‹ Titres et travaux scientifiques 1900-1928Chapitre 5 sur 8 · I. — LE CHONDRIOME. — ÉVOLUTION DES PLASTES · texte numérisé non relu

I. — LE CHONDRIOME. — ÉVOLUTION DES PLASTES

A. — Évolution des mitochondries dans les Végétaux chlorophylliens et origine des plastes.

Jusque dans ces dernières années, les techniques histologiques n’avaient pas permis d’aborder l’élude du cytoplasme. Les travaux récents de cytologie animale de Benda, Meves, Regaud, Fauré-Frémiet, etc,, ont démontré à l’aide de méthodes nou-' velles, dites mitochondriales, que le cytoplasme renferme des organites constitutifs que les procédés d'e fixation employés jusqu’ici ne permettaient pas de conserver. Ces organites qui correspondent aux anciens bioblastes de Altmann, dont les travaux modernes démontrent la réalité, ont reçu les noms de mitochondries, chondriosomes ou plastosomes. Leur ensemble constitue le chondriome de la cellule, et toute cellule a son choqdriome. Les mitochondries paraissent incapables de se former autrement que par division de mitochondries préexistantes. Elles ont des formes bactériennes : grains ou mitochondries granuleuses, bâtonnets et filaments ou chondriocontes. Ces formes peuvent passer de l’une à l'autre ; le grain s’allonge en filament par croissance en longueur, et le filament peut se segmenter en grains. On attribue aux mitochondries une constitution lipo-protéique et un rôle élaboraleur. Les mitochondries contribueraient à la formation des grains de symogène, des graisses et serviraient de substratum, aux pigments. On a supposé qu’elles ont également un rôle dans l’hérédité.

Les mitochondries constatées déjà dans les cellules végétales par un petit nombre d’auteurs venaient, au moment où j’ai abordé leur étude, de faire l'objet de recherches de Pensa (1910) et Lewitsky (1911). Ces auteurs tendaient à admettre que les plastes ou leucites des Phanérogames dérivent de la différenciation des mito-

des plastes et leur évolution était partaiter

COltSTlTUiSTS MORPHÜLOGIQi:

8 et 9). Lorsque le grain de pollen est i nombre de mitochondries granuleuses nombre de grains un peu plus gros : cei d’assez gros grains d’amidon composé (flg. 35 : 10).

à maturation, il renferme un très grand lesquelles on distingue un assez grand eprésentent des amyloplastes et élaborent un processus que je décrirai plus loin

2» DlFFÈBENCIATlO.') DES dans toutes les cellules des

. chondriome constitué par des mitochondries

138, 144, 146J, que les plastes so différenciaient, dans les Phanérogames, à partir d’un certain nombre des éléments du chondriomo, et qu’une fois différenciés, ils conS: tituaient en quelque sorte une variété de mitochondries spécialisées dans une fonction déterminée, et pouvant acquérir des formes plus volumineuses que les autres mitochondries. Celte conclusion fut adoptée ensuite par un certain nombre d’auteurs qui ont vérifié mes résultats (Forenbacher, Maximov, Wagner, Cowdry. Mirande, Alvarado, Meves).

Mais cette manière de voir soulevait une objection théorique. En effet, si, dans les Phanérogames l’origine des plastes était restée inconnue jusqu’-ici, il n’en est pas de même dans la plupart des Algues. Chez ces Végétaux, en effet, les plastes conservent de la chlorophylle pendant tout le développement (y compris dans l’œuf) ; de plus, ils sont souvent en très petit nombre dans chaque cellule, parfois même il n’en existe qu’un seul, très volumineux et de forme complexe, comme chez les Spirogyres, et U est depuis longtemps démontré que ces chloroplastes se transmettent de cellules en cellules par l’intermédiaire de l’œuf. On comprend donc difficilement que les cjiloroplastes des Algues, qui sont incontestablement homologues des plastes des Phanérogames, n’aient pas la même origine que ces derniers. J’avais, à cet effet, observé à l’aide des méthodes mitochondriales diverses espèces d'Algues [96, 117] : Spirogi/ra, Cosmarium^ Diatomées, mais partout il m’avait été impossible de mettre en évidence la présence de mitochondries et comme, d’autre part, le chloroplaste unique des Spirogyres et les chloroplastes très différenciés et très peu nombreux de Cosmariimi et des Diatomées présentent les caractères de coloration des mitochondries, j’avais formulé l’hypothèse que, dans ces Algues, le chondriome se trouve condensé en un seul organite ou en un très petit nombre d’organites correspondant aux chloroplastes et réunissant toutes les fonctions du chondriome des autres cellules.

Cependant les travaux de Scherrer, Sapehine et Mottier démontrèrent que, dans les Bryophytes, la chlorophylle persiste comme dans les Algues à tous les stades du

dans le cytoplasme, sauf dans les régions occupées par les asters des noyaux en mitose, lesquelles sont toujours dépourvues de mitochondries (fig. 45 : 5 et 6). Lors de la

gonflement et leur transformation en grosses vésicules. Il ne peut donc être d’on grand secours pour l’observation du chondriome et l’on doit préférer l’examen direct, sans coloration.

J*ai étendu mes observations à d’autres Végétaux, notamment au Saccharomyces Ludwigii [192] et aux cellules épidermiques de Tulipe et d’fm germanica [194, 199;. Le violet de Dahlia et le vert Janus m’ont donné, après un temps plus ou moins long, la coloration du chondriome du S. Ludwigi qui se présente généralement sous forme de longs chondriocontes. Dans les cellules épidermiques de Tulipe et d’iris, la pénétration du violet de Dahlia est très difficile, en raison d’une membrane épaisse qui enveloppe ces cellules : le violet de Dahlia a pénétré plus rapidement que le vert

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