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PI. VII

(Galerie Borghèse, Rome.)

LA GLOIRE

au-dessus de ses fortes jambes, rythme dans la brise du soir la cadence de ses pas légers.

Jamais Titien n’enferma dans une plastique sculpturale un paganisme plus sensuel ; les modelés délicats recouvrent des formes pleines et lumineuses. I/or et le bronze des chairs se parent, dans le bleu nocturne, des derniers reflets du couchant. Tes étoffes agitent, sous le vent qui les déplace, les plis harmonieux des soies cramoisies, pourpres, rousses ou bleues.

Te ciel se compose parfaitement, les nuages blancs et cuivrés s’étagent sur la profondeur du crépuscule en arabesques volontaires et en volumes ordonnancés. Tes lointains sont amoureusement étudiés, délicats, azurés. Ta composition du cortège semble obéir à un rythme unique qui projette d’une ruée en avant le dieu, les Ménades, les Sylvains et les Silènes vers la beauté d’Ariane.

Dans ce désordre apparent règne toujours la volonté qui organise. Tes moindres détails servent à relier ou à simplifier la composition : le petit chien qui unit la jambe du satyreau au vase d’argent roulant sur le blanc jauni d’un linge, le couple des panthères, souvenir raffiné des splendeurs orientales, l’envolée de la draperie de Bacchus reliant les arbres au volume principal.

T’œuvre annonce Rubens et Poussin. Par sa communion avec les choses, l’ancêtre vénitien apparaît comme le premier des peintres panthéistes.

Titien fut accueilli avec enthousiasme à la cour de Ferrare ; pendant le séjour qu’il y fit il se lia avec l’ Arioste.

Ta même générosité vivait en eux, contenue chez l’un,

plus inquiète chez Y autre. Une amitié profonde devait les unir.

Vers 1518, Titien termina une importante commande pour l’église des Frari : c’est cette fameuse Assomption, tableau resté très populaire et que l’opinion générale regarde comme le chef-d’œuvre du maître. Fes préférences de la foule et des pédagogues qui la conduisent se portent volontiers sur les œuvres les plus extérieures des grands hommes. Fa Transfiguration de Raphaël, la Descente de croix de Rubens, les Buveurs de Velasquez, la Vierge de Murillo, la Ronde de nuit de Rembrandt, toutes œuvres théâtrales qui portent par leurs moyens faciles et leur virtuosité.

1/ Assomption de Titien 1 fait penser à ces offices pompeux des jours de fêtes, où toutes les voix des orgues donnent à la fois : grand oratorio de commande qui n’a rien de l’effusion d’une prière montant d’une âme pieuse. Arraché à ses préoccupations païennes, Titien ne se sert ici que de sa science sans rien apporter de son cœur. Tout est voulu et semble soumis à une rhétorique empruntée à Rome. Sur cette grande image les apôtres s’agitent comme des acteurs drapés dans un rôle religieux ; leurs attitudes déclamatoires font illusion sur l’absence de véritable recueillement. Fa Vierge, pompeuse figure d’école, est plus un prétexte à draperies, que l’expression d’un sentiment élevé. Fa composition

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