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RECHERCHES SUR LE MÉCANISME DE LA PIGMENTATION

Nos recherches sur le Mécanisme de la Pigmenlalion ont élé réunies dans notre thèse de Doctorat ès Sciences naturelles, en 1896.

Nous étudions d’abord la nature et l’origine du granule pigmentaire, considéré notamment comme un plastidule, unité vivante plus petite que la cellule, peut-être capable de prolifération propre. Nous suivons, dans le tube digestif de la sangsue, dans la mélanose équine, sur l’œuf de grenouille, etc., la genèse de ce granule, l’origine oxydasique du pigment mélanique, l’origine ferrugineuse du pigment dérivé du sang, etc.

Nous étudions, en second lieu, le rôle de W,cellule pigmenlaire dans l’élaboration ou la fixation du pigment, principalement en suivant le développement des greffes de peau noire sur peau blanche chez les animaux bigarrés ou albinos. Cette technique permet de repérer à l’œil nu la descendance d’une cellule noire greffée et d’en mesurer l’évolution.

Nous éludions, en troisième lieu, les influences nerveuses et humorales, que Vorganisme exerce sur cette fonction. Nous distinguons des nerfs chromato-dilalaleurs et chromato-coustricleurs, et suivons l’action des substances toxiques ou humorales sur l’extension Ou le retrait des chromatophores, etc.

Celte étude nous a conduit à certaines conclusions précises relatives à l’origine du pigment et au mécanisme de la pigmentation ; elle nous a fourni, d’autre part, une méthode générale (celle des greffes piginenlaires) pour apprécier et mesurer la vitalité et la prolifération cellulaires.

A. — Granule pigmentaire

lions intra-cellulaires ont, en Jliologie Générale, quant à leur origine et leur nature, une signification qu'il importe de préciser. S’agit-il de simples dépôts inertes inira-cellulaires ou ces granulations ont-elles la valeur de bio-

d’être des pigmentations pathologiques et le mécanisme (hémolytique ou autre) qui les réalise.

PbyJogéniquement la pigmentation semble dérivée de l’élimination, par la peau, de produits toxiques Ci, 6). — On peut se demander si-, au cours du développement phylogénique, certaines substances toxiques, primitivement éliminées par la voie cutanée, n’ont pas, incidemment, servi à protéger l’organisme en le colorant, en interceptant des rayons lumineux,

aurait ainsi, indirectement, amélioré les conditions de la lutte pour la vie et se serait alors progressivement complétée et développée dans la série animale. Il n’est pas rare, en effet, chez les animaux inférieurs, de constater des pigments toxiques éliminés par les téguments (urates chez les Lépidoptères ; sécrétion jaune des Limax, etc.). Ultérieurement, ces produits d’excrétion, devenus utiles en tant que pigments, ne seraient plus éliminés par la peau et se fixeraient sous une forme insoluble qui annihile leur toxicité. Pareille théorie a été reprise récemment par Borrel.

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