ACTE DEUXIEME
J£AK> prenant le balai.
C'est bien, monsieur. Vous voulez que je balaye ! Je vais balayer... (a part.) O ma tante ! 0 Solange !
BOURRACHE, regardant Jean qui commence à balayer mal* adroitement.
Si c'est pas malheureux 1 1 I
TURLOT, il rentre» portant la cruche.
Puisque vous ne venez pas, j'apporte l'ustensile.
Chouette, Muflot I passe-moi le liquide ?
BOURRACHE
On boira ça plus tard.
TURLOT, débarrassé de la cruche, se trouve nez à nez avec Jean.
Monsieur!... En train de balayer 1 ça, c'est rigolo tout de même !.. C'est trop rigolo !
JEAK) reconnaissant Turlot.
Ah ! c'est vous, Joseph! (mi offrant le balai.) Tenez, mon ami I
TURLOT
Plaît-il î
JEAN
On m'a chargé de balayer... (Lui offrant d* nouveau !• balai.) si VOUS voulez bien?...
TURLOT
Ah! non!... Elle est bonne!... Vous l'entendez! Il m'offre de balayer à sa place I
JEAN
N'a-t-il pas été convenu avec ma tante...
TURLOT, très digne.
Monsieur, je vous ferai observer que je suis soldat
76 TIRE-AU-FLANG î
comme vous, incorporé à la douzième du second. Je vous prie de respecter mon uniforme.
Bravo, Turlot!.. Fais-y ravaler sa chique!
MUFLOT.
Ne te le laisse pas mettre !
TURLOT
Pour ce qui est de madame votre tante, je n'ai pas celui de la connaître.
JEAN, abasourdi.
Ah!
TURLOT
Sur ce, mon garçon, tu peux balayer. Je ne serai pas fâché de voir ça !
JEANj à part.
Il me tutoie... lui aussi!... mon domestique!... Où 8uis-je, mon Dieu, où suis-je?...
BOURRACHE, à Jean.
Eh bien ?... Est-ce pour demain?... Tu m'as encore l'air d'un sacré tire-au-flanc, toi!
JEAN
Monsieur, j'ignore cette expression, mais il est peut-être bon que vous sachiez que j'ai quelques protestions en haut lieu.
MUFLOT.
Il a des protections!...
JEAN
Je connais personnellement le lieutenant Daumelt et madame Blandin d'Ombelles, ma tante, entretient aT«c votre colonel des relations...