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RECHERCHES SUE LE TUBE DIGESTIF

Nous avons étudié avec prédilection une série de problèmes, physiologiques et cliniques, relatifs au tube digestif.

A. Dans la salive, nous avons découvert, en 1896, une des premières oxydases animaks. Nous avons décrit, d’autre part, des réflexes sécrétoires, œsophago-salivaires et œsophago-nasal, connexes du réflexe œsophagosalivaire de Roger.

n. Relativement à V estomac et à sa sécrétion interne nous avons précisé, avec Lelièvre, certains points de Vhistologie des cellules bordantes : selon nous, leur position péritubulaire et leur groupementautour des vaisseaux démontrent la réalité d’une sécrétion interne de l’estomac, conception qui, depuis, a été reprise de différents côtés.

c. Les mouvements de l'estomac et du pylore ont été étudiés grâce à plusieurs méthodes convergentes.

La méthode de la perfusion (que nous avons appliquée pour la première fois, avec Roger Glénard, à l’estomac et à l’intestin), nous a permis d’analyser, d’enregistrer et de cinématographier les divers types de

globe de contraction oa ballon fundique, llmilé par un sillon mésogastriqùe.

Un autre aspect résulte de la formation de deux globes de contraction de chaque côté d’un sillon mésogastrique {^estomac en bissac).

Enfin le sillon mésogastrique peut être remplacé par deux ou plusieurs sillons symétriques. 11 se produit ainsi une alternance de ventres et de nœuds donnant lieu à une, à deux, et jusqu’à quatre ou cinq boules successives {estomac en boules souf/lèes, en rhizomes d’iris).

En même temps que les globes contractiles et les scissures circulaires, se montrent de véritables ondes péristaltiques, dirigées vers le pylore et qui, d’ailleurs, n’intéressent que rarement la région voisine du cardia.

b) Mouvements de l’antre prépylorique. — Du côté de l’antre prépylorique, au niveau d’une zone particulièrement contractile, se produit, à un certain moment, un sillon préantral, d’abord esquissé, puis de plus on plus complot, pouvant aboutir à la séquestration, dans l’antre, d’un petit bol alimentaire détaché delà masse stomacale. Ce sillon avance progressivement vers le pylore, l’antre prépylorique séquestrée se rétractant et exprimant son contenu.

Conjointement à la contraction circulaire du préantre et aux mouvements rétractiles d’expression de l’antre, dos ondes péristaltiques contribuent, elles aussi, à produire une poussée énergique vers le pylore.

c) Mouvements du bulbeduodènal• —Du côté du bulbe duodénal, il se produit, inversement, tant que le contenu stomacal n’est pas en étal d’élre évacué, une contre-pression qui fait équilibre à la pression antrale.

Ici encore, on constate, d’une part une ou plusieurs bagues circulaires de contraction rétro-bulbaire y qui ferment la deuxième partie du duodénum et interdisent l’entrée de l’inlestin grêle, alors meme que le bulbe duodénal serait devenu perméable; puis, prenant appui sur ces scissures occlusives, se manifcslenl des mouvements de rétraction et d’expression du duodénum, pouvant réduire de plus de moitié ses dimensions ; enfin, des mouvements antipèi-istaltiques, presque incessants, s’observenlàce niveau, qui, eux aussi, contribuent au développement d’une contrepression rètropylorique faisant équilibre à la pression prépylorique et repoussent le bol vers le pylore.

Tant que le bol antral, essayé dans le bulbe duodénal, n’est pas apte à passer sans inconvénient dans l’intestin (liquides acides, hypertoniques, trop chauds, trop abondants, trop solides, trop volumineux, anguleux etc.), la contrepression duodénale et les mouvements anlipérislaltiques

en empêchonl le passag;e, pouvant meme aboutir à son reflux cluodéuogastrique.

Lorsque, par contre, l’élaboration du contenu gastrique est suffisante, l’essai bulbaire, devenu satisfaisant, commande par voie réflexe, bumorale ou nerveuse, une inversion des mouvements duodénaux les bagues de contractiou rétro-bulbaires cessent, la rétraction duodénale également et des mouvements péristaltiques se manifestent, qui poussent, dans le grêle, le contenu chassé par la pression autrale de l’estomac à travers le sphincter pylorique relâché.

Enfin, dans certains cas, le contenu gastrique (acide, gras, hypertonique, etc.) doit se transformer dans le réservoir stomacal même, grâce aux sucs duodénaux : il y a alors reflux, dans l’estomac, du contenu duodénal et des sécrétions biliaire et pancréatique, par exagération de |a contrepression bulbo-duodénale qui l’emporte sur la pression antro-gastrique et par mouvements antipéristaltiques dU duodénum.

Le bulbe duodénal a donc une motricité très particulière et commande, en partie, le passage ou le reflux des aliments dans l’intestin, suivant le degré de leur élaboration.

d) Mouvements du sphineter pylorique. — Du côté du sphincter pylorique, ou observe, iudépendammentdes mouvements précédents, îles mouvements propres d’ouverture ou de fermeture qui sont, généralement, connexes de l’antagonisme antro-bulbaire et qui sont soulagés et facilités parluL Ces mouvements commandent, par là même, le passage ou l’arrêt de l’évacuation gastrique : uous les avons étudiés surtout par la technique dés fistules duodénales (page 82).

En résumé, les mouvements de la grande cavité gastrique aboutissent à l’élaboration, puis à l’évacuation d’un bol antral, lui-même exprimé par les contractions de l’antre à travers le pylore jusque dans le bulbe duodénal. Le bulbe duodénal apparaît comme un véritable laboratoire d’essai des aliments : les réflexes qui s’y produisent, déclanchent l’ouverture ou la fermeture du sphincter, font prédominer l’effort antral ou le contre-effort bulbaire, commandent, par là même, l’arrêt du contenu, son passage ou son reflux pylorique.

L’opposition des mouvements duodénaux et des mouvements prépyloriques, l’importance des ondes antipèristaltiques duodénales constituent une série de faits nouveaux que la méthode de la perfusion nous a permis de voir facilement et de cinématographier. Cette méthode complète les résultats que nous avait antérieurement fournis l’étude du passage

jets, l’arrêt, ou le reflux que nous avons mentionné précédemment sur les estomacs perfusés.

L'estomac n’a donc pas seulement un rôle de réservoir et de broyeur mécanique et chimique, il sert encore à Véquilibralion physique des ingesta.

2“ Vitesse de passage pyloriqne des solutions salines suivant leur concen ■ tration moléculaire. Le réflexe A-régulateur du sphincter pylorique (88). — Nous avons étudié (avec le concours de Chassevant pour la partie chimique) les modifications subies dans l’estomac et le duodénum par diverses solutions salines, ainsi que le fonctionnement du sphincter pylorique en présence dè ces solutions. Sur nos chiens porteurs de fistules duodénales, on enregistre la sortie du liquide parle duodénum :on compare la composition chimique, ainsi que le point cryoscopique, des liquides gastriques retirés par tubage, avec celui des liquides duodénaux, évacués par la fistule.

Le mode de passage des solutions salines varie, suivant qu’il s’agit de solutions isotoniques, hypotoniques, hypertoniques :

a) Les solutions isotoniques passent très rapidement à travers le pylore sans subir de modifications notables. Aussitôt après leur ingestion, le sphincter pylorique s’ouvre brusquement, par éclipses, et il se produit une série d'éjaculàtionspar lesquelles le liquide passe rapidement dans le duo-

NaCl donne 106 cm» pendant les 5 premières minutes, 62 cm» pendant les

P) Les solutions hypotoniques.Q.’eau distillée notamment) sont évacuées un peu moins rapidement. Néanmoins, cette évacuation est encore rapide. Les sécrétions biliaires et pancréatiques en relèvent, d’ailleurs, vite le point cryoscopique.

v) Les solutions hypertoniques, par contre, séjournent beaucoup plus longtemps dans l’estomac: suivant leur concentration moléculaire, elles restent dans l’estomac trois quarts d’heure, une heure ou davantage. On constate, d’autre part, que, au fur et à mesure que se prolonge le temps de séjour, la concentration diminue : le A cryoscopique tombe, par exemple, successivement de — 1”44 à — l'fS, à — OH, à— à— 0,97;

— 0,81 et à —6,71 en 3/4 d’heure. Le Cl, qui était de 10 gr. par litre, tombe à 9,23 ; 8,52 ; 7,81 ; 7,10 ; 6,74 ; 6,39 ; 4,76.

La dilution ne peut s’expliquer uniquement par addition de sécrétions salivaires, gastriques et duodénales; car, dans certains cas, cette

superficielles qui le brassent et ne b frissons intestinal

Ces divers ty] fluence d’excilati' tift : il se produi annulaires ; il se p reproduisant la c 8 mm. de diamèt calibre double et el'les-mêmes ; il vitesse, tendance tinales; il y a e de Peyer peuveni

3“ Actions de Les mouvements physiques (pressi' L'augmentai sanguin, provoqu l'augmentation dt

de magnésie 35 cm’ — O^ôS ; pour le sulfate de soude 35 cm’à — 0“66 ; pour le chlorure de sodium 5 cni’ 5 à — O’eï.

L’équilibre osmotique nepeut, ici encore, expliquer seul ces résultats, le poids moléculaire du sulfate de magnésie étant intermédiaire entre celui du sulfate de soude et du chlorure de calcium, celui du NaCl étant encore plus faible. La nature proprcdes sels et leur toxicité ont donc une influence propre : les sels de magnésie en particulier provoquent, comparativement, un afflux de liquide plus considérable que ne l’exigeraient les simples phénomènes d’Osmose. 11 y a donc une action particulière, propre à tel ou tel métal, à l’ion Mg notamment.

Qaani modifications histologiques de l’épithélium intestinal sous l’influence de ces solutions, elles varient avec la concentration ; Avec toutes les solutions hypertoniques, on constate des troubles à'osmo'-nocivité, un élargissement considérable du plateau, et une sécrétion extrêmement abondante de mucus.

Nous attribuons à cette sécrétion de mucus une signification défensive, le mucus isolant la paroi, et la protégeant contre les solutions nocives.

Action deslymphagogues sur les échanges seilins intestinaux (SI). — Comme suite à nos recherches sur les échanges salins intestinaux en fonction de la concentration moléculaire, de la nature chimique des sels et de l’activité de la muqueuse intestinale (anesthésiques et pilocarpine), nous avons recherché l’action, sur ces échanges, de différents lymphagogues (extraits d’oursins, d’écrevisses, de moules; peptones; toxines, etc.)

D’une façon générale, l'addition de très petites doses de lymphagogues modifie notablement les échanges salins, augmente l’afflux d’eau et de sels dans l’anse, en sorte que la quantité de liquide (et aussi la cohcentration moléculaire et la teneur en chlore), deviennent plus considérables que dans les anses témoins. ’

L’intensité de ces exsudations intestinales est en partie comparable à l’action de certains purgatifs ou à la diarrhée qui s’observe fréquemment après absorption de ces corps. Ces exsudats intestinaux sont à rapprocher des œdèmes déterminés par injection sous-cutanée de plusieurs de ces substances. Ils indiquent surtout un acte réactionnel, qui, dans le cas actuel, tend à provoquer une diarrhée éliminatrice défensive.

no TRAVAUX RELATIFS AUX ORGANES DIGESTIFS

Sliualiou et forme des divers segiiieuts digicstifs dans les iiriiieipalcs liositioiis du corps, (206, 207, 208, 209|. — Nous avons systématiquement comparé par la radiographie, avec R. Glénard et Gérard, la position et la forme des viscères dans les diverses positions du corps.

Tandis qu’en attitude debout, la plupart des viscères sont plus OH moins entraînés vers le bassin sous l’influence de la pesanteur, en attitude renversée, tête en bas, on constate leur redressement immédiat vers la cavité thoracique. L’estomac remonte notablement : le pylore passe, par exemple, de la troisième lombaire à la douzième dorsale; les angles coliques se redressent et remontent de deux vertèbres au moins ; la guirlande colique transverse intervertit sa flexion. Le diaphragme est relevé vers le thorax, surtout à droite en raison du poids du foie : le cœur lui-même remonte notablement et se détache du diaphragme, par creusement de deux tissus latéraux.

Les flexions latérales droite et gauche du tronc en position debout provoquent, du côté fléchi, une descente et un aplatissement des viscères, en même temps qu’une élongation du côté opposé. Les mouvements alternatifs de bascule latérale du tronc provoquent, du côté des colons, un aplatissement en accordéon, puis un étirement, qui ont, nous le verrons, une influence sur le cheminement du contenu intestinal.

Le déeuhitus, dorsal ou uenirnî, diminue la chute viscéraledes organes, et les fixe en bonne, position lorsqu’il succède à des positions renversées.

Le décubitus latéral gauche projette l’estomac sur la paroi gauche et soulage le pylore : c’est la position de choix pendant le temps de la digestion gastrique.

Le décubilus latéral droit, au contraire, met le pylore en position déclive, ce qui facilite l’évacuation : c’est la position de choix pendant le temps de l'évacuation gastrique.

La non-mobilité de l’estomac, du cæcum, du colon transverse, etc., dans ces diverses positions est, pour nous, le meilleur symptôme d’adhérences anormales et de symphyses viscérales (périgastrites, périappendicites, péricolites).

Un grand nombre de conséquences dérivent de cette étude, relativement à l’exploration des organes digestifs (exploration du cœur, du duodénum, de la tête pancréatique, etc.), au diagnostic de leur mobilité ou de leurs adhérences, ainsi qu’à l'influence thérapeutique des diverses positions statiques et des divers mouvements de gymnastique, ainsi que nous le verrons plus loin (Physiothérapie).

leucocylose, de la rétention aqueuse, chlorurée et azotée, accompagnant \'hypersécrétion en cascade des glandes salivaires, œsophagiennes, gastriques et Ulio-pancréatiqués.

Ces phénomènes cycliques, d’allure infectieuse ou toxique, ressemblent aux vomissements dits acétonomiques de l’enfance. Bien que leur pathogénie soit encore inconnue, leur analyse détaillée nous montre que ce processus périodique a un retentissement considérable sur les différentes fonctions

» MliSENTlteO-INTESTlNAL

lîâ

en virole, sc traduisant cliniquement par un syndrome d’occlusion chronique^ prog:ressive, coupé parfois de brusques épisodes d’occlusion aigue. La forme en virole est remarquable par la constipation extrcme et prog’ressive, par les crises périodiques de débâcles diarrhéiques; parfois par un syndrome de Kœnig- (coliques douloureuses, ondes périslalliques visibles, borborygmes terminaux brusques). L’aspect du'ventre se caractérise par la plénitude et le ballonnement médians, faisant contraste avec la vacuité des fosses iliaques et des flancs : la fosse iliaque droite, en particulier, est vide de contenu, ce qui correspond à un cæcum rétracté.

Souvent se montrent des épisodes aigus d’obstruction, qui peuvent être provoqués par une invagination du grêle dans le gros intestin ou par une occlusion en clapet de l’orifice stricturé.

b) Le cancer cœco-valvuîaire se présente, avant tout, comme un cancer du cæcum, caractérisé par une tumeur de la fosse iliaque droite.

Il y a donc lieu, nous semble-t-il, d’individualiser deux types, iléo-valvulaire et cæco-valvulaire, suivant le développement du néoplasme sur l’un ou l’autre versant, présentant deux tableaux cliniques différents, caractérisés surtout l’un par de l’obstruction chronique, l’autre par une tumeur de la fosse iliaque.

une épreuve de Vammoniurie expérimentale^ dans laquelle on mesure la valeur du foie par son apLiUide à transformer l’ammoniaque en urée.

Nous avons étudié l’action de la hile sur la thermogènèse, la fonction pexique du foie vis-à-vis de substances solubles ou insolubles, etc,

D. — Nous résumons enfin diverses recherches anatomo-pathologiques et cliniques sur les ntaiadicM «lu foie. Nous avons étudié les divers symifomcs d’Insiirnsaiicc et d’hyper foiictionncment du foie, (anhépatie et hyperhépatie) et insisté, pour la première fois, avec M. Gilbert, sur la dissociation clinique des fonctions du foie et sur les troubles liés à son hyperplasie.

Nous avons, d’autre part, étudié les fibres élastiques des cirrhoses, le petit cœur des cirrhotiques, l’apoplexie biliaire, etc., l’hépatite syphilitique nodulaire, etc.

Enfin, nous avons étudié certains syndromes mixtes hépato-pancréatiques et hépato-spléniques.

A. — Les fonctions hépatiques (62)

Nous avons, avec le P*' Gilbert, exposé notre conception générale des fonctions du foie et de leurs déviations morbides.

L’évolution ontogénique et phylogénique du foie renseigne tout d’abord, sur la complication et le perlcctionncment progressifs de scs diverses fonctions.

Nous étudions ensuite chaque fonction du foie : ses fonctions àe sécrétion interne relative à la composition du sang (régulation du débit sanguin, hématopoïèse, production de fibrine, fonction martiale, etc.) ; à l’accumulation et à la régularisation de débit des matériaux alimentaires assimilables (hydrates de carbone, graisses, albuminoïdes) ; à l’élaboration des matériaux non assimilables (rôle dépurateur, pexique, antitoxique, uropoïétique, etc.); nous passons ensuite à sa fonction àe sécrétion externe (sels et pigments biliaires).

Enfin, après un résumé des méthodes expérimentales d'exploration fonctionnelle du foie, nous étudions, analytiquement, les procédés cliniques susceptibles de nous renseigner sur les diverses fonctions hépatiques. Les premiers, nous insistons sur l’indépendance relative des fonctions hépatiques et sur les insuffisances partielles du foie. Nous terminons enfin par l’étude synthétique des grands syndromes, partiels ou complets, d’in-

d’animaux, à l’évacuation ullérieurc de ces réserves graisseuses et lécithiniques du foie au profit des organes génitaux et des ovules où elles constituent une partie des réserves embryonnaires (Donax, Astacus, etc.)

Chez les Mammifères, le développement de la fonction adipo-hépatique (pendant la gestation, l’allaitement, et chez les nouveau-nés) a la même signification physiologique.

Les réserves adipo-hépatiques du foie répondent donc à un emmagasincmcnl alimentaire destiné, non seulement à régulariser la nutrition de l’individu, mais encore à constituer à l’embryon un capital nutritif de

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