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C. R. Ac. Sc., 178, p

La Clandestine (Lathræa clandestina L.) renferme un glucoside qui est très probablement la méliatine, que nous avons caractérisée par les méthodes biochimiques.

Nous continuons nos recherches pour l’extraction de ce glucoside afin de l’identifier d’une façon définitive.

PHARMACOLOGIE

Influence des radiations solaires sur la culture de la Belladone et la formation des alcaloïdes dans les feuilles (en collaboration avec M. Deluard). — C. H. Je. Sc., 174, p. 188-189, 1922. — Bull. Sc. Pharm., 29, p. 74-76, 1922.

« Pour assurer de bons rendements à la culture des plantes médici- « nales, écrivais-je en 1921, il est nécessaire d’étudier de nombreux pro- « blêmes de biologie : choix du terrain, nature des engrais, sélection des « espèces ou des races, influence de ces divers facteurs sur l’enrichisse- « ment des végétaux en principes actifs. »

C’est nn problème de cet ordre que nous avons abordé en étudiant l’influence des radiations solaires sur la culture de la Belladone et sur la formation des alcaloïdes dans les feuilles. Sur cette question, diverses observations avaient été faites, qui ne permettaient pas une conclusion ferme. En cultivant, dans des terrains analogues, mais dans des conditions d’ensoleillement différentes, divers lots de Belladone, nous avons pu obtenir des résultats décisifs.

Chacun des lots a donné lieu aux déterminations suivantes ; poids de la récolte, rendement en extrait sec, teneur en alcaloïdes. La récolte totale (deux à trois pour les plantes ensoleillées, une pour les plantes ombragées) est trois ou quatre fois supérieure pour les plantes ensoleillées. De plus, les feuilles ensoleillées renferment environ deux fois plus d’alcaloïdes que les feuilles ombragées. Seul, le rendement en extrait est sensiblement le même. Mais l’augmentation du poids de la récolte et du pourcentage en alcaloïdes permettent dans tous les cas d’obtenir une plus forte quantité d’extrait et un extrait plus actif lorsque la plante a été ensoleillée. La lumière solaire directe favorise donc la production des feuilles de Belladone et augmente leur teneur alcaloïdique.

Variation de la teneur en alcaloïdes des racines d’Aconit (en collaboration avec M. Métin). — Bull. Sc. Pharm., 31 , p. 330-335, 1924.

Nous avons étudié les différences que peut présenter la teneur en alcaloïdes des Aconits que l’on trouve dans les différentes régions de la France. Nous avons constaté qu’il y a parfois de grandes variations dans le titre des tubercules provenant de contrées différentes. Des Aconits des marais de Fère-en-Tardenois et de Silly-la-Poterie renferment 2,21 et 2,97 °/o d’alcaloïdes totaux, tandis que des Aconits des Pyrénées ne titrent que 0,66 à 0,71 °/o.

Ces divergences sont-elles le fait de « caractères individuels » impliquant une « race chimique » spéciale ou sont-elles le résultat des conditions de végétation (sol, climat) de la plante?

Il y a là une intéressante question de biologie végétale à résoudre. Nous avons entrepris les expériences nécessaires. Des Aconits des Pyrénées ont été transportés dans les marais de l’Aisne et, inversement, les tubercules de ces marais ont été portés aux Pyrénées. Il faut attendre quelques années avant de pouvoir tirer une conclusion de cette expérience.

Ce travail comporte aussi une étude méthodique — qui n’avait jamais été faite — de la variation de la teneur alcaloïdique au cours de la végétation des tubercules, ainsi que des modifications apportées par la culture. Cette dernière ne semble pas augmenter la teneur en alcaloïdes des tubercules; par contre, elle intervient au cours du cycle évolutif en augmentant le nombre des tubercules.

Sur une méthode d’appréciation de la valeur thérapeutique de

l’extrait d’ErgOt de Seigle (en collaboration avec M. Liot). — Bail. Sc.

Pharm., 31 , 379-391, 1924.

Aucune Pharmacopée ne mentionne jusqu’ici le dosage des préparations d’Ergot de seigle, dont les principes actifs sont encore mal connus ou ne se prêtent guère à Un dosage. Les essais physiologiques sont les seuls procédés qui permettent d’apprécier la Valeur thérapeutique de ces préparations. Mais les méthodes employées sont délicates et les conclusions ne sont pas exemptes de critiques.

Nous avons pensé qu’un dosage chimique séparé des alcaloïdes et des bases aminées permettrait de Se rendre compte de la valeur des préparations officinales.

Dosage de Vergotinine. — L’ergotinine et les alcaloïdes voisins sont extraits par le mélange chloroformique après déplacement par un alcali

et dosés par précipitation au moyen de l’acide silicotungstique. Le précipité est calciné et le poids du résidu est multiplié par un coefficient que nous avons établi.

La formule du silicotungstate d’ergotinine étant 24Tu0‘, 2SiO’, 7 X 609

nH“0, 7 Aie, le coefficient est représenté par ^ ggg » soit 0,749.

Dosage des bases aminées. — L’extrait est amené à l’état pulvérulent avec du CO^Ca et épuisé à chaud par l’acétone. Après distillation de l’acétone et élimination des sels ammoniacaux à l’état d’oxalate en milieu alcoolique, le résidu est dissous dans l’acide lactique au 1/3 et précipité par l’acide silicotungstique. Le précipité est lavé, séché, calciné et pesé et exprimé en SiO'TuO*.

Ces méthodes appliquées aux préparations d’Ergot inscrites au Codex (extrait mou ou Ergotine et extrait fluide) nous ont montré que ces préparations ne renferment presque pas d’ergotinine et d’alcaloïdes voisins.

Une étude méthodique du traitement de la poudre d’Ergot de seigle nous a permis de formuler les conclusions suivantes ;

1° L’épuisement, par l’eau, de la drogue pulvérisée est incomplet, car il n’enlève qu’une petite fraction des alcaloïdes spécifiques (ergotinine, ergotoxine) contenus dans l’Ergot.

2° L’addition d’acide tartrique à l’eau, dans la proportion de 1/1 000, augmente très peu la solubilité des alcaloïdes. De ce fait, l’acidité du liquide d’épuisement, due au phosphate acide de potasse contenu dans l’Ergot, est à peine augmentée.

3“ L’activité pharmacodynamique de l’extrait mou comme de l’extrait fluide est due aux bases aminées, dont la choline est la plus importante et au phosphate acide de potasse. Les alcaloïdes n’interviennent que pour une faible partie, l’extrait aqueux ne contient pas plus de 1 milligr. par gramipe dans les extraits bien préparés.

4“ L’ergotinine étant altérée par l’action de la chaleur, il est indispensable de préparer ces extraits- dans le vide à la plus basse température possible.

L’étude du dosage d’un principe actif nous conduit donc à démontrer que les formules des Extraits d’Ergot du Codex ne sont pas établies rationnellement et nous permet de rechercher une technique meilleure donnant un extrait contenant la totalité des principes actifs : alcaloïdes et bases aminées.

Sur l’importance du dosage de quelques médicaments galéniques

(en collaboration avec M. Mascré). — Bull. Soc. Thér. (4), 28, 142-145,

1923; Bull. Sc. Pharm., 30, 667-669, 1923.

Je n’ai pas cessé de me préoccuper du dosage des préparations galéniques. L’importance de celui-ci ressort une fois de plus à la lecture des chiffres que j’ai publiés avec MM. Mascré et Métin.

Pour l’extrait de Belladone, j’ai pu relever, pour une centaine de dosages, des chiffres qui varient de 1,50 à 4,50 °j„, correspondant à des extraits dont l’activité varie de 1 à 3, et j’estime nécessaire l’unification du titre pour lequel on pourrait adopter le chiffre de 2,50 "/o.

J’ai retrouvé des écarts de même ordre de 1 à 2,5 pour les extraits de Fougère mâle, les chiffres obtenus dans le dosage de 40 extraits variant de 18,15 à 29,30 “/o.

Ici encore l’unification du titre me paraît désirable; l’extrait de Fougère mâle ne saurait être considéré comme anodin ; il a souvent donné lieu à des accidents, comme d’autre part à des insuccès, qui s’expliquent les uns et les autres par de telles variations.

Mais il ne suffit pas dé titrer un médicament à la fin de sa fabrication. Encore faut-il que la teneur en principe actif demeure constante pendant sa conservation. J’apporte dans cet ordre d’idées deux faits intéressants.

Le premier concerne l’extrait de Fougère mâle, le second : le vieillissement des solutions d’aconitine.

Diminution du titre eu filicine dans les extraits de Fougère mâle

(en collaboration avec M. Métin). — Bull. Sc. Pharm., 31, 257-258, 1924.

Ayant soumis au dosage un certain nombre d’extraits autrefois titrés et conservés depuis douze ans, j’ai pu constater, avec M. Métin, une perte en filicine considérable. L’aspect extérieur des extraits était peu modifié; la couleur verte était bien conservée, mais on observait au fond des flacons une matière concrète et dure de couleur blanchâtre. Ce dépôt n’est pas constitué par de la filicine, car le dosage effectué sur la partie liquide surnageante seule ou sur l’extrait mélangé donne les mêmes résultats.

Quant à l’abaissement du titre en filicine, il ressort du tableau sui-

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