ACTE DEUXIËMB
BOURRACHE
Mon lieutenant... c'est un balai...
DAUMEL.
Ehl... je le vois bien! Mais qu'en faisiez- vous, de ce balai?
BOURRACHE
Mon lieutenant... je balayais I
DAUMEL.
Ah! vous balayiez!.. Eh bien, vous me ferez quatre jours! Un gradé ordonne, caporal!.. Il n'exécute pas... Si chacun suivait voire exemple, le Ministre de la Guerre finirait par commander la corvée de quartier!... C'est incroyable, ma parole...
MUFLOT, compatissant, ba^ à Bourrache.
Ben ! mon pauv' cochon 1
DAUMEL.
Je vous amène une recrue... le soldat Turlot auquel je m'intéresse... Prenez-le sous votre protection et facilitez-lui ses débuts dans la vie militaire.
BOURRACHE
Bien, mon lieutenant.
DAUMEL, entraîuant Joseph à l'avant-aotne.
Repos!... Eh bien, tu es content?
JOSEPH
Ah! mon lieutenant!.. Vous êtes notre bienfaiteur, notre bon Dieu!
DAUMEL, le calmant.
C'est bien! C'est hi(;n !
JOSKPH.
Mon cœur déborde de gratitude quand je pense
66 TIRE-AU-i-LANC !
que, grâce à vous, Georgette a pu trouver une place à l:i cantine.
DAUMEL.
Vons êtes venus me racojiter vos peines. Madame Blandin vous avait chassés à cause de cette crème manquée... J'ai trouvé cela un peu excessif, et j'ai consenti à vous venir en aide; mais n'en abusez pjs pour aller tout le temps rôder autour de la canlinière et négliger le service.
JOBRPH.
Non, mon lieutenant.
DAUMF.L, à Bourrache.
Voyons, caporal, où allons-nous installer cet homme là?..
BOURRACHE, montrant les lits 3 et 7 à partir de la gaiichs.
Mon lieutenant, je n'ai que deux lits de disponibles, celui là-bas et celui-ci.
DAUMEL, indiquant le 7.
Vous lui attribuerez celui-ci. Je destine l'autre à un jeune soldat qui n'est pas très enthousiaste pour la vie militaire...
BOURRACHE
Je vois ça... un fricoteuri
DAUMEL.
Peut-être aurez-vous besoin de le stimuler un peu. (Fausse sortie.) Ahl en attendant qu'on ait habillé Turlot, vous lui prêterez une paire de treillis, pour ne pas salir ses vêtements...
BOURRACHE
Bien, mon Uectenant.