Titres et travaux scientifiques
Lauréat de la Faculté de médecine. Médaille d’argent (prix de Thèse, 1882). Médecin des hôpitaux (1885).
Agrégé de la Faculté (1886).
Lauréat de l’Académie de médecine (prix Itard, 1894).
Membre et ancien vice-président de la Société anatomique.
Membre de la Société médicale des hôpitaux de Paris.
Membre correspondant de l’Académie impériale militaire de Saint-Pétersbourg. Membre honoraire de la Société de thérapeutique do Moscou, à l’Université impériale de Moscou.
Membre étranger de la Société des médecins tchèques de Prague.
Secrétaire général du XIIP Congrès international de médecine, tenu à Paris du 2 au 9 août! 900.
Cours libre de pathologie interne, professé à l’École pratique de la Faculté de médecine en 1884.
('onférences de pathologie interne, professées a la Faculté de médecine pendant le semestre d’hiver 1888-1889 et le semestre d’été 1892.
Conférences cliniques à l’hôpital Broussais pendant les semestres d’hiver, de 1889 à 1895.
Cours de clinique annexe pour les stagiaires et leçons de clinique médicale pendant les semestres d’hiver, hôpital Cochin, 1894-1900.
Cours de pathologie générale à la Faculté de médecine, en remplacement de M. le professeur Bouchard, semestre d’été, 1894.
Le sujet choisi pour faire l’objet de ce cours était VÉhide des délermimtiom organiques dans les infections aiguës.
Sans vouloir analyser l’ensemble de ces leçons dont plusieurs ont été publiées, qu’il nous suffise de montrer dans quel esprit elles ont été conçues.
Une maladie nfeclieuse, la fièvre typhoïde par exemple, peu.t être étudiée et décrite sous des aspects très différents ; au point de vue purement descriptif, c’est l’œuvre de la pathologie interne; comme séméiotique appliquée, c’est l’œuvre de la clinique.
Mais, d’autre part, chez le typhique, de nombreux organes et appareils sont troublés dans leur fonctionnement, et ainsi se forme un faisceau plus ou moins variable de syndromes et de déterminations organiques. On peut comparer ces déterminations à celles que d autres infections peuvent provoquei sur les mêmes organes, chercher à en déterminer les traits communs, les analogies pathogéniques, les différences évolutives, et c’est là un premier aspect des choses qui relève de la pathologie générale.
Partant d’un autre point de vue, de la pathogénie, on peut chercher en quoi celle-ci éclaire l’histoire et l'évolution clinique de l’infection étudiée, confronter la pathogénie et le symptôme, étudier le conflit de la cause morbide en action avec l’organisme, les réactions multiples qu’elle y suscite.
Ce mode d’étude n’est pas toujours possible, et souvent la nature infectieuse d’une maladie a été ou peut être affirmée, alors que son agent pathogène reste encore inconnu. Koch n’a isolé son bacille qu’en 1882, mais Villcmin, en 1863, Ch. Bouchard, en 1880, affirmaient la nature infectieuse de la tuberculose. Même chose se passait hier pour le chancre mou, so passera probablement demain pour la syphilis.
D’autre part, les iufections aiguës présentent des caractères généraux qui leur sont communs ; polymorphisme clinique dû à ce que, pour une même infection, il existe une série ininterrompue de degrés de virulence, pouvant aller des formes malignes aux formes abortives, à ce que, en outre, à côté des symptômes fixes, irréductibles, beaucoup d’autres se surajoutent qui ne sont que contingents et relèvent des réactions organiques personnelles, des infections secondaires, de l’action des toxines immédiate ou tardive, passagère ou prolongée.
Prévision et causes de ce degré personnel et variable de virulence clinique. Rapports entre le degré de virulence et la nature ou l’intensité des déterminations organiques.
Un autre grand caractère évolutif des infections aiguës, c’est que les unes sont cycliques et le? autres acycliques.
Qu’est-ce que le cycle dans une infection, au point de vue de l’anatomie pathologique, de l’évolution clinique, de la bactériologie?
Rapports du cycle et de la crise, tous doux étant fonction de la biologie propre du microbe pathogène.
Influence des conditions régionales dans lesquelles évolue le microbe. Variabilité des réactions thermogènes, pyrexies apyrétiques.
Les infections acycliques sont des maladies a spécificité variable ou plutôt dos syndromes régionaux pouvant relever de plusieurs infections (pleurésies, méningites, endocardites, etc.); dans d’autres cas, leur caractère acyclique dépend de conditions locales, de poussées virulentes successives, etc.
Caractère aseptique du milieu intérieur. Multiplicité des portes d’entrée pour l’infection, par l’ectoderme, par l’endoderme, par voie mésodermique.
Localisation initiale de l’infection et dillusion secondaire du germe (par septicémie ou lymphosepsie) ou des toxines.
Rôle de la chimiotaxie, de la diapédèse et de la phagocytose. Action des toxines sur les centres vaso-dilatateurs; état bactéricide des tumeurs et matières vaccinantes.
Rôle d’arrêt de la lésion locale; celle-ci suppose déjà un certain degré de résistance, d’immunité de l’organisme envahi; expériences de Ch. Bouchard.
A ces données générales, qui résumaient l’état de la science en 1894, succédait une série de leçons consacrées à l’étude analytique et comparée des
déterminations organiques sur les différents appareils et organes, à l’exposé et à la critique des procédés et résultats expérimentaux.
Dans les leçons suivantes, étaient étudiées les causes prochaines des sommations infectieuses locales, suivant les modes de propagation, l’action dos prédispositions héréditaires ou acquises, des traumatismes, de l’acclimatement, dos mutations lentes et progressives, du transformisme, pour ainsi dire, des virulences infectieuses. Rôle également des symbioses, infections secondaires, soit au cours meme do la maladie infectieuse, soit dans ses suites éloignées ; infections qui donnent l’immunité; infections qui prédisposent à une autre infection (variole et tuberculose, infections récidivantes, ou à poussées successives; syphilis et tuberculose, etc.).
Origine infectieuse lointaine de beaucoup de nos maladies chroniques. Origine parasypbilitique du tabes, de la paralysie générale.
Enfin, et puisque l’on a pu dire très justement que toute doctrine médicale se juge à sa thérapeutique, restait a voir quelle influence ces doctrines modernes ont exercée sur le traitement des infections aiguës. Do même qu’elles ont transformé la chirurgie et l’obstétrique, elles sont en train de rénover complètement la pratique médicale, de créer de toutes pièces une prophylaxie et une thérapeutique vraiment scientiliquos. Qu’on s’adresse à l’agent pathogène, par la recherche du médicament spceifiquo; que l’on vise les toxines, par élimination ou antitoxie ; que l’on cherche à agir sur les processus lluxionnaires locaux et sur les actes morbides, ou à exalter la résistance do l’organisme, à susciter les défenses bactéricides ou phagocytaires; que l’on mette en œuvre cette dernière conquête des sérothérapies, des médications immunisantes ou antitoxiques ; toutes ces méthodes, toutes cos visées de la thérapeutique moderne des infections, ne sont que le corollaire dos recherches du laboratoire et de la clinique, le huit, et comme la récompense de la série ininterrompue de travaux expérimentaux et biologiques qu’ont vu éclore les vingt dernières années de la médecine contemporame.