ACTE TROISIEME
Beaucoup. Vous avez vraiment une tête impossi» ble.
JEAN
Âhl
SOLANGE
Mais vos cheveux... vos beaux cheveux... qu'en avez-yous fait?
JEAN
Ils ont eu, comme les plus belles choses, le pire destin. Mais j'en ai gardé une mèche à votre intention...
SOLANGE
Je vous en remercie I...
JEAN
Je ne savais pas avoir le plaisir de vous rencontrer... Autrement, je l'aurais mise dans ma poche... Mais, dites-moi?... Alors, ça va, avec le lieutenant?
SOLANGE
Avec le lieutenant?
JEAN Oui, ça biche t. .. (Mouvement de Solange.) En d'autlM
termes, vous êtes au mieux avec Daumel?
SOLANGE
Qu'entendez-vous par là ?
JEAN
Eh bien, mais...
SOLANGE, agacée.
Posez ce plateau, Jean, je vous en priel.M
150 TIRE-AU-FLANG f
JEAN
Je veux bien, pour vous faire plaisir... mais je îi'.'ftxpose encore à une engueulade!...
SOLANGE, stupéfaite.
Vous avez dit?
JEAN
Je vous demande pardon si, de temps en temps, ma . onversalion s'émaille de quelques mots qui vous surprennent. Mais à force d'en entendre à la cas rne...
SOLANGB.
Gela vous a gagné?
JEAN
Forcément.
SOLANGE
Vous n'allez pas garder ce tablier ?
JEAN
Si, avec votre permission... parce que si je l'égarais, je serais, paraît-il, coupable de détournement d'effets militaires, et savez-vous ce que ça me coûterait?... Tout simplement que je passerais au tourniquet et que je n'y couperais pas de la grosse I Voilà ce que ça me coûterait! Mais ce sont des choses que vous ne pouvez pas comprendre, et qui sont d'ailleurs sans intérêt pour vous.
SOLANGB.
En effet... et c'est tout ce que vous avez à me dire, iJean, depuis six semaines que nous ne nous sommM
JEAN) sans grande oonTiotion.
J'ai à vous dire, Solange, que mon âme est triste. . profondément!