ARCHITECTURE MUSCULAIRE
J’ai étudié, avec un soin particulier, l'architecture des principaux muscles. Cette étude, dont l’intérêt est considérable au point de vue de la morphologie générale, présente également une grande importance au point de vue physiologique, et parfois même au point de vue opératoire.
Comme exemples de ces études, je résumerai ici l’architecture du deltoïde, du grand pectoral, du grand adducteur et du soléaire, qui représentent des types assez différents.
Deltoïde. — A première vue, on distingue aisément, dans le corps charnu du deltoïde, trois portions : une p. antérieure ou claviculaire dont les fibres, parallèles entre elles, se terminent sur un large tendon qui s engage „ou 3 la partie moyenne du muscle pour aller s’insérer à la
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branche antérieure du Y deltoïdien; — une portion postérieure ou scapulaire, formée aussi de fibres parallèles entre elles et aboutissant, comme celles de la région antérieure, à une large aponévrose qui s’engage sous la portion moyenne pour aller s’insérer à la branche postérieure du V deltoïdien; — enfin, une portion moyenne, acromiaki dont la texture est fort différente de celle des deux portions précédentes. Comme le montre le schéma 83, ses fibres naissent des deux côtés de quatre ou cinq fortes lamelles aponévrotiques qui se détachent de l’acromion et descendent dans l’épaisseur du muscle ; elles vont se terminer sur les côtés de cloisons fibreuses qui s’élèvent de l’interstice du V delloïdien et sur les tendons des parties antérieure et postérieure.
K ces faisceaux penniformes de la partie moyenne, il faut ajouter d’autres fibres charnues qui, naissant directement de l’acromion entre les faisceaux précédents, vont se terminer sur le sommet descloisons tendineuses inférieures, tandis que d’autres, nées aux extrémités des cloisons tendineuses supérieures, vont s’insérer directement dans l’angle du Y deltoïdien entre les cloisons inférieures. — Les fibres des portions antérieure et postérieure sont plus longues que celles de la portion moyenne; la longueur des premières est de 11 centimètres en moyenne, celle des secondes de 9 centimètres seulement.
Les lames tendineuses des portions antérieure et postérieure s engagent sous les fibres charnues de la portion moyenne et sont ainsi masquées par elles, de telle sorte que le tendon huméral n’est visible que par la face profonde du muscle.
Grand pectoral. — Le corps musculaire du grand pectoral peut se décomposer en trois portions : claviculaire, sterno-costale supérieure et sterno-costale inférieure.
MÏOLOGIE.
Le plus souvent, les tendons des deux premières portions, accolés et soudés, formant le plan antérieur du tendon commun, sont unis intimement par leur bord inférieur au plan tendineux postérieur, constituant avec lui un Y tendineux à sinus supérieur (Sch. B). Parfois les trois tendons conservent leur indépendance, de telle sorte que le tendon commun est formé, dans sa partie inférieure, par trois plans tendineux superposes.
Regardez, sur l’os sec, combien est large et rugueuse la crête d’insertion du grand pectoral, lèvre externe de la coulisse bicipitale, soulevée par la traction des trois plans tendineux. Le tendon commun, résultant de leur fusion, est très épais, surtout dans sa partie inférieure, il s’attache sur la lèvre externe de la coulisse bicipitale, depuis la base de la grosse tubérosité jusqu’au niveau de l’extrémité supérieure de la branche antérieure du V deltoïdien. Du bord inférieur du tendon s’échappent quelques fibres qui vont se perdre sur le tendon du deltoïde et sur l’aponévrose brachiale.
De son bord supérieur partent des fibres verticales qui montent en avant de la coulisse bicipitale, Fre „ entre les deux tubérosités. Sa face postérieure est rà”*B vLip/du tcndol unie, par une expansion, au tendon du grand dorsal et du grand rond. Sa face antérieure est longée, tout près de l’attache osseuse, par un faisceau de fibres verticales.
Grand adducteur. — Examiné lorsqu’il est tendu, le grand adducteur présente une torsion des plus nettes. Cette torsion est sous l’influence de différents facteurs. Elle est due d’abord à l’entrecroisement des différents chefs du grand adducteur. Elle est due aussi à la torsion particulière que présente chacun d’eux; cette torsion, à peu près nulle pour le chef inférieur, à cause de son mode spécial de terminaison, est très nette pour les chefs moyen et supérieur. Elle est due encore, comme le montre le
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schéma ci-joint, à ce que les fibres dont l’origine est la plus interne ont l’insertion la plus élevée. La cause première de ces dispositions paraît résider dans la différence d’orientation des lignes d’origine et de terminaison; en effet, tandis que la première chemine oblique en avant et en dedans, dans un plan à peu près horizontal, la deuxième descend verticale, dans un plan sagittal.
Soléaire. — Le soléaire peut être considéré comme naissant des deux os de la jambe par deux chefs distincts.
Le chef péronier naît ; 1° de la partie postérieure de la tête du péroné; — 2” du tiers supérieur du bord externe de cet os; — 5° du quart supérieur de sa face postérieure; — 4° par quelques fibres de la cloison intermusculaire qui sépare le soléaire du long péronier latéral, et, plus spécialement, de la petite arcade, dépendance de cette cloison, sous laquelle s’engage le sciatique poplité externe. — dette origine péronière se fait par une aponévrose large, épaisse, extrêmement résistante. Sur la face postérieure de l’os, l'origine se fait par implantation directe des fibres charnues.
Le chef tibial s’attache : 1“ sur la lèvre inférieure de la ligne oblique du tibia; — 2° sur le tiers moyen du bord externe de cet os. — Cette origine se fait également par l’intermédiaire d’une aponévrose, qui, moins épaisse que la précédente, l’emporte sur elle en largeur.
Formées par des fibres verticales, ces deux aponévroses, d’abord distinctes, ne lardent pas à se fusionner en une lame unique, dont les bords se recourbent en arrière sur les parties latérales du corps musculaire. — En convergeant l’une vers l’autre, ces deux lames déterminent la forma-
tion d’une arcade aponévrotique, Y arcade du soléaire. Celle-ci est presqi exclusivement formée par la rencontre à angle aigu des fibres consti tuantes des deux aponévroses d’origine; il existe cependant quelque fibres unissant la tête du péroné à l’extrémité supérieure de la lign oblique du tibia et à l’aponévrose du poplité.
Inférieurement, les deux lames d’origine se séparent de nouveau n’occupent plus que les parties latérales de la face antérieure du muscl elles descendent très bas, mais en diminuant rapidement de volume, et f
perdent inférieurement en formant plusieurs languettes tendineuses isolé* et parallèles.
Les fibres charnues naissent des deux faces de eette aponévrose d’or: gine. — Les fibres qui naissent de la face postérieure sont de beaucou les plus nombreuses; elles constituent la masse principale du musch Elles se dirigent obliquement en bas et en arrière, et viennent se fixer apres un trajet assez court, sur l’aponévrose principale de terminam
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nettement séparées. — La portion interne se détache des deux tiers supérieurs du tendon tibial ; la portion externe, de la partie correspondante du tendon péronier et aussi de la face postérieure du péroné. — Ces deui portions sont formées par des fibres parallèles, qui convergent pour s’insérer sur les faces latérales d’un tendon spécial. — Ce tendon se détache du tiers inférieur de la face antérieure du grand tendon terminal, dont il est une émanation; il se dirige en haut et en avant, glisse entre l’extrémité péronière et l’extrémité tibiale de l’aponévrose d’origine bifurquée inférieurement, et passe en avant de celle-ci pour recueillir les fibres nées sur la face antérieure de cette aponévrose. Ce tendon, ou plus exactement cette lame tendineuse est orientée dans un plan intermédiaire au plan frontal et au plan sagittal, de façon à présenter une face antéroexterne et une face postéro-interne (coupe A). : ■ w
En somme, nous voyons que le soléaire est formé par deux systèmes charnus différents, l’un naissant de la face postérieure, l’autre de la face antérieure de l’aponévrose d’origine.
Toutes ces fibres vont aboutir au tendon terminal; mais, alors que les premières se fixent directement sur ce tendon, les autres s’y attachent par l’intermédiaire d’une petite lame tendineuse accessoire.
Les deux coupes schématiques que j ai fait représenter rendent bien compte de cette disposition. Elles montrent notamment comment le tendon accessoire de terminaison, attenant inférieurement au tendon principal (coupe A), s’en sépare supérieurement et se place en avant de l’aponévrose d’origine. — C’est cette aponévrose d’origine qui constitue l’aponévrose intramusculaire dont parlent les auteurs, en décrivant la ligature de la tibiale postérieure. Lorsque celte aponévrose est sectionnée, les fibres qui séparent encore l’opérateur de l’artère appartiennent au petit muscle penniforme antérieur.
Deltoïde fessier. — Je reproduis ci-contre un schéma représentant le deltoïde fessier et permettant de le comparer à son homologue du membre supérieur (fig. 87).
MYOLOGIE.