TRAVAUX
Membrane obturatrice externe. — Lorsqu’on détache le muscle obturateur externe, en ménageant avec soin l’aponévrose à laquelle il s’insère profondément, on met facilement en évidence une lamelle fibreuse qui descend du bord antérieur du pubis vers la partie! moyenne de la membrane obturatrice, et qui donne insertion, dans toute son étendue, au tiers moyen du muscle obturateur externe, Fischer a très bien vu cette mem¬
brane, et lui a donné le nom de membrane obturatrice externe.
Elle se compose d’ün faisceau principal et de plusieurs faisceaux acces^ soires. Le faisceau principal s’insère sur le tubercule obturateur externe et traverse l’aire du trou pour aller s’insérer, en s’élargissant, au point diamétralement opposé, sur la face externe de la branche descendante du pubis-,
• C’est la membrane'obturatrice externe qui donne insertion au muscle obturateur externe ; elle suit la lèvre cotyloïdienne de la gouttière souspubienne. Au niveau du trou sous-pubien les deux membranes sont séparées par toute la largeur de la gouttière ; elles se rejoignent et contractent quelques adhérences au-dessous de cette gouttière. La coupe représentée
figure 175 aide à faire comprendre celte espèce de dédoublement. Bien que
l’externe soit beaucoup moins haute et plus faible, les deux membranes présentent les plus grandes analogies ; on dirait une membrane interosseuse, qui. unique en bas, se serait bifurquée en haut pour former, par sa fourche fibreuse, la paroi inférieure du canal sous-pubien. J’ai déjà dit qu’en haut les deux membranes sont séparées par toute la largeur de la gouttière osseuse; en bas elles se rejoignent, mais ne contractent que de
RÉGION OBTURATRICE.
faibles adhérences en avant ; en arrière elles sont séparées par la gouttière des vaisseaux cotyloïdiens. Des vaisseaux et de la graisse occupent l'intervalle qui lés sépare ; dans leur tiers moyen elles sont parfois adhérentes, parfois séparées par une lame graisseuse qui établit la continuité entre la graisse contenue dans le canal sous-pubién et celle qui tapisse le fond de la fosse obturatrice externe.
Au-dessus du ligament qui les renforce, les deux membranes obturatrices deviennent fort minces, et l’arcade fibreuse par laquelle chacune d’elles se termine, en limitant utt orifice du canal sous-pubien, appartient autant au muscle lui-même qii’à la membrane.
Canal .sous-pubien. h¥ Le canal sous-pubien est Un conduit ostéofibreux, formé en haut par la gouttière osseuse sous-pubienne, en bas par la bifurcation des aponévroses obturatrices interne et-externei J’ai dit, après tous les auteurs qui ont traité de l’anatomie de la région, comment le plan oblique de la membrane obturatrice interne constituait, avec là moitié postérieure de la gouttière sous-pubienne, un canal ostéorfibreux. Mais le canal ostéo-fibréux ainsi formé ne représente que la moitié postérieure du conduit sous-pubien. En réalité ce canal est continué en avant par la. membrane obturatrice externe et le muscle obturateur externe, opposant tous les deux leur plan fibro-musculaire a la moitié antérieure de la gouttière sous-pubienne, comme la membrane obturatrice interne et Vemuscle obturateur interne opposent leur plan fibro-musculaire « la moitié postérieure de la. même gouttière : ainsi constitué, le canal sous-pubien se poursuit depuis le bord postérieur de la partie horizontale du pubis jusqu’au bord antérieur de cet os ; il est donc beaucoup plus long qu’on ne le décrit ordinairement et de direction toute autre. La coupe représentée figure 175 donne une notion exacte de sa forme et de sa direction. Introduisez par l’orifice.postérieur de ce canal une sonde ou un stylet; l’instrument viendra sortir par l’orifice antérieur, montrant ainsi la longueur et la direction curviligne à concavité supérieure du vrai canal sous-pubien.
: Constitué, comme :je l’ai dit, par la gouttière osseuse en haut et en avant, et par un plan fibro-musculaire bifurqué en arrière et en bas, le
TRAVAUX ANATOMIQUES
canal sous-pubien a une longueur de trois centimètres environ. Dans sa moitié postérieure il est obliquement descendant en bas, en avant et en dedans; dans sa moitié antérieure, son axe se relève et se dirige presque horizontalement en avant ; sa direction est donc légèrement curviligne à concavité embrassant la convexité antéro-postérieure de la gouttière sous-, pubienne (voy. la coupe, fig. 175).
. Orifice interne ou pelvien. — De forme ovalaire à grand axé parallèle à là branche horizontale du pubis, il est constitué, en haut par le bord postérieur mousse de la gouttière sous-pubienne, et en bas par l’arcade aponévrotique qui donne insertion aux fibres de l’obturateur interne. Cette arcade fibreuse est.rènforcée toujours par l’aponévrose de recouvrement du muscle obturateur, et quelquefois par l’arcade fibreuse du muscle releveur de l’anus.
, Cet orifice interne du' trou sôus-pübien donne passage au nerf obtu* rateur, à l’artère et à la veine obturatrice. Au moment de leur entrée dans le canal, ces trois : éléments conservent l’ordre dé superposition qu’ils avaient, avant l’entrée, sur. la paroi pelvienne : le nerf est au-dessus de l’artère, la veine au-dessous de l’artère.
Il, y a lieu d’insister , sur cet. ordre de superposition ; . car tous les classiques, tant Français qu’étrangers, à l’exception de Marcelin Duvai,, décrivent et figurent le nerf comme passant au-dessous de l’artère. lorsque, l’artère obturatrice naît de l’épigastrique, elle se place en avant du nerf et sur le même plan que lui : a-t-on déjà dit que dans ces anomalies la veine ne suit point toujours l’artère et garde sa place au-dessous dti nerf? Jè l’ai souvent observé.
Le nerf, l'artère et la veine occupent toujours l’extrémité postérieure de l’orifice; l’extrémité antérieure est occupée par un gros peloton graisseux, qui s’engage dans le canal sous-pubien, où il jouit d’une grande mobilité.
Orifice externe. — L’orifice èxteme du canal sous-pubien a une constitution identique à celle de l’orifice, interne : il est formé en haut parle bord antérieur de la gouttière sous-pubienne, et en bas par.
OEUVRES DIDACTIQUES
TRAITÉ D’ANATOMIE MÉDICOCHIRURGICALE
(Premier fascicule : Tète, Crâne, Encéphale, Oreille, avec IM figures en noir et en couleurs),.
J’ai commencé la publication de. ce traité en 1892, et voici l’avertissement que je mis en tête ; .
Je ferai une préface à cet ouvrage.lorsqu’il sera devenu, comme le promet son titre, un traité d’anatomie médico-chirurgicale. — L’anatomie médico-chirurgicalel cela.existe. Sans aller jusqu’à dire, avec Malcaigne : « Ce n’est nullement un paradoxe d’afjirmer quedes anatomistes, de profession ne possèdent que très imparfaitement l’anatomie », on peut affirmer qu’il y a, à côté de l’anatomie descriptive pure,, une autre anatomie, complément indépendant de la première, l’anatomie vivante, .appliquée, topographique, médico-chirurgicale, comme on voudra l’appeler.
Pour le présent, je veux seulement fajre connaître, au lecteur,, le plan sur lequel l’ouvrage est conçu et le but qu’il cherche à atteindre.
Nous ne manquons point de livres du même genre : la littérature médicale française est particulièrement riche en traités d’anatomie appliquée ; nous avons VIalgaigne, Paulet, Richet, Tillaux.,.; les littératures étrangères comptent de nombreux, travaux : Lusciika, Hyktl, Meukel...; œuvres françaises et étrangères, sont :toules œuvres de maître.
• Il m’a paru, cependant, que les ouvrages lés plus récents ne répondaient plus t parfaitement aux besoins agrandis de là pratique, tant médicale que chirurgicale. Tel chapitre, longuement traité, n’a plus.de raison d’être ; tel autre, à peine ébauché par nos maîtres, est devenu d’importance primor-
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diaie. Pour ne citer qu’un exemple, emprunté aux sujets traités dans ce volume, n’est-il pas vrai de dire que le chapitre consacré à l’étude des rentres nerveux doit leni’r une grande place, dans un ouvrage qui voudrait servir de guide au médecin et au chirurgien, à la recherche du diagnostic ou d’une voie opératoire.
A un autre point de vue, les changements apportés dans nos méthodes d’exploration et d’opération par les .conquêtes récentes de la science, les traitements médicaux modifiés par la conception plus nette.des processus morbides, les hardiesses autorisées d’une chirurgie que rien ne peut arrêter, exigent une exposition autre, une compréhension plus large de l’anatomie médico-chirurgicale.
Il entré dans mon esprit de né point faire seulement l’anatomie des régions aux différents âges de la vie, mais aussi celle des tissus, avec leurs affinités et leurs réactions morbides diverses, souvent réglées par la prove-
Jc m’appliquerai encore à donner une description étendue de l’aspect dés régions, à montrer comment une exploration attentive peut soupçonner, sentir et retrouver, sous la peaii, l’anatomie des couches profondes et déterminer des repères infaillibles. J’essaierai, en un mot, de montrer le corps humain tel que le médecin le rencontre au lit du malade, tel qu’il apparaît sous le couteau du chirurgien, îi la table d’opération.
Les dessins devront être nombreux, car l’anatomie s’apprend surtout par lès yeux ; ayant à ma disposition un matériel anatomique suffisant, j’ai cherché à montrer les aspects divers des régions et ,1a succession de leurs couches. J’ai priéM. Cuver, l’artiste qui a bien voulu me prêter le concours de son talent, de ne jamais sacrifier l’exactitude à la beauté : ensemble; nous nous sommes efforcés de donner de toutes les parties une représentation aussi exacte que possible, telle qu’elle pût remplacer la pièce anatomique. -— Il n’est pas hon de montrer les choses autrement qu’elles sont dans la réalité.
ŒUVRES DIDACTIQUES
Et ce traité en est resté à son premier fascicule, comprenant la tête (crâne, encéphale, oreille).
En effel, j’en ai interrompu la publication pour la raison très simple que voici : je ne tardai pas à m’apercevoir, 5 propos de la rédaction de chaque chapitre, que nos traités d’anatomie descriptive n’étaient plus au courantdela science anatomique, laquelle avait accompli, dans ces dernières années,. par les travaux français et étrangers, un progrès analogue aux progrès de toutes les sciences biologiques et des sciences en général; il devenait, par cela même, impossible de présenter l’ensemble d’une science dont les détails n’étaient point connus. Aussi peut-on remarquer que les descriptions, dans ce fascicule, sont alourdies, ralenties, retardées par l’exposé des rectifications de,détails.
Je résolus alors d’interrompre l’ouvrage pour entreprendre la publication d’un Traité d’anatomie descriptive.
Lorsqiie.ee dernier sera terminé, dans quelques mois au plus, je compte reprendre la publication du Traité d’anatomie médico-clnrurmcale. dont la plupart des chapitres ont été, étudiés et exposés dans les cours d’anatomie descriptive et topographique, que j’ai faits pendant dix ans comme chef des
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