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CHIMIE VÉGÉTALE

Sur l’uréase et l’urée chez les champignons (en collaboration M. Cosr.). - C. iî. 5c., 175, 539-541 ; 998-999, 1922.

Sur l’uréase des champignons (en collaboration avec M. Costy). C. R. Ac. Sc., 176, 412-414, 1923.

Urée et uréase chez les champignons supérieurs (e'n collaboration M. Costy). — Bull. Sc. Pharm., 30, 65-76, 1923.

J’avais caractérisé autrefois l’urée chez le Psalliota campestris L. ; je l’avais recherchée dans d’autres espèces. Chez certaines d’entre elles, j’étais convaincu de l’existence de ce principe, mais la technique utilisée, trop peu sensible, ne me permettait pas de présenter comme positifs des résultats qui, sans être absolument négatifs, étaient cependant douteux. J’ai repris ce travail en utilisant le réactif très sensible proposé par Fosse pour la caractérisation et le dosage de l’urée : le xanthydrol. Grâce à cette technique, j’ai pu retrouver et doser l’urée chez vingt-trois espèces de champignons, appartenant aux genres Amanita, Lepiota, Tricholoma, Clitocyhe, Pluteus, Clitopilus, Psalliota, Coprinus, Paxillus, Lycoperdon, Bovista. La quantité d’urée qu’elles renferment est très variable et les variations ne dépendent pas seulement de l’espèce, mais aussi de l’âge des individus ; de plus, l’urée est inégalement répartie dans les divers tissus. Je rappellerai seulement quelques chiffres:

Amanita pantherina Fr .

— phalloides Fr .

— ruhescens Fr .

— solitaria Bull .

— verna Fr . . .

J.epiota procera Scop. .

— excoriata Schæff

— rhacodes Vitt. .

Tricholoma gambosum Fr

— nudiim Bull.

— panæolum Fr Clitocybe nebularis Bat .

Clitocybe cerussata Fr. . . .

Pluteus cerf inus Schæff. , . .

Clitopilus orcella Bull. . . .

Psalliota campestris h. .. .

— xanthoderma Gen. .

Coprinus comatus Fr.

Paxiïlus infolutus Batsch. . .

Lycoperdon gemmatum H. dan.

— furfuraceum Schæff.

— excipuliforme Scop

Bofista plumbea Fers.

J ai abordé ensuite l’étude de Vuréase qui, dans les champignons, n avait encore été signalée que chez quelques moisissures. J’ai pu la caractériser dans près de 400 espèces. On la rencontre chez presque tous les genres; elle fait généralement défaut chez les espèces où j’ai pu caractériser l’urée.

En faisant agir 0 gr. 50 à 1 gramme de tissu sur une solution aqueuse d’urée additionnée de toluène et titrant, après trois et six heures, le carbonate d’ammoniaque formé, j’ai pu mesurer l’activité fermentaire des diverses espèces étudiées et, pour chacune d’entre elles, séparément 1 activité du pied, du chapeau, de l’hyménium. L’activité s’évalue par le nombre de centimètres cubes d’HCl N/10 nécessaire à la neutralisation du carbonate d’ammoniaque formé dans les conditions, toujours identiques, de l’expérience. Par ordre d’activité décroissante, les genres étudiés se classent ainsi : Boletus, Clytocybe, Trametes, Entoloma, Russula, Lactarius, Tricholoma^ Polyporus, Cortinarius, Collybia, Hydnum, Téléphona. Dans tous les cas, l’hyménium est toujours le tissu le plus riche en uréase ; le pied et le chapeau sont moins actifs et, le plus souvent, le chapeau se montre plus actif que le pied, ainsi qu’il ressort du tableau suivant :

Boletus edulis Bull.3,3

— scaber Vr .0,2

Cortinarius albo-fiolaceusVers. . 0,6

— torfus Fr.0,4

Hydnum amicum Quel.0,3

Lactarius torminosus SchsÈÜ ... 1,1

— piperatus Scop .0,8

Polyporus squamosus Fr.0 3

Russula foetens Fers.12

— cyanoxantka Schæff. . . 1,6

Tricholoma album Schæff .... 1*6

—“ saponacéum Fr. .. . 0 3

CHAPEAU HYMÉNIU.VI

Je me suis adressé, pour l’étude du ferment, au Boletus edulis Bull, qui s’est montré le plus actif parmi les espèces observées. Je n’ai pu isoler le ferment sous forme de poudre et j’ai dû faire toutes les expériences sur un liquide fermentaire obtenu en traitant les tubes de l’hyménium, écrasés avec un peu de CO^Ca, par l’eau glycérinée. Une bonne liqueur fermentaire doit, à la dose de 3 cent, cubes, correspondant à 1 gramme de tissu frais environ, hydrolyser complètement l’urée en soixante minutes. Le pouvoir hydrolysant d’une telle liqueur s’affaiblit lentement et finit par disparaître complètement.

L’uréase n’est détruite complètement que vers 76°. La température optimum d’action est 38“. Les acides paralysent ou tuent l’uréase; la dose d’acide nécessaire varie avec l’origine du ferment : le ferment obtenu à partir des tubes jeunes est plus résistant; l’activité varie aussi avec la température. Les alcalis (soude, carbonate de soude) agissent moins énergiquement; ils retardent, cependant, puis empêchent l’hydrolyse. Il est intéressant de retenir que le carbonate d’ammoniaque, produit normal de la réaction, n’a qu’une action retardatrice très faible, pratiquement négligeable. L’action des sels dépend surtout de leur cation, le plus actif étant le Ca. Par ordre d’action défavorable croissante, les sels peuvent être classés ainsi : pour les chlorures : sels de NH', K, Na, Ca; pour les sulfates: sels de Ag, K, NH^, Ca, Na; pour les nitrates : sels de NH*, Na, Ca.

Les antiseptiques en général (acide benzoïque, acide salicylique, bichlorure de mercure) inhibent complètement le processus fermentaire.

L’Hyosoyamine et son sulfate, préparation et racémisation (en collaboration avec M. Costt). — Bull. Sc. Pharm., 29, p. 113-121, 1922.

Nous avons donné une méthode, très rapide et d’une grande simplicité, de préparation de l’hyoscyamine qui permet de l’obtenir sans mélange avec l’atropine. Dans le benzène bouillant, les deux alcaloïdes sont très solubles: à froid, l’hyoscyamine est dix fois moins soluble que l’atropine, ce qui permet de l’obtenir pure après deux ou trois cristallisations. Cette méthode est préférable à celle utilisée antérieurement et qui consistait en la séparation des oxalates ou des camphorosulfonates. En employant la différence de solubilité des sulfates d’hyoscyamine et d’atropine dans l’alcool absolu, on peut également préparer très rapidement le sulfate d’hyoscyamine pur.

Nous avons fixé le pouvoir rotatoire de l’hyoscyamine dans l’alcool à 50° et à la dilution de 4 à — 22°. Le pouvoir rotatoire du sulfate anhydre est de — 26°50,

Enfin, nous avons étudié les conditions de transformation de l’hyoscyamine en atropine, de même que celle du sulfate d’hyoscyamine en sulfate d’atropine. L’alcaloïde cristallisé peut être chaulfé à 100° pendant trois heures sans subir de transformation appréciable, mais si on modifie son état physique par quelques gouttes de chloroforme ou même par 1 eau, la racémisation est beaucoup plus rapide.

Le sulfate d’atropine en solution aqueuse peut être chaulfé à 100° sans subir de grandes transformations, à condition que les verres employés soient neutres.

Caractérisation de petites quantités de pyridine (en collaboration avec M. Larsonneatj). — Bull. Sc. Pharm., 28, p. 497-498, 1921.

Sur la recherche de la pyridine (en collaboration avec M. Larsonneau) — Bull. Soc. Chim. (43), 33, p. 511, 1923 (Réclamation de priorité).

Nous avons mis au point une réaction très sensible qui permet de déceler la pyridine en solution jusqu’à la' dilution de 1/400.000. Cette réaction est basée sur la combinaison de la pyridine avec l’aniline en présence du bromure de cyanogène. Il se forme le bromure de l’aanilidophényldihydropyridinium, dont le précipité rouge est caractéristique.

Cette réaction fut de nouveau préconisée en 1923 par Lehner qui n’avait probablement pas eu connaissance de notre travail, ce qui a motivé notre réclamation de priorité.

Nouvelles observations sur la culture du Bacille pyocyanique sur

milieux artificiels définis (en collaboration avec M. Liot) C R Ar

Sc., 174, p. 575-578, 1922.' • • •

Importance des sels ammoniacaux organiques dans la production de la pyocyanine par le Bacille pyocyanique (en collaboration avec M. Liot). — C. R. Ac. Sc., 176, p. 191-193, 1923.

Après avoir établi précédemment que les sels ammoniacaux des acides organiques bibasiques et monobasiques étaient de bons aliments pour le B. pyocyanique, et permettaient la production de pyocyanine, nous avons montré que ces sels ammoniacaux sont indispensables à la croissance du microbe et à la formation du pigment. Cette opinion s’appuie sur de nombreuses expériences.

Le bacille se cultive mal sur des milieux contenant seulement des hydrates de carbone ; il ne pousse pas sur des milieux ne contenant que des sels ammoniacaux minéraux. Si l’on réunit les mêmes quantités de sel

ammoniacal et d’hydrate de carbone, la culture est abondante et riche en pyocyanine avec le carbonate et aussi le nitrate d’ammoniaque. Le microbe a attaqué le sucre pour donner des acides organiques qui, avec le carbonate d’ammoniaque ou le nitrite d’ammoniaque (résultant de la réduction du nitrate), produisent les sels ammoniacaux organiques indispensables à son développement.

Prépare-t-on un milieu avec du glucose et de \'ammoniaque libre en quantité calculée, la culture est maigre jusqu’à ce qu’il y ait une production d’acide organique suffisante pour neutraliser l’ammoniaque; alors, elle se développe abondamment avec production de pyocyanine.

L’urée, seule, est un mauvais aliment ; additionnée d’hydrate de carbone, elle permet le développement et la production de pyocyanine. L’urée dans ces conditions est transformée par une uréase en carbonate d’ammoniaque, qui donne les sels ammoniacaux organiques nécessaires.

Enfin, les acides aminés sont en général de mauvais aliments. Le glycocolle se comporte comme l’urée; employé seul, il ne donne pas de pyocyanine; additionné de glucose, lévulose, glycérine ou mannite, le pigment apparaît. Ceci nous conduit à admettre que ce n’est pas la fonction amine de l acide aminé qui intervient, mais la fonction sel ammoniacal qui se produit au cours du développement du microbe.

Si, dans un acide aminé de fonction

AzH'

on bloque la fonction amine par un acide minéral, ou la fonction GOOH par un alcali, il ne se produit pas de pigment; dans le premier cas, la fonction amine est immobilisée ; dans le second, il ne peut se former de sel ammoniacal de formule

R —CH* —COOAzH‘

AzH*

Mais dans l’expérience où la fonction amine est demeurée libre

R - CH* — COONa

AzH*

et la fonction acide transformée en sel sodique, la production de pyocyanine se produira si l’on ajoute un hydrate de carbone qui donnera, par action de la bactérie, un acide organique susceptible de former un se ammoniacal avec rAzH’ libéré par la désamination.

Ainsi donc, nous pouvons dire que les acides aminés ne sont utilisés que lorsqu'ils sont transformés en sels ammoniacaux. Dans l’alanine

CH» - CH —COOH AzH’

il y aura transport du groupe AzH' et formation probable de propionate d’ammoniaque

CH» —GH* —COOAzH‘ ou de lactate d’ammoniaque

CH» - CHOH - COOAzH*.

Il en serait de même de l’acide aspartique, qui donnerait l’aspartate d’ammoniaque, puis le succinate d’ammoniaque

AzH‘COO — CH* — CH' - COOAzH*

De ces faits nous pouvons conclure que les albumines sont de mauvais aliments pour les microbes, s’il n’y a pas à côté de ces substances un sel ammoniacal permettant un développement initial du microbe qui, alors, par ses ferments, attaquera et dégradera la molécule complexe pour en faire un aliment plus simple.

Ces faits, tant par la méthode suivie que par les résultats obtenus, ont une portée générale en physiologie : ils apportent un argument des plus importants à ceux qui voient dans l’ion ammoniacal la forme obligatoire sous laquelle l’azote est assimilé \es végétaux, surtout inférieurs. Cette preuve est souvent difficile à établir, car les végétaux ont la faculté d’assimiler d’autres formes de l’azote nitrique : aminé, amidé, peptique, etc., mais après des remaniements préalables qui les amènent précisément sous la forme d’ammoniaque. Ce terme de passage n’est pas toujours commode à mettre en évidence, tant à cause de la lenteur de la culture que de la complexité des milieux. D’autres fois, sa mise en évidence est trop tardive pour être démonstrative, par suite de la production constante d’ammoniaque dans les phénomènes d’autolyse des vieilles cultures.

Le bacille pyocyanique, par sa faculté de vivre sur des milieux extraordinairement simplifiés, par la sécrétion d’un pigment spécifique qui révèle un début de culture impossible à saisir par d’autres méthodes, permet une démonstration péremptoire. Il constitue un de ces « êtres réactifs » que leurs particularités de culture font toujours utiliser dans les recherches de physiologie générale.

Sur la composition chimique des fruits verts de Vanille et le mode de formation du parfum de la Vanille. — C. R. Je. Sc., 179, p. 70-72,

Jusqu’alors, les recherches chimiques sur les fruits du Vanillier n’avaient été entreprises que sur la Vanille commerciale, c’est-à-dire sur des fruits verts ayant subi un traitement spécial consistant, quel que soit le procédé employé, en une fermentation sous la dépendance des ferments solubles de la plante.

Les fruits verts n’ayant fait l’objet d’aucune étude chimique, on ne connaissait pas le mode de production du parfum de la Vanille. On attribuait cette odeur à la vanilline, opinion contre laquelle s’élevaient les gourmets et les planteurs de Vanille.

Notre ignorance de la composition chimique des fruits verts ne permettant pas d’expliquer rationnellement la production de vanilline, on admettait, hypothèse vraisemblable, mais gratuite, qu’elle devait provenir du dédoublement d’un glucoside.

M. Lecomte voyait dans la coniférine l’élément générateur de la vanilline. Ce glucoside se dédoublait sous l’action de l’émulsine en glucose et alcool coniférylique qu’un ferment oxydant transformait en vanilline.

/CH=:CH.CH»OH(l)

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