiselle Solange vous regîirde du huit de sa grandeur... Lily est gentille, luais c'est uae gosse... Quant à M. Jean...