SE^ CONSÉQUENCES
BACTÉRIOTHÉRAPIQUES ET BIOLOGIQUES
Tels sont les faits que des expériences poursuivies pendant plus de 30 années nous ont permis de constater. Publiés séparément en notes brèves dont on trouvera les indications bibliographiques dans le présent ouvrage, ils ont été rassemblés dans trois monographies : Le bacille tuberculeux-, la BacUriotlià-apie des tuberculoses chirurgicales et la Découverle de la filtrabililé du bacille de la tuberculose. Ses consifguences en microbiologie.
Dans ces travaux nous avons montré que le bacille acido-résistant décrit par Koch est une forme adulle résistante du germe de la tuberculose. Cette forme « résistante », seule frappée de parasitisme obligatoire, est, seule aussi, la cause de la tuberculose chronique. Nous ajouterons que, seule encore, elle est productrice de tuberculine.
« Avant d’atteindre la forme acido-résistante les germes pathogènes de la tuberculose subissent une série de transformations. Certaines de ces transformations ne peuvent apparaître que dans des milieux nutritifs pauvres et à des températures relativement basses.
« Ces conditions nutritives permettent de concevoir le développement du germe de la tuberculose en dehors de la vie parasitaire. La conservation et le développement des agents de la tuberculose sont assurés par des éléments granulaires. Ces éléments, constants, à quelque stade que ce soit, de la vie du microbe, se développent en milieux nutritifs pauvres sous des formes zoogléiques, mycéliennes, bacillaires, qui ne sont pas acido-résistantes.
étaient, eux aussi, profondément luberculisés. Or, il en fut tout autrement chez les animaux sacrifiés trois cent cinquanle-trois jours après l’infection, soit cent vingt-deux jours après les premiers.
cmtx traités par la voie sous-cutanée, ne présentaient que' des lésions minimes. L’hypertrophie des ganglions était légère et la coupe de ceux-ci montrait des traces de sclérose cicatricielle.
En certains points on voyait même la trace d'anciens tubercules Quéris. Enfin, chez certains vaccinés (n" B) de nombreux ganglions étaient normaux à la coupe, sans apparence de tuberculose occulte, ni d’autre lésion active ou ancienne.
Marche des phénemènes. — Il résulte de ces constatations que le traitement, appliqué préalablement à l’infection, n’a pas empêché celle-ci de se produire, mais il en a permis la marche régressive en cént vingt-deux jours. Pendant ce temps, les lésions ganglionnaires caséeuses ou calcaires, ces dernières spéciales aux bovidés et i> la race porcine, ont en grande partie disparu. Elles ont été remplacées par des signes de cette tuberculose occulte si fréquemment nptée chez les animaux qui ont fait l’objet de tentatives de vaccination antituberculeuse. Bien que tous les auteurs, efl pareil cas, aient pu.mettrc on évidence des bacilles au sein de ces lésions, celles-ci, sans tendance évolutive, sont l’expression do la résistance de l’animal. Cette résistance a été assez forte pour que l’infection régressât manifestement dans certains groupes ganglionnaires et disparût complètement dans certains autres. Ces résultats ont été jugés tellement satisfaisants que les animaux ont été livrés à la consommation publique.
Nature des germes. — Les faits qui viennent d'être rapportés montrent que le bacille bovin peut acquérir, par un passage dans, le liquide aspergillaire filtré, la propriété de pousser en vingt-quatre heures sur gélose ordinaire. A ce stade, - il est dépourvu d’acido-résistance, de tuberculine et de pouvoir pathogène. Il possède une toxine active.
Injecté en émulsion vivante sous la péau ou dans les veines des bovidés, il n’empêche pas la tuberculose d’apparaître, mais il permet aux animaux de guérir d’une tuberqulose grave expérimentalement provoquée.
Immunité prolongée. — Les moyens de défense que ce procédé permet aux animaux d’élaborer se sont montrés suffisants pour protéger depuis deux ans un
la quantité des urines, la fréquence des mictions et les sensations du malade; la diminution et même la disparition des bacilles dans les urines.
e) Épidydimites tuberculeuses. - La bactériothérapie des épidydimites tuberculeuses doit être étudiée spécialement.
Il est à peu près constant de voir un réchauffement brutal des lésions survenir entre la cinquième et la neuvième injeetion. Quand cette réaction apparaît, le traitement doit être suspendu.
Tous les plans anatomiques participent à cette réaction. La peau du scrotum s’infiltre ; une hydrocèle apparaît; la lésion elle-même devient turgescente et très souvent se ramollit. La peau s’ulcère, et un véritable bourbillon est expulsé au niveau de l’ulcération. Ce bourbillon est composé de globules blancs, de tissus de soutien et d’éléments canaliculaires de Tépidydime.
Après l’expulsion du bourbillon, le cratère se ferme du fond vers la surface, et la peau se cicatrise en restant adhérente aux plans profonds sous-jacents.
Il faut alors reprendre le traitement pour agir sur les noyaux épidydimaires qui restent encore perceptibles.
f) Péritonites et annexUes. — 11 est exceptionnel que la série de douze injections ne puisse pas être pratiquée complètement au cours des péritonites. Cependant, il faut savoir que les lésions du péritoine doivent être traitées avec beaucoup d’attention, parce que dans quelques cas très rares, mais dont pourtant nous avons vu quelques-uns, on peut observer dès la première injection une sorte de réaction d’Herxheimer. Celle-ci est caractérisée par une poussée érythrodermique, avec état lipothymique, et menace de syncope. Ces manifestations surviennent parfois au cours même de l’injection et doivent être combattues immédiatement par des injections intra-musculaires d’éther et même, par des injections intra-veineuses d’adrénaline.
g) Abcès fistulisés. — Dans le cas d’abcès fistulisés, il faut s’efforcer de protéger les plaies.contre l’infection du trajet flstuleux par les germes pyogènes.
Réactions générales. - Les réactions générales sont caractérisées par une élévation de température, qui peut atteindre .'59“ le lendemain de l’injection. Cette température ne persiste pas.
de Vernes nous a montré que le taux de la floculation itement, atteignait dans certains cas le nombre de 140 et U cours du traitement à 70 ; il s’abaissa plus tard à 50. ( orrespondait, dans la notation adoptée par Vernes au mo :es, à un sérum d’individu exempt de tuberculose. Nous er de ces constatations des déductions supérieures à i donner dans l’état actuel de nos recherches; nous pei apportent un élément d’investigation nouveau sur les réac uberculose et la thérapeutique de cette maladie.
diminution de la pollakiurie et des phénomènes douloureux; 1’: ans certains cas, de la capacité vésicale ;
« 2" La diminution ou la disparition de la pyurie accompagnée de celle de la bacillurie ;
Cl 5" L’amélioration de la fonction rénale, marquée par une modification des tests recherchés (constante uréosécrétoire, phénolsulfonephtaléine, détetmination de l’urée sanguine) ;
« 4" Un remarquable effet sur l’état général, marqué notamment par une reprise importante de poids, atteignant respectivement tü et 15 kilogrammes
« Que la médication exerce sur l’évolution apparente d’une tuberculose rénale une influence heureuse, susceptible d’être mise à profit, tout au moins dans les cas inopérables spécialement envisagés par les auteurs, la chose semble donc ressortir avec une suffisante netteté de leurs observations. »
La bactériothérapie : Ses conséquences pratiques et biologiques La tuberculose. Maladie générale.
11 ne nous a pas paru nécessaire de reproduire intégralement le texte du débat soulevé devant la Société d’Urologie; nous dirons seulement que ce débat a été l’expression de deux doctrines qui nous semblent être trop absolues. Ces doctrines sont l’intervention ou l’abstention opératoire systématiques dans le traitement des lésions tuberculeuses,
Les faits montrent que dans les lésions tuberculeuses, il faut attendre avant nécessaire dans les cas de tuberculose pulmonaire que dans le casdçluberculose
La biologie du bacille tuberculeux démonirc que les signes extérieurs de la tuberculose, quel que soit leur siège, sont l’expression d’une infection profonde.
Avant d’être un tuberculeux, le malade est un bacillisi!-, il ne faut donc pas considérer seulement la lésion directe et se désintéresser de l’infection générale ; ce serait traiter l’effet en négligeant la cause.
Dans ces conditions, il nous sera permis de dire que dans la thérapeutique des tuberculoses chirurgicales tout au moins, la bactériothérapie devra précéder l’intervention et parfois rendra celle-ci inutile.
prévoir que, si la vaccination méningée n'implique pas la vaccination générale, la vaccination générale n’implique pas davantage la vaccination méningée.
Certains auteurs ignorant ces faits ont cru que la bactériotliérapie pouvait engendrer des accidcnls méningés. Cette hypothèse est en contradiction avec la clinique. Nul n’ignore, en elîel,, que les accidents cncéphalo-méningés sont une complication relativement fréquente des tuberculoses articulaires. Ceux-ci éclosent parfois, ni plus ni moins qu'ailleurs, dans les centres hélio-marins où leur fréquence semble être plus grande pendant l’hiver et surtout pendant les hivers doux et pluvieux. 11 n’est pourtant venu ù l’esprit de personne d'établir une relation de,cause ù effet entre le traitement hélio-marin et la méningite tuberculeuse.
Depuis quatre ans, la baotériothérapie a été appliquée ù trois mille septeents malades, par quatre cents médecins, en France, en Belgique, en Espagne, en Yougo-Slavie, en Australie, en Amérique du Sud, aux Antilles, aux Indes, etc. Parmi les malades traités, trois à notre connaissance sont morts de méningite.
De cette ptoportion, inférieure à la moyenne, on peut conclure que, non seulement la baclériothérapie ne. provoque pas d’accidents encéphalo-méningés. mais qu’elle diminue leur fréquence, en abrégeant la durée de l'infection locale dont les malades sont atteints.
Mode d’action et résultats anatomiques de la baclériothérapie. — 11 nous reste à aborder maintenant l’étude des résultats anatomiques de ce traitement.
Un fait important, et qui domine tous les autres, est l'apparition, non constante, mais fréquente, de la réaction focale.s.ur laquelle nous avons ù plusieurs reprises insisté et qui survient entre la sixième et la neuvième injection. Celle-ci apparaît aussi bien dans les cas de tuberculose chirurgicale traités avec de
Linden, Moroni, Larget et Lamarre, Jarry et Ganque. Noua nous en abstiendrons, car ces dernières qui portent sur quarante cas de tuberculose non pulmonaire so traduisent par trente et une guérisons, huit améliorations et un échec.
« Pas une seule aggravation, (les chiffres sont trop éloquents par euxmêmes pour qu’il soit nécessaire d’en renforcer la signification, mais ils comportent la conclusion que :
« Le \ aecin de Vaudremer constitue le traitement de choix dans les tuherculoses non pulmonaires et plus particulièrement dans les syndromes tuberculeux dits chirurgicaux. Il nous parait devoir se substituer aux interventions sanglantes dans la très grande majorité de ces affections qui ne sauraient être traitées chirurgicalement qu’après essais infructueux de ce vaccin. »
Les élémeptt filtrablas du bacille de Koch. ■
Conséquence de cette découverte en Biologie générale.
Nous nous permettrons avant de terminer l’exposé de nos travaux, de tirer les conséquences de nos recherches sur la filtration du bacille tuberculeux.
Puisqu’il paraît être dorénavant établi que le bacille de Koch possède des germes filtrablea, quels, et que sont-ils’,'
Pour tenter de résoudre ce problème il faut révenir à l’élude do la structure intérieure et du développement des bactéries pathogène.s.
On sait que tout ce qui vit, depuis l’être unicellulaire jusqu’aux cellules qui constituent l’ensemble des animaux supérieurs, est composé d’éléments nucléaires et d’une substance plasmatique.
La bactérie n’échappe pas à cotte loi, des travaux innombrables l’ont
Dès 1885, Babès dans son livre sur «.Les bactéries », a montré qu’il existait à l’intérieur des bactéries des granules auxquels il attribuait un rôle reproducteur, et Ernst, trois ans après, au Congrès de Vienne, en 1888, montrait que ces granules reproducteurs avaient la qualité de la matière nucléaire (chromatine).
Depuis lors, toutes les recherches des savants ont confirmé l’existence des granules bactériens et ceux-ci n'ont pu être niés que par suite d’une erreur de technique ou par l’emploi de coloration d’une excessive brutalité. Ce fait est particulièrement évident pour le bacille tuberculeux dont la structure homogène souvent décrite n’est qu’apparente et due h une altération de la structure du