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Titres et travaux, janvier 1898

La multiplicité et surtout la nature particulière des fonctions du foie en font, au premier chef, un organe dépurateur. Lorsque ces fonctions sont troublées, lorsque les éléments de la bile passent dans le sang (cholémie), ou que les matériaux destinés à leur formation cessent de lui être empruntés parla sécrétionbiliaire(acholie), lorsque l’urée fait place aux matières extractives, et que les poisons ne sont plus détruits par le foie, il se produit dans le sang une accumulation de substances toxiques, dont la principale voied’élimination est la voie rénale. D’où l’hypertoxicité des urines dans les maladies du foie. Mais celte élimination exagérée de produits toxiques ne peut-elle, en se prolongeant, finir par altérer le filtre rénal? Telle est la question que nous avons cherché à résoudre, en nous adressant à la clinique et surtout à l’expérimentation.

I. - État des reins dans l'ictère. — L’infiltration pigmentaire de l’épithélium des tubes contournés, avec désintégration granuleuse ou dégénérescence graisseuse de cet épithélium, la présence de blocs pigmentaires et de cylindres hyalins ou granuleux dans les tubes collecteurs, sont les lésions habituelles du rein ictérique. Mais, les malades étant généralement morts d’ictère grave, il ne s’agit pas de cas simples: d’où la nécessité d’avoir recours à l’expérimentation.

A la suite delà ligature du cholédoque ou de l’injection dans ce canal d’acide acétique dilué, nous avons observé des lésions rénales absolument semblables aux précédentes: congestion, infiltration pigmentaire, désintégration granuleuse des épithéliums et, dans les cas prolongés, début d’infiltration embryonnaire dans le stroma

ncux, alteiiiits de lésions épithéliales. N est-il pas rationnel de subordonner ces lésions à la dégénérescence rapide et complète du parenchyme hépatique? Mais les cas aussi simples sont l’exception, et, si l’on élimine ceux où les lésions hépatiques et rénales peuvent être la conséquence commune d’une même cause, ceux où la mort a été produite par une affection intercurrente capable de léser le rein; enfin ceux où le malade a été atteint plus ou moins longtemps auparavant d’une affection qui peut avoir déterminé une lésion rénale restée latente, il reste bien peu d’observations

lente de ses vaisseaux, ou bien l'on détermine brusquement une insuffisance hépatique complète, et la mort survient si tôt que les lésions rénales n’auraient pas le temps de se produire, ou bien l’on ne détermine qu’une insuffisance hépatique partielle, et le foie recouvre presque immédiatement la plénitude de son activité fonctionnelle. Cependant, en supprimant le passage du sang porte à travers le foie, par abouchement de la veine porte dans la veine cave (Massen et Pavlow), on amène une atrophie progressive du foie, et l’autopsie montre une altération prononcée des épithéliums

En pratiquant, chez le lapin, des injections intra-veineuses répétées d’urine provenant de malades atteints de cirrhose atrophique, nous avons déterminé, dans plusieurs cas, des lésions rénales, que nous n’avons pas retrouvées chez des lapins témoins, injectés avec de l’urine normale. Mais quels sont, dans ces urines, les principes nocifs pour l’épithélium rénal ?

L’urée est généralement diminuée dans les affections hépati-

et la taurine surtout, accessoirement la créatine et la créatinine, la xanthine et l’hypoxanthine, déterminent une désintégration granuleuse plus ou moins avancée de l’épithélium des tubes contournés. Nous avons obtenu des résultats analogues avec les sels

peut rattacher directement ù l’insufiisance hépatique seule ces altérations rénales. L'infection ou l’hétéro-intoxication jouent certainement un rôle dans leur production, mais elles sont ellesmêmes facilitées par l’insulfisance hépatique. Le foie n’arrête plus les microbes pour les détruire ou les éliminer par la bile ; il ne neutralise plus leurs toxines, qui vont léser le rein.

Frappé de la gravité que présente l’érysipèle chez les cirrhoti-

Chez deux lapins, dont l’un venait de subir la ligature du cholédoque, nous avons produit un érysipèle de l’oreille. Le premier succomba au bout de trois jours, avec des reins profondément altérés.

Donc, vis-à vis de l’infection, l'insuffisance hépatique découvre le rein, et, en dernière analyse, la filiation pathogénique complète des lésions rénales de l’ictère grave (secondaire) nous paraît être

Enraison de l’importance particulière de son rôled’émonctoire, le rein se trouve spécialement exposé à subir l’influence nocive de certaines substances toxiques. Celles-ci peuvent venir du dehors,

intoxication : Néphrite goutteuse; néphrite diabétique; néphrite de la chlorose; néphrite delà grossesse; néphrite des cachexies; néphrite du surmenage; néphrite de l’artériosclérose; néphrited’origine gastro-intestinale; néphrite d’origine hépatique; néphrite du myxœdèmeetdu goitre exophtalmique Tnéphrite par suppression

A propos des lésions rénales observées chez les diabétiques, nous avons établi expérimentalement la toxicité pour le rein de certains acides (acidelactique, acide éthyldiacétique) qui s’accumulent dans le sang des diabétiques au moment du coma, et nous sommes arrivé à cette conclusion que, si le coma diabétique n’est pas assimilable à l’urémie, les lésions rénales jouent un rôle dans sa production ou dans son issue fatale, en entravant l’élimination de ces

Au terme de cette étude, nous avons montré, avec M. Gaucher, que bon nombre de néphrites dites primitives, qui se développent insidieusement, sans cause bien appréciable, relèvent sans doute de cette même palhogénie auto-toxique. Enfin nous avons insisté sur ce fait que l’auto-intoxication intervient même dans certains cas où le rôle de l’hétéro-intoxication ou de l’infection apparaît avec le plus d’évidence. L’élimination exagérée d’acide urique, dans le saturnisme, de sels calcaires (par décalcification des os) dans l’hydrargyrisme, la perturbation des échanges nutritifs et du fonctionnement des différents organes et appareils, dans les maladies infectieuses, sont autant de causes adjuvantes de la néphrite.

On reconnaît ainsi que nulle part peut-être le rôle de l’autointoxication ne s’impose avec autant de force que dans la pathogénie des néphrites.

Insuffisance hépatique expérimentale.

(In thèse sur l’état des reins dans les maladies du foie.)

Cherchant à produire l’insuffisance hépatique, dans le but d’étudier son retentissement sur le rein, nous avons été amené à

ou son canal excréteur, un certain nombre d’opérations, et à exîiminer ensuite l’état du foie.

I. — Ligature du cholédoque. — Nous l’avons faite chez le cobaye, le lapin et le chien. Bien qu’il s'agisse là d’une opération, courante, l’étude des lésions hépatiques qu’elle détermine n’est pas sans intérêt, à cause des divergences qu’on relève enlre les auteurs dans la description ou l’interprétation pathogénique de

Expériences montrant que la bile, même stérilisée à l’autoclave et très diluée, détermine rapidementdu sphacèle lorsqu’on l’injecte sous la peau d'une région délicate, par exemple sous la peau de l’oreille du lapin.

Infections hépatiquesexpérimentales par le Froteus vulgarls.

Les angiocliolites étant dues, en règle générale, à une auto-infection d’origine intestinale, nous avons étudié expérimentalement l’action que peut exercer sur le foie un parasite normal de l’intestin, le

ces expériences, de trois échantillons de ce microbe, dont l’un

pour ces recherches, qui ont consisté surtout en injections du proteus ou de ses produits de culture dans le cholédoque, accessoirement dans la veine porte. Nous avons pratiqué également un certain nombre d’inoculations dans la veine de l’oreille, avec ou

grand nombre de cellules hépatiques. Par places, elles tendent à révolution nodulaire.

Ces lésions atteignent généralement leur maximum d’intensité au bout de cinq à dix jours, et leur évolution s’accompagne d’ordinaire d’une hypothermie prononcée.

L’injection du proteus dans la veine porte ou dans la circulation

mais encore assez accusées, consistant sur tout en distension extrême, quelquefois même thrombose ou rupture des vaisseaux, début d’infiltration embryonnaire périlobulaire, et dégénérescence d’un

En cas d'injection dans une veine périphérique, on observe, en outre, dans les différents organes (poumons, reins, rate, etc.) cer-

cences cellulaires) parmi lesquelles celles des vaisseaux, et surtout des artérioles, sont particulièrement accusées. L’endopértartérite est une des manifestations les plus saillantes de l’infection par le

A la suite d'injections successives par différentes voies (cholédoque, veine porte, veine périphérique), nous avons vu le proteus produire la dégénérescence amyloïde du foie. Il peut également.

vu passer dans la bile, même après ligature du cholédoque.

Étude expérimentale de l’action du sérum antidiphtérique siir l'albuminurie préexistante.

On sait toutes les discussions qu’a soulevées la question de l’influence exercée sur les reins par le sérum antidiphtérique. Tandis que certains auteurs l’accusent de produire l’albuminurie, de la faire réapparaître, ou de l’aggraver, les autres le déclarent absolument inoffensif pour le filtre rénal.

Chez le lapin sain, nous n’avons jamais observé d’albuminurie ni de lésions rénales à la suite de l’injection sous-cutanée du

qu’une place secondaire dans le tableau des lésions constatées à l'autopsie, elles difîèrent de l’appendicite vulgaire autant et même plus que la vraie tuberculose de l’appendice.

Il s’agissait, dans le premier cas, d’une septicémie streptococcique mortelle d’origine inconnue, qui évolua en partie sous le masque de l’ictère grave. Nous insistons sur l’absence de tout antécédent hépatique chez la malade et sur l’hyperthermie observée dans ce cas. Ce streptocoque se montra très peu virulent pour le lapin.

La seconde observation a trait à une dilatation bronchique à streptocoques, chez une diabétique. Ce terrain spécial explique la marche extrêmement rapide (quelques mois) de raffection, ainsi

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