‹ Titres anatomiques et travaux d'anatomieChapitre 20 sur 35 · LYMPHATIQUES DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME · texte numérisé non relu

LYMPHATIQUES DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

Ayant reçu, comme sujet de pièces au concours pour la place de chef des travaux, les lymphatiques de l’appareil génital de la femme, j’ai commencé ce travail pendant l’été de 1887 et, depuis, j’ai continué ces recherches qui m’avaient fort intéressé. J’ai injecté, puis disséqué ces lymphatiques sur plus de 300 sujets de tout âge.

Ce travail fut d’abord publié dans le Progrès médical, 1889 et 1890. Je présenterai ici seulement un résumé des parties originales de ce long travail, dont les conclusions et les dessins ont été partout adoptés et reproduits. Les pièces, présentées à la Société Anatomique ont été déposées au musée de la Faculté.

Vaisseaux lymphatiques du Vagin.

Les vaisseaux lymphatiques du vagin sont extrêmement nombreux. Ils naissent des deux tuniques qui composent la paroi de ce conduit et sont ainsi disposés en deux couches ou réseaux : le réseau muqueux et le réseau musculaire.

Le réseau de la muqueuse est d’une extrême richesse, et ses mailles sont tellement fines que le mercure qui les a envahies paraît, h première vue, former une couche continue à la surface de la muqueuse sous l’épithélium. Les mailles du réseau de la tunique musculaire sont beaucoup plus grandes et formées par des lymphatiques plus gros. Ces deux réseaux communiquent entre eux. La figure 126 ne donne qu’une faible idée de la valeur du réseau lymphatique de la muqueuse vaginale; le but de celte figure est, d’ailleurs, moins de montrer le réseau lymphatique du vagin, semblable en tout à beaucoup d’autres, que de mettre en relief les direc-

LYMPHATIQUES

Le groupe supérieur des vaisseaux lymphatiques, nés des réseaux vaginaux, comprend deux ou trois vaisseaux, qui se détachent du tiers supérieur de l’organe et de son insertion au col utérin (1 de la fig. 126), se portent en haut et en dehors pour s’unir aux gros vaisseaux lymphatiques nés du eol utérin, et se rendent, avec ceux-ci, aux ganglions du plexus iliaque. Je n’ai jamais rencontré de ganglions le long de ces

Entre ces deux groupes se place un groupe moyen, qui n’a p’oint encore attiré l’attention des anatomistes, à ma connaissance du moins. Ce groupe moyen naît des réseaux lymphaliques de toute la partie moyenne du vagin; il comprend deux ou trois vaisseaux, qui cheminent d’ahord sur les côtés du vagin, puis sur les côtés de la cloison recto-vaginale, et gagnent, en suivant la direction de l’artère vaginale qu’ils côtoient sur la plus grande partie de son trajet, le ganglion inférieur du plexus iliaque. Je dis dès maintenant que le ganglion inférieur de ce plexus, qui reçoit les lymphatiques nés de la partie moyenne du vagin, est situé à l’origine même de l’artère vaginale, au niveau de la partie moyenne de la grande échancrure sciatique, en rapport en dehors avec le nerf sciatique, et en dedans avec le tissu cellulaire qui double la paroi du rectum. Quelquefois ce ganglion est double.

La figure 127 a été faite pour montrer ce groupe moyen des lymphatique,, vaginaux et les ganglions auxquels ils se rendent. Elle est la représentation très exacte d’une des pièces que j’ai déposées au musée Orfila. Je possède dans mon laboratoire d’autres pièces qui montrent également ces ganglions recevant les lymphatiques de la portion moyenne du vagin. Cette disposition est constante ; je l’ai vérifiée plus de trente fois et fait vérifier par des collaborateurs habiles et non prévenus.

Vaisseaux lymphatiques de l’Utérus.

Lymphatiques de la couche muqueuse. — Les anatomistes s’accordaient a nier 1 existence des lymphatiques de la muqueuse du corps utérin, en tant que vaisseaux. Je suis arrivé, un certain nombre de fois, à injecter au

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mercure, dans leur totalité, les lymphatiques de la muqueuse utérine; cependant, je n’ai point fait dessiner les réseaux lymphatiques de celte muqueuse parce qu’il m’a été impossible de conserver aucune des préparations que j’avais réussies. En effet, les lymphatiques de la muqueuse utérine sont d’une fragilité extrême, comme la muqueuse elle-même, et aussitôt que la pression est devenue assez forte pour permettre au mercure d’envahir la totalité du réseau, les vaisseaux crèvent en plusieurs points et se vident. Il n’en va pas de même des lymphatiques de la muqueuse dù col; celle-ci, plus dense, loge des lymphatiques plus résistants, et je possède deux préparations sèches, sur lesquelles on peut voir les lymphatiques de la muqueuse du col injectés au mercure.

C’est au même procédé qu’il faut recourir pour injecter le réseau lymphatique de la muqueuse du corps ; la piqûre directe de cette muqueuse ne donne point de résultats, ou ne donne que des résultats très incomplets ; à peine trois ou quatre mailles ont-elles été injectées que des ruptures se font sur plusieurs points dans le réseau lymphatique de cette muqueuse trop friable. C’est donc en piquant la muqueuse du col que l’on pourra voir (et je l’ai vu pour ma part au moins 5 ou 6 fois) le réseau se prolonger sur les parois de la cavité du corps utérin et envahir la totalité de l’organe.

Ce réseau, continu avec celui de la muqueuse du col, est beaucoup moins riche; les capillaires qui le forment ont un volume plus considérable et limitent des mailles plus grandes.

Lymphatiques de la, couche séreuse de l’utérus. — Les auteurs anciens, Morgaghi, Crijiksiiaîik. Masgagni, ne font point mention de ces vaisseaux. Les modernes décrivent, sous le nom de lymphatiques sous-séreux, les gros vaisseaux venus de la profondeur de l’organe, et qui n’ont rien de commun avec les lymphatiques superficiels, dont j’affirme l’existence. Oi,

n vient à piquer très superficiellement le péritoine qui

recouvre

l’utérus, en introduisant la pointe effilée du tube très obliquement, de façon à pénétrer dans la couche sous-endothéliale, sans aller jusqu au

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fait suite à ceux que je viens de décrire : il est situé plus bas encore dans l’excavation pelvienne, au milieu du bouquet des branches dé l’hypogastrique. Donc, les ganglions qui reçoivent les lymphatiques du col sont situés en partie dans l’excavation pelvienne et appliqués sur la paroi externe du bassin, avec les vaisseaux sanguins auxquels ils sont contigus; leur chaîne s’étend, depuis l’angle de bifurcation de l’iliaque primitive, jusqu’à la terminaison de l’hypogastrique.

Lymphatiques du corps utérin. — Les lymphatiques nés du corps et du fond de l’utérus s’accolent à l’artère utéro-ovarienne, dont ils suivent le trajet, pour remonter jusqu’aux ganglions lombaires, dans lesquels ils

Les ganglions lombaires, auxquels se rendent, en suivant le trajet des vaisseaux utéro-ovariens, les lymphatiques nés du corps et du fond de l’utérus (fig. 129), sont situés au niveau de l’extrémité inférieure du rein, au-devant de la veine cave et de l’aorte, enveloppant ces vaisseaux, sur lesquels ils sont appliqués, de leurs multiples anastomoses. Les ganglions placés le plus bas reçoivent plus particulièrement les lymphatiques utérins, les ganglions placés immédiatement au-dessus sont plus particulièrement en rapport avec les lymphatiques venus de l’ovaire ; mais, en raison de l’anastomose constante entre les vaisseaux lymphatiques de l’utérus et ceux de l’ovàire, il est assez rare que l’on n'injecte que les ganglions utérins; d’ordinaire le mercure s’engage, à partir de l’anastomose, dans la partie supérieure des troncs lymphatiques venus de l’ovaire, et tout le plexus ganglionnaire se trouve injecté.

Quelques lymphatiques de l’utérus se rendent encore aux ganglions de l’aîne par le ligament rond de l’utérus.

On peut les voir représentés sur la figure 129.

J’ignorais l’existence de ccs lymphatiques, dont les classiques ne font point mention, lorsqu’un jour, en injectant les lymphatiques de 1 utérus sur une enfant de quelques mois, je vis, avec surprise, un fin vaisseau se dessiner sur le ligament rond et le suivre jusque dans l’orifice interne u canal inguinal ; une autre fois le mercure prit la môme voie des deux

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is et gagna par le canal inguinal, en suivant toujours le ligamen ganglion de l’aîne. Plus tard, en lisant les œuvres de Mascagni, e cet habile anatomiste connaissait ces vaisseaux. Ils. sont fort gn ijection ne les pénètre que très rarement; on arrive assez facile! i injecter sur une longueur de 2 à 5 centimètres, puis l’in rrêle; il ne m’est arrivé que trois fois de les poursuivre jus aglions dans lesquels ils se rendent ; deux fois je les ai vus se 1 r le trajet inguinal, dans un ganglion du pli de l’aîne; dans le trc s, le vaisseau unique abandonnait le ligament rond à son entré trajet inguinal pour descendre dans un ganglion placé au-devî isseaux iliaques sous l'arcade de Fai.i,oi>e.

Les lymphatiques, qui suivent le ligament rond pour se rendre ai ons inguinaux, naissent de cette partie de l’utérus qui répond à 1

LYMPHATIQUES

travaux ont été consignés au chapitre II du 4* fascicule du Traité d’anatomie humaine.

VAISSEAUX ET GANGLIONS LYMPHATIQUES DU MEMBRE INFÉRIEUR ET DU PLI DE L’AINE

. Les pièces d’étude de ces lymphatiques, préparées pour le concours du prosectorat en 1883, ont été déposées au musée de la Faculté. Le professeur Sappey, ayant injecté dans leur totalité les lymphatiques superficiels du membre inférieur, je m'attachai surtout h l’élude des lymphatiques profonds, vaisseaux et ganglions. Deux pièces montraient les ganglions lymphatiques du creux poplité, dont il n’existait point alors de préparation. Nous avons pu utiliser ces travaux, déjà anciens, pour la rédaction du chapitre des Lymphatiques du. membre inférieur. ( Traité d’anatomie Aumatne, tome II, fascicule 4, Paris, 1901.) ; i . 1 ...

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