OSTÉOLOGIE
appelé l’attention : leur présence témoigne de l’importance des pressions que subissent les facettes articulaires des épines tibiales.
Production du tissu osseux dans le tissu conjonctif souscutané; plusieurs présentations à la Société anatomique au cours do
ARTHROLOGIE
Au moment de résumer ma contribulion personnelle à ce chapitre de l’anatomie, j’éprouve quelque embarras, même un peu de confusion.
Pendant trois années consécutives (1890, 1891, 1892) j’ai poursuivi, avec acharnement et presque à l’exclusion de tout autre travail, l’élude des articulations du corps humain. Chef des travaux anatomiques et disposant, de ce fait, d’un très grand nombre de cadavres, aidé d’ailleurs par la foule d’élèves qui emplissaient alors mon laboratoire, transformé en ruche anatomique, j’ai pu étudier à loisir l’arthrologie, sujet de ma
Je demanderai aux lecteurs qui vont être mes juges de bien vouloir se rappeler en quel état était ce chapitre de l’anatomie dans nos livres classiques, Cuuveiluier, Sappey, Testut (1“ édition), lorsque parut, en 1893, l’arthrologie que j’avais mis trois ans à rédiger, après en avoir fait deux fois le sujet de mon cours d’hiver.
Tout ce que j’ai pii ajouter aux ébauches d’arthrologie, dont nos élèves étaient alors obligés de'se contenter, n’est point en vérité sorti de mon laboratoire. Beaucoup de points avaient été antérieurement traités par des anatomistes de premier ordre, mais il n’était venu à personne l’idée de rechercher ces connaissances, éparses dans des monographies ou dans les traités anciens.
J’ai cependant été assez heureux, avec l’aide, le contrôle, et l’encouragement des nombreux élèves qui ajoutaient leurs dissections aux miennes et m’aidaient dans mes expériences, pour apporter, en quelques points,
arthrorogie.
une lumière personnelle et ajouter à la somme de nos connaissances actuelles. Je ferai avec soin le départ entre les travaux que j’appellerai de résurrection et de contrôle et ceux dans lesquels je n’avais point été
Me permetlra-l-on d’appeler encore ici l’attention sur les dessins de l’arthrologic : il y en a plus de 200; à bien peu d’exceptions près, ils sont tous originaux, ayant été faits sur des pièces préparées dans mon laboratoire. Ils s’éloignent beaucoup du type des dessins conventionnels adoptés alors dans les classiques français et étrangers. A leur apparition, il faut avouer qu’ils n’obtinrent pas 1 approbation de tous : on leur reprocha, à juste titre, d’ôtre trop complets et par suite un peu confus. J’acceptai ce blâme comme un éloge ; à mon avis un dessin anatomique doit, avant tout, être exact; je n’aime point ces dessins dans lesquels un ligament, jaune ou bleu, vous saule aux yeux et violente votre attention. Ce n’est pas ainsi que les choses se présentent dans la nature ; un dessin doit être la représentation exacte d’une pièce, de la pièce sur laquelle l’élève, devenu praticien, devra se reconnaître, et rapidement, dans un traumatisme ou au cours d’une opération.
Aussi bien, il me semble que j’ai eu gain de cause à cet égard, puisqu’il m’est arrivé de voir des anatomistes rejeter et supprimer les dessins qu’ils avaient d’abord donnés, pour les remplacer par des planches magnifiques inspirées de la manière qui m’avait guidé dans mes illustrations.
Articulation sterno-claviculaire.
Elle présente des surfaces articulaires qui ne correspondent pas et un fibrorcartilage interarticulaire qui rétablit la correspondance (Sappev, Henle, CnuvEiLiiiEn). Je ne partage pas, sur ce point, l’opinion classique; après de nombreuses dissections et expériences, dont les résultats ont été «posés dans un travail spécial (P. Poirier, la Clavicule et ses articulations, Jaurn. de l’Anatomie, mars-avril 1890), je suis arrivé à la conclusion suivante :
TRAVAUX ANATOMIQUES
L’articulation stemo-claviculaire est me articulation par emboitement réciproque , dont les sur faces se correspondent parfaitement, et dans laquelle la présence d'un ménisque inlerarlimlaire n’est point explicable par la nécessité de rétablir une non-concordance qui n’existe pas.
On peut voir, en effet, au cours de la description, que la surface claviculaire est surtout convexe, la surface sternale, surtout concave, et que, dans l’ensemble, l’articulation sterno-claviculaire appartient plutôt au
Absence du ménisque de l’articulation sterno-claviculaire,
Les ligaments coraco-claviculaires et leurs organes séreux,
Journal de l’Anatomie, 1890.
Ossification du ligament conolde, Soc. Anal., 1887. >
Union de la clavicule avec la première côte.
L’étude attentive de cette union, sur un grand nombre de sujets,' m’a permis de décrire la véritable articulation qui remplace assez fréquemment l’union à distance.
TRAVAUX ANATOMIQUES
et dans son revêtement, une complexité qui n’a point été signalée. C’est en étudiant ce point particulier que j’ai été appelé, à reviser les idées adoptées sur le mécanisme de cette articulation importante.
Cavité glénoïde. — A. l’état frais, la cavité glénoïde est, en élfet, revêtue d’un cartilage un peu plus mince au centre qu a la périphérie : on peut voir, sur des coupes, que l’épaisseur de ce cartilage augmente notablement dans le tiers inférieur excavé de la cavité, et qu’elle est minima au niveau du tubercule glénoïdien.
Sur la. cavité glénoïde revêtue de son cartilage, on voit parfois au niveau du tubercule glénoïdien une tache jaunâtre ou grisâtre. Cet aspect, dû à la minceur et à la translucidité de la couche cartilagineuse h ce niveau, reconnaît encore une autre cause. Dans ces cas, en effet, ce n’est plus du cartilage hyalin que l’on rencontre en ce point, mais du fibro-cartilage, J’ai souvent constaté ce fait sur des coupes histologiques, Il est d’ailleurs facile de s’assurer, en explorant le revêtement cartilagineux avec une pointe mousse, qu’il est beaucoup moins dur au niveau de la tache centrale que dans le reste de la cavité glénoïde. Cette constatation ne manque pas d’intérêt; elle m’a conduit à rejeter la théorie du contact polaire, à moins que l’on ne veuille admettre que le cartilage s’amincit et se transforme parfois en fibro-cartilage là où la pression atteint son maximum ;celle assertion irait à l’encontre d’une des lois les mieux établies dans l’anatomie générale des articulations, à savoir que l’épaisseur du cartilage croît avec le degré de pression.
Bourrelet glénoïdien. — Ilpiésente certaines particularités qui n’avaient
point été signalées.
Dans sa partie inférieure , le bourrelet glénoïdien empiète plus ou moins sur la surface osseuse; il dessine là un croissant d’étendue variable qui peut occuper tout le tiers inférieur de la cavité. Il est aisé de reconnaître, à sa couleur plus male et à son aspect strié, cette partie de la glène envahie par le tissu fibro-cartilagineux.
Tout le segment inférieur du bourrelet adhère intimement au tendon
ARTIlItOLOGffi.
tricipilal, et forme ce'que j’appellerai le coussinet élastique du bras. Exceptionnellement le bourrelet reste libre à ce niveau.
Ces constatations anatomiques sur le coussinet élastique du bras m’ont conduit à d’intéressantes expériences sur la mécanique de celte articula-
TRAVAUX ANATOMIQUES
ARTHR0L0G1E.
comme une arliculalion Irochléenne ; beaucoup l’ont comparée à une charnière serrée réunissant le bras et l’avant-bras; Morris la qualifie de charnière absolue; il eût mieux fait de dire charnière disloquée, car nous y constaterons un jeu assez lâche et des mouvements de latéralité dans toutes les positions. — A y regarder de près, l’articulation huméro-cubilale est une articulation en pas de vis.
Radius. — Nos notions anatomiques sur l’extrémité articulaire du radius étaient incomplètes.
L’extrémité supérieure du radius, segment de cylindre, dit-on, est creusée d’une cupule par son contact avec le condyle huméral. Cette cupule radiale est limitée par un rebord épais, dont la moitié interne est large et taillée en biseau.
Le biseau radial (Y. fig. 17) s’articule avec le plan incliné, qui joint la lèvre externe de la trochlée au condyle huméral. L’addition du croissant formé par le biseau radial, élargit notablement la tête radiale dans le sens transversal ; elle est donc plus ovalaire m u n
que circulaire. Des mensurations précises, sur vingt diale, vue d'on haui. sujets, m’ont démontré que le diamètre transversal l’emporte toujours de 1 à 2 mm . sur l’antéro-postérieur ; cette considération n’est pas à négliger pour le' mécanisme de l’articulation radio-cubitale supérieure.
Ligament latéral externe. — (Jne étude attentive, répétée, contrôlée, m a permis de modifier complètement la description de Y appareil ligamenteux externe, dans lequel tous les anatomistes décrivaient et représentaient, en des planches magnifiques, un ligament annulaire qui n’existe point en réalité.
Le ligament latéral externe comprend trois faisceaux.
# ) Le faisceau antérieur, assez résistant, va de la partie antéro-inférieure de 1 épicondyle à l’apophyse coronoïde, sur laquelle il se fixe immédiatement en avant de la petite cavité sigmoïde. Son trajet est curviligne : il est
Physiologie des mouvements de pronation et de supination.
immobile, se déplace dans les mouvements de pronation et de supination.
Vers 1828, Gerdy (Physiologie médicale didactique et critique) enseigna que les deux
Düchenne de Boulogne (Physiologie des mouvements , 1867) reprit la théorie de Gerdy* et apporta à l’appui l’expérimentation sur le cadavre et l’observation sur le vivant à l’aide de la faradisation. Pour cet auteur le radius et le cubitus décrivent, dans les mouvements de pronation et de supination, des arcs de cercle en sens contraire et d’égale étendue,
Tout à fait séduit par la lecture des travaux de Gerdy et de Düchenne de Boulogne, j’ai entrepris un certain nombre de recherches et d’expériences dans le but de me faire une conviction sur le sujet. Ces expériences ont été faites dans mon laboratoire au cours de l’hiver 1887-1888, avec l’aide de mes élèves et amis MM. Meige et Meunier. Nous avons
50 TRAVAUX ANATOMIQUES
■ Physiologiquement, je veux dire'sur le vivant, l'observation démontre que l’humérus prend part à ces mouvements de pronation et de supination.
relevées par Duchenne de Boulogne dans l’articulation lmméro-cubitale. ^ - »
De plus, nous avons vu qu’un point quelconque de l’extrémité supérieure du radius décrit, de llextrême supination à la pronation extrême, un arc de 120 degrés environ. Ayant coupé successivement le ligament interosseux, la bandelette dé Weitbrecht et la coiffe radio-cubitale supérieure, nous avons pu vérifier que l’étendue de ces mouvements n’était en rien accrue; ainsi se confirme notre opinion que ce sont les fibres internes de la capsule (ligament de Denucé) qui, en s’enroulant autour du col radial, limitent les mouvements de pronation et de supination.
:. L’axe autour duquel tourne la tête du radius passe par le centre de la cupule, mais n’est point fixe, ce qui était à prévoir, étant donné que le pourtour de la tête n'est point parfaitement circulaire, mais plutôt ovalaire; ce centre se déplace suivant la ligne représentée figure 21. De plus, dans la pronation la tête du radius se porte un peu en avant, et .paraît se rapprocher du condyle, par une sorte de glissement dans l’articulation radio-ciibitale supérieure, tandis que dans la supination elle se porte en arrière et tend à s’écarter du
Physiologie du ligament interosseux de l’avant-bras.
Le rôle véritable du ligament interosseux de l’avant-bras n’avait point été reconnu. Je me suis efforcé de le démontrer expérimentalement; Ülürf La plupart des anatomistes admettent, avec Cruveilhier, que cette membrane, commué le principal usage est de servir h des insertions musculaires. En effet, la face antérieure donne
-•'Weitbrecht, qui lui attribue le rôle dé limiter la supination, et Sappey - ont fait rémâr-
ARTHROLOGIE.
ARTHR0L0G1E..
Quelquefois la;description classique du ligament latéral interne est réalisée, et l'on peut
un prolongement de la synoviale. Deux fois j'ai vu le sommet de l’apophyse cubitale, encroûté de cartilage, entrer en contact articulaire avec le pyramidal.
Synoviale. — Tous les prolongements de cette synoviale n’avaient point été étudiés. J’ai tenu à les faire bien connaître, en raison du rôle important qu’ils jouent, à mon avis, dans la pathogénie des ganglions du poignet. Dans ce but, j’injectai, pendant mon proseetorat, les synoviales sur 100 articulations radio-carpiennes. Les résultats de ce travail ont été consignés dans un mémoire sur les kystes synoviaux du poignet, que je présentai au Congrès international de Berlin en 1890.
La synoviale carpienne communique assez souvent avec la synoviale de l’articulation radio-cubitale inférieure par un orifice en forme de fente, Ou
de croissant, que l’on rencontre à la base du ligament triangulaire.
Dans plus de la moitié des cas, la synoviale de l’articulation radiocarpienne communique avec la synoviale de l’articulation pisi-pyra— midale.
Un prolongement constant est celui qu’elle envoie au-devant de l’apophyse styloïde du cubitus : ce prolongement prê-styloïdien occupe l’intérieur du ligament latéral interne dans les cas où ce ligament
revêt la forme cylindrique. r,c ' 2S - ~ s î n0,iale de ‘'articulation radio-
- J 1 carpienne, vue postérieure.
Le prolongement pré-styloïdicn La synoviale cdio-crpienne injectée communiquait me paraît répondre au contact qui " ,oc '* s,nov " 1,c raà °- cubll,1,! ■" Kn «“ re s établit entre le bord antérieur du ligament triangulaire et l’àpophyse styloïde du cubitus dans les mouvements de pronation.
Un autre prolongement constant est celui qui émerge par le petit orifice *I ue ménagent avec le bord antérieur de l’extrémité radiale les fibres supé-
1 auection co
siologie pathologique de ressort
Dans ce travail, qui fut publié dans les Ar cine (numéros d’août et de septembre 4889), certaines particularités anatomiques et physio en cause dans le doigt à ressort; j’essaie de exacte, l’expérimentation et les faits, que la liculàrités est indispensable pour saisir la pli doigt à ressort ; enfin je signale une variété, ne affection, dans laquelle les troubles articulair
Je ne pense pas que jamais une théorie articu été donnée ou seulement invoquée avant celle que depuis elle a pris rang dans la classification.
Surfaces articulaires. — Du côté des métacai
TRAVAUX ANATOMIQUES
livement sur vingt squelettes de notre École pratique. Les tubercules externes (radiaux) sont plus développés sur le pouce et l’index; ceux du médius sont sensiblement égaux; de ceux du petit doigt, l’interne est notablement l plus saillant " que l’externe;
nulaire, à peu près égaux, font une moindre saillie que les précédents et, de plus, ils s’avancent Fl0 ' 2 moins 'loin sur la face palmaire face du métacarpien. gl( ^
** La figure 27 met en relief une Fig. 26 . particularité très intéressantë de la ci
métacarpiennes; leurs surfaces articulaires sont divisées en deux champs, un champ phalangien et un champ glénoïdien (fig. 31) : le point C indiquela crête qui sépare les deux surfaces; déjà l’on peut remarquer que ce point est le plus éloigné du centre d’insertion A des ligaments lalèram, et prévoir que , dans les mouvements de flexion et d’extension, la tension des ligaments sera au maximum au Moment oit ce point devra être franchi.
, On retrouve encore la même conformation en étudiant le profil convexe des condylesphalangiens.
Moyens d'union. — L’appareil ligamenteux des articulations métacarpo-phalangiennes comprend deux ligaments latéraux, larges, épais ét très solides. Ces ligaments, très obliquement dirigés de haut en bas et d’arrière en avant, s’attachent en haut aux 2/3 supérieurs de la cupule qui creuse latéralement les têtes métacarpiennes (en A, fig. 27) et âu ; tubercule qui termine cette surface, sur la face dorsale du métacarpien. L’insertion supérieure des ligaments latéraux est relativement très étendue, puisqu’elle occupe une surface qui a 5 millimètres de long sur 4 de large : on ne la soupçonne pas telle en regardant l’appareil ligamenteux par sa face externe, il faut inciser un ligament latéral, étudier son insertion par la
glénoïdien (fig. 29); le premier est plus
TltAVAUX ANATOMIQUES.
lit beaucoup mieux lorsqu’on étudie l’appareil ligamenteux sa face interne, après avoir ouvert l’articulation par un coup de coulern’ant la tête du métacarpien : on voit alors les deux faisceaux, nettement séparés, gagner, l’un le tuber- IgV'ïj cule phalangien, l’autre les bords du P® Jjfnii J libro-cartilage avec lequel il se confond
Mouvements des articulations métacarpo-phalaïu/iennes. — L’étude des mouvcments articulaires présente un grand intérêt. Dans l’extension normale, c’est-à-dire lorsque la phalange continue on ligne di- -i gaments latéraux sont allongés mais nulue, si l’on vient alors à exercer une forte articulaire abandonne celle dumétacarn éloigne de quelques millimètres. On entend alors un bruit de ■ claquement sec, et la pression atmosphérique déprime les tissus dans le sillon qui sépare les surfaces articulaires. Il est évident que ce mouvement ne pourrait se produire si les ligaments latéraux avaient été tendus, j comme on le dit, dans l’un ou l’autre de leurs faisceaux. Cependant', il ne ;, faudrait pas croire que l’écart obtenu entre les deux surfaces résulte du seul relâchement des ligaments dans l’extension : il y faut joindre un déplacement de la totalité de la phalange, qui porte celle-ci Sur un pla,U postérieur à celui qu’elle occupait primitivement, tandis que L m
xe du métacarpiei lemenl tendus; cela est s traction sur la phalange, i
îarpien est attire sur un plan antérieur ; faites craquer ’
>s articulations
nétacarpo-phalangiennes et vous assisterez à ce déplacement de la phalange qui déplisse et tend, en éloignant leurs points d’insertion-, les liga- , ments latéraux, et permet ainsi un écart plus considérable ; lorsqu’on opère sur une articulation disséquée, lé phénomène est plus sensible, le faisceau phalangien qui était oblique devient vertical, et continue directement l’a
du m
lacarpien ; la ligure 52 représente ce qui se pasi
; alors. Plus c
:e qui m
l’aide dé l’auti
peut rester accrochée. Cet accrochement est rare pour les quatre derniers doigts, cependant il s’observe et peut donner lieu au phénomène du
En terminant cet exposé anatomo-physiologique des articulations métacarpo -phalangiennes, j’appelle l’attention sur la figure 27 qui montre le profil d’une tète métacarpienne et la surface d’insertion (A des ligib ments latéraux). Le point C indique la crête qui sépare les champs phalangien et métacarpien: il est aisé de voir que la ligne AC est notablement plus longue que les lignes AB et AD. Au moment où la phalange arrivera au point C, dans un mouvement de flexion ou d’extension, les ligaments latéraux seront à leur maximum de tension et la phalange se trouvera au niveau de cette crête dans un équilibre instable qu'elle perdra brusquement, de l'un ou de l’autre côté. A l'état normal ce passage n’esl point senti et les mouvements se font sans ressaut, et d’un mouvement uniforme, parce que les ligaments latéraux sont suffisamment lâches, grâce à leur obliquité, pour permettre aux surfaces articulaires de passer l’une sur l’autre à frottement très doux. Mais, si l'on vient à appliquer fortement les surfaces articulaires l'une contre l’autre par une contraction simultanée des extenseurs et des fléchisseurs, ou mieux encore en refoulant un doigt sur la têle du métacarpien qui le porte et que, dans ces conditions, on essaie un mouvement de flexion ou d'extension, on le verra s'achever avec la brusquerie caractéristique du doigt à ressort. Chacun peut aisément répéter cette expérience sur soi-même, et nombre de personnes peuvent ainsi, par une contraction synergique des extenseurs et des fléchisseurs, produire un mouvement de ressort, lequel ne diffère du doigt à ressort pathologique que par ce seul fait, à savoir que le contact plus intime des surfaces articulaires résulte d’une contraction musculaire volontaire dans le premier, tandis que dans le second il est le résultat d’altérations articulaires, ligamenteuses ou osseuses.
Je pense que ces particularités, de l’anatomie et de la physiologie normale des articulations des doigts, doivent être prises en considération pour la physiologie pathologique du doigt à ressort, car l’expérience nous
arthrologif;.
prouve qu’il suffit d’augmenter un peu la tension des ligaments ou d’accèntucr la crête condyliennc pour donner lieu au phénomène du doigt
Je passe sur la partie expérimentale qui me permit d’établir définitivement, dans ses diverses modalités, le doigt à ressort d’origine articulaire.
Articulation coxo-fémorale.
Ligament dit rond. — L’anatomie et le rôle du ligament rond étaient méconnus lorsque je m’attachai, par des dissections et des expériences répétées à mes cours, à les montrer sous leur vraie forme, d’oh je pus déduire le Véritable rôle du ligament.
Le ligament interarticulaire si improprement appelé ligament rond, est, en réalité, un ligament triangulaire, qui s’attache par sa base à l'échancrure colyloïdienné et va se fixer par son sommet dans la fossette de la tète fémorale.
Ce n’est point sous cette forme de lame fibreuse triangulaire que l’on décrit d’ordinaire ce ligament, cylindre creux pour quelques anatomistes, cône fibreux ou prisme pour d’autres, frange synoviale pour Hehle.
Ces divergences s’expliquent pur Ce fait qu’eu pénétrant dans l’articulation le ligament rond soulève lu synoviale en une sorte de lente, dont la base s’attache au pourtour de l'arrière-fond do la cavité cotyloïde ; mais si 1 on a soin, par une dissection, que.lu pince, procédant par simple arrachement, suffit a accomplir, de détacher la graisse et le repli synovial, on réduit vile le ligament à ce qu’il est réellement: une épaisse lame triangulaire qui se détache de la fossette fémorale et descend en s’enroulant et s élargissant sur la tête fémorale pour gagner l’échancrure cotyloïde, oii elle se fixe de la façon que je vais dire.
A l’état normal, quand les surfaces articulaires sont en contact, le ligament rond occupe l’arrière-fond de la cavité cotyloïde, arrière-fond, qui n’a d’autre raison d’être que l’existence du ligament.
Parti de son insertion à la portion antéro-supérieure de la fossette fémorale, le ligaipent, d’abord arrondi et épais, devient une lame triangu-