OREILLE
ses dimensions, sa situation, a pour centre et partie principale l’antre dit mastoïdien; — l’autre, à développement très variable, à type multiple, comprend les cavités, ou cellules, qu’il faut diviser en ; cellules masteridiennes, cellules squameuses, cellules rocheuses.
Antre pétreux, dit à tort antre mastoïdien.
Une cavité mastoïdienne est constante, c’est l'antre mastoïdien, qu’il est mieux d’appeler antre pétreux, car il est développé dans la portion pêlrcusc du rocher, et n’a rien à faire avec l’apophyse mastoïde; l'antre pétreux existe sur le nouveau-né, avec des dimensions presque égales à celles qu’on lui voit chez l’adulte, et le nouveau-né n’a pas d’apophyse mastoïde.
Vautre pétreux est la continuation directe de la cavité tympanique : j’ai décrit son abouchement large dans cette cavité, 1 ’aditus ad. antrum, sur la paroi postérieure de la caisse. Il continue en arrière la cavité épitympanique ou sus-cavité, n’étant qu’un prolongement de cette dernière . dans le tissu du rocher.
‘ J’ai décrit Vaditus, sur la paroi interne duquel on remarque la saillie du canal demi-eirculaire horizontal. Que dirai-je de la forme de l’antre? Je préfère à une comparaison bâtarde des représentations aussi exactes que possible. (Voy. les fig. 169, 170, 171, 172.)
Souvent, lorsque l’antre est très développé et haut situé, il soulève cette paroi supérieure en une saillie qui apparaît sur la face supérieure du rocher, immédiatement en dehors de la saillie formée par le canal demicirculaire supérieur. Parfois cette paroi est perforée : dans des cas de ce genre l’extension d’une suppuration de l’antre à la méninge paraît fatale. — La paroi interne, creusée de petites cellules, répond à la face poslérieùredu rocher et à la portion descendante du sinus latéral; — la paroi externe, très épaisse et compacte, est constituée par cette partie de l’écaille qui vient former le tiers antérieur de l’apophyse mastoïde. Il faut étudier l’antre chez le nouveau-né, sur lequel un coup dè bistouri suffit pour ah raser cette lamelle écailleuse et ouvrir la cavité de l’antre.
Chez 1 adulte, cette paroi s’est étrangement épaissie : elle a acquis une
TRAVAUX ANATOMIQUES
épaisseur de 2 centimètres environ, mais elle s’est creusée de cellules, au travers desquelles on peut arriver jusqu’à l’antre.
Chez l’adulte l’antre est moins nettement limité que chez l’enfant : en effet, au fur et à mesure que se développent les diverses parties du temporal, des espaces se creusent dans leur épaisseur, formant des cellules plus ou moins grandes, plus ou moins- nombreuses, qui viennent s’ouvrir dans la grande cavité de l’antre. Suivant la portion du temporal dans laquelle elles se sont développées, rocher, écaille ou mastoïde, ces cellules sont dites pétreuses, squameuses ou mastoïdiennes.
L’indépendance entre l’antre |pétreux et la cavité sus-tympanique me paraît résulter de ce fait qu’une cloison muqueuse, non décrite, je crois, placée au niveau de 1 ’aditus, établit Une séparation souvent complète, entre
les deux cavités. Sur l’adulte, cette cloison manque souvent; elle est constante chez le nouveau-né; toujours , très mince et transparente, elle paraît témoigner que les deux cavités se sont développées à part. Le fait n’a d’ailleurs pas d’importance.
Cellules mastoïdiennes, squameuses, pétreuses.
Les cellules mastoïdiennes sont d’ordinaire les plus développées; cependant, elles se présentent sous des typés
une mince coque osseuse (tig. 169); parfois même la paroi osseuse est résorbée, la cellule s’ouvre sous le périoste, et ces cas font comprendre l’apparition possible d’un pneumatocèle mastoïdien. Tantôt elles existent à peine, la mastoïde étant tout entière formée par un diploé dense (tig. 170). Entre ces deux extrêmes sont des états moyens, dans lesquels
APOPHYSE MSTOlDE.
des cellules plus ou moins grandes prolongent jusqu’il la moitié, ou jusqu’aux deux tiers de l’apophyse mastoïde, la grande cavité centrale de l’antre pétreux, De là des. types divers d’apophyses, que l’on qualifie apophyses pneumatiques, diploïques, scléreuses, suivant le développement très marqué, moyen .ou nul des cellules. Nos figures représentent ces types divers.
Les cellules écailleuses se développent surtout dans celle partie de l’écaille qui forme la paroi supérieure du conduit auditif externe; le plus
souvent elles n’existent que dans la moitié interne de cette paroi ; parfois elles l’envahissent tout entière; elles peuvent s’étendre en avant dans la racine de l’apophyse zygomatique, et en arrière le long de la crête sus-, mastoïdienne.
Les cellules petreuscs présentent un développement variable suiyant les sujets; èn général elles occupent la base de la pyramide, s’avançant en avant jusqu’au canal du facial, en bas jusqu’au golfe de la jugulaire.
J’ai précisé les rapports profonds, habituels, de l’apophyse par cette formule, généralement adoptée aujourd’hui : le tiers antérieur-de l’apoi physe mastoïde est pétreux, le tiers moyen sinusien, le tiers postérieur cérébelleux (fig. 171).
TRAVAUX ANATOMIQUES
Topographie des deux premiers espaces intercostaux.
Dans une communication sur la chirurgie des cavernes pulmonaires', présentée, avec Jonnesco, au Congrès français de chirurgie de 1896, j’ai précisé les rapports des deux premiers espaces intercostaux.
Après avoir fait des recherches sur vingt sujets tuberculeux, j’ai noté : 1“ que le premier espace intercostal a une hauteur moyenne de 2 centimètres (22 ra “,4) et qu’il est un peu plus haut du côté gauche que du côté droit; 2° que le tiers interne de la clavicule seul est thoracique ou pulmonaire, les deux tiers externes étant scapulaires, et que c’est au-dessous du tiers interne qu’il faut opérer, à distance des vaisseaux et nerfs sous-claviers. Il faut reconnaître l’articulation sterno-claviculaire, dont l’interligne se creuse, lorsque les épaules sont rejetées en arrière, et immédiatement au-dessous la saillie, très manifeste, formée par le cartilage de la première côte.
RÉGION OBTURATRICE
J’ai publié ce travail en 1888, à propos d’un cas de hernie obturatrice, recueilli par Picqué à l’hospice des Ménages. Il contient une description anatomique complète de la région obturatrice, basée sur l’étude de plus de cent cadavres.
' Je détâcherai seulement dé Cë travail, illustré de 7 figures gravées sur bois, les parties dans lesquelles j’ai été assez heureux pour signaler quelques détails nouveaux, où pour rectifier des interprétations erronées, notamment en ce qui concerne : les membranes obturatrices, dont l’externe n’avait point été décrite; le canal sons-pubien, dont l'étendue ët la constitution avaient été jusqu’alors réduites à ce qui n’eii est en réalité que la partie, postérieure; l 'artère obturatrice, dont la description et;le dessin qui la représente ont été adoptés et reproduits par le professeur - Wm.deveb , de Berlin..
Membranes obturatrices. — L’aire du trou sous-pubien est occupée
■ région Obturatrice. '
variables, la renforce : ce trousseau ligamenteux s’insère, sur la circonférence'du trou sous-pubien, au tubercule obturateur interne ou inférieur ; de ce tubercule les fibrés du faisceau gagnent, en divergeant, la partie diamétralement opposée de la circonférence, et se fixent très solidement un peu suri le bord du trou, beaucoup plus sur là face interne de la branche descendante du pubis. Bien qu’il ne constitue point un ligament à part, mais un simple renforcement dé ila membrane obturatrice interne, il faut donner un nom à ce trousseau fibreux, car il joue dans les phénomènes pathologiques, dont cette région peut devenir le théâtre, un rôle prépondérant. C’est la seule partie résistante de la membrane obturatrice, la seule que l’ongle ne puisse pas déchirer ou détacher ; c’est sur elle que viendront s’étrangler quelques hernies. Je propose de ! l’appeler ligament postérieur du canal sous-pubien , en répétant qu’il n’est qu’un renforcement de la membrane interosseuse. Au-dessous de ce ligament la membrane obturatrice interne s’amincit légèrement ; enfin elle se termine, un peu au-dessous du bord postérieur de la gouttière sous-pubienne, par une arcade fibreuse qui limite avec cette gouttière Yorifice interne, ou pelvien, du canal sous-pubien. Par toute l’étendue de sa face pelvienne elle donne insertion au muscle obturateur interne. Sa face externe répond, en bas à l'obtura-.leur externe, en haut au canal sous-pubien, dont elle forme la paroi postérieure et inférieure.
- Dans son tiers supérieur la membrane obturatrice interne s’est légèrement inclinée en arrière et en dedans pour suivre la: lèvre pelvienne de la gouttière sous-pubienne. De cette obliquité il résulte que le tiers supérieur de la membrane obturatrice interne forme, avec la moitié postérieure delà gouttière osseuse, un canal ostéo-fibreux. Ce canal, décrit d’ordinaire sous le nom de canal sous-pubien, ne représente, en réalité, que la partie postérieure du vrai canal sous-pubien (voy. la coupe, fig. 175).
' D'ne autre membrane obturatrice va former, avec la moitié antérieure de la gouttière sous-pubienne, la partie antérieure, plus étroite, du canal sous-pubien considéré dans son ensemble. Cette dernière membrane appartient au muscle obturateur-externe, dont-elle n’est qu’une aponévrose 'd’insertion.