AVANT-PROPOS
Nos travaux sur la Tuberculose, dont nous venons de donner les références bibliographiques, ont été commencés en 1892; interrompus en 1914, repris en 19^9. ils nous ont montré que le bacille tuberculeux se développait en suivant un cycle évolutif,
C’est ce cycle évolutif que nous allons étudier dans les pages qui vont suivre. Mais, auparavant, nous passerons rapidement en revue la doctrine classique depuis Robert Koch jusqu’à nos jours.
Doctrine classique. — A l’époque oh nous commençâmes nos recherches, la doctrine classique était celle que Robert Koch avait établie, en 1882, au cours de sa communication h la Société Physiologique de Berlin. Ce fut, en effet, le 24 mars de cette année 1882, que le savant allemand vint annoncer la découverte du bacille de la Tuberculose. Il montrait que :
zolêes et hydrocarbonées, ne pousse qu’à des températures relativement élevées de 5 W centigrades et produit un poison spécial thermostaiile : la mercuUne. Il est streint, dans son développement, au parasitisme obligatqire, ne Irowant pas- dam nature les conditions nécessaires à sa vie.
Telle était la doctrine qui régnait en 1892. Si cette doctrine n'étpit pas mise doute par les bactériologistes, e|lc l’était par les cliniciens. Pour eux, Tubi-
quité de la tuberculose et la marche même de la maladie ne pouvaient pas être expliquées complètement par l’existence de la seule forme classique du bacille de Koch, et l’on devait se demander s’il n’existait pas nne antre forme, saprophyte, capable de subsister et de se conserver dans des conditions différentes de celles réalisées dans les organismes vivants.
D’ailleurs, dès cette époque, au doute des cliniciens, une réponse expérimentale était déjà faite.
Les premières expériences deNocard, Metchnikolf. Roux, S. Arloing, Courmont,
mois plus tard ces animaux sont infectés par la voie sous-cutanée, en même temps que b eobayss témoins, avec 1/4 de c. c, d’une émulsion felble de bacilles tuberculeux humalus. Les animaux ayant rê^u de la tuberêuliuê meurent de tubêreu* lôse généralisée éiitte 4 et 6 sémalnes. Les témoins tnêureut 4 à b mois plus lard avéfc les signes classiques de tubercnlose à marche lente, Cette ejipérlènee venait 6 l’appui des constatations faites par CalméttC ëtGUériii au cours de leurs essais de vaeclnatlons des génisses par la tubércullne.
De ce fait, nous avions conclu que la tuberouline, poison thermostabile,' sensibilisant, devait être éllHiinê des corps bactériens, que l'on pourrait être amené à expérimenter éventuellement dans un but de vaceinatlon animale.
conclusions des eipérléncBS pfêcédèhtèS. — Arrivé à ce moment de nos reebércbés, nous pouvions considérer caïnffle acquis les faits suivants :
1“ Le bacille tuberculeux n’est pas obligatoirement àcido-résistànt;
2° Il possède une endotoxine;
La tuberjülihe est Un poison exogène êt sensibilisant.
Dès lors, deux voles expérimenlàles se présentèrent â nous ; l’une ayant pour but de savoir si le bacille tuberculeux ne pourrait pas pousser mf ou dans des millieux privés dfe glycérine, pauvres en corps azdtês et liydrocarbonés, et si, dans tes conditions, le IL K, ne serait pas dépourvu d'acido-résislânCe et de tuberculine; l'autre, ayant pour objet de clierclinr si l’action (les germêS microbiens OU des moisissures n'ani'ait pas pour effet de faire perdre au bacille tuberculeux sa tuberculine et ses propriétés acido-résistantes.
Ce sont les rês.ültats de ces recherchés qu'il nous reste à exposer maintenant.
adaptation du BAdILLE TUBEROULÉUX A DIFFÉRENTES gOIBITIOïS BIOLOGIQUES
A. — Milieux synthétiques.
Nous nous sommes efforcé, au cours de ces cxpérlèhces, de cultiver le baclllê tuberculeux en MlieUx sijntltélù/„es solides et liquides, et eh milieux empinqwe solides et liquides également.
de B. K.
Les bacilles composant ces cultures se sont présentés avec des aspects variés, les uns du type normal ; les autres reproduisant le polymorphisme des
mois environ après l’ensemencement on constate, dans les préparations, fa présence de formes bacillaires nouvellement formées. Ces formes présentent des granules et sont ramifiées. On les trouve, le plus souvent, rassemblées en amas. Elles sont bien colorées par le violet de gentiane, ne prennent pas le
, un stade de développement
milieux artificiels et passer par les nombreux granules granule générateur. Nous
, Nous sommes parmi ceux qui n’ont pa^ cru à la pluralité des germes de la tuberculose. C’est une raison de plus pour que nous apportions un élément au
Il serait inopportun de donner plus de détail sur le stade du bacille tuberculeux cultivé dans un milieu filtré ayant préalablement servi à la culture de l’Aspergillus Fumigatus.
Les germes poussés en milieu aspergillaire se développent comme une bactérie banale sur les [milieux ordinaires. Ils sont pathogènes passagèrement; toxiques, définitivement ; générateurs d'anticorps. — Nous dirons seulement, que les formes
bacillaires développées dans le liquide aspergillaire, poussent vite et bien sur la gélose ordinaire. Sur ce milieu, la souche streptobacillaire ressemble beaucoup au bacille Epsilon du professeur Ferran que celui-ci a bien voulu nous confier.
I.es bacilles modifiés par l’Aspergillus Fumigatus, quand ils sont ainsi cultivés sur gélose, conservent d’abord un pouvoir pathogène accusé. Une faible émulsion de ces cultures, inoculée à la dose de un quart de centimètre cube