‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 12 sur 14 · VASCULAIRES SANGUINES ET GLYCOSURIES · texte numérisé non relu

VASCULAIRES SANGUINES ET GLYCOSURIES

terait d’être utilisée en neurologie. Il serait intéressant d’étudier par ce moyen la contraction de la fibre musculaire lisse. Userait facile d’imaginer ijne technique permettant de mesurer, par exemple, la puissance de contractilité vésicale avant et après l’injection d’hypophyse. Nul do.yte que l’on puisse avoir de la sorte des résultats importants dans une série de maladies nerveuses ou urinaires.

3« Action sur la diurèse. — Nous avons vérifié, après bien d’autres, l’action

diurétique du lobe postérieur de l’hypophyse.

40 Action sur le cœur et la circulation. — Les physiologistes ne sont pas d’accord sur cette action, qui dépend en partie <iu mode de préparation dé l’extrait. Avec celui que nous avon^ employé au cours de ces divers essais'thérapeutiques, nous avons obtenu des résultats variables. Chez certains sujets, la pression artérielle s’abaisse, chez d’autres elle s’élève. Chez la plupart des individus, il nous a semble qu'il y avait chute momentanée dé la pression et accélération du cœur. Cependant la constriction périphérique devrait produire de l’hypertension : l’hypotension avec tachycardie ne peut s’expliquer, ce nous semble, que par une action déprimante exercée par l’hypophyse Sur le myocarde. Nous avons constaté une fois un léger bruit de galop qui n’existait pas avant l’injection et qui a duré quelques minutes. Avec les doses thérapeutiques, on n’a cependant jamais, à notre connaissance, signalé le moindre accident, sauf peüt-être avec les injections intra-

5o Action sur l’état général et le système nerveux. — L’injection d’hy-

ment des malaises et parfois quelques nausées. Signalons aussi, pour l’avoir également éprouvé sur nous-même, qu’à, la suite de l’injection on peut avoir de la migraine, avec des élancements douloureux dans la figure. Ce sont des inconvénients tout transitoires,'mais qui s’opposent à ce que l’on fasse un usage abusif de la médication hypophysaire.

6° Action sur la glycosurie. — C’est ce point que nous ayons surtout xché à approfondir, eh collaboration avec le Professeur Claudç.,

Quand nous avons commencé nos recherches, il n’existait sur la question un mémoire de Borchardt : cét auteur avait observé la glycosurie hypophyre chez le lapin et vu qu’elle se rattache à une hyperglycémie, ce que nous ms vérifié après lui et sur le même animal.

La médication hypophysaire avait été vantée d

états morbides

dans certains

sable de savoir dans quelles conditions elle se produisait et nous cherchâmes à nous ■>en rendre compte.

1» La glycosurie hypophysaire. — Nous avons utilisé des injections d’hypophyse, de .bœuf préparées comme nous l’avons dit, à des doses variant d’un quart de lobe postérieur à un lobe, rarement davantage.

Nous avons observé tout d’abord qu’il s’agit uniquement d’une glycosurie alimentaire et qu’elle ne se manifeste jamais, au moins aux doses thérapeutiques, chez lé sujet qui reste à jeun. Il est indispensable de faire ingérer des hydrates de carbone (en moyenne 100 grammes de glucose). Mais, même alimentés de la sorte, tous les individus ne présentent pas de glycosurie. On peut, à ce point de

Dans un premier, se rangent les sujets qui, après injection d’hypophyse, présentent de la glycosurie d’uné façon nette ou intense. Ce sont justement, comme le -montre l’expérience, lès arthritiques prédiabétiques dont nous avons parlé plus haut. (Voir Seconde Partie). Ils réagissent d'une façon régulière à l’hypophyse, en donnant une glycosurie dont voici les principaux caractères :

a) Elle apparaît dans l’échantillon d’urine émis une heure après la fin du repas

a disparu quatre ou cinq heures après le repas.

c) L’intensité de la glycosurie est, en général, parallèle à l’intensité des phénomènes généraux. Mais elle ne leur est .pas indissolublement liée.

Dans un-deuxième groupe, qui comprend lés sujets jeunes et normaux, on a ■ presque toujours une réaction : mais elle est faible, nullement comparable aux faits précédents.

• Enfin, nous avons songé, étant donnés les résultats observés chez lçs arthritiques, à étudier, des tuberculeux (troisième, groupe). Nous avons examiné des sujets jeunes, à tuberculose franchement évolutive, donc fortement imprégnés par le poison tuberculeux. Nous n’avons pas obtenu chez eux de glycosurie hypophysaire et nous pouvons conclure de ces observations et de recherches concordantes faites sur l’animal que l’imprégnation par le poison tuberculeux met obstacle à la glycosurie’ hypophysaire.

. ,2» Glycosurie hypophysaire et glycosurie adrénalique -t- Nous

avons remarqué, comme l’a également-fait M. Parisot, que les glycosuries adrénalique et hypophysaire se produisent chez,les mêmes sujets et avec les mêmes lois. Nous avons remarqué que, à dose équivalente, l’extrait de lobe postérieur d’hypophyse a sur la glycosurie une action aussi marquée que l’extrait surrénal ou l’adrénaline et ceei démontre bien que nous avions affairé à un produit des plus actifs.

Nous avons constaté que, pour avoir le maximum de glycosurie, il faut injecter d’abord l’extrait hypophysaire et donner le repas sucré une demi-heure après. La glycosurie apparaît aussi quand le repas est.pris 3, 4, 6 heures après l’injection : mais elle est moins marquée. L’effet de l’injection dure donc quelques heures, mais il tend à s’épuiser.

Les résultats sont tout différents quand, chez le même sujet, on donne lé .repas plusieurs heures avànt l’injection. Si le sujet a pris le sucre trois heures avant de recevoir l’injection d’hypophyse, la glycosurie fait le plus souvent défaut, alors qu’elle était très marquée lors de la première façon de procéder.

Pour expliquer ce double fait, on est naturellement conduit à l’hypothèse suivante. L’hypophyse détermine, au niveau du foie, un processus d’insuffisance hépatique à la faveur de laquelle le glucose filtre à travers le foie sans être fixé à l’état de glycogène. Mais, d’autre part, les recherches de MM. Achard et Desbouis ont montré que l’hypophyse détermine aussi un processus d’insuffisance glycolytique tissulaire en vertu duquel les tissus, et plus exactement les muscles,

iion d'hypophyse, production d’ün syndrome d'insuffisance hépato-musculaire pour Vemmagasinement du sucre.

Cette altération de la régulation glycémique normale est-elle produite par l’action directe de l’extrait hypophysaire sur le foie et les muscles ? Est-elle liée à un effet intermédiaire de. l’hypophyse sur le système nerveux ou sur une autre glande, comme, par exemple, ie pancréas ? Il est bien difficile de décider.

est impossible de ri’être point frappé de la ressemblance de la glycosurie hypophysaire avec certains diabètes intermittents, Dans le premier cas, le méca- *

le second, d’une façon-définitive. Il nous semble que nos recherches expliquent d’une façon satisfaisante les diabètes que l’on voit au cours de certains adénomes, pituitaires entraînant de Thyperfonctionnement de l’hypophyse (diabète acro-

voque le syndrome d'insuffisance hépato-musculaire pour le glucose que nous avons vu être caractéristique des états prédiabétiques et diabétiques.

7° L’Epreuve de l’extrait hypophysaire chez les Basedowiens.

Chez treize malades, atteints de maladie de Basedow typique, nous avons

l’épreuve,se ralentit par injection d’hypophyse et souvent d’une façon considérable. Dans un de nos cas la chute atteint 42 pulsations à la minute : elle est souvent moins

bout de deux minutes, souventaü tout de quatre à six. Cette bradycardie relative dure peu ; vers la septième ou huitième minute, le pouls s’accélère à nouveau et il rejoint le chiffre initial au bout d’un quart d’heure.

. Partant de ces faits nous avons cherché à en tirer des déductions touchant la pathologie et le diagnostic de goitre exophtalmique. La présence chez le basedowien de signes appartenant aux groupes sympathicotonique (tachycardie, hypertension) et vagotonique (diarrhée) semble indiquer qu’il existe chez eux de l’éréthisme permanent de tout le système nerveux de la vie végétative.

Or l’hypophyse renferme des principes capables d’exciter et le sympathique et le pneumogastrique, c’est à dire l’ensemble des nerfs de la vie végétative. Des faits’que nous avons relatés, on peut donc conclure que chez le sujet non basedowien, l’hypophyse agit sur le rythme cardiaque en excitant les accélérateurs sympathiques : dans la tachycardie basedowienne, les accélérateurs, constamment excités, ne réagissent plus à l’hypophyse et c’est l’action modératrice de la X e paire qui l’emporte.

Au point de vue du diagnostic, il nous a semblé que cet abaissement du nombre des pulsations sous l’influence de l'hypophyse, chez les basedowiens, est suffisamment constant pour constituer, un nouveau symptôme du goitre exophtalmique, le signe de l'hypophyse et nous avons essayé d’appliquer ce signe à l’étude d’un certain nombre de cas de tachycardie dont l’étiologie basedowienne était à discuter.

Nous envisageons enfin, dans notre mémoire, la question de thérapeutique. Rénon et Delille, M. Houssay, M. Lereboullet, M. Parisot ont vanté l’influence heureuse des extraits hypophysaires sur la maladie de Basedow. De nos observations nous concluons que l’hypophyse agit dans certains cas et ne donne absolument rien dans d’autres. Il serait très excessif d’en faire une panacée du goître exophtalmique. Il faut ne pas oublier, au surplus, que l’extrait hypophysaire est un produit très actif, qu’il peut exercer sur le myocarde une action dépressive ^t que son emploi doit toujours être attentivement surveillé.

8° Recherches sur le principe actif de l’hypophyse.

Nous avons essayé de résoudre le difficile problème de l'isolement d'un principe actif de l'Hypophyse et nous croyons y être arrivé en 1913. Nous avons pour cela fait agir sur notre liquide injectable différents réactifs chimiques et nous avons essayé l’effet physiologique des diverses parties en lesquelles on peut arriver à le

Nous n’avons pas obtenu de bons résultats de la défécation par les sels de plomb (acétate et sous-acétate) et nous sommes arrivé au but par une autre voie.

Nous avons remarqué qu’en faisant agir sur la liqueur injectable de l’acide

acétique on obtient iin précipité (P) et une liqueur (L)j Nous négligeons le précipité (P), dont l'action physiologique n’est pas. superposable à celui de l’extrait hypophysàire.

Au contraire, la liqueur (L), débarrassée de l’excès d’acide acétique par agitation à l’éther donne exactement les mêmes effets que l’extrait hypophysaire. En la desséchant dans le vide, on à un produit cristallisé qui renferme donc le principe actif, mais qui est souillé par des sels, en particulier par des chlorures. Pour nous débarrasser de ces sels, nous avons essayé de dissoudre la substance active dans l’alcool. Elle est soluble à froid dans l’alcool à 90°, partiellement dans l’alcool à 95° et presque insoluble dans l’alcool absolu froid. Par contre elle est soluble dans l'alcool absolu bouillant, alors que les sels y sont insolubles.

L’extrait injectable est traité par de petites quantités d’acide acétique jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité.

On sépare par centrifugation la liqueur acétique. On la dessèche à froid dans le vide : cela enlève la majeure partie de l’acide acétique. On se débarrasse du

cristallisé qui est l’hypophysine. Elle provoque chez l’homme, à la dose de 5 milligrammes, les effets typiques de l’hypophyse.

C’est un corps très hygrométrique, qui s’altère à l’air, comme l’adrénaline. 11 est contenu dans l’hypophyse en quantité relativement très faible. En partant'de 500 hypophyses de bœuf, nous n’avons pu avoir que 0 gr. 500 milligrammes de ce produit. Il est vraisemblable que le traitement dont nous venons de parler entraîne des pertes considérables.

. LA RÉGULATION GLANDULAIRE DE LA GLYCÉMIE '

' Dans une conférence essentiellement didactique, faite à l’Association d’Enseignement Médical des Hôpitaux de Paris, nous avons proposé, pour figurer auç yeux cette régulation, un schéma qui nous sert pour l’enseignement depuis des années et qui nous paraît plus parlant que d’autres également employés à ce but. On pourrait l’appeler le « schéma de la balance ». Il n'a d’autre prétention que de figurer, en les symbolisant, une série de données classiques (fig. 16).

Supposons une balance avec ses deux plateaux, son fléau et son aiguille. Dans un des plateaux, par exemple celui de gauche G, nous placerons la surrénale (partie médullaire), l’hypophyse (lobe postérieur) et la thyroïde. Dans le plateau de droite D, pèsera avant tout le pancréas (Ilôts de Langerhans), et accessoirement les glandes parathyroïdes, les glandes génitales, les glandes salivaires. A l’état normal tout cela s’équilibre : le fléau est horizontal, l’aiguille est verticale et au zéro du

cadran. Le segment droit de ce cadran est marqué «hyperglycémie», le segment gauche «hypoglycémie».

Le déplacement de l’aiguille vers la droite peut être déterminé par deux mécanismes : la surcharge du plateau G ou la décharge du plateau A. Cela figure ce fait que la surrénale, l’hypophyse et la thyroïde provoquant l’hyperglycémie

par leur hyperfondiohnemmt et les glandes du système opposé par leur hypofonctionnement. Il en est bien ainsi, d’après toute une série de données expérimentales et cliniques que ce n’est pas ici le lieu de rappeler. Quand les deux plateaux sont déchargés ou surchargés d’une façon, équivalente, l’aiguille reste au zéro.

Si les faits sont vraisemblablent plus complexes que ne l’indique le « Schéma

Page 1