RECHERCHES DIVERSES DE THÉRAPEUTIQUE
Nous résumerons, dans ce dernier chapitre, divers travaux de thérapeutique ne rentrant pas dans les cadres précédents.
A. — Nous avons étudié, avec notre élève Nedey, l'absorption des diverses formes médicamenteuses, relativement au temps de la traversée gastrique et à l’altération de la muqueuse qu’elles peuvent déterminer. Nous avons montré, conformément à nos recherches sur le jeu du sphincter pylorique, que la forme de choix, pour les médicaments solubles dans l’eau, est le soluté aqueux isotonique; les sirops ou solutions concentrées, les solutés alcooliques, les loochs huileux passent beaucoup plus lentement à travers le pylore, en exerçant une action osmo-nocive, ou en provoquant des réactions sécrétoires. Pour les substances insolubles, la
ou même peptique, ce qui n’est pas sans inconvénient lorsqu’il est altérable par elle. Le meilleur moyen de soustraire un médicament à l’action du suc gastrique et inversement, de soustraire une muqueuse gastrique à l’action d’un médicament, est de l’administrer à jeun dans une grande quantité de solution isotonique.
Enfin les médicaments insolubles (poudre, cachet) restent sur le filtre constitué par les plis de la muqueuse pylorique, alors que leur excipient passe clair. Ils passent, au contraire, avec le liquide s’ils lui sont incorporés en émulsion stable, dans un julep gommeux par exemple.
En résumé, pour estimer les avantages d’une forme pharmaceutique sur la vitesse d’absorption et l’altération de la muqueuse, on doit tenir compte de trois facteurs ; 1“ la concentration (les solutions les moins concentrées passant le plus vite); 2° Vosmo-nocivité (les solutions étant d’autant moins nocives pour la muqueuse qu’elles se rapprochent de l’isotonie; .3“ les réactions sécrétoires provoquées (la sécrétion chlorhydropeptique notamment).
Aussi \es solutions aqueuses, proches de l’isotonie, ont-elles un temps minimum de passage et une nocivité minima. Les solutions trop concentrées, ou incorporées dans du sirop, séjournent dans l’estomac et irritent la muqueuse aussi bien par osmo-nocivité que par action directe du médicament sur l’épithélium.
Ces recherches ont été, récemment, reprises par Léon Meunier qui est arrivé à des conclusions semblables aux nôtres.
B. — Médicaments digestifs.
i" Injections sous-cutanées Je purgatifs (173). — A la suite de nos recherches sur la perfusion intestinale (page 95) et après constatation des effets produits par une série de purgatifs introduits avec le liquide de perfusion dans les vaisseaux, nous avons repris l’étude de l'administration extraintestinale des purgatifs.
Contrairement à ce qu’avait pensé Rabuteau, les purgatifs n’agissent pas uniquement par action osmotique. On doit tenir compte de leur action péristaltogène, de leur action sécrétoire propre et enfin de phénomènes secondaires qui résultent de la réaction de différents organes, ainsi que nous nous sommes efforcé de le préciser.
Chez l’animal, le sulfate de soude, meme a très faible dose, a, par voie veineuse une action péristaltogène évidente dans nos expériences de perfusion. Le sulfate de magnésie a, au contraire, une action paralysante