MÉDECINE LÉGALE
28. — Observation LIV de la thèse du D' Mainoault,' sur la PARALYSIE DiPHTHÉRiTiQUE. (Paris, 1860, p. 137.)
Cette observation, dont j’ai été le propre sujet, montre l’apparition de la paralysie du voile du palais survenue soudainement deux jours après la guérison d’une angine couenneuse avec coryza.
Par les détails dans lesquels je suis entré sur le mode d’apparition de la paralysie, sur son extension au sens du tact, j’ai fourni là une analyse des troubles nerveux, qu’un malade ordinaire est incapable d’exposer avec la
29. — Le SCORBUT. Lettre au Rédacteur de la Gazette hebdomadaire. (10 mars 1871.)
Dans ce travail, j'établis les-particularités les plus intéressantes d’une épidémie toute nouvelle pour la médecine parisienne.
Je démontre là, par plusieurs observations, quelle est l’importance des points de moindre résistance dans l’apparition de telle ou telle localisation hémorrhagique (purpura folliculaire, suffusions sanguines, épanchements pleurétiques, etc.).
J'y démontre également les variétés si grandes d’intensité des différents
J’y signale, l’un des premiers, comme lésion entraînant les suffusions
; de petit et moyen calibre
par des caillots noirs et diffluents.
30. — L'épidémie de scorbut dans les prisons de la Seine et a la Pitié. (En collaboration avec le professeur Lasègue. Arch. gén. de méd., juillet et août 1871.)
Dans cette relation, nous avons étudié les conditions étiologiques qui ont présidé à l’éclosion du scorbut, après l’investissement de Paris, en septembre 1870.
La partie la plus importante de ce travail réside dans l’étude symptomatique des cas nombreux observés dans les prisons de la Seine et è Sainte- Pélagie en particulier, où sont venus aboutir, dans une infirmerie spéciale, tous les détenus scorbutiques. Les lésions de labouohe, les pétéchies folliculaires, les suffusions sanguines sous-cutanées et inter-musculaires y sont étudiées dans toutes leurs variétés.
Au point de vue anatomo-pathologique, nous avons relevé l’existence des oblitérations des veines musculaires qui constituent une lésion remarquable et peut-être fort importante dans l’apparition des hémorrhagies interstitielles.
La pathogénie de la maladie est étudiée dans ce mémoire avec grand
Dans le traitement du scorbut, nous avons préconisé, comme étant d’une efficacité non douteuse, les applications de compresses imbibées d’une solution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque sur la peau au niveau des suffusions sous-cutanées hémorrhagiques.
31. — Sclérose des jambes consécutives au scorbut (Société mé¬
dicale des hôpitaux, séance du 27 octobre 1871).
Il s’agit d’un malade âgé de 38 ans, qui, vers le commencement de mars 1871, s’aperçut del’existence de taches pétéchiales aux jambes. Au bout de cinq à sixjours, ces taches devinrent confluentes et s’étendirent des malléoles au-dessus des genoux. L’éruption s’aceompagna d’un peu d’œdème des jambes. Puis les membres inférieurs devinrent plus durs et très douloureux ; on y remarquait des plaques résistantes englobant les tendons appréciables à l’état normal.
Les autres signes du scorbut disparurent lentement, et le malade quitta l’hôpital.
Il y rentra au mois d’août et je constatai l’état suivant : les deux jam- ■ bes et la partie inférieure des cuisses sont indurées à leur, superficie et dans leur profondeur ; la peau y est brune, lisse, douce au toucher. La pression avec le doigt est douloureuse et laisse une cupule lente à disparaître. Il est impossible de pincer la peau avec les doigts ou de la faire glisser sur les tissus sous-jacents. On eût pu, en fermant les yeux, croire que l’on touchait les jambes d’une statue de marbre échauffée au soleil. Ce qui frappe surtout, c’est l’atrophie énorme qu’ont subie ces membres. La jambe droite est grêle, au point que la saillie du mollet a presque totalement disparu.
Les mouvements sont difficiles, roides, bridés. Le malade sent une tension, une gêne dans les masses musculaires des jambes quand il fléchit ou étend le pied. Les mouvements des orteils sont très limités et presque impossibles.
Le traitement fut le suivant : compresses imbibées d’une solution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque; bains alcalins; citrons, tartrate de fer et de potasse, quinquina. Alimentation abondante. Au bout de deux mois, il y eut une très notable amélioration.
Cette observation est surtout remarquable par la sclérose des extrémités inférieures. Je dis sclérose et non sclérodermie, parce que d’une part la peau n’est pas seule atteinte, et d’autre part parce que cet état ne doit pas être confondu avec la sclérodermie, maladie spéciale, à début rapide, à marche peu régressive, et qu’on a eu le tort de réunir à diverses affections qui n’ont de commun avec elle que f induration de la peau et sa ré-
II est permis de croire que la sclérose consécutive aux suffusions sanguines tient à la fibrine infiltrée dans les tissus.
32.— De l’expectoration dite albumineuse dans la thoraoenièse.
(Archives de médecine, août et octobre 1873).
Dans cette revue critique, j’ai cherché à établir la pathogénie de ce symptôme.
On a expliqué l’expectoration albumineuse :
1° Par la perforation traumatique du poumon par le trocart (Woillez et Marrotte ;
2° Par la perforation spontanée (Féréol) :
3" Par la résorption du liquide restant dans la plèvre après l’opération ; 4” Par une transsudation séro-albumineuse à travers les alvéoles pulmonaires par le fait d’une congestion séro-sanguine rapide.
Après avoir rejeté les trois premières hypothèses, j’ai cru pouvoirm’arrêter à la quatrième, en m’appuyant sur des données de physiologie pathologique qui paraissent incontestables- Pour moi, l’expectoration albumineuse après la thoraeentèse doit être assimilée à une albuminurie passagère par trouble circulatoire.
La conséquence pratique de cette interprétation, c’est que, pour éviter la congestion pulmonaire, cause de l’expectoration albumineuse, il faut retirer le liquide avec lenteur, et ne point en extraire de trop grandes quantités à la fois, et surtout ne pas forcer l’aspiration.
33. — Lk choléra dans les prisons de la Seine et a l’Infirmerie CENTRALE RÉCEMMENT CRÉÉE A LA SANTÉ. (Gaz. hebdom., octobre .1873etSoc. des hôpitaux.)
Relations des cas de choléra survenus à Sainte-Pélagié et à Saint- Lazare et transférés à la Santé.
Observation d’un cas traité par une injection d’eau chaude à 40" dans la circulation veineuse. L’opération ne retarda la mort que de peu de