‹ Titres anatomiques et travaux d'anatomieChapitre 19 sur 35 · VAISSEAUX LYMPHATIQUES DU LARYNX · texte numérisé non relu

VAISSEAUX LYMPHATIQUES DU LARYNX

Vaisseaur. lymphatiques de la portion sous-glollique, ganglion prélaryngé. {Progrès médical, 1887.) — Le système lymphatique du larynx est remarquable par son développement ; toutefois, au dire des anatomistes, tant français, qu’étrangers, il faut distinguer, dans cet organe, de nés mtiellement différentes au point de vue du nombre et de l’importance des vaisseaux lymphatiques : une région sus-glottique, dans la muqueuse dé laquelle les lymphatiques « s’étalent avec une prodigieuse richesse », et une région sous-glottique « où ces vaisseaux ne forment plus qu’un réseau délié à mailles assez larges ». Tous les auteurs s’accordent à dire que cette différence s’accentue au fur et à mesure que l’on descend vers la trachée, mais aucun ne parle des vaisseaux lymphatiques de la région moyenne ou ventriculaire..

En conséquence, il n’est question dans les descriptions que des troncs lymphatiques qui partent du réseau sus-glottique et qui traversent la membrane thyro-hyoïdienne pour se rendre dans les ganglions située autour de la bifurcation des carotides.

Des recherches de contrôle entreprises sur ce sujet m’ont conduit à des résultats sensiblement différents de ceux qu’enseignent les anatomies, classiques. Ayant souvent rencontré dans mes dissections, un ou deux ganglions lymphatiques, au-devant de la membrane crico-thyroïdienne, dans le V formé par les muscles crico-thyroïdiens, je me demandai quels pouvaient être leurs lymphatiques afférents; disséquant ces ganglions avec précaution, et sous la loupe, je pus voir qu’ils recevaient, par leur face profonde, plusieurs troncs sortis du conduit laryngien par les trous de la membrane crico-thyroïdienne. Les suivre au delà était impossible, '" J1S N était permis de soupçonner que ces vaisseaux provenaient de la portion sous-glottique du larynx. Pour contrôler cette hypothèse, je résolus dinjecter au mercure, par le procédé ordinaire, les lymphatiques de la

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muqueuse laryngée dans sa moitié inférieure. J’avais appris que le réseau lymphatique de la portion sous-glottique était extrêmement délié et difficile à injecter, même pour les plus habiles; aussi ma surprise fut assez grande de voir, dès la première piqûre, toute la muqueuse de la région sous-glottique, y compris la face interne de la corde vocale inférieure se recouvrir instantanément d’un magnifique réseau à mailles si serrées que la muqueuse disparaissait a peu près complètement sous la fine dentelle de mercure. Ayant alors retourné la pièce, je constatai que plusieurs troncs lymphatiques injectés traversaient la membrane cruothyroïdienne et se jetaient dans le ganglion pré-laryngé dont j’ai parlé plus haut.

Fie. 124. — Ganglion pré-laryngé. J’ai renouvelé vingt fois l’expérience

avec le même succès. J’attribue la réussite de mes injeclions à ce fait que, n’ayant pas alors à ma disposition de larynx frais d’adultes, je m’étais servi de larynx d’enfants de 1 h 7 ans. Plus tard,j’ai repris les injections sur des larynx d’adultes, et j’ai remarqué que les difficultés augmentent avec l’âge du sujet ; c’est ainsi que; sur les sujets âgés, on ne réussit que très rarement à injecter l’ensemble du réseau laryngien, qui apparaît alors très délié et beaucoup moins développé que sur les larynx d’enfants ou d’adultes. Chez les vieillards, la muqueuse laryngée est plus lisse et beaucoup : moins épaisse; elle paraît avoir subi une sorte d’atrophie et 1,'élément lymphatique, dominant chez l’enfant et le jeune homme, n’y est plus que faiblement représenté. Celte atrophie ne porte pas seulement sur le réseau lymphatique de la muqueuse; elle s’étend, je crois, jusqu’aux ganglions qui reçoivent les troncs partis de ce réseau ; je le dirai plus loin à propos du ganglion pré-

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réseau sous-glottique s’allongent dans le sens vertical et ainsi sont formés deux groupes, ou pinceaux, de vaisseaux lymphatiques intra-muqueurqtii gagnent la région ventriculaire et se confondent avec le ; réseau lymphatique de celle-ci.

Réseau lymphatique de la région ventriculaire. — Bien qu’il ne soit pas décrit par les classiques, ce réseau existe. Je l’ai injecté par hasard en piquant la muqueuse sous-glottique, mais on réussit assez facilement à l’injecter par piqûre directe. Ce réseau est aussi riche que ceux des régions sus- et sous-glottique, avec lesquels il se continue.

Troncs lymphatiques. — Les troncs lymphatiques qui parlent du réseau laryngé doivent être divisés en supérieurs et inférieurs. Les premiers seuls ont été signalés; il est juste d’ajouter qu’ils sont les plus nombreux et les plus importants.

Les troncs lymphatiques inferieurs, qui partent du réseau sous-gloltique, affectent un tout autre trajet et une terminaison bien différente. Ils ont échappé jusqu’ici à l’observation des anatomistes. Au nombre de 5 à 5, ils traversent la membrane crico-thyroïdienne et se rendent tantôt dans un ou deux ganglions placés au-devant de cette membrane, ganglions prélaryngés, tantôt dans des ganglions latéraux, sur les parties latérales et inferieures du larynx, entre cet organe et la carotide primitive, mais.toujours plus rapprochés du conduit laryngien. C’est tantôt par un trou médian, tantôt par des trous latéraux de la membrane crico-thyroïdienne qu’on voit sortir les troncs lymphatiques de la portion sous-glottique : le plus souvént ils suivent le trajet de l’artère laryngée inférieure et de ses rameaux perforants.

Ganglion pré-laryngé. — la présence de ce ganglion est fréquente, presque ordinaire, car on le rencontre sur la moitié des sujets environ. Je l’ai recherché sur une centaine de cadavres et. je l’ai rencontré 49 foisparaît résulter de mes observations qu’il peut s’atrophier et disparaître

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