‹ [Titres et travaux]Chapitre 6 sur 6 · CONTAGION · texte numérisé non relu

CONTAGION

Ce mémoire a été lu à J’Académie de médecine dans sa séance du 6 mai 1851, et discuté dans ses séances des 13 et 20 du même mois.

— Parmi une foule d’autres observations médicales d’un intérêt moins général, je mentionnerai les suivantes :

Sur une invagination de l’intestin grêle dans le cheval avec vomissement par le nez et la bouche. — Sur une inflammation aiguë de la muqueuse æsophagienne du cheval, fait unique jusque-là dans les annales de notre science. — Sur plusieurs cas de paraplégies.

— Sur un cas d’iMMOBiLiTÉ déterminée par deux saillies osseuses, développées à la face interne du crâne. — Sur le peu de fondement d’une opinion qui tendait à établir que la VACUITÉ complète’ de la vessie était un caractère constant sur les chiens morts

enragés. Sur la nature des lésions occasionnelles des coliques violentes dans

le cheval, et sur l’efficacité des promptes et abondantes saignées sur les animaux qui en sont affectés. Ces préceptes, qui se sont vulgarisés depuis, en faisant disparaître l’opinion généralement répandue que la saignée était contre-indiquée et même mortelle dans les cas de coliques, ont contribué à conserver une masse considérable de chevaux que les congestions -sanguines intestinales qui sont très-fréquentes, enlevaient journellement aux cultivateurs et aux voituriers. — Sur le thrombus, avec ulcération de la jugulaire, affection grave et fréquente à la suite de la saignée.

— Sur l’importance du diagnostic différentiel des indigestions et des congestions sanguines intestinales. — Sur Ianalogie, sinon I'identitÉ de nature du farcin et de la morve. — Sur les résorptions purulentes dans leur rapport causal avec certaines affections psoriques. — Sur un cas très - remarquable de pseudo - membranes récentes et très-bien caractérisées a la surface interne des ventricules du coeur. —Sur un anévrisme considérable de l aorte abdominale, adhérant a la portion descendante du colon, et communiquant dans l interieur de cet intestin pat' une ouverture déjà ancienne. (Cette pièce a été déposée par moi dans le cabinet des collections de l’École.) — Sur la coïncidence de 1 ascite dans le chien, avec une inflammation chronique préxislante du sac péricardien. Sur une variété particulière du farcin, consistant en une inflammation ulcereuse des lymphatiques de plusieurs points circonscrits de la peau qu’elle détruit rapidement ; indication d’un traitement presque toujours efficace. — Sur deux cas de pleurite partielle et suppuree occasionnée par 1 ouverture de vomiques du poumon dans le sac des plèvres. — Sur une ossification presque complète de l'oreillette droite du cœur , qui n avait pas paru avoir altéré la santé de 1 animal. — Sur une affection cachectique du cheval, etc.

Toutes ces observations ont été publiées dans les tomes 5, 8, 9, 10, 11, 12, 13 14 15 et 16 du Rec. de méd. vét. ’ ’

Thérapeutique et Toxicologie.

Parmi mes obserrvations sur les propriétés curatives ou vénéneuses de tels ou tels médicaments, j’indiquerai seulement les suivantes :

—Bons effets des préparations opiacées dans le traitement des diarrhées et des dyssenteries des animaux domestiques. — Bons effets de la liqueur de Yan-Sviéten dans le traitement de la blennorrhée du chien. — Bons effets des frictions de vinaigre scillitique contre les hydropisies chroniques du péritoine. — Résultats d’expériences faites avec le chlore sous différents états, et administré par différentes voies dans le traitement de la morve. — Résultats d’essais homéopatiques dans la médecine vétérinaire. [Rec. vèt., tomes 8, • 11, 12, 13 et 16.)

—Expériences faites en commun avec M.Lassaigne, sur l'empoisonnement par les substances arsenicales, les effets de ces substances sur l’économie , et l’action de I’hydrate de peroxide de fer administré comme contre-poison. [Rec. vêt. , tome 12, page 462.)

— Mémoire médico-légal sur l’empoisonnement supposé de plusieurs chevaux avec de la poudre de Belladone. Expériences à l’appui. (Rec., tome 21, page 614.)

Médecine légale et Maladies rédhibitoires.

— Mémoire sur la législation actuelle (1833) dans ses rapports avec la garantie applicable aux maladies des animaux domestiques. ( Rec.vèt ., tome 10, page 316.)

Cette dissertation qui a été adressée à M. le Ministre de l'agriculture sur sa demande, l’a été aussi aux conseils supérieurs de l'agriculture et du commerce, alors en session. Quelques mois après, conformément au vœu formulé par ces conseils, M. le Ministre ordonnait, sur la législation des maladies rédhibitoires, une enquête qui amena, deux années plus tard, dans cette législation, une réforme complète, opérée selon les vues exprimées dans mon mémoire.— O’ai dit, ailleurs, la part officielle trèsimportante que j’avais été appelé à prendre à la préparation de la loi qui a été promulguée,en 1838, et qui a été l’un des plus grands bienfaits que le législateur ait rendus depuis longtemps à l’agriculture.

Depuis lors jusqu’aujourd’hui, j’ai publié sur les rapports de cette loi nouvelle avec les circonstances médicales et commerciales qu’elle régit, un grand nombre d’articles destinés à guider, les tribunaux et les experts, dans l’application spéciale de ses dispositions essentielles.

Depuis lors, aussi, le tribunal de commerce de la Seine m’a choisi pour l’un des arbitres appèlés à éclairer des lumières de la science ses délibérations dans l’espèce.

— Mémoire sur laquestion de savoir si, dans Vétat actuel de la science et de notre législation sanitaire, l'arrêt du Conseil-dé Etat du roi, du 16 juillet 1784, peut et doit s'appliquer à la morve chronique ( Rec. vèt. tom. 21, pag. 290).

Ce mémoire a été rédigé sur la demande de M. le Ministre de l’agriculture.

— Mémoire et propositions sur la législation concernant la garantie due aux bouchers par les Éleveurs et marchands de boeufs, sur les marchés de Sceaux et de Poissy [Rec. Vét., tome 28, page 439 et 517.)

Ce mémoire, qui est très-étendu et m’a coûté beaucoup de recherches sur l’élevage et le commerce des bœufs, ainsi que sur les abattoirs et la boucherie, a été rédigé sur la demande du Ministre, et envoyé par lui à chacun des membres de l’assemblée nationale.

Prenant en considération les raisons et les faits qui y sont développés, la Commission nommée par

, , , . . avait proposé sur le commerce de la boucherie,

l'Assemblée, a introdmt dans leprojet de loi ,« elle a™'‘g ]es éle „„„ auI boooh

un article spécial qui supprime la garantie qui était aue, j q

pour tous les cas de morts et pendant 9 jours.

Si cette loi est adoptée, j’aurai contribué à exonérer l’agriculture des pays délève, d une charge injuste qui pesait sur elle depuis près de 200 ans, et contre laquelle elle réckme depuis bien longtemps.

Services rendus à Fenseignement et a la profession vétérinaire.

Préparer les voies à un bon enseignement dans les Écoles, en signalant les obstacles qui, de près ou de loin, peuvent en entraver, ralentir ou compromettre le résultat, et en indiquant et motivant les perfectionnements à y introduire ; chercher, et surtout avoir contribué, à améliorer et élever la position de ceux qui exercent une profession ; n est-ce pas aussi être utile à cette science en concourant à la placer dans des conditions favorables a son progrès. Je le crois. Et c’est parce que je pense que telle est aussi 1 opinion des membres de 1 Académie des sciences, «que je n’hésite pas à mettre au nombre des titres de ma candidature les travaux suivants :

A. Travaux dans Vintérêt de I’enseignement.

— Mémoire sur 1’ insuffisance de l’instruction première exigée des élèves comme condition d'admission dans les Écoles vétérinaires. Effets de cette insuffisance sur le résultat des Études, sur le peu de progrès de la science , et sur la valeur ultérieure des vétérinaires. Indication motivée des changements importants à opérer sous ce rapport dans les exigences des programmes. ( Rec. vél., tome 20, page 340 et 419.)

Ce mémoire, irès-étendü, est un exposé historique et critique de l’organisation des écoles vétérinaires au point de vue de leurs conditions d’enseignement, depuis la fondation de ces institutions; et un développement motivé des modifications à y introduire, dans le triple intérêt des élèves, de la science et du pays. Il a été remis au ministre de l’agriculture par les ordres de qui je l’avais composé. Il a eu pour suite, quelques années après, une réforme qui, bien qu’elle n’ait pas été aussi complète que je la demandais, a néanmoins été une notable amélioration dont la science a déjà profité.

— Examen de la nature et de la somme d'instruction agricole qu'il convient de donner aux élèves , dans ienseignement des Écoles vétérinaires. (Rec. vét,. tome 25, page 305.)

C’est un travail qui m’avait été demandé par M. le ministre de l’intérieur de Belgique, et dont les idées fondamentales ont été trouvées tellement justes parla commission française qui a été chargée, en 1848, de préparer un projet d’amélioration pour l’enseignement vétérinaire, qu’elle les a reproduites dans ses propositions.

Réflexions sur les programmes des concours pour les places de professeurs dans les écoles vétérinaires. (Rec. vét,, l. 9, p. 507, et t. 11, pr 263.)

Depuis que ces articles ont été publiés, les conditions des concours, véritablement ridicules à force d exigences, ont été modifiées dans le sens des idées qui y sont développées.

— Observations critiques sur la composition des jurys appelés d juger les eoneours/xnir les places de professeurs dans les écoles vétérinaires. (Rec. vét., t. Il p. 549 et t. 12,

— Réflexions sur de graves irrégularités commises par les jurys cC A fort et de Lyon dans rexécution des conditions fixées par les programmes des concours. {Rec. ■vêt., t. 1]

Ces irrégularités, résultant d’abus de pouvoir, et qui, auparavant, altéraient notablement et fréquèmment la sincérité des concours, ont cessé d'être commises depuis l’appréciation sévère dont elles ont été l’objet dans cette publication.

— De l’institution des chefs de service dans les Ecoles 'vétérinaires , de son importance dans lé enseignement, et des causes de sa décadence. {Rec. vét., t. 12, p. 604.)

Peu de temps après la publication de cet article, un arrêté ministériel consolidait cette utile institution, en apportant un remède immédiat au mal que j’avais signalé.

— Examen des fonctions de directeur dans les Ecoles vétérinaires. — De lé influence qu elles peuvent et doivent avoir sur la marche et les résultats de Venseignement. {Rec. vét. , 1 . 13, p. 43.)

Cet article, qui a fait une certaine sensation dans le corps enseignant vétérinaire, et'qui a ému l’administration, a été publié à l’occasion de la nomination aux fonctions de directeur de l’Ecole de Lyon, d’un employé des haras complètement étranger aux écoles et aux études vétérinaires. Céttenomination était une violation flagrante de l’ordonnance royale qui régissait l’organisation de nos écoles.

— Considérations sur Y organisation du conseil de perfectionnement de l’enseignement vétérinaire. {Rec. vét ., t. 26 , p. 765.)

Trois mois après la publication de cet article, M. le ministre de l’agriculture faisait droit aux .observations qu’il renfermait.

B. Services rendus à la Profession.

J’ai été , en 1844 , l’un des fondateurs de la société nationale et centrale de médecine vétérinaire, et le commissaire rapporteur chargé de préparer et rédiger ses statuts. J’ai, depuis, pris une part active à ses travaux: et, en 1849, j’ai eu l’honneur de la présider.

— La profession vétérinaire se divise en deux grandes branches : l’exercice civil et l’exercice militaire. Bien que mes fonctions dans renseignement n’impliquassent de ma part aucune action obligée sur les choses professionnelles, j’ai, par mes travaux et mes efforts, concouru directement et puissamment à tout ce qui est arrivé d’heureux pour la profession depuis 1838. Je vais dire en quoi et comment :

1° En 1839, les tribunaux étaient appelés à prononcer sur la question de savoirs les vétérinaires avaient le droit de préparer et vendre les médicaments quils employaient dans leur pratique personnelle. La loi ne s’expliquant pas clairement sur ce point, l’issue du procès était douteuse. Il était cependant d’un grand intérêt pour les vétérinaires et pour les cultivateurs que ce droit fût conservé. Consulté par les magistrats de l re instance, je rédigeai un mémoire où cette question est envisagée sous ses divers points de vue. D’un autre côté, le corps des vétérinaires me pria de suivre l’affaire.

Le jugement qui fut rendu en l re instance, et l’arrêt qui intervint sur appel, furent favorables aux vétérinaires, et s’appuyèrent dans leurs motifs sur les considérations développées dans mon mémoire. {Rec. yé(, } , 4839.)

2° Une question bien autrement grave a été soulevée en 1846. Un tribunal de ] re instance

(celui de Nérac) avait jugé que : « Attendu qu’il est libre à chacun de traiter les animaux domestiques, il est conséquemment loisible au premier venu de prendre le titre de vétérinaire. » Un arrêt de la Cour royale d’Agen avait confirmé ce jugement. m

Justement effrayée des conséquences de cette jurisprudence qui était un arrêt de mort pour la profession, la Société centrale de médecine vétérinaire, sur ma proposition, provoqua une souscription pour en appeler à la Cour suprême. J’eus le laborieux honneur d’être appelé à soutenir la cause commune dans cette grave occurrence.

Ici encore la législation était vague et obscure, et la jurisprudence manquait de précédents.

Je rédigeai un mémoire ( Rec. vét., 1846, page 448) où je rassemblai tout ce que, dans nos archives des écoles, dans celles du Conseil-d’État et de l’Assemblée, je pus trouver de favorable à notre cause ; et je le soumis aux membres de la Cour et du parquet.

Après une instruction qui a duré près de six ans, etdont j’ai suivi toutes les phases, la Cour vient, à la date du 1 er juillet 1851, de rendre un arrêt qui déclare qu’aux seuls élèves sortis de. nos écoles appartient le droit de prendre le titre de vétérinaire. Cet arrêt sauve notre profession d’une ruine certaine.

J’ai reçu, à cette occasion, de la Société centrale de médecine vétérinaire, et je reçois tous les jours des différentes Sociétés vétérinaires de France, les remerciements les plus chaleureux.

3° J’ai publié, à diverses époques, plusieurs articles sur le grave préjudice que portent a /’exercice de notre profession plusieurs dispositions encore en vigueur du décret organique du janvier 1813 [Rec. 1844, pages 312 et 456, etc.) — Malheureusement il n’a pas encore été fait d’effort sérieux par l’administration pour aviser, sous ce rapport, à un remède qui devient de plus en plus nécessaire.

4° J’ai dit, plus haut, la part que j’avais prise, soit comme président, soit comme membre , aux travaux de la commission formée en mars 1848, pour étudier et proposer les améliorations à opérer dans Venseignement et /exercice de la médecine vétérinaire.

J ai dit, également, que, membre de la première commission qui avait déjà été chargée, en 1843, sous la présidence de M. de Gasparin, de s’occuper particulièrement d’un projet de loi sur /'exercice de la médecine vétérinaire , après avoir eu l’honneur d’être rapporteur de cette commission, j’avais eu celui d’être chargé par l’administration de l’agriculture d’en rédiger Xexposé des motifs.

5° J’invoquerai, surtout, comme un des plus grands services que j’ai eu le bonheur de rendre à notre profession, la part importante que j’ai prise à l’heureuse révolution que vient d’accomplir dans la position des vétérinaires de l’armée, le décret présidentiel du 28 janvier dernier. J

Voici en deux mots 1 importance de cette révolution :

Jusque-là, les vétérinaires militaires étaient classés parmi les sous-officiers. Leur traiteme "‘ e,a “ en ra Pport arec leur grade. Leur état était à la merci d’une simple décision ministérielle. Leur maximum de retraite était de 400 francs.

Par le décret du 28 janvier dernier, ils sont tous classés dans letat-major du régiment. Leur solde peut aller jusqu’à 2,500 francs. Leur état leur est garanti parla loi. Leur retraite peut aller jusqu’à 1,600 francs.

Le Recueil de médecine vétérinaire a fait connaître successivement les démarches et les efforts de toute sorte que je n’ai cessé de faire depuis a l838, auprès des divers gouvernements qui se sont succédé, pour obtenir cette réforme ; et il a inséré la plupart des mémoires que j’ai rédigés à cette fin. M. le ministre delà guerre, lui-même, a bien voulu rappeler en termes flatteurs, dans son rapport au Président de la République, l’importance du dernier rapport que j’ai rédigé au nom de la commission de 1849.—Enfin, un vote solennel de félicitations de la part de la Société centrale de médecine vétérinaire , et des députations de vétérinaires militaires venues chez moi pour me témoigner de la reconnaissance de tous, disent suffisamment quelle part d influence m’est attribuée par mes confrères, dans cet événement si grave et si heureux pour la profession.

De 1831 à 1836, j’ai été chargé seul, de la direction et de la rédaction du journal « le Recueil de médecine vétérinaire. » Pendant ces cinq années , j’y ai publié, indépendamment de beaucoup de mémoires et d’observations personnelles un grand nombre de comptes-rendus et d 'analyses critiques d’ouvrages de médecine vétérinaire. (Voir les tomes 8, 9, 10, Il et 12 de ce journal.)

— IMPRIMERIE DE W. REMQUET ET C ,e ,

Successeurs de Paul Reqouard,

RÜE GARANCIERE, 5, DERRIÈRE SAIIÎT-SCLPICE.

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